I. Je réduis ici W mesore angloise à celle dt France
MB
ANIMAUX SAUVAGES
It^ité est couverte d'ccailles irrégutièrêi.' ta poitrine, le \cntre et \c$ orcifles âQOt util, comme dans les aùlics espèces. Il semhlt que de tons les talons relui-cî ait !c pltis de faeiljf6 pour se contracter et se narrer en l)onle , h cause du grand nombre de si*s bandes mobiles qui s'éteudcut jusqu'à la queue.
Kay a décrit , comme nous , te cîrquîuçon d'après (?rcw : M. lîrisson paroît s'élre conformé à la di'scriplion de Ray; aussi a-t-il frcs-bicn désigné cet animai , qu'il appelle simplement nvmoJille. Mais il est singulier
3 lie M. linn.Tus, qui devoit avoir les escriptioiis de Orcw et de Ray sous les yeux , puisqu'il les cite tous deux , ait indiqué ce même animal comme n'^ant qu'une bande, tandis qu'il eu a dix-huit. Cela ne peut être fondé que sur une méprise assez évidente, qui consiste à avoir pris le tntn seit armadîUo o fric anus de Seba pour le tatn mustdinm de Grew, lesquels néanmoins , par les descriptions mêmes de ces deux auteurs, sont très-différens l'nn de Vautre. Autant il paroît certain que l'animal décrit par Grcw est une espèce réellement eiristaute, autanlil est douteux que eelui de Seba existe, de la manière au moins dont il le dcciit. Selon lui, cet armadille africain a l'armure du corps entier partagé en trois parties. Si cela est, l'armure du dos , au lieu d'être composée de plusieurs bandes , est d'une seule pièce , et cette pièce unique est seidcment séparée du bouclier des épaules et de celui de la croupe , qui sont aussi chacun d'une seule pièce : c'est là le fondement de l'erreur de M. Linnsus; il a, d'après ce passage de Seba , nommé cet armadille nnîcinctus tegmine tripartlto. Cependant il étoil aisé de voir que cette indication de Seba est équivoque et erronée , puisqu'elle n'est nullement d'accord avec les figures, et quelle indique en effet le kab'assou ou tatou à douze i)andes , comme nous l'avons prouvé dans l'arliclc précédent.
ToiLs les tatous sont originaires de l'Amérique ; ils étoient inconnus avant la découverte du Nouveau-Monde : les anciens n'en ont jamais fait mention, et les voyageurs modernes ou nouveaux en parlent tous comme d'animaux, uatuiels et particuliers au Mexique, au Brésil, à la Guyane, etc. ; aucun ne dit en avoir trouvé l'espcec existante en Asie ni en Afrique : quelques-uns ont seulement cwifondu les pangolins et les phataginn , ou lézards ccaillrux des Indes orientales, avec les arniadillcs do l'Amé-
riqne ; quelques autres ont pensé quMl s'en trouvoit sur les eétes ae«tdentaie$ de l'Afrique, parce qu'oit en a ipielqnefoîs tran^ porté du Brésil en Gniaée. Belon , qui .< écrit il y a plus de deux cents ans , et fj* < est l'un des premiers qui noas c^n aid donné une courte description , avec la fi^'!i;« d'un tatou dont il avait tu Ja déjxniîlh; ei Turquie, indique assez qu'il venoxt du noc- Teau continent. Oviedfl, deLery, Gomnrn, Thevet , Antoine Herrera , le P. d' Abbeviilv- . François Ximenès , Stadenios , Monaid .
Joseph Acosta, de Laët, tous les autem^ plus récens, tous les historiens du Nouve^io- Monde font mention de ces animaux conn.t. originaires des contrées méridionales de ci' continent. Pison, qui a écrit postérieurement à tous ceux que je viens de citer , e^i le seul qui ait mis en avant, sans s'appuv(v d'aucune autorité , que les armadilles >. trouvent aux Indes orientales aussi bi^i qu'en Amérique : il est probable qu il :: confondu les pangolins ou lézards écaillet \ avec les tatous. Le3 Espagnols ayant app< l. armadillo ces lézards écaiUeux , aussi bii i que les tatous, cette erreur s'est multiplia < sous la plume de nos descripteurs de cabinets et de nos oomenclateurs, qiii ont n >:i seulement admis des tatous aux ludcs orientales, mais en out créé en Afrique, quv^qu'il n'y en ait Jamais eu d'autres dans ces deux parties aux mcmde que ceux qui v out été transportés d'Ainérique.
