‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 57 sur 146 · LE MULOT · texte numérisé non relu

LE MULOT

le lieu , mais remportent dans leur trou', où ils tentassent et le laissent souvent pécher et pourrir. Eux seuls font plus de tort à un semis de bois que tous les oiseaux et tous les autres animaux ensemble. Je n'ai trouvé d'autre moyen pour éviter ce grand dommage que de tendre des pièges de dix pas en dix ])as dans toute l'étendue de la terre semée : il ne faut qu*une noix grillée pour appât, sous une pierre plate soutenue par une bûcbetle; ils viennent pour manger la noix, quils préfèrent au gland; comme elle est attachée à la bûcbetle , dès qu'ils y toucbent , la pierre leur toml)e.sur le corps, et les étouffe ou les écrase. Je me suis servi du même expédient contre les campagnols, qui détruisent aussi tes glands; et comme l'on a voit soin de m'apporter tout ce qui se trouvoit sous les pièges, j'ai vu les premières fois, avec étonnement, que chaque jour on prenoii une centaine tant de mulots que de jcampagnols , et cela dans une piè(!e de terre d'environ quarante arpeus : j'en ai eu plus de deux milliers en trois semaines, depuis \ft iS novembre jusqu'au 8 décembre, et ensuite en moindre nombre jusqu'aux grandes gelées, pendant lesquelles ils se recèlent et se nourrissent dans leur trou. Depiiis quie j'ai fait cette épreuve, il y a plus de viugt ans, je n'ai jamais manqué, toutes les fois que j'ai semé du bois, de me servir du même expédient , et jamais on ^ji'a manqué de prendre des mulots en trèsgrand nombrje.- C'est surtout en automne qu'ils sont en si grande quantité : il y en a beaucoup moins au printemps; car ils se détruisent eux-mêmes, pour peu que les

vivres viennent à leur manquer pendant l'hiver : l^es gros mangent les pet ils. Ils mangent alissi les campagnols , et même lés grives, tes merles et les autres oiseaux qu'ils troiMeift^ pris aux lacets; ils commencent parlk cenrt'lle, et finissent par le reste du cadavre. Nous avons^is dans un mène vaae douzej^e ces mulots vivnns; on leur don- . noit à manger à huit heures dy. matin : un jour qu'on les' oublia d'uii quart d'heure, il y en eut un qui servit de pâture aux autres"^ le lendemain ils en mangèrent un autre, et enfin au bftuf.de quelques jours il n'en resta qu'un seul; tous les autres avoieut été tués et dévorés en partie , et celui qui resta le dernier avoit luinnéme les pattes et la queue mutilées.'

Le rat pullule beaucoup, le mulot pullule encore davantage; il produit plus d'ime fois par an , et les portées sont souvent de neuf et dix, au heu que celles du rat ne sont que de cinq ou six. Un homme de ma cam- * pagne en prit un jour vingt-deux dans un seul trou; il y avoit deux mères et vingt ' petits. Il est très-généralemeut répandu dans toute l'Europe; on le trouve en Suède, et c'est celui que M. Linnaeus appelle mus cauda longa, curpore nigro flavescente , abdominç aîho. Il est ti'ès - commun en ' France, eu Italie, en Suisse : Gesner l'a appelé mas agrestis major. Il est aussi en Allemagne et en Angleterre, où on le nomme fftd-muszy field-mousse , c'esl-H-dire rat des champs. Il a pour ennemis les loups, les renards, les martes, les oiseaux de proie, et lui-même.

LE RAT PERCHAL

C« ratf'doni M. Sonnerat nous a apporté la peau sous la dénomination de rat perchai, est plus grûs que nos rats ordinaires.

pi. po. lijr-

Sa longueur e<:t de z 3 a

Longueur de la léte, du bout

du nez à l'oeciput » .3 5

Elle est plus allongée que celle de nos

'ats; les oreilles nues, sans poil, sont de la

forme et de la couleur de celles de loiis les

rats. Les jambes sont courtes^ et le pied de

derrière est très-grand en comparaison de

celui de devant, puisqu'il a, du tatou au bout des ongles, deux pouces, et que celui de devant n'a que ,dix lignes du poignet, à l'extrémiié des ongles. La queue, qui est semblable en tout à celle de nos rats, est moins longue à proportion , quoiqu'elle n'ait que huit pouces trois lignes de longueur.

Le poil est de couleur d'un brun musc foncé sur la partie supérieure de la tête, du cou , des épaules , du dos, jusqu'à la croupe et sur la partie supérieure des flancs; le reste du corps a une couleur grise plus claire sous le veutre et le cou.

soo

ANIMAUX CARNASSIERS

Les moustaches sont noires et longues de deux poQces six lignes ; la queue est écaiileuse, comme f>ar anneaux; sa couleur est d*un brun grisâtre. ,

Les poils sur le corps ont de longueur onxe Kgnes, et snr la croupe, deux pouces; Os sont gris à Jeur racine, et bruns dans leur longueur jusqu'à l*extrcmilé; S sont

mélangés d'autres poils gris 'en plus grande quantité sous le ventre et les flancs.

Ce rat est très-commun dans Tlnde, et Tespèce en est nombreuse. Il habite dans les maisons de Pondichéry, comme le rat ordinaire daus les nôtres , et les habiians de oelta ▼iUe le trouvent bon à manger.

LE SCHERMAN,

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