L'HYÈNE
AaiSTOTx nous a laissé deux notices au sujet de l'hyène, qui seules suffiroient pour faire recounoitre cet animal et pour le dis* tinguer de tous les autres ; néanmoins les voyageurs et les naturalistes l'ont cohfbndu avec quatre autres animaux dont les espèces sont toutes quatre différentes entre elles et différentes de celle de l'hyène. Ces animaux sont le ehacal , le glouton y la civette , et le babouin , qui tous quatre sont carnassiers et férocfli comme l'hyène, et qui ont chacun quelques petites convenances et quelques rapports pîarticuliers avec elle , lesquels ont donné lieu à la méprise et à ^evreu^ Le chacal se trouve à peu près dans le même pays: il approche, comme l'hyène, de la forme du loup ; comme elle , il vit de cadavres et fouille les sépultures pour en tirer les corps : c'en est assez pour qu'on les ait pris l'un pour l'autre. Le glouton a la même voracité, la même faim pour la chair corrompue,, le même instinct pour déterrer les morts f et quoiqu'il soit d'un climat fort différent de celui de l'hyène et d'une figure aussi très-différente, eette seule convenance de nature a suffi jpour que les auteurs les aint confondus, lia civette se trouve aussi
dan» le même paya qpie liiyèae ; elle a, comme elle , de longs jibik le long du dos et une ouverture ou fedlp particulière; carac« tères singuliers qui n^ppartiei^i^nt qu'à quelques animaux, et qui ont fait croire à Belon que la civette étoit l'hyène des anciens. Et à l'égard du babouin, qui ressemble encore moins à l'hyène que les trois autres, puisqu'il a des. mains et des -pieds comme l'homme ou le singe , il n'a été pris pour elle qu'à- cause de la re^safl^blauoe du nom; l'hyène s'appelle c/u^^aà en Barbarie, selon le do^gteur Shaw, et le Babouin se nomme da&uk , selon Marmol ^ |iéon l'Africain ; et comme le babouin ctt^n même climat, qu'il gratte aussi^la tca^, et qu'il est à peu près de la fann# de fl^^e , ces convenances opt trompé te|I voyageurs et ensuite les naturistes qui imi copié les voyageurs; ceuMtÉfcJI»' asà-W9X distmgue nettement ^^^^ltmSfSm0* si ont pas laissé de conserver â^l£ml^ le nom dabuh , qui est celui du bâpai^* L*hyène n'est donc pas \e dahith deii.Anbes, ni. le jesef ou sesef des Africains , comme le disent noà naturalistes ; et il ne faut pas non plus la fonfondre avec Je dee^ de Barbarie.
LA MÏBRE
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Digitigra
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^ais afin de préveMrpourJ'*'*^** ^**® ^*f usiôn de nofflâVjïious allons dontier en peu de mots le préc% des recherehes que jiou« avons faites au sKÉet de ces animaux.
Aristote donne a!5ux noms à l'hyène ; eommunément il rappelïê*îbcfl?«a et quelquefois ^lanus : pour être assurÇl^uê c^ deux noms ne désignent que le mêniët^nimal, il suffit de comparer les passagOTDÙ il en est question. Les anciens Latii^ ont conservé le nom d'hyœna , et n'ont j^ilit adopté celui de ^iari us : on trouve sjulement .dans les Latins modernes . le noni^de ganus ou gannus , et celui de be&us , pBur indiquer ^yène. Selon Rhasis, les iirabes ont appelé l'hyène liabo ou zabo , noms qui paroissent dérivé»* du mot zeeb , qui dans leur langue est le nom du loup. En f|rbafie l'hyène porte le nom de dtibbah^ comm^oa peut le voir par la courte descriptioT^||u€ le l). Shsw nous a donnée de cet aniofa). En Turquie l'hyène se nomme zirtlam^ selon Sfieremberg ; en Perse ^'a/fear/siiivant Kœropfer, el castar^ selon Pietror dàla Yalle : ce sont là les geuk noms qu'bn doive appliquer à l'hyène , puisque ce sont le^seuls sous lesquels on puisse la reconnoître diftrement ; il nous paroit cependant très-vraisAp4)labIe , quoique moins évident , que le fyccton et la croçute des Indes et de l'Élhiopie S^ parlent les anciens ne sont pas autres que ffeyene. Porphyre dit expressément que la crocute dés Indes est l'hyèi^ des Grecs; et en effet, tout ce que ceux-ci ont écrit, et même tout ce qu'ils ont dit de fabuleux au sujet dsà. Ijcaon et de la crocute , convient à l'hyène , sur laquelle ils ont aussi débité plus de fables que de faits. Mais nous bornerons ici nos conjectures sur ce sujet , afin de ne nous pas trop éloigner de notre objet présent, el
