‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 74 sur 146 · LA GRANDE TAUPE DU CAP · texte numérisé non relu

LA GRANDE TAUPE DU CAP

^ Nous ajouterons à toutes ces nouvelles espèces de taupes f celle dont MM. Gordon et Allamand nous ont donne la description et la figure , sous la dénoiniuaiion de granule taupe au Cap, ou taupe des dunes, et qui est en effet si grandç et si grosse, eu comparaison de toutes les autres , qu'on n'a pas besoin de lui donner un autre nom que celui de. grande taupe, pour en distin^^eret recounoitre aisément l'espèce.

« L'animal , dit M. Allamand , qui est re- « présenté dans la planche 3 , a été jusqu'à « présent inconnu à tous les naturalistes; et « yraisemblahlement il l'auroit été encore « long-iemps , sans les soins toujours actifs « de M. le capitaine Gordon , qui ne néglige « aucune occasion d'enrichir Thisloire uatu- « relie par de nouvelles découvertes. C'est lui « qui m'en a envoyé le dessin. Je nomme «cet animal, avec les ha bi tans du Cap, la « taupe des dunes ; et c'est un peu malgré moi , je n'aime pas ces noms composés ; et

« voir lui donner le nom par lequel les Hot- « tentots le désignent; mais il est lui-même « composé'ci fort dur à l'oreille ; c'est celui « de kauw howba , qui signifie taupe hippo^ «potame. Les Hoi tentots l'appeileqt ainsi à « cause de je ne sais quelle ressemblance « qu'ils lui trouvent avec ce gros animal ; « peut-être faut-il la chercher dans ses dents «incisives, qui sont très-remarquables par m leur longueur. Quoi qu'il en soit, s'il difw fère de la taupe à quelques égards, il a « aussi diverses affinités avec elle, et il n'y a « point d'autre animal dont le nom lui con- •c vienne mieux.

« Ces taupes habitent dans les dunes qui «t sont aux environs du cap de Bonne-Espé- « rance et près de la mer : on n'en trouve « point dans l'inlérieur du pays. Celle dont « on voit ici la figure éioit un mâle, dont la « longueur, depuis le museau jusqu'à la « queue, en suivant la courbure du corps, « étoil d'un pied ; sa circonférence , prise « derrière les jambes de devant, étoit de dix • |)ouces., et de neuf devant les jambes de « derrière. La partie supérieure de son corps « étoit blanchâtre, avec une légère teinte de n jaune qui se changeoit en couleur grise sur tt les côtes et sous le ventre.

X. Cette espAce parait être U même qnc la f^rande Uape d'Afrique.

' « Sa tète n*étoit pds ronde ermime celle de a la taupe du Cap; elle étoit alloofrée, et eUe « se terminoit par un museau piat, de oou' « leur de chair, assez semblable au boutoir « d'un cochon ; ses yeux étoieL" fort oetits , « et ses oreilles n'étoient marquées que par «( l'ouverture du canal auditif, pbif^ée au |ai- « lieu d'une tache ronde plus blanche queHe a reste du corps. Elle avoit à chaque mâ- « choire deux dents incisives qui se mon- « troient quoique la gueule fût fermée: celles « d'en bas étoient fort longues ; celles d'en « haut étoient beaucoup plus amrtes. Au « premier coup d'œil , il sembloit qu'il y «n « eât quatre : elles étoient fort larges , et « chacune avoit par-devant un profond sil- « Ion qui la partageoit en deux, et la faisoit « paroiire double; mais par ^J^rrière elles « etnient tout-à-fait unies. S«» .knts molaires « étoient au nombre de huit iaus Chaque ma' « choire : ainsi, avec les incisives, elle avoit « vingt-deux dents en tout. Les inférieures « avançoient un peu au delà des supérieures; « mais ce qu'elles offroient de plus singulier, «

• c'est qu'elles étoient mobiles , et que l'anî- «t mal pouvoit les écarter ou les réunir à vo-

« lonté : faculté qui ne se trouve dans aucua . « quadrupède qui me soit connu.

' « Sa queue étoit plate et de la longueur « de deux pouces six lignes ; elle étoit cour <c verte de longs poils , qui , de même que «t ceux qui formoient ses moustaches, et ceux « de dessous ses pattes, étoient roides comme «r des soies de cochon.

« Il y avoit à chaque pied cinq doigts mu- « tiis d'ongles fort longs et blanchâtres.

«« On voit, par celte description, que si

* ces animaux surpassent de beaucoup les «i autres taupes en .grandeur et en grosce seur, ils leur ressemblent par les yeux et «par les oreilles ; mais il y a plus encore, ils « vivent comme elles sous terre; ils y font des « trous profonds bt de longs boyaux ; ils jet- « tent la terre comme nos taupes , en l'accuce mutant en de très-gros monceaux : cela fait « qu'il est dangereux d'aller à cheval dans leii « lieux où ils sont; souvent il arrive que les w jambes des chevaux s'enfoncent dans ces « trous jiisqu aux genoux.

tt II faut que ces taupes multiplient bean* . « coup, car elles sont très-nombreuses. Elles •I vivent de plantes et d'ognons, et parcon- « séquent elles causent beaucoup de dom- « mages aux jardins qui sont près des dilues. « On mange leur chair, et on la dit Êurt « bonne.

« Elles ne courent pas vite, et en mar- « cbant eUes loiuti^Jt leurs pieds en dedaani

ANIMAUX CARNASSIERS

« comme les perroquets; mais elles sont très- « Elles sont méchantes; elles mordent très- « expéditives à creuser ia terre. Leur corps « fort, et il est dangereux de les irriter. » « touche toujours le S9I sur lequel elles sont.

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