‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 137 sur 146 · LE COCHON DE TERRE · texte numérisé non relu

LE COCHON DE TERRE

Nous avons dit et répété souvent qu'aucune espèce des animaux de l'Afrique ne s'est trouvée dans l'Amérique méridionale , et que réciproquement aucun des animaux de cette partie de T Amérique ne s'est trouvé dans l'ancien continent. L'animal dont il est ici question a pu induire en erreur des observateurs peu attentifs , tels que M. Vosraaër : mais on va voir par sa description et par la comparaison de sa figure avec celle des fourmiliers d'Amérique qu'il est d'une espère très-différente, et qu'il n'a guèi*e d'autres rapports avec eux que d'être de même prive de dents , et d'avoir une langue assez longue pour l'introduire dans les fourmilières. Nous avons donc adopté le nom de cochon de terre , que Kolbe donne à ce mangeur de fourmis , de préférence à celui de fourmilier^ qui doit être réservé aux mangeurs de fouitnis d'Amérique, puisqu'en effet cet animal d'Afrique en digère essentiellement par l'espèce et même par le genres Le nom de coclion de terre est relatif à ses habitudes naturelles et même à sa forme , et c'est celui sous lequel il est communément connu dans les terres du Cap. Voici la description que M. AUantand a faite de cet animal , dans le nouveau supplément à mon ouvrage :

•c M. de Buffon semble avoir épuisé tout ce qu'on peut dire sur les animaux mangeurs de fourmis : l'article qu'il en a dressé doit lui avoir coûté beaucoup de peine, tant à cause des recherches qu'il a dû faire de tout ce qui a été dit de ces animaux que de la nécessité où il a été de relever les fautes de ceux qui en ont parlé avant lui , et particulièrement de Seba. Celui-ci ne les a pas seulement mal décrits, mais il a encore rangé parmi eux nn animal d'un genre très-diffépent.

« M. de Buffon , après avoir dissipé la confusion qui régnoit dans l'histoire de ces

animaux, n'admet que trois espèces de mangeurs de fourmis , le tamanoir, le tamandua, et celui auquel il a conservé le nom ait fourmiUer ; mais ensuite il a donné la description d'un animal qui semble être une nouvelle espèce de tamandua plutôt qu'une simple variété ; enfin il conclut de tout ce qu'il a dit que les mangeurs de fourmis ne se trouvent que dans les pays chauds de l'Amérique, et qu'ils n'existent pas dans l'ancien continent. Il est vrai que Desmarchais et Kolbe disent qu'il y en a en Afrique ; mais le premier affirme simplement la chose sans en rien dire de plus ni sans en apporter aucune preuve; quant /i Kolbe, son témoignage est si suspect que M. de Buffon a été irès-autorisé à n'y pas ajouter foi. J'ai pensé comme lui au sujet de Kolbe, et je n'ai point cru qu'il y eût des mangeurs de fourmis en Afrique ; mais M. le capitaine Gordon m'a tiré de l'erreur où j*étois : il m'a envoyé la dépouille d'un de ces animaux tué au cap de Bonne-Espérance , où ils sont connus sous le nom de cochons de terre; c'est précisément celui que Kolbe leur donne : ainsi je lui fais réparation d'avoir révoqué ici en doute sa véracité, et je suis persuadé que M. de Buffon lui rendra la même justice. Il est vrai que M. Palias a; confirmé le témoignage de Kolbe par ses propres observations; il a donné la description d'un fœtus de mangeur de fourmis , envoyé du cap de Bonne-Espérance au cabinet de S. A. S. Msr» le prince d'Orange; mais un fœtus, dénué de son poil, étoit peu propre à donner une juste idée de l'animal dont il tiroit son origine , et il pou voit avoir été envoyé d'ailleurs au Cap ; cependant le nom de coelwrij par lequel on l'avoit désigné, a commencé à me faire revenir de mon préjugé contre Kolbe.

