avait alors soixante-huit ans
NOTICE SUR BUFFON
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« site d’opter entre ces deux objets, j’ai préféré le dernier comme m’étant « plus familier, quoique plus difficile, et comme étant plus analogue à « mon goût par les belles découvertes et les grandes vues dont il est « susceptible. Et, pour ne pas priver le public de ce qu’il est en droit « d’attendre au sujet des oiseaux, j’ai engagé un de mes meilleurs « amis, M. Gueueau de Montbelliard, que je regarde comme l’homme « du monde dont la façon de voir, de juger et d’écrire a le plus de rapport « avec la mienne, je l’ai engagé, dis-je, à se charger de la plus grande « partie des oiseaux.... Il a fait, des matériaux que je lui ai remis, « un prompt et bon usage, qui justifie bien le témoignage que je « viens de rendre à ses talents, car, ayant voulu se faire juger du « public sans se faire connaître, il a imprimé sous mon nom tous les
« chapitres de sa composition , sans que le public ait pu s’aperce-
a voir du changement de main1. »
La plus grande partie des oiseaux. Buffon va trop loin. Un trèsgrand nombre d’articles sont encore de sa plume, plume sans égale et qui se fait bien vite reconnaître dans tout ce qui prête au développement des hautes pensées ou à la richesse du coloris.
Ainsi, dans l’histoire du perroquet, quelle belle page sur la limite qui sépare Limitation physique de la parole de /’ expression de F intelligence , qui seule fait la haute faculté du langage ! Buffon commence par distinguer « deux genres de perfectibilité, l’un stérile « et qui se borne à l’éducation de l’individu , et l’autre fécond , « qui se répand sur toute l’espèce, et qui s’étend autant qu’on le cultive « par les institutions de la société. — Aucun des animaux, ajoute-t-il, « n’est susceptible de cette perfectibilité d’espèce; ils ne sont aujour-
« d’hui que ce qu’ils seront toujours, au lieu que l’homme reçoit
« 1 éducation de tous les siècles, recueille toutes les institutions des autres d hommes, et peut, par un sage emploi du temps, profiter de tous les
« instants de la durée de son espèce pour la perfectionner toujours de
« plus en plus L’homme purement sauvage, qui se refuserait à
« toute société , ne recevant qu’une éducation individuelle, ne pourrait « perfectionner son espèce;... il n’aurait même pas la parole, s’il fuyait