LE LOUP
la chair kumaine, se jeter ensuite siir les hommes, attaquer le herger plutôt que le troupeau, dévorer des femmes, emporter des enfans, etc. L'on a appelé ces mauvais loups loups'garoius , c'est-à-dire loups dont il faut *% garer.
On est donc obligé quelquefois d'armer out un pays pour se défaire des loups. Les >rinces ont des équipages pour cette chasse, ^ui n'est point desagréable, qui est utile, et même nécessaire. Les chasseurs distinguent les loups tu jeunes loups, vieux loups et grands vieux loups ; ils les conuoissent
Breta^e, on a eu plus de kcilité pour les détruire.
La couleur et le poil de ces animaux changent suivant les difféi'ens dinmis, et varient quelquefois dans le même pays. On trouve en France et ea Allemagne, outre les lou^ ordinaires, quelques loups à poil plus épais et tirant sur le jaune. Ces loups, plus sauvages et moins nuisibles que les autres, n'approchent jamais ni des maisons ui des troupeaux, et ne vivent que de chasse et non pas de rapine. Dans les pays du Nord, on en trouve de tout blancs et de tout noirs; ces derniers sont plus grands et plus forts que
par les pieds, c'est-à-dire par les voies , les
traces qu'ils laissent sur la terre : plus le ' les autres. L'espèce commune est très-géné-
loup est âgé , plus il a le pied gros ; la louve Ta plus long et plus étroit , elle a aussi le talon plus petit et les ongles plus minces. On a besoin d'un bon limier pour la quête du loup : il faut même l'animer, l'encourager, lorsquMl tombe sur la voie; car tous les chiens ont de la répugnance pour le loup et se rabattent froidement. Quand le loup est détourné, on amène les lévriers qui doivent le chasser, on les partage en deux ou trois laisses, on n'en garde qu'une pour le lancer, et on mène les autres en avant pour servir de relais. On lâche donc d'abord les premiers à sa suite, un homme à cheval les appuie ; on lâche les seconds à sept ou huit cents pas plus loin , lorsque le loup est prêt à passer, et ensuite les troisièmes lorsque les autres chiens commencent à le joindre et à le haiceler. l'ous ensemble le réduisent bientôt aux dernières extrémités, et le veneur l'achève en lui donnant un coup de couteau. Les chiens n'ont nulle aideur pour le fouler, et répugnent si fort à manger de sa chair, qu'il faut la préparer et l'assaisonner lorsqu'on veut leur en taire curée. On peut aussi le chasser avec des chiens courans; mais comme il perce toujours droit en avant, et qu'il court tout un jour sans être rendu , celte chasse est ennuyeuse, à moins que les chiens courans ne soient soutenus par des lévriers qui le saisissent, le haixèlent et leur donnent le temps de l'approcher.
Dans les campagnes, on fait des battues à force d'hommes et de mâtins, on tend des pièges, on présente -des appâts, on fait des fosses, on répand des boulettes empoisonnées; tout cela n'empêche pas que ces animaux ne soient toujours en même nombre , surtout dans les pays où il y a beaucoup de bois. Les Anglais prétendent en avoir purgé leur île ; cependant on m'a assuré qu'il y en avoit en Ecosse. Comme il y a peu de bois dans la partie méridionale de la Grande-
ralement répandue : on l'a trouvée en Asie, en Afrique et en Amérique, comme eu Europe. Les loups du Sénégal ressembljent à ceux de France; cependant ils sont un peu plus gros, et beaucoup plus cruels: ceux d'Egypte sont plus petits que ceux de Grèce. En Orient, et surtout en Perse, on foit sei'Tir les loups à des spectacles pour le peuple : on les exerce de jeunesse à la danse , ou plutôt 8 une espèce de lutte contre un grand nombre d'hommes. On achète jusqu'à cinq cents écus, dit Chardin, un loup bien dresse à la danse. Ce fait prouve au moins qu*à force de temps et de contrainte ces animaux sont susceptibles de qudque espèce d'éducation. J'en al fait élever €t nourrir quelques-uns chez moi ; tant qu'ils sont jeunes, c'est-à-dire dans la premi^ et seconde année, ils sont assez dociles, ils sont même caressans; et, s'ils sont bien nourris, ils ne se jettent ni sur la volaille ni sur les autres animaux : mais à dix-huit mois ou deux ans ils reviennent à leur naturel , on est obligé de les enchaîner pour les empêcher de s'enfuir et de faire du mal. J'en ai eu un qui ayant été élevé en toute libei^té dans une basse-cour avec des poules, pendant dixhuit ou dix-neuf mois» ne les avoit jamais attaquées, mais, pour sou coup d'essai, il les tua toutes en une nuit sans en manger aucune; un antre qui, ayant rompu sa chaîne à l'âge d'environ deux ans, s'enfuit après avoir tué un chien avec lequel il étoit familier; une louve que j'ai gardée trois ans, et qui, quoique enfermée toute jeune, et seule avec un matin de même âge dans une cour assez spacieuse, n'a pu, pendant tout ce temps, s'accoutumer à vivre avec lui, ni le souffrir, même quand elle devint en cha* leur. Quoique plus foible, elle étoit la plui méchante; elle provoquoit, elle attaquoit, elle mordoit le chien, qui d'abord ne fit qut se défendre , mais qui finit par l'étrangler.
