‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 40 sur 146 · LA PETITE LOUTRE D£ LA 6UIAJ9Ë · texte numérisé non relu

LA PETITE LOUTRE D£ LA 6UIAJ9Ë

Pontoppidan assure qu'en Norwége la loutre se trouve également autour des eaux salées comme autour des eaux douces ; u'elle établit sa demeure dans des monceaux * e pierres, d'où les chasseurs la font sortir en imitant sa voix au moyen d\in petit sifflet; il ajoute qu'elle ne mange que les parlies grasses du poisson, et qu'une loutre apprivoisée à laquelle on donnoit tous les jours un peu de lait rapportoit continuellement du poisson à la maison.

Je trouve dans les notes communiquées par M. de La Borde, qu'il y a à Cayenne trois espèiKS de loutres : la noire, qui peut peser quarante ou cinquante livres ; la seconde, qui est jaunâtre, et qui peut peser vingt ou viiigircinq livres; et une troisième espèce, beaucoup plus petite, dont le poil est grisâtre, et qui ne pèse que trois ou quatre livres. Il ajoute que ces animaux sont très-communs à la Guiane, le long de toutes les rivières et des marécages , parce que le poisson y est fort abondant; elles vont même par troupes quelquefois fort nombreuses; elles sont faroudies, et ne se laissent point approcher : pour les avoir, il faut les surprendre; eUes ont la dent cruelle, et se défendent bien contre les chiens. Elles font 4eurs petits dans des trous qu'elles creusent au bord des eaux : on en élève souvent dans des maisons. J'ai remarqué, dit M. de La Borde, que tous les animaux de la Guiane s'accoutument facilement à la domesticité, et deviegnnent incommodes par leur grande fiimiiiarité.

M. Aublet, savant botaniste, qne nous avons déjà cité, et M. Olivier, chirurgien du roi , qui ont demeuré tous deux longtemps à Cayenne et dans le pays d'Oyapok, m'ont assuré qu'il y avoit des loutres si grosses t qu'elles pesoient jusqu'à quatrevingt-dix et cent livres; elles se tienn«it dans les grandes rivières qui ne sont pas fort fréquentées , et on voit leur tète au dessus de l'eau; elles font des cris que l'on entend de très-loin : leur poil est très-doux , mais plus court que celui du castor; leur couleur ordinaire est d'un brun minime : ces loutres vivent de poisson, et mandent aup lei

1 A tOtlTUt ' »

S raines qui tombent dans Teau, sur le bord es fleuves.

Nous donnerons ici la description d'un petit animal qui nous a été envoyé de la Guiane , sous Iç nom de petite loutre d'eau de Cayenne, et qui nous paroit être la troisième espèce dont parle M. de La Borde. Elle u*a que sept pouces de longueur, depuis le bout du nez jusqu'à rextrémité du coi-ps : cette petite loutre a Id queue sans poil, comme le rat d'eau, longue de six . pouces sept lignes, et cinq lignes de grosseur à l'origine, allant toujours en diminuant jusqu'à l'extrémité, qui est blanche, tandis que tout le reste de la queue est brun; et au lieu de poil, elle est couverte d'une peau grenue, rude comme du chagrin; elle est plate j^ar

dessous et convexe par dessus. Les moustaches ont un pouce de long, aussi bien que les grands poils qui sont au dessus dès yeux ; tout îe dessous de la tête et du corps est blanc, ainsi que le dedans des jambes de devant. Le dessus et les côtés de la tête et du corps sont marqués de grandes taches d'un brun noirâtre, dont les mtervalles sont remplis par un gris jaunâtre Les taches noires sont symétiiques de chaque côté du corp's ; il y a une tache blanche au dessué de l'œil : les oreilles sont gi*andes , et naroisseiit un peu plus allongées que celles de nos loutres. Les jambes sont fort courtes. Les pieds de devant ont cinq doigts sans membranes; les pieds de derrière ont aussi cinq doigts, mais avec des membranes.

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LA SARICOVIENNE.

«La saricovienne, dit Thevet,^se trouve « le long de la rivière de la Plata ; elle est « d'une nature amphibie , demeurant plus « dans Teau que sur la terre. Cet animai esjl « grand comme un chat, et sa peau, qui est « mêlée de gris et de noir, est fine comme « velours; ses pieds sont faits à la semblance « de ceux d'un oiseau de rivière ; au reste, »f sa chair est très-délicate et très-bonne à « manger. » Je commence par citer ce passa^ i parce que les naturalistes ne connoissoient pas cet animal sous ce nom , et qu'ils ignoroient que le carieueibeju du Brésil , qui est le même , eût des membranes entre les doigts des pieds. En effet, Marcgrave, qui en donne la description, ne parle pas de ce caractère, qui cependant est essentiel, puisqu'il rapproche, autant qu'il est possible, cette espèce de celle de la loutre.

