LE LYNX," OIT
d'autres moinshabiles que lui, c'est, i^que les anciens ont dit que l'Inde avoit fourni des lynx au dieu Bacchus; ik^ que Pline 9, mis des lynx en Ethiopie, et a dit qu'on ' en préparoit le duir et les ongles à Carputhos , aujourd'hui Scarpnnto on Zerpanto^ île de la Méditerranée, entre Rhodes et Candie ; 3*^ que 'Oesner a fait un article particulier du lynx d'Asie ou d'Afrique , lequel article contient .l'extrait d'une lettre d'un baron de Baticze : « Vous n'avez pas « fait mention , dit-il à Gesner, dans votre « livre des, animaux , du lynx indien ou « africain : comme Pline en .a parlé , Tau- « torité de ce grand homme m a engagé à « vous envoyer le desâin de cet animal , aiin «e que vous' en parliez... Il a été dessiné à « Constautinople; il est fort différent du «c loup - cervier d'Allemagne; il est beau- « coup plus grand ; if a le poil beaucoup « plus nide et plus court, etc. » Gesner, sans faire.d'autres réflexions sur celte lettre, •se contente d'en rapporter la substance , et de dire par ime parenthèse que le dessin de l'animal ne lui est pas parvenu.
i^onr que Ton ne tombe plus dans la même méprise, nous observerons, !<> que les poètes et les peinireb ont attelé le char de Bacchus de tigres , de panthères et de lynx, selon leur caprice, ou plutôt parce que toutes ces bêles féroces , à peau lâchée , étoient .paiement consacrées à ce dieu ; ^** que c'est le mol lynx qui fait ici toute l'équivoque , puisqu'il est évident, en comparant Fline avec lui-même,' que .l'auimal qu'il appelle fynxt et qu'il dit être en Ethiopie, n'est nullement celui qu'il appelle cliaus où lupus cervat'iust qui venoit des pays septentrionaux ;' que c'est par ce même nom mal appliqué que le baron de Balicze a été trompé, quoiqu'il regarde le lynx indien comme un animal différent du /mc/i/ d'Allemagne, c'esi-à-dire de notre Iviix ou loop-cerVier ; ce lynx indien ou afri(;ain, quil dit être f>eâucoup.plus grand et mieux tachp que noire loiip-cervier, poûrroit bien n'êire qu'une sorte de panthère. Quoi qu'il en soit de cette dernière conjecture, il paroît que le lynx ou loup-cervier dont il est ici question ne se trouve point dans les contrées méridionales , mais seulement dans les pays septentrionaux de l'ancien et du nouveau cbuiiaent. Olaiis dit qu'il est commun dans les forêts du noi*d de l'Europe ; Oiéarius assure la même chose en parlant de la Mosccvie; Rosinius Lentilius dit que les' lynx sont communs en Gurl^nde, en Lithuanie, et que ceux de la Cassubie (province de la