‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 33 sur 251 · Voyez ci-après la note de la page · texte numérisé non relu

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2. «J’étais alors persuadé, dira plus tard Buffon, par l’autorité de Woodward et de quelques « autres naturalistes, que l’on avait trouvé des coquilles au-dessus des sommets de toutes les mon- « tagnes, au lieu que par des observations plus récentes, il paraît qu’il n’y a pas de coquilles sur « les plus hauts sommets. » (Voyez Y Addition sur les Pics des montagnes.) La théorie moderne de la formation des montagnes, par voie de soulèvement, explique très-bien pourquoi l’on trouve des coquilles sur certaines montagnes, et pourquoi, sur d’autres, on n’en trouve pas. Si la montagne a été formée par le soulèvement d’un terrain sous-marin , on y trouvera des coquilles ; on n’y en trouvera pas, dans le cas contraire ; enfin, on n’en trouvera jamais sur les hauts sommets , parce que les hauts sommets sont formés par les roches ignées, qui ont traversé, percé les couches soulevées et sédimentaires.

HISTOIRE ET THÉORIE

les mêmes, et qu’on ne peut douter de leur parfaite ressemblance ni de l'identité de leurs espèces *. Il paraît aussi que les eaux de la mer ont séjourné quelque temps sur cette terre, puisqu’on trouve en plusieurs endroits des bancs de coquilles si prodigieux et si étendus, qu’il n’est pas possible qu’une aussi grande “ multitude d’animaux ait été tout à la fois vivante en même temps : cela semble prouver aussi que quoique les matières qui composent la surface de la terre fussent alors dans un état de mollesse qui les rendait susceptibles d’être aisément divisées, remuées et transportées par les eaux , ces mouvements ne se sont pas faits tout à coup, mais successivement et par degrés; et comme on trouve quelquefois des productions de la mer à mille et douze cents pieds de profondeur, il parait que cette épaisseur de terre ou de pierre étant si considérable, il a fallu des années pour la produire : car quand on voudrait supposer que dans le déluge universel tous les coquillages eussent été enlevés du fond des mers et transportés sur toutes les parties de la terre, outre que cette supposition serait difficile à établir 6, il est clair que comme on trouve ces coquilles incorporées et pétrifiées dans les marbres et dans les rochers des plus hautes montagnes, il faudrait donc supposer que ces marbres et ces rochers eussent été tous formés en même temps et précisément dans l’instant du déluge, et qu’avant cette grande révolution il n’y avait sur le globe terrestre ni montagnes, ni marbres, ni rochers, ni craies, ni aucune autre matière semblable à celles que nous connaissons, qui presque toutes contiennent des coquilles et d’autres débris des productions de la mer. D’ailleurs la surface de la terre devait avoir acquis au temps du déluge un degré considérable de solidité, puisque la gravité avait agi sur les matières qui la composent, pendant plus de seize siècles, et par conséquent il ne paraît pas possible que les eaux du déluge aient pu bouleverser les terres à la surface du globe jusqu’à d’aussi grandes profondeurs dans le peu de temps que dura l’inondation universelle.

Mais sans insister plus longtemps sur ce point qui sera discuté dans la suite, je m’en tiendrai maintenant aux observations qui sont constantes, et aux faits qui sont certains. On ne peut douter que les eaux de la mer n’aient séjourné sur la surface de la terre que nous habitons, et que par conséquent cette même surface de notre continent n’ait été pendant quelque temps le fond d’une mer, dans laquelle tout se passait comme tout se passe actuellement dans la mer d’aujourd’hui : d’ailleurs les couches des différentes matières qui composent la terre étant, comme nous l’avons remarqué®,

; a. Voyez les Preuves, art. vm.

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