Je crois encore que TaniUiâl dont Gumilla fait mention sous le nom de guachi pourroit bien êire le même que la saricovienne, et que c'est une espèce de loutre commune dans toute l'Amérique méridionale. Par la description qu'en ont donnée Marcgrave et Desmarchais, il paroit que cet animal amphibie est de la grandeur d'un chien de taille médiocre; qu'il a le haut de la tête rond comme le chai ; le museau un peu long comme celui du chien ; les dents et les moustaches comme le chat ; les yeux ronds , petits et noirs ; les oreilles arrondies et placées

bas; cinq doigts à tous les pieds; les pouces plus courts que les autres doigts, qui tous sont armés d'ongles bruns et aigus ; la queue aussi longue que les jambes de derrière ; le poil assez court et fort doux , noir sur tout le corps , brun sur la tête , avec une lâche blanche au-gosier. Son cri est à peu près celui d'un jeune chien , et il l'entrecoupe quelquefois d'un autre cri semblable à la voix du sagouin. Il vit de crabes et de poissons; mais on peut aussi le nourrir avec de la farine de manioc délayée dans de l'eau. Sa peau fait une bonne jfourrure; et, quoiqu'il mange beaucoup de poisson, sa chair n'a pas le goût de marais; elle est au contraire très-saine et ti'ès-bonne à manger.

* Nous avons dit à l'article de la loutre saricovienne , on carigueibeju de Marcgrave, que cet animal paroissoit se trouver sur la plupart des côtes poissonneuses et des embouchures des grands fleuves , dans les plages désertes de l'Amérique méridionale; mais nous ignorions alors que ce même animal se retrouve au Kamtschatka et sur les côtes et les îles de toute cette partie du nord-est de l'ancien continent , et sans que la différence de climat paroisse avoir influé sur l'espèce, qui semble être partout la même, (^es saricoviennes du Kamtschatka ont été soigneusement décrites par M. Steller, et l'on ne peut douter, en comparant sa description aveib cçlle de Marcgrave , qu«

chalU

176 A5I1IAITX CAKSASSŒMS,

de ees nrieovicBoes do

le ioil b mnèmÊt que œOe du

ou saricovienae de rAmériqoe : on verra de méoieqiie les lions aariiis, les ours -marins, et la plopart des phoques, se le- Iroavent les néaies dans les mers les plus éloignéo les ones des antres, et sous les climats les plus opposés^

i Les Russes qui demeurent an Kmntsrhaf t a donnent à la sariooTÎenne le nom de 6o6r on castor, quoiqu'elle ne ressemble au castor que par la longueur de son poil, et qu'elle n'ait que peu Je rapport avec lui par sa forme eiterienre; car c'est une véritable louire, i laquelle non^ seulement nous rapporterons ces grauides loutres de la Guiane et du Brésil dont nous avons parlé, mais aussi celte loutre du Canada dont nous avons donné la notice (page 173), et qm paraît être de la taille et de Tespèce des saricoviennes.

' On voit ces sariooviennes ou loutres marines sur les cdtes orientales du Kamtschatka et dans les lies voisines, depuis le cinquantième degré jusqu'au dnquanle^ixième, et il ne s'en trouve que peu ou point dans la mer intérieure à l'occiaent du KamlschatLa, ni au deU de la troisième île des Kuriles. Elles ne sont ni féroces ni farouches, étant même assez sédentaires dans les lieux qu'elles ont choisis pour demeure; elles semblent craindre les phoques, ou du moins elles évitent les endroits qu'ils habitent, et n'aiment que la société de leur espèce. On les voit en trèsngrand nombre dans toutes les lie» inhabitées des mers orientales du Kamtschatka : il y en avoit , en 174a, une si gi'ande quantité à l'ile de Behring, que les Russes en tuèrent, plus de huit cents.

