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2. « Les moussons changent toujours quelque temps après les équinoxes ; elles soufflent con- « stamment vers l’hémisphère où est le soleil. Donc l’action de cet astre sur l’atmosphère en est « visiblement une descauses principales. » ( Abrégé de lagéogr. univ. de Maltebrun : 4e édit'on.)
DES VENTS RÈGLES
dont le mouvement est alternatif : les uns durent plus ou moins longtemps, les autres s’étendent à de plus grandes ou à de moindres distances , les autres sont plus ou moins réguliers, plus ou moins violents. Nous rapporterons ici, d’après Varénius, les principaux phénomènes de ces vents. « Dans « l’Océan Indien, entre l’Afrique et l’Inde jusqu’aux Moluques, les vents « d’est commencent à régner au mois de janvier, et durent jusqu’au com- « mencement de juin; au mois d’août ou de septembre commence le mou- <( vement contraire, et les vents d’ouest régnent pendant trois ou quatre « mois; dans l’intervalle de ces moussons, c’est-à-dire à la fin de juin, au « mois de juillet et au commencement d’août, il n’y a sur cette mer aucun « vent fait, et on éprouve de violentes tempêtes qui viennent du septentrion.
« Ces vents sont sujets à de plus grandes variations en approchant des « terres, car les vaisseaux ne peuvent partir de la côte de Malabar, non plus « que des autres ports de la côte occidentale de la presqu’île de l’Inde, pour « aller en Afrique, en Arabie, en Perse, etc., que depuis le mois de janvier « jusqu’au mois d’avril ou de mai ; car dès la fin de mai et pendant les mois « de juin, de juillet et d’août, il se fait de si violentes tempêtes par les vents « de nord ou de nord-est, que les vaisseaux ne peuvent tenir à la mer; au « contraire, de l’autre côté de cette presqu’île, c’est-à-dire, sur la mer qui « baigne la côte de Coromandel, on ne connaît point ces tempêtes.
« On part de Java, de Ceylan et de plusieurs endroits au mois de sep- « tembre pour aller aux îles Moluques, parce que le vent d’occident com- « mence alors à souffler dans ces parages ; cependant lorsqu’on s’éloigne de « l’équateur à 15 degrés de latitude australe, on perd ce vent d’ouest et on « retrouve le vent général, qui est dans cet endroit un vent de sud-est. On « part de même de Coehin, pour aller à Malaca, au mois de mars, parce « que les ven ts d’ouest commencent à souffler dans ce temps : ainsi ces vents « d’occident se font sentir en différents temps dans la mer des Indes ; on « part, comme l’on voit, dans un temps pour aller de Java aux Moluques, « dans un autre temps pour aller de Coehin à Malaca, dans un autre pour « aller de Malaca à la Chine, et encore dans un autre pour aller de la Chine « au Japon.
« A Banda, les vents d’occident finissent à la fin de mars, il règne des « vents variables et des calmes pendant le mois d’avril, au mois de mai les «vents d’orient recommencent avec une grande violence; à Ceylan, les « vents d’occident commencent vers le milieu du mois de mars et durent « jusqu’au commencement d’octobre que reviennent les vents d’est, ou pince tôt d’est-nord-est; à Madagascar, depuis le milieu d’avril jusqu’à la fin « de mai, on a des vents de nord et de nord-ouest, mais aux mois de février « et de mars ce sont des vents d’orient et de midi; de Madagascar au cap « de Bonne-Espérance, le vent du nord et les vents collatéraux soufflent « pendant les mois de mars et d’avril ; dans le golfe de Bengale, le vent de
DES VENTS RÉGLÉS
« midi se fait sentir avec violence après le 20 d’avril , auparavant il règne « dans cette mer des vents de sud-ouest ou de nord-ouest; les vents d’ouest « sont aussi très-violents dans la mer de la Chine pendant les mois de juin et j « de juillet, c’est aussi la saison la plus convenable pour aller de la Chine au « Japon ; mais, pour revenir du Japon à la Chine, ce sont les mois de février « et de mars qu’on préfère, parce que les vents d'est ou de nord-est régnent « alors dans cette mer.
« Il y a des vents qu’on peut regarder comme particuliers à de certaines « côtes : par exemple, le vent de sud est presque continuel sur les côtes du « Chili et du Pérou ; il commence au 46e degré ou environ de latitude sud,
« et il s’étend jusqu’au delà de Panama, ce qui rend le voyage de Lima à « Panama beaucoup plus aisé à faire et plus court que le retour. Les vents « d’occident soufflent presque continuellement, ou du moins très-fréquem- « ment, sur les côtes de la terre Magellanique, aux environs du détroit de « Le Maire ; sur la .côte de Malabar, les vents de nord et de nord-ouest « régnent presque continuellement ; sur la côte de Guinée, le vent de nord- « ouest est aussi fort fréquent, et à une certaine distance de cette côte en « pleine mer on retrouve le vent de nord-est; les vents d’occident régnent « sur les côtes du Japon aux mois de novembre et de décembre. »
Les vents alternatifs ou périodiques dont nous venons de parler sont des vents de mer ; mais il y a aussi des vents de terre qui sont périodiques et qui reviennent , ou dans une certaine saison, ou à de certains jours, ou même à de certaines heures; par exemple, sur la côte de Malabar, depuis le mois de septembre jusqu’au mois d’avril, il souffle un vent de terre qui vient du côté de l’orient; ce vent commence ordinairement à minuit et finit à midi, et il n’est plus sensible dès qu’on s’éloigne à 12 ou 15 lieues de la côte, et depuis midi jusqu’à minuit il règne un vent de mer qui est fort faible et qui vient de l’occident : sur la côte de la Nouvelle-Espagne en Amérique, et sur celle de Congo en Afrique, il règne des vents de terre pendant la nuit et des vents de mer pendant le jour ; à la Jamaïque , les vents soufflent de tous côtés à la fois pendant la nuit, et les vaisseaux ne peuvent alors y arriver sûrement, ni en sortir avant le jour.
En hiver, le port de Cochin est inabordable, et il ne peut en sortir aucun vaisseau, parce que les vents y soufflent avec une telle impétuosité, que les bâtiments ne peuvent pas tenir à la mer, et que d’ailleurs le vent d’ouest, qui y souffle avec fureur, amène à l’embouchure du ileuve de Cochin une si grande quantité de sable, qu’il est impossible aux navires, et même aux barques, d’y entrer pendant six mois de l’année; mais les vents d’est qui soufflent pendant les six autres mois repoussent ces sables dans la mer et rendent libre l’entrée de la rivière. Au détroit de Babel-Mandel , il y a des vents de sud-est qui y régnent tous les ans dans la même saison, et qui sont toujours suivis de vents de nord-ouest. A Saint-Domingue, il y a deux vents
DES VENTS, DES OURAGANS
différents qui s’élèvent régulièrement presque chaque jour : l’un, qui est un vent de mer, vient du côté de l’orient et il commence à 10 heures du matin; l’autre, qui est un vent de terre et qui vient de l’occident, s’élève à six gu sept heures du soir et dure toute la nuit. Il y aurait plusieurs autres faits de cette espèce à tirer des voyageurs, dont la connaissance pourrait peut-être nous conduire à donner une histoire des vents, qui serait un ouvrage trèsutile pour la navigation et pour la physique.