« J'ai fait remplir la peau que M. Gordon m'a envoyée; ce qui m'a très-bien réussi;

tk^e^ài d^rès cette peau leurrée que j'ai fail graver fÂ'e^AW^^ràd'4Q^^à>(ipm fhangtur de fonrmis- Ma anJèWLl'qtil h'a fouiVi de 'dewu, et ffW'k'itte laftgttè^forl foogife qu*U t^ïAt'HM lé^ IbiiMClièi^ pour avaler ^ii5Îiltbiè& ' fUui^î^ ^(ii Vy dt^ tachent, on ne nçnt. pas douter qn^'^ui qui est repréehté '\6 h'ètl'tiiéi'ke'fé-ndni | cependant il diffère trèi-foit des trofe e*pèws décrites pkr M/ dd^ BWffdii ; et qbfe Je crois JWc lui, être particulières à l'AiÉkérique. ' ... l

« Il est à peu près aussi gros et aussi grand que le tamancnr, comme on lé \'^rra par I^ dimensions que j'en donnerai. Les poils qui counrent sa tète , té dessus dé son corps et sa queue, sont' très-courts , et tellement couchés et appliqués sur sa peau qu'ils semblent y être collés ; leur couleur est d'un gr^ sale, un peu approchant de ceTui du lapio , mais plus obscur : sur les flancs et smis le venti<e ils sont plus kmgs «t d'une eouleur roussâfre; ceux qui cou%Tent lei j^ibes sont aussi beaucoup plus longs , fïi soiïl tout -à-fait noirs et droits.

«'tti4èteest presque un cône tronqué, «n peu comprimé vers son extrémité ; eïîe est terminée par un plan ou ptutôt par un ' boutoir, 'tel que celui d'un cochon , dans lequel sont les trous des narines , et qui avance de près çTûn poiice au delà de la mâchoire inférieure ; celle-ci est très-petite. Sa langue est longue ^ fort mince et plate, ^ mais plus large que. dans 1és 'aufres tn^n-' geurs de fourmis, qui l'ont presque cylindrique ; 'il n^a absolomérA aucune dent. Ses yeux Sont beaucoup phis près tlés érëiRei que du museau; ils sont assëe grand» , «t d'un angle à fautre ils ont un poudè^ de ton" ^tietir. Ses oreilles , assez semblables à eellei des cochons , ft'éfèvent à la hatiteiir de siji potices,, et se terminent en poiiktti; «lies sotit formées par une membraner presque aifssi mince que du parcbclimn ,'et couvertes de poil§ à peme remat'quaMes , tant ils soM courts. J*igtiore sl dans Tanimàl vivant elles sont pendantes comme dans lestattiaïiâuas: M. l4il)as dit qu*e11es le sont; mais il en juge d'après ceîlei^ dtt foetus, où leur longueur doit Teiir faire pfendre tette position , sàni qifdn'ten doive conclure qu'elles l'aient dans l'animal lorsqu'il est hors du vehtfts de sa ttière. Sa queue surpasse le tiers de la Ion- . ^l'cui* de tout le corps ; elle est fort grosse à Son origirttî, et va en diminuant jusqn'à S'oa'c\lréhiite. des j^ieds de dè^tuit ont quatre doigts ; cënk"^ded6i*riète en ont cinq, tons armés dfe fbrls 'wn^îcs, dofttles phts

* l/^RHaKCH SXHPVtfOES.!

lon^s' sont 'aux pieds postérieurs, car ils égalent en loiigifëAnr les^i|ôigl$'lfenÔiDes; ils ne sont pas p>Mnfu^, ttuiifii «ivondis à leur extrémité; un peu recoufhés!«t' propres à creuser la xettc: ft he ^ar»tf •■ »|«ib qu'il puisse s'en servir pour saisir forfem<;nt, ou pé6r se défendre, ^ibihiAe' les .autres mangeurs de'-f6tim]iis;"«epêildaîÉt il doit, avoir beaucoup de force dai» se$ Jambes , qui sont très-gttÀses pi^ortimsncilîeinent â son corps. * • • \ '

« 0^1 voit , par cette éesdription , <f ne cet animal est très-diffêrent'du tattianoir par son poil, sa cot^eot', sa tète et sa queue : il surpasse aussi fort en grandeur le tamaiidua , dont il diffère de même par son pelage, par sa couleur et par ses ongles \ je ne dis rien de sa différence avec Je fourmilier, avec lequel personne ne le confondra. Il appartient dDùc à une quatrième espèce inconnue jusqu'à présent; et tout ce que j'en sais de certain, c'est que cet animal fourre sa laugue dans les fourmilières , qn'il avale les fourmis qui s'y attachent . et qn'il se cache en ttrre dans des trous. Quoiqu'il ail une queue qui ressemble un peu à celle du tamandua , je dftuteqn'n s'en serve , comme lui , potir se suspendre à dés hranchés d*A*bres; elle ne . me paroit pas pour cela assez flexible , et lei ongles ne sont pas faits pour grimper.