AMMACÏ CAA?(A&5IERS.
Hwfj ê lien de boo dan cet annnal i|ae M aeaa; oo ai bilan Umrrmm gronoo, fu font ckuMfei et diujMtt. Sa dnir ert â «aoTcife qu'elle répugne k loni let ani- ■an, d 9 n*y a que le loop qui waa^gt tolomien da loop. Il cibale ane odeur iàktie par la gneule : eoaniie pour awMivîr n Isûb il avale indiftîacteBcat toot ce qu'il traore, deaclMttn eorroaipoeiy des w, du pou, des peaux i demi tanoées et eneore tootés cou* vcrtei de cbanx* il touhC fréqwuuDent, et se vide encore plus sonrent qu'il ne se imi' pUt Enfin, dcMp-éaMe en tout, la mine baiie, ratpect iautage, la voix dfrajante, fodeor mtopportable , le naturel pervers , les moBUfS féroees, il est odieux , nnisibie'de son «ivant, inutile après m mort
DU LOUP WOIR.
Nous ne donnons la deicriplion de cet animal que comme un supplément à celle du loup, car nous les croyons tons deux de la même espèce. Nous avons dit dans l'histoire du loup, qu'il s'en tropive de tout blancs et de tout noin dans le nord de PEnrope, et que ces loups noirs sont plus grands que les autres: celui-ci est venu du Canada; il étoit noir sur tout le corps , mais plus petit que notre loup; il avoit les oreilles un peu
F lus grandes, plus droites et plus éloignées une de l'autre ; les jeux un peu plus petits, •t qui paroisfoient aussi un peu plus éloignés que dans le loup commun. Ces différences ne sont , k notre avis, que des variétés trop peu considérables pour séparer cet animal oe Tespèce du loup : la différence la plus sensible est celle de la grandeur; mais, comme nous Pavons déjà dit plus d'une fois, les animaux qui sont communs aux deux continens, c'est-à-dire ceux du nord de l'Europe et ceux de TAmérique sepienlrionale, diffèrent tous par la grandeur, et oc loup noir de Canada, plus petit que ceux de l'Europe, nous paroit seulement confirmer oe fait général: d'ailleurs, comme il avoit été pris tout petit, et ensuite élevé k la chaîne, la contrainte seule a peut-èire suffi pour i'empéchar de prendre tout son accroissement. Nos loups ordinaires sont aussi plus petits et moins communs en Canada qu'en Europe, et les sauvages en estiment fort la peau. Les loups noirs, les loups oerviers, les rcuards, y sont en plus grand nombre. Cependant le renard noir y est aussi fort rare; il a le poil infiniment plus beau que le loup noir, dont la peau ne peut faire qu'une fourrure asset groMÎere.
n'ajoalmms rie» de plus à la de-
a faite de cet rivant, et qm a pârn remembler an loup, non seul»' par la figm. maïs par le naturel, n'éfant devenu d^Hliiiin qu'avec Page, et n'ayant, mansur le loup, qu'une férocité sans eourage, qui le rendoit hAe an combat, quoique y fiftt csereé.
* Nous avons dit dans Phisloin des loups qu'on les avoit détruits en Angleterre. Il semble que, pour dédommagement, ces animaux aient trouvé de nouveaux pays à occuper. Pontoppidan prétend qull n'en existoit point en Nonrége, et que c'est vers l'année 17 18 qu'ils s^j sont établis. Il dit que ce fut à Foccasion de la dernière guerre entre les Suédois et Ls Danois qn'ih passèrent les montagnes k la suite des pro- TÎsions qui suivoicnt ces armées.
Quelques Anglois, qui ont travaillé à une zoologie dont ils ont exdu tous les animaux qui n'étoient pas èreions , m'ont fait reproche d'avoir dit qu'a y avoit encore des loups dans le noill de leur île : je ne Fai point affirmé, mais j'ai seulement dit que Ton m'avoit assuré qu'il y en avoit en Ecosse. C'est milord, comte de Morton^ alors président de la société royale, homme très-respectable, très-véridique , Écossoîs, possédant de grandes terres, qui m'a, en effet , assuré ce bât en 1756. Je m'en ra]>porte k son témoignage encore aujourd'hui, parce qu'A est positif, et que l'assertion de ceux qui ont travaillé à la Zoologie britannique n'est qu'un témoignage négatif.
M. le vicomte de Querhoent dit , «dans ses observations , qu'il y a au cap de Bonne- Espérance deux espèces de loups, dont il a vu la peau, l'un gris tigré de noir, et l'autre noir. Il ajoute qu'ils sont plus grands que ceux d'Europe , et qu'ils ont la peau plus épaisse et la aent plus meurtrière; que néanmoins leur lâcheté les fait peu redouter , quoiqu'ils viennent quelquefois la nuit, comme les onces, dans les rues de la ville du Cap.