« Comme ces animaux n'avoient jamais vu «.d'hommes auparavant, dit M. Steller, ils « n'étoient ni timides ni sauvages ; ils s'ap-

cnnemis à craindre dans les environs. Elles ■e s'éloignent du rivage qu'à de petites distances, afin de pouvoir regagner pramptement l'emi dans le péril ; car, quoiqu'elles courent assez vite, un homme leste peut néanmoins les atteindre; mais en revanche elles nagent avee une trè^grande célérité, et comme il fenr plaît, c'est-à-dire sur le ventre, sur le dos, sur les côtés, et même dans une situation presque perpeiidiculaire. Le mile ne s'attache qu'à une seule femefle, avec laquelle il va de compagnie, et qu'il paroit aimer beaucoup, ne la quittant ni sur mer ni sur terre. îl 7 a apparence

Ïu'ib s'aiment en eflei dans tous les temps e l'année; car on voit de petits nouveaunés dans toutes les sais<ms» et quelquefois les pères et mères sont encore suivis par des jeunes de différens âges des pwtées précédentes , parce que leurs petits ne les quittent qie quand ils sont adultes et qu'ils peuvent former une nouvelle famille. Les femelles ne produisent qu'un petit à la fois, et trèsrarement deux. Le temps de la gestation est d'cnvtrpn huit à neuf mois : elles mettent bas 'sur les côtes ou sur les iles les moins fréquentées, et le petit, dès sa naissance, a déjà toutes ses' dents, les canines sont seulement moins avancées que les autres : la mère l'allaite pendant près d'un an, d'où l'on peut présumer qu elle n'entre en chaleur qu'environ un an après qu'elle a produit. ÉUe aime passionnément son petit, et ne cesse de lui prodiguer des soins et des caresses, jouant continuellement avec lui, soit sur la terre, soit dans l'eau : elle lui apprend à nager; et, lorsqu'il est fatigué, elle le prend dans sa gueule pour lui donner quelques momens de repos. Si l'on vient à le lui enlever, elle jette des cris et des gémissemens lamentables : il faut même user de précautions lorsqu'on veut le lui dérober; car,

« prochoient même des feux que nous allu- * quoique douce et timide , elle le défend avec

w mioiis , jusqu'à ce qu'instruits par leur malm heur, ils commencèrent à nous fuir. »

Pendant l'hiver ces saricoviennes se tiennent tantôt dans la mer sur les glaces, et tauiôl sur le rivage; en été elles entrent dans les fleuves, et vont même jusque dans les lacs d'eau douce, où elles paroissent se plaire beaucoup; dans les jours les plus coauds telles cherchent, pour se reposer, les lieux frais et ombragés. En sortant de l'eau elles se secouent, et se couchent en rond sur la terre comme les chiens; mais avant que de s'endormir, i-lles cherchent à reconnoitre par l'odorat, plutôt que par la vue qu'elles ont foible et courte, s'il u*jka pas quelques

un courage qui tient du désespoir, et se fait souvent tuer sur la place, plutôt que de l'abandonner.

Ces animaux se nourrissent de crustacés, de coquillages, de grands polypes et autres poissons mous qu'ils viennent de ramasser sur les grèves et sur les rivages fangeux , lorsque U marée est basse ; car ils ne peuvent demeurer assez long-temps sous l'eau pour les prendre au fond de la mer, n'ayant pas, comme les phoques, le trou ovale du cœur ouvert. Ils mangent aussi des poissons à écailles, comme des anguilles de mer, etc., dès fruits rejetés sur le rivage en été , et mêm« des fucus, fiiuta dt tout autre ali-

ment; mais ils peuvent se passer de nourriture pendant trois ou quatre jours de suite. Leur chair est meilleure à manger que celle

tes phoques, surtout celle des femelles, qui si grasse et tendre lorsqu'elles sont pleines ' et prêtes à mettre bas : celle des petits, qui est très-délicate, est assez semblable à la chair de Tagiieau ; mais la chair des vieux est ordinairement très-dure. « Ce fut , dit M. Steller» noire noun'iture principale à l'île de Behring; elle ne nous fit aucun mal, quoique mangée seule et sans pain , et souvent k demi crue : le foie, les rognons et le cœur, sont absolument semblables à ceux du veau. »

