‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 117 sur 146 · FI · texte numérisé non relu

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LIE MAœ.<S>Air Ordre dea Caruassiers . id. . id..

L*OGÈLOT.

"en cage. « A Irois mois , dit M. Lescot , « lorsque ces deux petits eurent dévoré leur a nourrice , je les Uns en cage , et je les y « ai nourris avec de la viande fraîche , dont « ib mangent sept à huit livres par jour ; ««ils fraient ensemble, mâle et femelle, « comme nos chats domestiques. Il règne « enti*e eux une supériorité singulière de la « part du mâle : cjuclque appétit qu'aient «» ces deux animaux, jamais la femelle ne «< s'avise de rien pi^ndre que le mâle n'ait « sa saturation , et qu'il ne lui envoie les « morceaux dont il ne veut plus. Je leur c<*ai donné plusieurs fois des chats vivans; « Us leur sucetil le sang jusqu'à ce que mort « s'ensuive , mais jamais ils ne les mangent. « J'avois embarqué pour leur subsistance « deux chevreaux ; ils ne mangent d'aucune « viande cuite ni salée i. »

r . Lettre de M. Lescot , qui a amené ces animanx dtj cçutiueiit de Carlhagène, à M. de Beosl, corres*

IlparoU, par l» témoigoage de Grégoire de Bolivar, que ces animaux ne produisent ordinairement que deux petits, et celui de M. Lescot semble confirmer ce fait; car il dit aussi qu'on avoit tué la mère avant de prendve les xleux petits do»t nous venons de parler. 11 en est de l'ocelot comme du jaguar, de la pantbère, da léopard, du tigre , et du Mon : tous ces animaux, remarquables par leur grandeur, ne produiâeut qu'en petit nombre, au liea que (es efaats, qu'on ^ourroit associer à cette même tribu, produisent en assez grand nombre;- ce qui prouve que le plus ou le moins dans la production tient beaucoup pV.fs k la grandeur qu'à la forme.

pondant de l' Académie des Sciences , en date da fj septembre 1764.

M. de Beost , qui a bien Toala me communiquer cette lettre , a beaucoup de connoissances en bistoire naturelle» et ce ne sera pas la seule occasion que nous aurons de patUr des choses dont il nous a fait part.

LE MARGAY.

Le margay est beaucoup plus petit que l'ocelot ; il ressemble au chai sauvage par la gi'andeur et la figure du corps ; il a seulement la tête plus carrée, le museau moins court , les oreilles plus arrondies , et la qiieue plus longue : son poil est aussi plus court que celui du chat sauvage, et il est marfjué de Ijandes , de raies et de taches noires sur \in fond de couleur fauve. On nous l'a envoyé de Cayenne sous le nom de chat-tigrcy jpt il tient en effet de la nature du chat et de celle du jaguar ou de l'ocelot, qui sont les deux animaux auxquels on a donné le nom de tigres dans le nouveau continent. Selon Fernandès, cet animal, lorsqu'il a pris son accroissement en entier, n'est pas tout à fait si grand que la civette ; et selon Marcgrave , dont la comparaison nous paroît plus juste, il est de la grandeur du chat sauvage , auquel il ressemble aussi par les habitudes naturelles , ne vivant que de petit gibier, de volaille, etc. : mais il est très-décile à apprivoiser, et ne perd même jamais son naturel féroèe. Il vai'ie beaucoup pour les couleurs, quoique ordinairement il sbit tel que nous le présentons ici. C'est uli animal très-commun à la Guiane, an Brésil, et dans toutes les autres provinces de rAmérique méridionale. Il y a appa-

rence que c'est le même qu'a la Louisiane on appelle pichoit; mais l'espèce en est moins comniime dans les pays tempérés que dans les climats diauds.

Si nous faisons la révision de ces animaux cruels , dont la robe est si belle et la nature si perfide, nous trouverons dans l'ancien continent le tigre , la panthère , le léopard, l'once, le senal; et dans le nouveau, le jaguar, l'ocelot, et le margay, qui tous trois ne paroissent être que des diminutifs des premiers, et qui, n'en ayant ni la taille ni la force , sontanssi timides, aussi lâche» que les autres sont inti'épides et fiers.