tildes naturelles, alla&t ordhudriiiieol en troupe, au lieu que Tbyène est nn animal solitaire : les nouveaux nomenelafteuij out lippelé le ckthal, d'après Ksnupfer, a/^ aureus ^ jaiïciè qu'il'a l»poit fauve ù^ne, vif, etbriliantl
Le chacal esj, comne Ton yalf, un anw mal très-différent de Ihyène. ïfen est dft même du gloutoa , qui est une bète du Nont reléguée dans les pays les |)lus' froids, tels que ta Laponie, la Russie, la Sibérie; inconnue même dans les régions tempérées, et qui par conséquent n'a jamais haoité en Arabie , non. plus que dans les autres climats cliauds où se trouve l'hyène.: aussi en (^ffere-t-il à tou^ égards. Le glouton est à peu près de la forme d'un très-gros blai* reau; il a les jambes courtes, Wveiitr* presque àr terre ; éhiq doi^ 4ux pieÉ» de devant comme à ceux de derrière , point de crinière sur le cou, le poil noiP sur tout le corps, quelquefois d'un fauve brun sur les flancs. Il n'a de commun avec l'hyène que d'être très-voraee. Il n*étoit pas connu des anciens , qui n'avoient pas pénétré fort avant dans \ef{ ferres du Nord. Le premi^ auteur qui ait fait mention de cet animal est Ofaiis; il l'a appelé gulo à cause de sa grande voracité : on l'a ensuite nommé rosomak en langue sclavone,yer|^et wUc^<is en allemand ; nos voyageurs françois Tout appelé ghuton. Il y a des variétés dans cette espèce aussi bien que dans celle du chacal,* dont nous parlerons dans l'histoire particulière de ces animaux; mais nous pouvons assurer d'a« vance que ces variétés j loin de les rapprocher, les éloignent encore de l'espèce de l'hyène.
La civette n'a de commun avec l'hyène que l'ouverture eu sac sous la queue , et la crinière le long du cou et de l'épine du dos ;
parce que nous traiterons daH§ un discoiars
à part de ce qui regarderiez animattx fabu^ . elle en diffère par la figure, par la grandeur
Icux et des râppôrli^qu'ils peuvent avoir* du corps , él|int de moitié plus petite : efie
avec les animaux liéels. ' a les oreilles velues et courtes, au lieu que
Lç pantlier dfes.- Grecs, le lupm canaritts rhyène les a longues et nues ; elle a de plus
de Gazai, le lupu»wmenws des Latins mo- les jambes bien plos courtes, cinq doigts à
dernes ël des Arabeà», nous paroissent être , chaque pied, tandis que l'hyène a les jam-
1 »--- *.„; — ». ^ -» -^î--i ... 1 !.. 1 jjgg longues el n'a que quatre doigts à tous
les pieds; la civette ne fouille pas la terre jwur en tirer les cadavres : il est donc trèsfacile de les distinguer l'une de l'autre. A l'égard du babouin, qui est le pa^ des Latins , U n*a été pris pour l'hyène qi|e pu une équivoque des noms, à laquelle Ul^)assage de Léoq l'Africain, copié par. Marmol, semble avoir donné Keu. Le éabuîi^ disent ces deux auteurs , est de y grandeur et dv. la forme du loup ; il tire œs corps morts d&t
le même |nîmal ; et cet animal est le chacal, que les "Pures appellent^ciVa/ selon PoUux, thachal selon -Spon él Whider; les Grecs modernes ,'/#a<?«â/itf; les T^etBanSf siechal ou scha^l; les I^ures de Barbaxle, deeb ou j achat Nous lui conserverons le nom de? chacal y qui a été adéfité par plusieurs voya« geins ; et Q0US- nous cdBtenterons de remarquer ici qu'il diffère de Fhyène non seulement par la grandeur, par (a figure, par la couleur du poil, mais aussi par letf habi-
fil.
su ' ANIMAUX tlAKIÎASSIEKS.
tifndiurês. La ressemblance de ce nom d»- scuriffi ; et Voa psétend (|u^iïToit mieux la àuh avec dubbah^ c(ui est celui de ThyèiM, nuit que le jour. ^ Von en put tous les iia-
et cette avidité pour les cadavres coii^mun^ an dahuh et au auhhah , les ont fait prendre |)ourJe même animal . (pioiqu'il sott dit expi eti^niieDt dans les mêmes passages que nous ^411008 de citer que le dahuh a des mains <t d(«~pie^ comme Thomme; ce qui convient au babouin et ne peut convenir à l'hypne.
Ort pourroit encore, en jetant les yeux sur la figure du inpus marimts de Belon, copiée par Gesner , prendre cet animal pour riijene ; car cette figure donnée par Belon ressemble beaucoup^ à celle de notre
que le jour. M l'on en put turalifites , son cri ressentie aux sanglots d'uo homme qui vomiroi^ avec effort, ou plutôt au mugissement du veau , comme le dit Kœmpfer , téiAQilTSruriculaire.