On voit souvent au Kamtschatka et dans les îles Kuiilea arriver les saricoviennes sur des glaçons poussés par un vent décrient , qui règne de temps en temps sur ces côtes eu hiver. Les glaçons qui viennent du côté de TAmérique sont en si grande quantité f qu'ils s'amoncèlent et forment une étendue de plusieurs milles de longueur sur la mer. Les chasseurs s'exposent, pour avoir les peaux des saricoviennes, -à aller fort au loin sur ces glaçons avec des patins qui ont cinq ' ou six pieds de long sur environ huit pouces de large, et qui par conséquent leur donnent la hardiesse d'aller dans les endroits où les glaces ont peu d'épaisseiu*; mais, lorsque ces glaces sont poussées au large par. un vent contraire, ils se trouvent souvent en danger de périr, ou de rester quelquefois plusieurs jours de suite errans sur la mer, avant que d'être ramenés à terre avec ces mêmes glaces par un vent favorable. C'est dans les mois de février, de mars et d'avril , qu'ils font celle chasse périlleuse , mais trèsprofitable; car ils prennent alors une plus grande quantité de ces animaux qu'en toute autre saison : cependant ils ne laissent pas de les chasser en été, en les cherchant sur ]a terre , où souvent on les trouve endormis : on les prend aussi , dans cette même saison, avec des filets que Ton tend dans la mer, ou bien on les poursuit en canot jusqu'à ce qu'on les ait forcés de lassitude.

Leur peau fait une très-belle fourrure ; les Chinois les achètent presque toutes, et ils les paient jusqu'à soixante-dix,, quatre-vingts et cent roubles chacune; et c'est par cette raison qu'il en vient très-peu en Russie. La beauté de ces fourrures varie suivant la saison : les meilleures et les plus belles sont celles des saricoviennes tuées aux mois de mars , d'avril et de mai. Néanmoins ces fourrures ont l'inconvénient d'être épaisses et pesantes ; sans cela , elles seroient supé-

Buproir. V,

LA SARIGOVIENNK. t*j'j

rieures aux zibelines, dont les plus belles ne Siont pas d'un aussi beau noir. Il ne faut cependant pas croire que le poil de ces saricoviennes soit également noir dans tous les individus : car il y en a dont la couleur est brunâtre, comme celle de la louire de rivière ; d'autres qui sont de couleur argentée sur la teie; plusieurs qui ont la tôte, le menton et la gorge variés de longs poils trèsblancs et très-doux; enfin, d'auti-es qui ont la gorge jaunâtre, et qui portent plutôt un feutre crépu, brun et court sur le corps, qu'un véritable poil propre à la fouirure. Au reste , les poils brups ou noirs ne le sont que jusqu'à la moitié de leur longueur : tous sont blancs à la racine , et leur longueur est en tout d'environ un pouce ou un pouce et demi sur le dos , la queue et les côtés ducorps ; ils sont plus courts sur la têie et sur les membres ; mais, au dessous de ce premio* long poil, il y a, comme dans les ours marins, une espèce de duvet ou de feutre, qui est de couleur brune ou noire , comme l'extrémité des grands poils du corps. On distingue aisément les peaux des femelles de celles des mâles, parce qu'elles sont plus petites, plus noires, et qu'elles ont le poil plus long sous le ventre : les petits oui aussi, dans le premier âge, le poil noir, ou très« brun et très-long; mais, à cinq ou six mois, ils perdent ce beau poil « et à un. an ils no sont couverts que de leuf feutre, et let longs poils ne le recouvrent que dans l'année suivante. La mue se fait , dans les adultes, d'une manière différente de celle des autres animaux : quelques poils tombent aux mois de juillet et d'août, et les autres prennent alors une couleur un peu plus brune.

Communément les saricoviennes ont environ deux pieds dix pouces de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue « qui a douze ou ^eize pouces de long; leur poids est de sûixanle-dix à quatre-vingts livres. La saricovienne ressemble à la loutre terrestre par la forme du corps , qui seulement est beaucoup plus « épais en tous sens; toutes deux ont les pieds de derrière pl|j^ près de l'anus que les autres quadrupède. Les oreilles sont droites, coniques et couvertes de poils comme dans l'ours marin; elles sont longues de près d'un

{)ouce sur autant de largeur, et distante 'une de l'autre d'environ cinq pouces. Les yeux et les paupières sont assez semblables à ceux du lièvie , et sont à peu près de la même grandeur : la couleur de l'iris varie dans différens i^idividus; car cette couleiu' est brune dans'les u^».^ noirâtre dans \e^

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te potf eucn eoufrif raeîl<ni*à ibe. Ls mium soal tre»-iioirei, ndés et «as poil, et ks lèvici soal iTune cfadsà pot pièi égik à celle do pboqœ eoa- L'iWTcrtiire de la goeole crt ■érfîofre, o'ajant qnienviraa deux poocei tms ligiilv le kmgiieiir, depuis le boot do ■aseaa jos- ■i'à Tangie ; la oiâclioire supéiiciire s*avaiiee aun demi-pome tar la aiicboire inférieure; toutes deiû soal garnies de moosiacbes Manches dirigées co bas, et dont les poils roides ont trois pouces de longueur à côté des coins de la gueule, mais qui ne sont longs iped'un pouce auprès des narines. La màduNre supéneure est armée de quatorze dcnls : il y a d'abord quatre incisives iré^

A^nXAXnC CABK ASSIEBS.