"«Comme jé Vki' déjt'dft, '^tûî dottne au Cap le nom de cochon de terre ; mais il

Çes^mhl^ pu cpchpfi , et. cela encore trcsmpai^temem , 'ui^qnénfent par sa tête allongée , par le boutoir qui la termine , et par latotiguéur de' ses <tfreÂlles :' d'ailleurs il en diffère esisentielkm^t par leb dents qn'il n'a pas , par sa «jjnetk; , et principalement par ses pieds, aussi bien que parla conformation de tout^an corps.

*t Ati défaut de bonnes autorités sur ce ^i regarde ce mangeur de founnis (car c'est le nom que je cïrois devoir hii donner, pour le diitingner des trois espèces décrites par M. de Buffon) , je mettrai ici en note ce que Kolbe en a dit > ; il a été plus exaet dans la description qu'il en a faite qu'il nte Test ordinairement. Toici ses dimensions ;

I. La quatrième espèce des cochons se nomme le cochon (te terre. Il ressemble tpès^fort inx-cockons nmges (poarqaoi attx caohans rougt»? il ne lear ïes«einÙe-pas pliu par ia> eoaleur qu'aux autres) ; il a seulement la tète plus lungue et le groin pi as pointu; il n'a absolument point *de dents, et sn soies ne sont pas si fortes. Sa languo «st lotigne et affilée; sa queue estlonçue; il a «nssi les jam« bes longue» «t foitas«J^a tenreiui serjt dfi demçnr^ il s'jr crçn^ vo^e grotte, ouvrage qu'i'l fait areç beaucoup de vivacité et de promptitude, et s'il a setildurnt liai tcte et lois pîcds de dévairt dams U

Ortirf (/(V Edenlés. Genre Paiiî;oIm- (CurU

Or/ire de^r I';deiitos. Genrf Tatow. /r^o

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bout 4M:n]il«eau jwsqMi*À4'<ovj' .. )(iuM^(df) l»/iiu«tiQ«,« ...,.».<« I .■* Ci«ÇQi>%eac» du „yn|jpcn ifi^i

Longueur' de l^ïftètfi. . « .!. . ^^u .

Sa cirQoqféfi'BQoei^tre 1«& yeu.\ '

et les oreille6.\. .. n«^ .^>«.^. i Sa cu>o<H!iféreuce |u^ du. ]»Qut

du museau »

Longueur.des.oreilli^. r •^> <»'>»<• • Distance eatre leiurs baMi; v.^ .U Longueur des yeux ua^i^rée .

d'un augle à Tautre. , ,\, , .• h Distauce des yeux aux oreilles.^ ^* Dislance des yeux au bout du,.. ,.

museau. * **

upt .dpo^\HsJ

t«rre , il %'y <;r9inpona« si bien m^ rhomit4!}|«plus robuste ne sauroit l'en arracher.

Lorsqu'il a faim , il va cbcrcUer nnc foumnlièwj. d«-s qu'il a fait cette bonne trouvaille , *il r^glrdv tout autour de lui\ pour voir si toatest trtugquilIOf' et s'il n'y a point de danger; il ne .mange jamais^ sans avoir pris cette précaution : alors il se couche;, et , plaçant son groin tout près de la fbarimHère", il tire la langue tant qu'il jieut; les founni^ mon* teni d«s«as en fopl^ « et, dès qu'otk «at bi«n «ouf^ ver le , il la retire «rt les f obe toutes. Ce ^eto se re» cnyiinence plusi^rs fois, et jusqu'à ce qi^l *o\i ra^saitié. Ann de lui procurer plas ttisémenV cettri

Wf^eeR{r^fe^d^^^»,^eg|''.,^, ,j^j Sfr.cirÇ(ffifçççftf:fi.pfe|.ffe|f,^,lf;^ -r •■..., »,,.,.,