Il va encore un animal de ce genne^ qui semble différer de tous ceux qiie nous venons de nommer; les fourreurs rappellent guépard. Nous en avons vu plusieurs peaux , elles resseml)Ient à celle du lynx par la longueur du poil ; mais les^oreilles n'étant pas terminées par un pinceau , le guépard n'est point un lynx : il n'est aussi ni pantiière ni léopai'd ; il n'a pas le poil court comme ces animaux , et il diffère de tous par une espèce de crinière ou de poil long de quatre ou cinq pouces qu'il porte sui^ le cou et entre les épaules ; il a aussi le poil du ventre long de trois à quatre pouces, et la queue à pro-

ANIMAITX CARNASSIERS.

i)ortion plus courte que- la panthère , le éopard , ou l^once ; il est à peu près de la taille de ce dernier animal , n*ayaut qu'environ trois pieds et demi de longueur de corps. Au reste, sa robe , qui est d'un fauve très-pâle, est parsemée, coniine celle du Inopard, de taches noires, mais plus voisines les uïies des autres et plus petites , n'ayant que trois ou quatre lignes de diamètre. '

4['ai pensé ^ue. cet animal devoit être le même que celui qu'indfque Kolbe sous le nom 4e ioup-tigre ; je cite ici sa d^scriplion ' , .pour qu'on puisse U comparer avec la nôtre. C'est un animal commun dans lès terres voisines du cap de Boniie-K&pérance.* Tout le jour il. se tient dans d(^s fentes de rochers ou dans des trous qu'il se creuse en terre; pendant la nuit il va chercher sa proie : mais comme il hurle en chassant son gibier, il avertit les hommes et les animaux, en sorte qu'il est aisé de l'éviter ou de le tuer. Au reste, il paroit que le mot guépard est dérivé de iépard; c'est ainsi que les Allemands et les Hollandois appellent le léopard. Nous avons aussi reconnu qu'il y a des variétés dans cette espère pour le fond du poil et pour la couleur des taches ; mais tous les guépards oi>t le caractère commun des loug;» poils sous le ventre et de la crinière sur le cou.

Nous devons rapporter à Tarticle du margay le ehat-tigre.de Cayenne, dont M. de Xa Borde parle dans les termes suivans :

« La peau du chat-tigre est, cou^me celle «de l'once, fort tachetée. 11 est un peu

I. «Il est de la taille. d'an 'chien ordinaire et «quelquefois plus gros: sa t'ète e«t large comme «celle des dogues que l'on (ait battreen Am^leu^rre- « contre les taureaux'; il a les mâchoires grosses , « anssî bien que le museau et les yen» ; ses dents « sont fort tranchantes ; son poil est frise comme «celui d'an chien barbet, et tacheté comme celui «du tigre; ii a les pattes larges et armées de c< grosses griffes, qu'il relire quand il «veut, comme « les chats; sa queue est courte.... Il a pour mortels « ennemis le lion , le tigre et le léopard , qui loi u dotwent très-flouTent la ohaïset ils le pnuKsuivent *« jusque dans sa tanière, se jettent sur lui, .et le « mettent en pièces. » [Description du cap de Bonne- Espérance, par Kolbe, tome III, pages 6g et 70.')

L'animal auquel cet auteur donne le nom de tigre est celui que nous arons appelé léopard, et celui qu'il nomme Ifopard est la panthère.

« moins gros que le renard , inai.s il en a « toutes les inclinations. On le trouve corn- « munément à Ç'ayenne dans les bois. Il « déiruit beaucoup de gibier, tel que les « agoutis,. accouchis, perdrix, faisans, et « autres oiseaux , qu'il prend ^ajxs leurs « nids . quand , ils sont' jeunes. Il est fort « leste pour grimper ^sur les arbres, où il « se tient caché. Il ne court pas vite, ei « toujours en sautant. Son air, sa marche , « sa -manière de se» coucher, ressenii)lent » parfaitement a celles du chah J'en ai ru « plusieurs dans les maisons de Cayenne, « qu'on tenoit enchaînés ; ils se laissoienl « un peu toucher sur le dos ; mais il leur « reste toujours dans la fignre un air féroce. K On iie leur donnoit pour nourriture que « du poisson et de la viande cuite ou crue ; a tout autre aliment leur répugne. Ils pro* « duisent en toutes saisons, soit i'«té, .soit c( l'hiver, et font deux petits à la fois dans « des creux d'arbres pourris. »