•eabhbles, parles on^, àcenx des diatx.

et fls diflcreni de ceux delà kmire terrestre, CB ce qu'ils sont réunis par une raembran qui est couverte de poîL La plante du pied , qui est brune, avec des tubercules par dessous, est arrondie et divisée en cinq doigts: les deux du BÛlieB sont un peu plus lon^ que les autres, ei Tinterae est un pea plus court que rexterae. Ces ongles crochus des pieds de derant serrent à détacher les coquillages des rocben. Les ^eds de derrière ont aussi cinq doigts, qui sont de même joints pv une membrane reioe, et qui ont la forme de ceux des oiseaux palmipèdes ;

le larse , le métatarse et les doigts de <?es pieds de derrière sont beaucoup plu: lor gs et p^us larges que ceux des pieds de «tevant, les ongles en sont aigus, mais assez 'n>urr5;

aiguës et longues de deux lignes, ensuite une ** le doigt externe est un peu plus long que les

canine de chaque côté, de figure conique, un peu recourbée en arrière , et d*enriron un pouce de longueur; après les canines , il y a quatre molaires de chaque côté, qui sont larges et épaisses, surtout celle du fond, et ces dernières dents sont irès-propres à casser les coquilles et broyer les crustacés.

Dans la mâchoire inférieure, le nombre des dents est ordinairement de seize : il y a d*abord, comme dans la mâchoire supérieure, quatre indsives et deux canines; ces dernières n^ont ^qu*eoviron huit lignes de longueur; mais il y a cinq dents molaires de diaaue cdté, dont les deux dernières sont situées diyis la gorge : ainsi le nombre total des dents de la saricovîenne est de trente ordinairement; néanmoins, comme il y a des indiridus qui ont aussi cinq dents molaires de chaque côté à la mâchoire supérieure, il se trouve que ce nombre des dents est quelquefob de trente-deux. La langue , depuis son insertion jusqu'à son extrémité , est longue de trois pouces trois lignes , sur une largeur d'un demirpouce seulement; elle est garnie de papilles et un peu fourchue à Textrémité.

^ Les pieds , tant ceux de devant que ceux de derrière , sont couverts de poil jusqu'auprès des ongles , et ne sont ffoint engagés dans la peau ; ils sont apparens et extérieurs comme ceux des quadrupèdes ten*e^res; en sorte que la saricovîenne peut marcher et courir, quoique assez lentement. Ceux de devant n*onl que onze ou douze pouces de longueur, et sont plus courts que ceux de derrière, qui oot quatorze ou quinze pouces; ce qui (kit que cet animal est plus élevé par le train de derrière, et que son dos paroit un peu voûté. Les pieds de dtvant tout asiez

autres, qui vont successïTement en diminuant, et la peau de la plante de ces pieds de derrière est aussi de couleur brune ou noire, comme dans les pieds de devant.

La queue est toot-â^t semblable à celle de la loutre de terre, c*esi-à-dire plate en dessus et en dessous : seulement elle es un peu plus courte à proportion du corps ; die est recouverte d*une peau épaisse, gari^^'> de poik très-doux et très-serrés.

La verge du mâle est contenue dans un fourreau sous la peau, et ToriGce de ce fourreau est situé a un tiers de la longuen- du corps; cette vei^e, longue d'environ huit pouces, contient un os qui en a six; les testicules ne sont point renfermés dans 'ine boUl'se, mais seulement recouverts par (a peau commune; la vulve de la femeÛe est assez grande, et située à un pouce au dessous de l'anus.