Lop|[u^i^c^^^^Pf^b^4«d^y9ut,.,ï ., ,-^ ;.,^

Sa c|irc9^feïieiy:;e prçf du, wrps. . *i , J^i . ,îç

Longueur des jambes de der- Leur, cirçowéreuce près au

. corps. « ^1» «> • » ,^. *'*.^ • • T,' t'A

Ley r. jçir(ÇQafére»ce . p^res . ciu l^- . koi.y., % , .,

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nqnrriture , f a nature, toute sage, a Fait en sorte que la partie supérieure de cette lAntfue, \B[o\ ddti recevoir les fouruiis, est tottjouM ^oowette m «tnl date d'dne majUAre Ti^qaefiHie bU f^ln^Pte qtii eoi^

bon goût et trè8«rfa(nbL» Vtà fiJMropMns 4t \t* tewtotffTvnt «envent à M,ch«f«e fi» ce^.piapm^ux : tjt^n n'e^ |^s^iu;i1e que 4e Xes'^^^Sf, i| ^e fai^t tauf leur donner "■ — '■' -*- 4-*»'— — - s.: ..*

v»tdmë 111, page H^.)" . i < • • f|

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rcjift i^Sjfwile que de Xes^v^f, i/ flc fai^t <auf [onner on petit cpup de bâton sur là tête. rljftîok tiu^cap de Hottne^Bs^érdine^ , 'pdt'RoIbâ kë 111, page 4^.)" ' >'-••?} .-•■ 'i i <,'

LE PANGOLIN ET llÉ PïIATA<iIN.

Ces aniqiaux soQLt> vulgairement eonilus soui le nom de léskords étaUUmi : noup; avons eru>devoir rejeter cette déuomiDatioAf jo parce qu'çlle est composée.; 2^ parce qu'elle est ambiguë , et qu'on TappUaue À ces deux espèces ; 3° parce qu'elle a été mal imaginée , ces animaux étant non seulemc^ d'uik autre genre , mais même d'une autre classe que les lézards , qui sont des reptiles ovipares , au lieu que le pangolin et le phatagiu sont des quadrupèdes vivipares': ces noms sont d'ailleurs ceux qu'ils* portent dans leur pays natal; noiu ne les avons pas créés, nous les avons seulement adoptés.

Tous les lézards sont recouverts en entier, et jusqne sous le ventre, d'une peau lisse et bigarrée de taches qui représentent des écailles ;' mais le pangolin et le pbatâgin n'ont point d'écailles sous la gorge , sous la poitrine, ni sous le ventre : le pbacagin, comme tous les autres quadrupèdes, a du poil sur toutes ces parties inférieures du corps ; le pangolin n a qu'une peau Hàso et

sans, poil* Les éief^mes- qui (revêtent e( co^T i9Viit.|out«8 leB.autric« parties du curp$.4^ (9es deux an^fttau:^ ne sont.pa^ polJôes .en entiier suk da pe^Eiu; , eUes- y >on]t ^ulemcz^^ infixées et fortfoieut adhénsntes par leuc

Eartie inférieure ; elles sout mobiles, covui^i: «'-piquaos -du porc^pic, et elles se re«> lèvent ou se «'aJMUS^ul à la volonté de l'animal ;, elles se hérissent loremi'il est irrité; elles se hérissemit encore plus lorsqu'il se pet en boule comme le héris^n. Ces écailles sont si grosses , si dures et si poignantes 9 qu'elles rebutent tous, les aniopau^ oe proie; c'est une cuirasse offensive. qqî blesse autant qu'elle résiste ; les plus crue^ et les plus affamés,, tels que te Xv^ « la .mil' tbèrtt, etc. , Ae font que de vams,.^Jt|Qits pour dévorer ces animaux, armés ^ il^ ït^s louient, ils les roulent* m^is.^efi i^én^e teii9p»41s>r«» €904; 4es blessiues^pulpurêuseS dès qu*ils veulent les .saisif..;^ U^^ ne peuvent ni les violenter^ ni. iesiiécmsef A ^ lei^ etouffi^ ea lcs>swwdUargcaftt.de4ei|r ^pid^, X»,i^

ATnMAUX SAUTAGES.

urd , qui craint de prendre iTec la gueule le bériasoD en bouk , dont les piauaqs lui déchirent le palais et la langue, le ibree cependant k s'étendre en le foulant aux pieds et le pressant de tout son poids ; dès que la* tête paroit , il la saisit par le bout du mtfwan , et met ainsi le hérisson à mort : mais le pangolin et le phaligin seni de tous les animaux, sans en excepter même le porc-épie , ceox dont l'armare est la pins mue et la phis offensif ; en sorte qu'en Gontractiàit leur corps et présentant leur» armes ils bradait là fureur de tous letirs omemis.