Le climat de toutes les espèces de r(><; animaux n'est donc pas équÎToque ; mais i! est plus difficile de déterminer leur grandeur relative dans chaque espèce. >'ou> avons comparé dans aette vue , non seul< • meut les dépouilles de tatous que uui.n avons en grand nombre au Cabinet du Rui, mais encore celles que .l'on conserve di.ii> d'autres cabinets; nous .avons aussi compau les indications de tous les auieiu^ avec n' < propres descriptions, sans pouvoir eu liru des résultais précis : il paroît ^eul^nent k\\\t les deux plus grandes* espèces sont le ksbassou et l'cncoubert» que les petites cspèct-'^ sont l'apar, le tatuèle, le cadircame et \^ cirquinçon. Dans les grandes espèces le tit est beaucoup plus soÙde et plus dur qt.^ dans les petites ; les {pièces qui le com|ioseM( sont plus grandes et en plus petit noml)iv : les bandes mobiles anticipent moins les- tincs sur les autres , et la chair, aussi bien qu^ la peau , est plus dure et moins bonne. Pii^nn dit que celte de l'encoubert n'est pas mangeable; Nierembcrg assure qu'elle est nuisible et très-mal^ine ; Barrère dit que le
tes TAI%)tl6fô
kàbas90tt A usé odeus lort^ 4e miisti même temps tous les^ autres auteoits de&i à dire que la chair de l'a]»r celle du ialuèle sont aussi blanches bonnes que celle du cochon de lait; ils disent aussi que les tatous de f>etite espèce i/t tiennent dans les tefrains husaides et habi* teut les plaises, et que ceu& de grande e^ pèce ne se troavent «pie dans les lieux pkis élevés et plus secs.
Ces animaux ont tous plus ou itioiiM dé facilité à se resserrer et à (Kmtracter leur corps en rond ; le défaut de la cuirasse ^ lorsqu'ils sont contractés, est bien plus ap' parent dans ceux dont l'armure n'est composée que d'un petit nombre de bandes ; l'apar, qui n'en a que trois , offre alors deux grands vides entre les boucliers et l'armure du dos : aucun ne peut se réduire aussi parfaitement en boule que le hérisson; ils
qiii alloit partout sans fairl^. ,auqtn( dégât. îiS'tiiarchent avec vivacité ; mais ils nepcAivent, pour ainsi dire > ni saul^, ni courir, ni grimper sur les arbres , en sorte qu'ils ne peuvent guère échapper par la fuite à ceux qui les poursuivent : leurs seules ressources sont de se cacher dans leur terrier, ou , s'ils en sont trop éloignés , de . tâcher de s'ea faire un avant que d'être atteints; il ne leur faut que quelques momens, car les taupes ne creusent pas la terre plus vite que les tatr tous, On les prend quelquefois par la queue avant (qu'ils soient totalement enfoncés; et ils font alors une telle résistance qu'pn \&xit casse la queue sans amener '1^ corps ;.'poaif ne les pas mutiler, il faut ouvris le. terrie;^
ont plutôt la figure d'une sphère fort aplatie ' par devant , et alors on les prend sans.qu'ij^
par les pôles.