Nous devons observer que Tanîmal indiqué par M. Kracheninnikow , sous le nom de castor marin , pourroit bien être le même que la saricorienne, quoiqu'il le dise aussi grand que celui qu'il nomme chat marin , et qui est l'ours marin; car il y a des St«"icoviennes beaucoup plus grandes que ooiles dont nous venons de donner les dimensions d'après M. Steller, et on en a vu à la Guiane et au Brésil de beaucoup plus grosses que celles du Kamtschatka : d'ailleurs il paroit , par l'indication même de M. Kracheninnikow , que son castor marin a les mêmes habitudes que la saricovienne, qai porte le nom de èoùr ou castor chez les Russes de Sibérie. M. Steller, qui a demeuré si long-temps dans les parages du Kamtsdiatka , et qui eu a décrit tous les animaux , ne fait nulle meu' tion de ce castor marin, gros comme Toun

-ij

1= LA FOU'INE COMMCIîE^.a. I.A BSARTE COMMIL'HE

Ordre dfj- Cam^Asifra. fianiRr ifrj- (."aniivoiefl. Tritii /tes

l>iQntioTAdeit . Gfiire Marie./'"™"/

■TLA fOIDUNK IHE "LA i&ïnr&HE

lA SAKICOtTENNË. i^j

et il y a toute apparence que est ordinairement d*un gris plus ou moini

foncé, et quelquefois argenté; leur cri est

manu ,

M. Kracheniimikow n%i a parlé que sur des relations peal-ètre exagérées. On peut ajouter à ces preuves les inductions que Ton peut tirer du résultat des observations de

un son rauque et enroué. Ces animaux vont en troupes, et fréquentent les savants noyées; ils nagent la tête hors de Teau , et souvent

différens voyageurs au Kamtschatka, dont la gueule ouverte; quelquefois mime, vu

la récapitulation se trouve tome XIX , lieu de fuir, ils entourent en grand nombre

page 365 des Yoyages, ou il est dit «« que un canot en jetant des cris, et il est aisé

les peaux de castors marins sont d'un profit d'en tuer un grand nombre. Au reste , Ton

considérable pour la Russie; que les Kam- dit qu^il est assez difficile de prendre une

tschatdales peuvent, avec ces peaux , acheter saricoviènne dans Teau lors même qu'on l'a

des Cosaques tout ce qui leur esi nécessaire, tuée, qu'elle se laisse aller au fond de l'eau

et que les Cosaques troquent ces fourrures pour d'autres effets avec les m&rchands russes , qui gagnent beaucoup dans le commerce qu'ils en font à la Chine, et que le temps de la chasse des castors marins est le plus favorable pour lever les tributs; car les

dès qu'elle'est blessée , et qu'on perdroit son temps à attendre le moment où elle pour roi t reparaître , surtout si c'est dans une eau couranie qui puisse l'entraîner.

' Les jaguars ou couguars leur font la guerre , et ne laissent pas d'en ravir et d'en

Kamtschatjljlal^ donnent un castor pour un manger beaucoup; ils se tiennent à l'affût

reuard ou une jcibeline , quoiqu'il vaille au et loi^qu'une saricoviènne passe , ils s'élan-

meins ciîiq fois davantage, et qu'il se vende cent dessus, la suivent au fond de l'eau, l'y

quatre-vingt-dix roubles, etc. *> On voit que tuent et l'emportent ensuite à terre pour la

tout cela se rapporte à la saricoviènne, dévorer.

et qu'il y a toute apparence que Krachenin- ' Nous avons dit, d'après le témoignage de

nikow s'est trbmpé lorsqu'il a dit que son M. de La Borde , qu'il y a à Cayenne trois

castor marin étoit aussi grand que son chat espèces de loutres très-différentes par la

marin , c'est-àndire l'ours marin. grandeur : les deux plus grandes de ces

loutres paroissent être des saricoviennes , qui se ressemblent si fort par la forme , que l'on peut, sans difficulté, les rapporter à une seule et même espèce, d'autant qu'on doit remarquer, comme un fait général , que^ Je dois ajouter qu'ayant reçu de la Guiane dans l'espèce de I^ saricoviènne, ainsi que de no^ivelles 'nformations au sujet des sari- dans celle du jaguar et de plusieurs autres

Au reste, la saricoviènne, qui s'appelle èolr jou castor en langue rus^e, est nommée haikon en langue kamtschatdale, kalaga chee les Koriaques et rakkon chez les Kouriles.

coviennes d'Amérique , il paroît qu'elles varient beaucoup par la grandeur et pour la couleur; l'espèce en est commune sur les côtes basses et à l'embouchure des grandes rivières de l'Amérique méridionale.

Leur peau est très-épaisse, et leiu* poil

animaux des contrées presque désertes , ib sont plus petits dans les lieux voisins des habitations que dans la profondeur des terres, {)arce qu'on les tue plus jeunes, et qu'on ne eur donne pas le temps de prendre leur entier accroissement.

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