Au reste, lorsque le pangolin et le phatagin se resserrent, ils ne prennent pas, eomme le hérisson , une figure globuleuse et uniforme : leur corps , en se contractant, se met en peloton ; mais leur grosse et Ion* gue queue reste au dehors, et sert de cercle ou de lien au corps. Cette partie extérieure, par bqueHe il paroit que ces animaux pourrotent être saisis, se défend d'eUe-mérae : elle est garnie dessus et dessons d'écaillés aussi dures et aussi tranchantes que celles dont le corps est revêtu; et comme elle est colivexe en dessus et plate -en dessous , et qu'elle a la forme à i)en près d'une demipyramide , les c6tés anguleux sont revêtus aécailles en éqaerre pUées à angle droit , lesquelles sont aussi grosses et aussi tran* chantes que les autres; en sorte que la queue paroit être encore plus soigneusement armée que le corps, dont les parties inférieures sont dépourvues d'éeailles.

Le pangolin est plus gros que le phatagin, et cependant il a la queue beaneoup moins longue ; ses pieds de devant sont garnis d'&* cailles jusqu'à l'extrémité ; au lieu que le phatagin a les pieds et même une partie des jambes de devant dégarnis d'écaillée et couverts de poil. Le pangolin a aussi les écailles plus grandes, plus épaisses, plus convexes et moins cannelées que celles du phatagin , qui sont armées de trois pointes très-piquantes , au lieu que celles du pangolin sont sans pointes et unifonnément tranchantes. Le phatagin a dn poil aux parties inférieures : le pangolin n'to a point du tout sous le corps; mais entre les écailles qui lui couvrent le dos il sort quelques poils gros et longs comme des soies de cochon, et ces longs poils ne se trouvent pas sur te dos du phatagin. Ce sont là toutes les différences essentielles que nous ayons remarquées en observant les déi)ouiU(>s de ces deux animaux , qui sont m différons de tous les autres quadrupèdes , qi^on les a regardés

comme des espèces de monstres. Les différences qi)e nous venons d'indiquer étant gébérties'et constantes , nous croyons pouvoir assurer que le pangoUn et le phatagin sont deux animaux d'espèces distinctes et séparées : nous avons reconnu ces mi^iorts eO^ ces différences non seulement par Tînspeelion des trois si^ts que nous avons vos, mais aussi par la comparaison de tous ceux qui ont été obsorés par les voyageurs et indiqués parles naturalistes.

* Le pangolin a jusqu'à six , sept et huit

Sieds de grandeur, y compris la longueur ela queue, lorsqu'il a pris son aocroiaseraent entier : la queue, qui est à peu près de la iongueor 4u corps , pmt>it être moins longue quand il est jeune ; les écailles sont aussi moins grandes , plus minces et d'une conteur plus pâle; èUes prennent une teinte plus foncée braque l'animal est adulte , et elles acquièrent une dureté si grande qu'elles résistent .à la baUe du mousquet. Le phatagin est, comme nous l'avons dit, bien plus petit que le pangolin : tous deux ont quelques rapports avec le tamanoir et le tamandua; comme eux, le pai^olin et le phatagin ne vivent que de foiinnis ; ils ont aussi la langue très-longue , la gueule étroite et sans dents apparentes, le corps trèsalloogé , la queue aussi fort longue et les ong^ des pieds à peu près de la mrane gnuadeur et de la même forme, mais non pas en même nombre : le pangolin et le phatagin ont cinq ongles à chaque pied, au lieu que le tamanmr et le tamandua n'en ont que quatre aux pieds de devant ; ceux-ci sont couverts de poÛ, les autres sont armés d'écaiUes ; et d'aîUeurs , ils ne sont pas originaires, du même continent ; le tamanoir et le tamandua se trouvent en Amérique ; le pangolin et le phatagin aux Indes orientales et en Afrique , où les Nègres les appellent quogeh; ils en mangent la chair, qu'ils trouvent délicate et saine; ils se servent des écailles à plusieurs petits usages. An reste, le pangolin et le phatagin n'ont rien de rebutant que la figure; ils sont doux , innocens , et ne font aucun mal : ils ne«e nourrissent que d'insectes. Us courent lentement, et ne peuvent échappera Thomme qu'en se cachant dans des Irons de rochers ou dans des terriers qu'ils se creusent, et où ils font leurs petits. Ce sont deux espèces extraordinaires , peu nombreuses, assez inutiles, et dont la forme bizarre ne paraît exister que pour &ire la première nuance- de la figure des quadrupèdes à celle des reptiles. .