Ce tét si singulier dont ils sont re>'étus' est un véritable os composé de petites pièces conûguës^ et qui, sans être mobiles ni articulées, excepté aux commissures des bandes , somt réunies par symphyse et peuvent toutes se séparer les fines des antres, et se séparent en effet si on les met au feu; Lorsque l'animal est vivant, ws petites pièces , tant celles des- bMtdier» qtle ctelles 'des' bandes mobilea, préteiit et obéissent çn quek|ue façon à ses mMivëmens, surtout à celui de contraction; si cela n'étoit pas, il scroil difficile de concevoir qn'aveè tousse^ efforts il lui fôl passible de s^aiTondir. Ces petites pièces offrent, suivant les différentes espèces , des figures différentes toujours arrangées régulièrement comme de la mosaïque très-élégamment disposée: la pellicule ou le cuir mince dont le têt est xevêtu à Textérieur ejft une peau transparente qui fait 1 effet d'un vernis sur tout le corps de l 'animât; cette peau relève de beaucoup et change même les reliefs des mosaïques , qui paroisspnt différons lorsqu'elle est enlevée. Au reste, ce têt osseux n'est qu'une enveloppe indépendante de la charpente et des autres parties intérieures du corps de l'aiiinial , dont les os et les autres parties constituantes du coips.sont composées et organisées comme celles de tous les autres quadrupèdes.
Les tatou» en g^iéral sont des animaux innoceas et qui ne font aucun mal, à moins qu'on ne les laisse entrer dans les j^ardins , où ils mangent les melons, les -patates et les autres légumes ou racines. Quoique origi-
BupFOsr. V.
puissent faire aucune résistance.: dès ifu'oA lés tient, ils se resserrenten boule, et pour, les faire étendre pn \t^ met près du feuK Leur têt , (juoiqué dur et rigiqe, est c^peon dant si sensible^que, qu^tjid on le. to^çh^un peu ferme avec,le4oigt,ï'f^nimal en ressente une. impression assez , vive pour se coi^racterj en entier. Lorsqu'ils sont diqi^s. des terriers»' profonds, on les en fa^it sqrtir enyjaisanf^ entrer de la fumée p^ CQuIei; de l'eau r on. prétend c^'ils demeurent, dans leurs terriwsi sa^ en sortir pendant ^ plus, d'uq tiers dej l'année ; ce qui est plus vrai, c'est qu'ils s'y retirent pendant le jour, et qu'ils n'en sortent que la nuit pour chercher leur subsi-vf stance. On chasse le tatou avec de petits chiens qui l'atteignent bientôt ; il n'attend pas même qu'ils soient tout près de lui pour s'arrêter et pour se contracter en rond; dans cet étal on le prend et on l'emporte. S'il se trouve au bord d'un précipice , il échappe aux chiens et aux chasseurs ; il se resserre , se laisse tomber, et roule comme une boule sans briser son écaille et sans ressentir aucun mal.
Ces animaux sont gras , replets et trèsféconds : le mâle marque , par les parties extérieures > de gi^andes facultés pour la génération : la femelle produit , dit-on , chaque mois, quatre petits ; aussi l'espèce en est-elle très-nombreuse. Et comme ils sont bons à manger, on les chasse de toutes les maniérés : on les prend aisément avec des pièges que l'on tend au bord des eaux et dans les autres lieux humiides et chauds qu'ils habitent de préférence; ils ne s'éloignent jamais beaucoup de leurs terriers ,
ANIMAUX SAUVAGES
qui sont très-profonds et qu*ils tAchent de regagner dès qu'ils sont surpris. On prétend qu'ils ne craignent pas la morsure des serpens à sonnettes , quoiqu'elle soit aussi dan* gereuae que celle de la vipère ; on dit qu'ils vivent eu paix avec ces reptiles , et que l'on en trouve souvent dans leurs trous. Les sau- %ages se ser¥ent du têt des tatous à plusieurs usages : ils le peignent de différentes couleurs ; ils en font des corbeilles , dés boîtes , et d autres' petits vaisseaux solides et légers. Monard, Xunenès, et plusieurs autres après eux, ont attribué d'admirables propriétés médicinales à différentes parties de ces ani^ maux : ils ont assuré que le têt réduit en poudre et pris intérieurement , même à petite dose , est un puissant sudoriiique ; que l'os de la banche , ausii pulvérisé , guérit du mal vénérien ; que le premier os de la queue , appliqué sur l'oreille , feit entendre les sourds , etc. Nous n'ajoutons aucune foi à ces propriétés extraordinaires; le tèt et les 08 des (atous sont de la même nature que les os des autres animaux. Des effets aussi merveilleux ne sont jamais produits que par des vertus imaginaires.
sua LES TATOUS.
