LOUP CERVIER
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Poméranie) sont pins petits et moins tachés que ceux de Pologne et'de Lithuanie; enfin Paul Jove ajoute à ces témoignages que les plus belles peaux de loup-cervier viennent de la Sibérie , et qu'on en fait un grand commerce à Ustiviga , ville distante de six cents milles de Moscou.
Cet animal qui, comme l'on voit, habite les climats froids plus volontiers que les pays tempérés, est du nombre de ceux qui ont pu passer d'un confinent à l'autre par les terres du Nord : aussi l'a-t-on trouvé dans l'Amérique septentrionale. -Les voyageurs l'ont indiqué d'une manière' à ne s'y pas méprendre; et d'ailleurs on sait que ia peau de cet animal fait xm objet de commerce de l'Amérique en Europe. Ces loupscerviers de (^nada sont seulement, comme je l'ai déjà dit, plus petiL<i et plus blancs que ceux d'Europe ; et c'est.oette différence de grandeur qui les a fait appeler chats-cerpiers, et qui a induit les nomenclatenrs > à les regarder comme des animaux d'espèce différente. Sans vouloir prononcer décisivement sur cette question , il nous a paru que le chat-cer\ier de Canada et le loup-cervier de Moscovie sont de la même ,espèce : i" parce que la différence dç grandeur n'est pas fort considérable; et qu'elle est à peu près relativement la même que celle qui se trouve entre les animaux communs aux deux continens; les loups, les renards, etc., «tant plus petits en Américjue qu'en Europe, il doU en être de même du lynx ou loiip-cer> ier ; a^ parce que, dans le nord de l'Europe même, ces animaux varient pour la giandeur, et que les auteurs font mention de deux espèces , l'une plus petite et l'autre plus grande; 3» enfin parce que ces animaux affectant les mêmes climats et étant du même naturel , de la même figure, et ne différant entre eux que |)ar la grandeur du corps et quelques nuances de cou-
I. M. Linnxus, qui demenre h iTpsftl et qui doit. coniinître cet animal , pnisqa'il se irouve en SaÂd« et dans les pays cfrconvoisins , avoit d'abord dis» ting^né te loup-cervier du chat-cervier. Il nommoit < le premier 'Jelù cauda truiieata , corpore ru/ejcenSi maniiaio (Syst. nat. , édit. IV, page 64 ; et ëdit. V^ j)age 4) ; :l nomnnoit le second Jeiis eauth truncatag curpore atbo maculato (Syst» nai. , idem , iiidfm)^ À Doiniuç même en suédois le premier mtrgio et Iç^ second kafi/u (Fauna Suec. , page 2) : mais dans st dernière édition il ne distingue pîus'ees animanx et il ne fait mention que d'une seale ctpèce qu'A indique par la phrase saivaiite < Fttis mum aÛre viata apice afm , auncuiis apiee bariatis , et dont il donne une bonne et courte description. Il paroît donc que cet auteur, qui d'abord dîstingnohte loup* cervier du cbat-cervier, «st venu à peater ooinin« noas que tous deux Q'étoient que le wMe animal.
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ANLMAOX CARNASSIERS.
leur, ces caractères ne me paroisseiit pas saffisans pour les séparer et orononcer qu*îU soient de deux espèces dHiéreutes.
Le I}nx, dont los anciens onl dit que la Tue étoit assez perçante pour pénétrer les corps opaques, dont Turine a voit la merveilleuse propriété de devenir un corps solide, une pierre précieuse appelée lapis lyncuruts, est un animal fabuleux, aussi bien que toutes les propriétés qa*on loi attribue. Ce lynx imaginaire n'a d*aatre rapport avec le vrai lynx que celui du nom. H ne faut donc pas , comme l'ont fait la plupan des naturalistes, attribuer à celui-ci, qui est un être réel, les propriétés de cet animal imaginaire , à TcxistenCe duquel Pline lui-même n'a pas Fair de croire , puisqu'il n'en parle que comme d'une bête extraordinaire , et qu'il le met à la tète des sphynx, des pégases, des licornes et des autres prodiges ou monstres qu'enfinte l'Ethiopie.