Il y a un autre chat-tigi^e, ou plutôt une espèce de chat sauvage, à la Caroline , duquel feu M. Collinson m'a envoyé la notice suivante :

« Le mâle étoit de la grandeur d^un chat « commun ; il avoit dix-neuf pouces anglois « du nez à la queue, qui éloit de quatre « pouces de long, et avoit huit anneaux « blancs comme le mococo, La couleur ètoit « d'un brun clair, mêlé de poils gris ; mais « ce qu'il avoit de plus remarquable , sont » les raies noires; assez larges, placées eji « forme de rayons tout le long de son corps, » sur les cotes, depuis la tête jusqli'à la « queue. Le ventre est d'une couleur claire « avec des taches noires ; les jambes sont tt minces, tachetées de noir. Ses oreilles « avoient une large ouverture ; elleâ étoieiit <c couvertes de poils fins. Il avoit deux laides « taches noires très-remarquables sous les «t yeux , de chaque coté du nez ; et de là « partie la plus basse 'de cette tache, joi-' « gnant à la lèvi*e, il part un bouquet de « poils roidcs et noirs. La femelle est de « taille plus mince : elle étoit toute gris « roussâlre, sans aucune tache sur le dos; « seulement une tache noire sur le ventre, « qiû étoit blanc sale. »

LE BIZAAM'.

M. Vosmaër a donné la descriplion d'un animal sous le ncon. de chat bizaam , dans une feuille imprimée à Amsterdam en 1771, dont voici l'exlraii :

« Sa grandeur est à peu près celhe d'un « chat domestique. La couleur dominante « par tout le corps est le gris cendré clair , « rehaussé de (acoes brunes. Au milieu du « dos règne une raie noire jusqu'à la queue, <x qui est à bandes noires et blanclieis ; mais «« la- pointe en est noire ou d'un brun très-, «« foncé. Les pattes de devant et de derrière <« sont brunes en dedans el grises tachées « de brun en dehors ; le ventre el la poi- « Irine sont d'un gris cendré. Aux deux « tJÔiés de la iêle el sur le nez, se voient «( des raies brunes ; au bout du nez et sous M les yeux il y a des taches blanches. Les « oreilles, rondes et droites, sont couvertes <c de poils courts et gris ; le nez noir, et de <( chaque côté sont plusieui^ longs poils M bruns et b.lai;)cs. Les pattes sont armées ce de petites griffes blanches et crochues « qui se retirent en dedans.

-<( Ce joli animaPétoit d'un natu^el un peu «c tri'ste, sans cependant être méchant; on « le tenoit à la ciiaine. Il mangeoit volon- » tiers de la viande , mais surtout des oiseaux M vivans. On ne l'a pas entendu miauler; « mais quand on le tourmentait, il grom- «( meloit et souffloit comme un chat. »

M. Vosmaër dit aussi qu'il a nourri ce chat bizaam pendant trois ans, et qu'il n'a' jamais senti qu'il eût la plus légère odeur de musc ; ainsi ceux qui l'ont appelé chat musqué l'ont apparemment confondu avec la civette ou la genelte du Cap; néanmoins ces deux animaux ne se ressemblent point du tout ; car M. Vosmaër compare le bizaam au margay. « De tous les animaux, dit- il, ce que M. de Buffon nous st fait connoitre , « le margay de Cayenne est celui qui a le « plus de ressemblance avec le chat biza^im, '( quoique en les comparant exactement le « margay ail le museau bien pins menu et « plus pointu ; il diffère aussi beaucoup par » la queue et la figure des taches. »

J'observerai à ce sujet que ces premières différences ont été bien saisies par M. Vosmaër ; mais ces animaux diffèrent encore par la grandeur , le margay étant de la taille du chat sauvage, et le bizaam de celle du chat domestique, c'est-à-dire une fois plus petit. D'ailleurs le margay n'a point de raie noire sur le dos; sa queue est beaucoup moins longue et moins pointue; et ce qui achève de décider la différence réelle de l'espèce du margay et de celle' du bizaam, c'est que l'un est de l'ancien continent et l'autre du nouveau.

X.' Selon M. Cuvicr, cet animal n'est qu'une Tariété delà g^enett».

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