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LES TAtOUS.

XoR^QUE Ton paj'Ie d'un quadrupède , il semble que le uom seul emporte Tidée d'uQ animal couvert de poil; efi de même, lorsqu'il est question d'un oiseau ou d'un poiâsou , le& plumes et les écailles sWfreut à rimagination , et paroissent étre.des attr^: buts inséparables de ces êtres. Cependant k nature, c(Hnme si elle vouloit se soustraire à toute méthode et échapper à nos vues les plus générales , dément nos idées , Contredit nos dénominations, méconnoit aos caractères , et nous étonne encore plus par ses eice pt ions que par ses lois. Les animaux quadrupèdes , qu'on doit regarder comme l^" saut la première classe de ia nature vivante, et qui sont, après Thomme, les êtres les plus remarquables de ce monde* ne sont néanmoins ni supérieurs en tout ni séparés par des attributs constans ou des caraclèret uniques de tous les autres êtres. Le premier de ces caractères , qui constitue leur nom et qui consiste à avoir quatre pieds, se retrouve dans les lézards, les grenouilles, etc.,- lesquels néanmoins diffèrent des quadrupèdes à tant d'autres égards, qu'on en a fait, avec raison, une classe séparée; la seconde pvopriété générale , qui est de produire des petits vivons, n'appartient pas uniquement aux rfuadrupèdes, puisqu'elle leur est commune avec les cétacés; et enfin le troisième attribut, qui paroissoit le moins équivoque , parce qu'il est le plus apparent , et qui oon« sis te à être couvert de poil, se trouve pour ainsi dire en contradictiOD avec les deux autrès dans plusieurs espèces qu'on jae peat cependant retrancher de l'ordre des quadm» pèdes , puisqu'à l'exception de ce seul caractère , elles leur ressemolent par tous les au* très; et comme ces exceptions apparentes de la nature ne sont dans le réel que les nuances qu'elle emploie pour rapprocher les êtres même les plus éloignés , il ne faut pas perdre de vue ces rapports singuliers , et tâcher de les saisir à mesure qu'ils se présentent. Les tatous, au lieu de poil, sont couverts, comme les tortues, les écrevisseff, et les autres crustacés, d'une croûte ou d'un têt solide ; les pangolins sont armés d'écail les assez semblables à celles des poissons; les porcs-épics portent des espèces de plumes piquantes et sans barbe , mais dont le tuyau est pareil à celui des pUtmes des oiseaux : ainsi dans la classe seule des quadrupèdes,

et. par le caractère même le plus constant et le'pltts. apparent des animaux de cette classe, qu(,«st d'être couverts de poil , la nature vade .en se rapprochant de trois autres cl^çse^ trè&dîfférentes , et nous rappelle le» oiseam;., les poissons à écailles, et les crus* taoés. JJtasi iautril bien se garder de juger la n«iture des êtres par un seul caractère, il se trouveroit toujours incomplet et fautif ; souvent -même deux ou trois caractères, quelque généraux qu'ils puissent être , ne suffisent pas encore ; et ce n'est , comme nous Tavons dit et redit, que par la réunion de tous les attributs et par l'énumération de tous les caractères qu'on peut juger de la forme essentielle de chacune des produc* tioQs de la nature. Une bonne description et jamais dq définitions, une exposiiioQ plus scrupuleuse sur les différencds que sur les ressemblances, une attention particulière aux exceptions et aux nuances même les. plus légères, sont les vreiea règles, .et j^ose dire, les seuls moyens que nous ayons de «onnoitre Ja nature de chaque chose ; et si roB eût employé' à bien>décrire tout le temm qu'on a perdu a définir et à faire des méthodes , nous n'eussions pas trouvé l'histoire naturelle au beroeau; nous aurions moins de peine à lui ôter ses hochets, à la débarrasser de ses langes; nous eussions peutêtre avancé son âge, ear nous aurions plus écrit pour la science et moins ccotre î'wreur.

