LE MULOT
Li mulot est plus petit que le rat , et
{>lus gros que la souris ; il n'habite jamais es maisons , et ne se trouve que dans les champs et dans les bois : il est remarquable par les yeux, qu'il a gros et proémiiiens , et il diffère encore du rat et de
la souris par la couleur dn poil, qui est blanchâtre sous le veatre, et d'un roux brun sur le dos : il est très-généralement et trèsabondamment répandu , surtout dans les terres élevées. Il paroit qu'il est long- temps à croître, parce qu'il varie considérablement
Spur U crundeur : )es grands ont quatre pouces (^^ ou trois4i^es de longueur Sepuis le bout du nez jusqu'à Vori{;ine d« la queue ; les petits , qui paroissent aduUes iDomme les autres , ont un poure de moins : ft comme il s*en trouve de toutes les grandeurs ii^termédiaires , on ne peut pas douter que les grands et les petits ne soient tous de la même espèce. Il y a grande ap-
Sarence que c'est faute d avoir connu ce ut, que queUjues naturalistes en ont fait deux espèces; l'une, qu'ils ont appelée^ grand rat des diamps , et l*au1re/<; mulot. B.i»y I qui le premier est tombé dans cettie erreur en les indiquant sous deux dénominations, semble aVouer qu'il n'en connoit qu'une espèce ; et quoique les courtes descriptions qu'il donne de l'une et de l'autre espèce paroissent différer, on ne doit pas en conclure qu'elles existent toutes deux , u'il n'en connoissoit lui-même
f parce q
qu'une; a* parce que nous nen connoissons qu'une, et que, quelques rechcrclies que nous ayons faites, nous n'en avAds trouvé qu'une ; 3° parce que Gesner et les autres anciens naturalistes ne parlent que d'une , sous le nom de miis agrestîs major,
Su'ils disent être commune, et que Ray it aussi que l'autre qu'il donne sous le nom de mus domestîcus mediiis est très-commune: ainsi il seroit impossible que les uns ou les autres de ces auteurs pe les eussent pas vues XùxïXxp degx, puis(fue, de leur aveu, toutes deux sont si communes; 4° parce que dans joette seul.e et même espèce , comme il s'en trouve de plus grands et de plus petits, il est probable qu'où a été induit en erreur, jet qu'on a fait une espèce des plus grands, et uue autre espèce des plus petits ; 5" enfin, parce que les descriptions de ces deux prétendues espèces n'étant nulle part ni exactes ni complètes , on ne doit pas tabler sur les caractères vagues et sur les différences qu'elles indiquent.
Les anciens, à la vérité, font mention de deux espèces, l'une sous la dénomination de mus ttgrestis majer, et J'autre sousceile de mus agrestis minor. Ces deux espèces sont fort communes , et nous les connoissons comme les anciens : la première est noire mulot ; mais la secoude li'est pas le mus domesticus médius de Ray ; c'est un autre animal qui est connu sous le nom de mulot à courte queue , 0^ de petit rat des cJiamps : et comme il eçt fort différent du rat ou du Q^Julot, nous n'adoptons pas le nom générique de petit rat des champs , ni celui de mulot à courte queue , parce qu'il
ANIMAmC CARNASSIERS.
n'est ni rat ni mulot . et nons lui donneroBS un nom particuiier. Il cb eai de màmç d'une espèce nouvelle qui s^est repuuiue dep4iis quelques années , et qui s'est beaucoup multiphé^ autour de Versailles et dans quelques provinces voisines dé faris , qu'on appelle rats des Sois , rflts sauvages , gros rats des champs , qui sont très-voraces, très-méehans , très-»nuksibles , et beaucoup plus grands que nos rais ; nous lui douii«roi% aussi un nom partic<i^ier , parce qu'elle diffère de toutes les ainm, et que, pour éviter toute confusion , il faut douner à chaque espèce un nom. Comme le mulot et le mulot à eeuiHe queue , que nous a|ipellerons campagnol, sont tous 4enx trèscommuns dans les champs et dans les bois, les gens de la campagne les ont désignés par la différence qui les a le plus frappés : nos paysans .en Boursf^ne appellent le mulot la rate à fa grande queue , et le campagnol la rate couette; dans d'autres provinces on appelle le mulot le rat sauterelle, parce qu'il va toujours par sauts; ailleurs on l'appelle souris de terre lorsqu'il est petit, et mulot lorsqu'il est grand. Ainsi on se souviendra que la souris de terre, le rat sauterelle , la rate à la grande queue , le grand rat des champs, le rat domestique moyen, ne sont que des dénominations différentes de l'animal que nous appelons mulot.
Il habile, comme je l'ai dit, les terres sèches et élevées ; on le trouve en grande quantité dans les bois et dans les cniamps qui en sont voisins ; il se relire dans des trous qu'il trouve tout faits, ou qu'il se pratique sous .^les buissons et des troncs d'arbres : il y amasse une quantité prodigieuse de glands , de noisettes ou de faines; on en trouve quelquefois jusqu'à un boisseau dans un seul trou; et celte provision, au lieu d'èire proportionnée à ses besoins ,^ne l'est qu'à la capacité du lieii. Ces trous sont ordinairement de plus d'un pied sous terre, et souvent partagés en deux loges, l'une où il habite AV^ sespiejtils , et TâMlre pM ii fait son magasin. J'ai souvent éprouvé le dommage très - considérable que ces animaux causent aux plantations; ils emportent les glands nouvellement semés; ils suivent le sillon tracé par la charrue, déterrent chaque gland l'un après l'autre, et n'en laissent pas un : cela arrive surtout dans les années où le gland n'est pas fort abondant; comme ils n'en trouvent pas assez dans les bois, ils viennent le chercher dans (es terres semées ^ ne le mangent pas sur
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LE IRAIT PEIRCIHAIU