Notre lynx ne voit point au travers des murailles; mais il est vrai qu'il a les yeux •hrillans, le regard doux, l'air agréable et gai. ^n urine ne fait pas des pierres précieuses ; mais seulement il la recouvre de terre, comme font les chais , auxquels il ressemble beaucoup , et dont il a les mœurs et même la propreté. Il n'a rien du loup qu'une espèce de hurlement qui, s^ faisant entendre de loin , a dû tromper les chasseurs , et leur faire croire qu'ils entendoient un loup Cela seul a peut-être suffi pour lui faire donner le nom de loup , auquel , pour le distinguer du vrai loup, les chasseurs auront ajouté l'épilhète de cervitr^ parce qu'il attaque les
cerfs; ou plutôt parée qae sa peau esf variée de taches à peu j^ès comme œUe des jeunes cerfs, lorsqu'ils ont la livréei. Le lynx e^l ' moins gros que le loup et plus bas sur ses jambes ; il est communément de la grandeur d'un renard. Il diffère de la panthère et de l'once parles caractères suivans : il a le poil plus long, les taches moiAs vives et mal terminées, les oreilles bien plus grandes et surmontées à leur extrémité d'un pinceau de poils noirs, la queue beaucoup plus courte et noire à l'extrémité, le tour des yeux blanc, çt l'air de la îagA [rfus agréable et moins féroce. La robe du mâle est mieux mai*quée que celle de la femelle : il ne court pas de suite comme le loup, il marche et saute comme le chat. Il vit de chasse, et poursuit son gibier jusqu'à la cime des arbres ; les chats sauvages, les martes, les hermines , les écureuils , ne peuvent lui échapper ; il saisit aussi les oiseaux ; il attend les cerfs , les chevreuils, les lièvres, au passage, et s'élance dessus ; il les prend à la gorge ; et lorsqu^il s'est rendu maître de sa victime, il en suce le sang et lui ouvre la tète pour manger la cervelle, après quoi souvent il l'abandonne pour en chercher une autre : rarement il retourne à sa première proie ; et c'est ce qui a fait dire que de tous les auimaux le lynx étoit celui qui ayoit le moins de mémoire. Son poil change de couleur suivant les climats et la saison ; les fourrures d'hiver sont plus belles , meilleures et pins fournies que celles de Tété. Sa chair , comme celle de tous les animaux de proie , n'est pas bonne à manger.
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LE LYTSX DU CA^IAUA.
Nous donnons ici la description d'un lynx de Canada qui est au (kabinet du Roi , et qui a été bien préparé ; il n'a que deux pieds * trois pouces de long, depuis le bout du nez jusqu'à l'extrémité du corps, qui n'est élevée que de douze à treiîi^e pouces ; le corps est couvert de longs poils grisâtres méics de poils' blancs, moucheté et rayé de fauve, les taches plus ou moins noires ; la tète grisâtre , mêlée de poils blancs et de fauve clair , et comme rayée de noir en quelques endroits; le bout du nez est noir ainsi que le bord de la mâchoire inférieure ; les poils des moustaches sont blancs, lougs d'environ trois
pouces. Les oreilles ont deux pouces trois lignes de hauteur, et sont garnies de grands poils blancs en dedans , et de poils im peu tai^ves sur les rebords ; le dessus 'des oreilles est couvert de poils gris-de-souris, et les bords extérieurs sont noire; à l'extrémité des oreilles il y a de grands poils noirs qui se réunissent et forment un pinceau trèsmenu de sept lignes de hauteur. La queue, qui est grosse, courte et bien fournie de poils , n'a que trois pouces neuf lignes de longueur; elle est noire depuis l'extrémité jusqu'à moitié, et ensuite d'un blauc roussâtre. Le dessous du ventre, les jambes de
JLE LTfWX. BUT CAW&JIÎA 3)i(riQ(rrades. Genre- Chat. /CoBirrJ