L'hyèpe se défeafl du lion , ne craint pAs la ))antbère , attaque Pouce , laquelle ne p^^ut lui résister :' lorsqw la proie lui man(]ue, elle creuse là terre atec les pieds et en lire par lambeaux les cac|/ivres des animaux et des hommes que« dans \& pays quVllc habite, on enterre ^alemei)! dans les chani})s. On la trouve dans presiiiie tous les cUiiiriis chauds de l'Afrique et cUs TAsie; et il pa-
hyene; maissa description ne s'accorde point Toit que l'animal appelé /Àro^ja à Mala-
aver la nôtre , en ce qu'il dit que c'est un animal' amphibie qui se nourrit de poisson, qui a été vn quelquafbis sur les côtes de l'Océan britannique , et <)ue d ailleurs Belon ne fait aucune aention des caractérise singuliers qui distinguent l'hyène des autrei animaux. Il se peut que Belon, prévenu que la civette étoit l'hyène des anciens, ait donné la figure de la vraie hyène sous le nom d'un autre anjjna] qu'il a appelé lupus- marimts ^ et qui ^rtaînement n'est pas l'hyène; car, je le répète , les caractères de l'hyène sont si marqués et même si singuliers, qu'il est fort aisé de ne s'y pas méprendre : elle est peut-être le seul de tous les animaux quadrupèdes qui n'ait, comme je viens de le dire , que qôalrc doigts tant aux pieds de devant qil'à ceux de derrière ; elle a , comme le blaireau, une ouverture sous la queue qui ne pénètre pas dans l'intérieur du corps : elle a les oreilles longues, droites, et nues; la tête plus carrée et plus courte que celle du loup; les jambes, surtout celles de derrière , plus longues ; les yeux placés comme ceux du chien ; le poil du corps et la crinière d'une couleur gris obscur , mêlé d'un peu de fauve et de aoir, avdc des oud(îs transversales et noirâtres : elle est de la grandeur du loup , et paroît seulement avoir le corps plus court et plus ramassé.
Cet amnial sauvage et solitaire demeure dans les cavernes des montagnes, dans les fentes des rochers, ou dans des tanières qu'il se creuse lui-même sou£ terre : il est d'un uaturel féroce ; et , quoique pris tout petit, il ne s'apprivoise pas. 11 vit de proie
gascar , qui ressemble au l<lup par la figme, mais qui est plus gran(^ plus fort , et \Aws cruel , pourroit biea êJtfe l'hyène.
Il y a peu d'anim^y{x sur lesquels on ait fait autant d'iiistoires'^ibsurdes que sur celui-ci. Les anciens ont écrit gravement ({uc l'iiyène éloît mâle et femelle altemalivenient ; que. quand elle portoit, aliaito^t,etclevoit ses petits, elle dcmeuroit femelle pendant toute ianBée ; mais que Tannée suivante elle le-
{nenoit les fonctions du Qiâle et faisoii sii- )ir à son compagnon ]^ sort de la feniclk'. On voit bien que ce conte n'a d'autre fonde ment que l'ouverture 40 forme de fente (jue le mâle a, comii^lâ femelle, indépendammeut^des parties propres de la gcuéralion , qui , pour*tes deux sexes, sont dans Ihunc semblal)le$ à celles de tous les ^Lres animaux. On a dit qu'elle savoit imiter la \o\\ humaine, retenir le nom des bergers, les appeler, les charmer, les arrêter, les roiidrc immobiles; faire en même temps courir !cs bergères, leur faire oublier leur troupeau, les rendre fuUes d'amour, etc. . . . Tout cela peutanivcr spns l'hyène; et je finis pour qu'où ne me lasSQ. pas^ le reproche que je vais faire à Pline , qu^^arolt avoir pris plaisir it conïj)ilor et raconl^ ces fables.
* Nous donnons ici la ji^iiure d'une by eue mâle, qui étoit vivante à la foire Sainl-Germain, en 1773, parce que celle que nous avions donnée n'etoit pas Gorrecl£, par la difficulté qu'eût le dessinateiH' a la faire mettre en situation de la bi^ii Voir. Celte première hyène étoit trè4-féroQe>, au lieu que.celi|( dont7K>us doi^nons ici la figure,
comme le loup, mais il est plus fort et pa- -«^ayant été apprivoisée de jeunesse 7 ^oit fort roît^lns hardi :.il attaque quelquefois les * douce : car, quoique son maître i'iiritàt souhommes; il se jette sur le bétail, suit de vent avec un bâton pour lui faire hérisser pre.^ les troupeaux , et souvent rompt dans sa crinière lors du spectacle, Pinstast d'après la nuit les portes des élables et les clôtures elle ne paroissoit pas s'en souvenir; elle des bergeries : ses yeux brillent dans l^ob- joiioi^ avec sou maitie, qui lui meltoit la
' 4e,r Carnassiers. Famille ife,F ("ai'nivores. .ffïiS» (/«r DiOTtioTade» . Genre Crv>rttp. fCM,ir--i
ILA ©TENETTIE Ordre (/«/■ CiiL'iiasaiers... id...ùL.