* Nous avons donné la gravure d'une dépouille d'eneoubert, ou tatou à six bandes mobiles ; nous n'avons pu alors nous procurer l'animal entier : il nous est arrivé depuis, et nous en donnons ici la figure dessinée d'après nature vivante par M. de Sève , qui ma rçthis'en même temps la description suivante : '
« L'encoubert mâle a quatorze pouces fle longueur sans la queue. Il est assez conforme à la description qui se trouve dans V Histoire naturelle; mais il est bon d'observer qu'il est dit dans cette description que le bouclier 'des épaules est formé par cinq bandes ou rangs parallèles de petites pièces ' à cinq angles avec un ovale dans chacune. Je pense que cela varie ; car celui que j'ai dessiné a le bouclier des épaules copiposé de six rangs parallèles , dont les petites pièces sont des. hexagones irréguliers. Le bouclier de la croupe a dix rangs parallèles , composés de petites pièces droites qui forment comme des carrés; les rangs qui approchehtde l'extrémité' vers la quene perdent la forme carrée et deviennent plus arrondis. La queue , qui a été coupée par le bout , a actuellement quatre pouces six lignes; je l'ai faite dans .lé dessin de six pouces , parce qu'elle a quinze
lignes de diamètre à son origine et sis lignes de diamètre au bout coupé. En marchaut il porl8 la queue haute et un peu courbée. Le tronçon est revêtu d'un tet osseux comme sur le corps : six bandes inégales par gradation commencent ce tronçon ; elles sont composées de petites pièces hexagones irrégulières. La tête a trois pouces dix lignes dt long, et les oreilles un pouce trois lignes. L'œil 4 au lieu d'être enfoncé , comme il e.sl dit dBBsV Histoire, naturelle , est à la vérité très-petit, mais le globule est élevé et trèsmasqué par les paupières qui le couvrent. Son corps est fort gras, et la peau forme de^ rides sous le rentre ; il y a sur cette peau du ventre nombre de petits tubercules d'où partent des poils blancs assez longs , et elle ressemble à celle d'un dindon {jilumé. Le lèt sur la plus grande largeur du corps a si.\ pouces sept lignes. La jambe de devant a ' deux pouces deux lignes , celle de dei'rière. trois pouces quatre lignes. Les ongles de l.i patte de devant sont très- longs : le plus gran 1 a quinze lignes , celui dé côté quatorze li-
res , le plus petit dix lignes ; lés ongles de patte de derrière ont bu plus six lignes. Les jambes sont couvertes d'un cuir écaiileuT jaunâtre jusqu's^ux ongles. Lorsque cet animal marche , il se porte sur lé bout des ongles de ses pattes de devant. Sa verge e>t fort longue : en la tirant elle a six pouiv: sept lignes de long suf près 4e quatre ligne < de grosseur en repos ; ce qui doit beaucoup augmenter dans l'érection. Quand celte ver;' s'allonge d'elle-même , elle se pose sur le ventre en forme dfe limaçon , laissant environ une ligne ou deux d'espace dans les ciiconvolutions. On m'a dit ^ue quand ces animaux veulent s'accoupler, la femeHe se couche sur le dos pour recevoir le mâle. Celii dont il est question n'étoit âgé que de di.\àuit mois. »
M. de La Borde rapporte dans ses observations qu'il se trbuVe à la Guiane deuv es pèces de tatous r le tatou noir , qui peut peser dix-huit à vingt livres , et qui est le plus grand ; l'autre, dont la couleur est brune, ou . plutôt ^is de fer, a troi^ griffes plus longues les unes que les autres ; sa queue est molasse , sans cuirasse , couverte d'une simple peau sans écaille : il est bien plus petit que l'autre , et ne pèse qu'environ iroisi livres.. j
« Leçros tatou, dit M. de La Borde, fait huit petits et même jusqu'à dix dans des triHif qu'il creuse fort profonds. Quand on veut k découvrir , il travaille de son côté à readnj son trou plus profond , en descendant prsM
Ordre tie.f Bong-eurs . Éenre Faca. /A»»-/
l'rifrr t/i',r Uai'silpialiK. (lenre Sari^ruc , /^tiai,