Mais revenons à notre objet. Il existe donc|)anni les animaux quadrupèdes et vivipares plusieurs espèces d'animaux qui ne sondt pas couverts de poil. Les tatous font eux seuls un genre entier, dans lequel on peut compter plusieurs espèoes'qui nous paroissent être réellement distinctes et séparées les unes des autres : dans toutes l'animal est revêtu cf un têt semblable pour la substance à celle des os; ce têt couvre la tête, le cou, le dos, les flancs, la oroime, et la queue jusqu'à l'extréoMté ; il est luimême recouvert au dehors par an cuir miiwe, lisse et- transparent : les seules parties sur lesqueHes le têt ne s'étend pas sont la goi^e, la poitrine et le ventre, qui présentent une peau blanche «I grenue, semblable à celle d'une poule pluraéeç et en regardant ces pimies avee attention » l'on y voit de place en phicfr 4ei mdimeni-

mèÊÊ^ éàkâ iBirnaÉrnitii iqh)«lUHtei-»li ptos

^ptÊf^tÊB tapéfiévÉt ^ calâritoiÉMs^^it'iOHps •«> éi§meÊÈtmmi lift^UfWirefldaiintoatbs ••ek futM«i|>criair8t«ii^80tTpaA.d'nieJcn|^ *|ii6oev «oiliiiMfcelQàdelK'tdrtvepilM •ttsé'CB plaiMui iMhda'siHr le(£8iftw/l * igadlet sdnt attacbatt > àtà . aots px» far aoUpit 4* meàdmant 4|uL < fanmlleQt in-ffu <le iifiii iiiiuttet'.Ae fc» dans tatle «nBiire. Le nombre de ces banda 4ie /dépend pas, oomme on pourroit l'imaginer, de l'âge de yafiiii^|^^.tet<{w^iii irieonent de naître et les tatous aaultes ont, dans la nénie «spèft , 4*4ném0 anwibr«Mfe bsides : nous nous en sommes convaincu en compai-rant \tA pefit^ans: g^aqtl^«et-i|tiQifqat nous "«iw» poisston» pas >assanr ^eloas^ots âoi- 'watuBjle'Sk nélcnl ni!iie|K»reiil piwèwfp «Bfflmblb,. ili>eBl'iEuufflMiiir»tiè9-)pv>cM»ie, «mwpie oeiter f^érane» 4^ -nombro 4es r|Klndt9ihMifailci>cM>fiUnstaBlff^'i|iiB' e« .tflpt *<mf A» 'espàJCTiréellfliiièal dfttMifste»-0tt,ftn < ' mnai'éBrwaaiétée dinnlfleif .et powéitea ^ 1 l'iÉflneqn9dci tikfis eiiraali.>])atis.dHli0j||r ontitadff,'^&lft:lea|v aeiii)fO*vniit'&o« , .i]ious*iavDiis- ipGis'iie paifardé prmmlar "^ps I>1b» M(fu»«naéialile Ms^e-ltin&iliéaBiinoiIis a iVémiflkérationiii* cfaacwk d'^Éayfwmp»..-^! , cSéisit «»-effetiaalaDft d'espèees Mitidutièrts. t\ Le Pi d'Abbeviibi aôus^paroit élm le |icevÉnJHtar «qaio ail «distîiigvè Ui8«Uitiiua'P«R.d^ "nans on des ^nlbèlQ6i>qttir«vil:«té ^wrfJa -.iplspart- adoptés par Icsrautf^anlqni opl^éfiit ^«ptTs^ioîj 11 en indique' as^ea chiwmÊfiV^Ti iW^ptoo^ :* i5> l&MiMMwai^aff «. quV ps^briile- ' Ment est Dtfaiqiieimu»4pp<JoaiA^<z/^aj4C4^; . a** le tmMukt, que ^ Mmçfj^ft a. aussi if>- ' pelé'/)«ftwl«y' et auquel atHis oonaerverons tca aoB; 3<» Je ArAK(^/»<À» qui est le toAti- ptèa^oià ^^metlhert9t de JVfiffcgcave, auquel . MBotnoHisenwroos ce< denuiep non^ ; 4**^ le •>ac49»*c{paBry qui ost le l<r«Kf^(^9«m de:Marc- / ^m ^«nicpie&nonii oMMervèrow eacor^^n s fiKM^';.5<»Ie l«i^«r«4^^wAi0fi».qui II0U4 paroit -l'ètne le éinfutOMhumt «l que nous ai^pelle- • imn3.4WP^mnfonF &*. lô Âaitm^miri', Ui plus » petft debout « qui poaiTpit bien étre.wlui ^yqueHQous'appekms eaohicanui. I<es autfes - . i«9gr«gei|iB( 4q( confenduf les espèce^t ; on ne *\ I tltot ont! ÎMUqiiéf s ; que jpar .d^^ nfnns géoiri- «iiaveft(<MiMegimKii4ifltoQgHé«^dfcrUi'<:^9^ Vencoubert, et le tcuuàU ; Wormius el Grew ont décrit le cachicame, et Grew seul a

