LE LOIR
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par la transpiration ? Ce qui a pu hitre tomber Aristote dans cette «rteur, c'est qu'en Grèce , où les hivers sont tempérés , les loirs ne dorment pas continuellement, et que, prenant de la nourriture , peut-être abondamment, toutes les fois que la chaleur les ranime , il les aura trouvés trèfr-gras , quoique engourdis. (<e qu'il y a de vrai , c'est qu'ils sont gras en«|out temps, et plus gras en automne qu'en été; leur chair est assez semblable à celle du cochon-d'Inde. Les loirs faisoient partie de la bonne chère chez les Romains ; ils en élevoient en quantité. Varron donne la manière de faire des garennes de loirs, et Apicius celle d'en faire des ragoûts. Cet usage n'a point été suivi, soit qu'on ait eu du dégoût pour ces animaux parce qu'ils ressemblent aux rats, soit qu'en etfet leur chair ne soit pas de bien bon goût. J'ai ouï dire à des paysans qui en avoient mangé qu'elle n étoit guère meilleure que celle du rat d'eau. Au reste, il n'y a que le loir qui suit mangeable ; le lérot a la chair mauvaise et d'une odeur désagiéable.
Le loir resseuible assez à l'écureuil par les habitudes naturelles; il habite, comme lui, les forêts , il grimpe sur les arbres , saule de branche en branche, moins légèrement, à la irérité, que l'écureuil, qui a les jambes plus longues, le ventre bien moins gr^s, et qui est aussi maigre que le loir est gia^^ cç|iendant ils vivent tous deux des mêmes aiimens; de la faine, des noisettes, de la châtaigne, d'autres fruits sauvages, font leur nourriture ordinaire. Le loir mange aussi de petits oiseaux qu'il prend dans les nids. Il ne fait point de bauge au dessus des aibres comme l'écureuil ; mais il se fait un lit de mousse dans le tronc de ceux qui sont creux : il se gîte aussi dans les fentes des rochers élevés, et toujours dans des lieux secs; il craint l'humidité, boit peu, et des- (send rarement à terre; il diffère encore de récureuil, en ce que celui-ci s'apprivobe,
« et que l'autre demeure toujours «auirage. Les loirs s'accouplent sur la fin du printemps; ils font leurs petits en été; les portées sont ordinairement de quatre ou de cinq : ils croissent vite, et l'on assure qu'ils ne vivent que six ans. En Italie, où l'on est encore dans l'usage de les manger, on fait des fosses dans les bois, que Ton tapisse de mousse, au'on recouvre de paille, et où l'on jette de la faine : on choisit un lieu sec à l'abri d'un rocher exposé au midi; les loirs' s'y rendent en nombre, et on les y* trouve engourdis vers' la fin de l'automne, c'est le temps où ils sont les meilleurs à manger. Ces petits animaux sont courageux , et défendent leur vie jusqu'à la dernière extrémité : ils ont les dents de devant très-longues et très-fortes; aussi mordent-ils violemment: ils ne craignent ni la belette, ni les petits oiseaux de proie; ils échappent au renard, qui ne peut les suivre au dessus des arbres : leurs plus grands ennemis sont les chats sauvages et les martes.
Cette espèce n'est pas extrêmement ré-, pandue : pu ne la trouve point dans les climats très froids, comme la Laponie, la Suède; du moins les naturalistes du nord n'en parlent point: respèce de loir qu'ils indiquent est le muscardin, la plus petite des trois. Je présume aussi qu'on ne les trouve pas dans les climats très-chauds, puisque les voyageurs n'en fout aucune mention. Il n'y a que peu ou point de loirs dans les pays découverts, comme l'AngieteiTe; il leur faut un climat tempéré et un pays couvert de bois : on en trouve en Espagne , en France, en Grèce, en Italie, en Allemagne, en Suisse , où ils habitent dans les forêts , sur les collines, et non pas au dessus des hautes montagnes , comme les marmottes , qui, quoique sujettes à s'engourdii par le fruid, semblent chercher la neige et les frimas.
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LE LEROT
liK loir demeure dans les forêts , et semble fuir nos habitations: le lérot, au contraire, jiabite nos jardins, et se trouve quelquefois dans nos maisons ; l'espèce eu est aussi plus nombreuse, plus généralement répandue, et il y a pou de jardins qui n'en soient infestés.
Ils se nichent dans les trous des murailles; ils courent sur les arbres en espalier, choisissent les meilleurs fruits, et les entament tous dans le temps qu'ils commencent à mûrir : ils semblent aimer les pêches de préférence;, et si l'on veut en conserver, il
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ANIMAUX CARIf ASSIERS.
fiiut AToir graad 1010 de détruire les lérols^ Us grimpent aussi sur les poiriers , les abricotiers, les pruniers, et si les fruits doux leur manquent , ils mangent des amandes , des noisettes , des n<nx , et même des graines légumineuses : ils en transportent en grande quantité dans leurs rcti-aites. qu'ils pratiquent en terre, surtout dans les jardins soignés, car dans les anciens vergers on les trouve souvent dans de vieux arbres creux; ils se font un lit d'herbes, de mousse et de fieuilles. Le l'roid les engourdit ^i la chaleur les ranime. On en tiouve quelquefois huit ou dix dans le même lieu , tou& engourdis ^ tous H'sserrés en boule an milieu de leurs pi'o\isions de noix et de noisettes.
Ils s*acrou|^ent au printemps , produisent €0 été, el font «inq ou six petits, qui croissent promptemett^, mais qui cependant ne produisent eux-mêmes que dans Tannée suivante. Leur chair n'est pas mangeable comme ceHe du loir; ils ont mèm« la mauvaise odeur du rat domestique , au lieu que ie loir ne ^sent rien ; ils ne deviennent pas aussi gras, et manquent des feuillets graisseux qui se trouvent dans le loir, et qui enveloppent la masse entière des intestins. On trouve des lérots dans tous les climats •tempérés de T Europe, et même en Pologne, en Prusse ; mais il ne paroît pas qu'il y en «it en Suède, ni dans les pays septentrionaux.