MMA.d^ep^fmOefi qifp j^ 4^«^ptions de 4'aparél da cirquiogo^j,,!^ ^04(9 avons vu

•£Î!» lagtesif « l'e^cepUonde ^Qe Jn ctr- • qniiiM» • Tatiimal^ a deu;L boi^^ers, osseux , 'i'dn wr les mules e|. L'autre $uir la croune ; Hee9 deux. bi^iioiierS'SOALcbac^ drune seuld -piécfUrttJidi^ quff la. ctiijrasse» qi^.est osseusi; '•tiasi etf-qid couu« le CQr|K^^, est dîvisLc tnw«iffiîf»lpw?f»t «et partag!e<{ içiï j)Uis ou MVM de bandes mobiles et sénarées l(> iMies des autres par une peau C[ex.d>Ie. 3Iaiï le ciiqpdiiçQii n'a qu'un boucher , et c'est f«lut des épaules; la croupe » au lieu d être «onmerte d'un bouclier, est revêtue jusqu'à la q«eue par des bandes mobiles pareille» à ce^ delà cuirasse du corps. Nous allons •doBiwr des indications claires et de courtes .dOiCriplioAS de chacune de ces espèces. Dans .lapffea^Àère^lafiuirasseqiiiestentre les de^u jbottclâers est composée detro^ baades ; dans laJeeondeelle l'est de six; daos ta troîsiènie, dfitbuili; dans la cputrîème, dp neuf; dans la . CMpquièmeydeidouie; eten&n c}aoâ la sixième il n'y a y comme -nous venons , de le dire , ,qiie.le bouclier des. épafik^ quvsoit d'une seule pifwe;; l'armure de la.icroupe, aiu^i jfjpi» ceUe dû corps, spnt partâ^|^ eu ban- 4leai«pbii^ qui 3 eteudienJ^ d^pui^e bouclier ,f^iÉsp4ulm,iiju^H'à la (^içme.^ c^ .gui sont aa

. Le- prf mier auteur. «{«i ait.indiqué cet aoh mal par une description «st Charles de l'Écluse {Ciusius) : il ne l'a décrit que d'aprè . une ^ure;mais on reco&noît aisément aui «asaclères qu'elle, représente, et qui sont ti^ ^ndcs mobiles sur le do^, ei Ja queue trèsrcourte^que c'est le 'même anima! que Deliù dont M^^rgravenousa donné une boaoe description sous le nom de iciiu-mpara. U a la tète oblongue et presque pjpnanijdale, le

' musc;au.pointii| les. j^u^. petits;^ les oreHles courtes et arrondies, le dessus de^Ia tête cou- Vert d'un casque d'upe sei^e pie(ku. II a cinq doigts à tons m 1^4^ - dA.ns ceux^tiu devant l^s deux ongles du miUeu.sont tres^grasds,

,. les deux latéraux sont j||^)us petits, et le cin- .(piiè9]^,,qui est l'extérieur et q^i e^tfaît on .forme d'ei^ot; est encore plus petit que tous

M If 9 «lutrc;^ ;,dans 1^ pieds .ck derrière les cinq ongles sont plus courts et plus' ^aux. La queue est très > courte; elle n*a que deux

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