LE CASTOR
que da tbùfûa» Judkisux, iirjpmlublct ,
et nout ne domUTOns pour ceruiiu que lei f
faits luT loquels ils l'acciirdeal ; moiiu portés peuv^re quequelques-uiii d'cnlreeui i l'admiration, nom nous pennellmu le doute et même la critique lur tout ce qui ooul paroilra tropdinidleàcroii«. i
Toui «mvieniieal que le caitor, loin d'avoir une lupérïorité marquée lur lea eulrel animuix, paroil au contraire itre au de>-
IOU3 de quelqueï-uns d'entre eux pour fci des perfeclionii, si l'animal ne utoit tirer qualïlil pun-ment iadividuelleBi et nom de celle couFormation, qui nom paroit bisommes en état de con&nner ce faii, ayant urre. da avantagea uniquej, etquilereneacore acluellemenl un jeuue castor tiianl , dent aupÉrieur à tom les aulrei. qui Dou) e été envoyé du Canada, et que Lei cailora conmeoceat par l'auembler nom gardooK depuii prés d'nu an. C'e^t un au mois de juin ou do Juillet pour se réunir animBl asseï doui,, asseï tranquille, asaei en société; daurivenl en nombre et de plufamilier, un peu triste, même un peu ptain- sieurs colés, et forment bientàl une troupt tif , sans passions violentes, sans appétits de deux ou trois cents : le lieu du reudei' vébémens. ne se donnaiil que peu de moa- vous est ordioiirement le lieu de l'établiisevemeat, ne faisant d'effort pour quoi que ment, et c'est toiûonn au bord des eaux. Si ' ' ■ ■ ' I plate "
, cependant occupé sérleusemenl du ce sonl des eaux pi
désir de sa liberié, ron^nt de temps en à la même hauteur comme dans un lac, ils
temps les portes de sa prison , mais sans fu- se dispeiuenl d'j construire une digue : mai*
reui'. sans précipitation, et dani la seule vus data Tes eaux courantes , et qui sont lujettet
d'y (aLe une ouverture pour en sortir; an â 'hausser ou baisser, comme sur ks mis*
reste assez judifféreoi , ne s'atiachant pas seaux , les rivières , ils établissent une
-votonliers, ite cberchaot point à nuire et chaussée; et par cette r
"'-i peu à plaire. Il paroit inférieur au une espèce d'^'^"» "" '>■
n par les qualités relatives qui pour- ae soutient t<
it l'approcber de l'homme; il ne sembla chaussée traverse la nvicre comme uu
li pour servir, ni pour commander, ni écluse, et va d'un bord à l'autre; elle a
le pour commercer avec une autre ei- ^souvent quatre-vingts ou cent pieds de lon-
I, enfermé dam gueur sur dix ou doute pieds d'épaisseur 1
n entier qu'avec aa base. Celte construction paroit énorme
d'industrie per- pour des animaux de cette taille, et supposa
lises, ^ même en effet un iratail Immense ■ : mais la soli-
deiiance pour éviter les pièges gros- dilè avec laquelle l'ouvrage est construit
j : loin d'attaquer les autres aoimaui , il élonne encore plus que sa grandeur. L'en-
ne sait pas même bien se défendre; il pré- droit de la rivière où ils établissent cette
fère la fuile au combat, quoiqu'il morde digue est ordiiiairemeDI peu profond; s'il se
cruellement et avec acharnement lorsqu'il trouve sur te bord uu gros arhre qui puiue
se trouve saisi par la main du chasseur. Si toniber dans l'eau , ils commencent par
l'on considère donc cet animal dans- l'état de l'abattre pour en faire la pièce principale de
nature, ou plutôt dans son état de solitude leur construction. Cet arbre est souveniplui
et de disjtersion, il ne paroitra pas, pour gros que le corps d'un homme ; ils le scient, t
les qualités intérieures, au dessus des autres ils le rongeBI au pied; et, sans autre inslru-
animaiu : il n'a pas plus d'esprit que le ment que leurs quatre dénis incisives, ils le
chien, desensqueVéléphant, de ûnesscque coupent en assez peu de temps, el le font
le renard, etc. Il cal plulàt remarquable par lomoer du rôté qu'il leur plaît, c'est-ii-dire
des singularités de conformation extérieure, eu Iraiers sur la rivière; eosuite ils coupent
(jue par la supériorité apparente de ses qua- les branches de b cime de cet arbre tombé,
litéa intérieures. Il est le seul parmi les pour le mettre de niveau et le faire portât
quadrupèdes i)ui ait la queue plate, ovale, partout également Ces opérations H font es et couvene d'ecailles, de laquelle il se sert
comme d'un Eouvernail pour se diriger dans .'■ '«.P'" f™^ «•nmpto™i diiqiinn •■
» ■ ■ ■ -. j ° • t so lanU li*R4 . et n'onlinin qD< tnut pieds 4l
l'eau i le seul cjui ait difs nageoires aux pieds ,,„ j ,; ,, |„m 5^ ,^„ j^jTj j.^.
de derrière, et en même temps des ooigti {<bc de ti quuo.
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ANIMAUX CABKAfôlERS.
commun : plusieurs castors rongent ensemble le pied de Farbre pour l'abattre ; plusieurs aussi vont ensftnble pour en couper les branches lorsqu'il est abaitu ; d'autres parcourent en méooe temps les bords de ia rivière, et coupent de moindres arbres, les ans gros comme la jambe, les autres couune la cuisse; ils les dépècent et les scient à one certaine bauteiur pour en faire des pieux : ils amènent ces pièces de bois , d^a- Dord par terre jusqu'au bord de la rivière, et ensuite par eau jusqu'au lieu de leur construction ; ils en font une espèce de pilotis serré, qu'ils enfoncent encore en entrelaçant des branches entre les pieux. Cette opération suppose bien des difficultés vaincues; car, pour dresser ces pieux et les mettre dans une situation à peu près perpendiculaire, il faut qu'avec les dents ils élèvent le gros bout contre le bord de la rivière , ou contre l'arbre qui la traverse; que d'autres plongent en même temps jusqu'au fond de l'eau pour y creuser avec* les pieds de devant un trou , dans lequel ils font entrer la pointe du pieu, afin qu'il puisse se tenir debout. A mesure que les uns plantent ainsi leurs pieux , les autres vont chercher de la terre qu'ils gâchent avec leurs pieds et battent avec leur queue; ils la portent dans leur, gueule et avec les pieds de devant , et ils en transportent une si grande quantité, qu'ils en remplissent tous les intervalles de leur !pilotis. Ce pilotis est composé de plusieursrangs de pieux, tous égaux en hauteur, et tous plantés les uns contre les autres; il s'étend d'un bord à l'autre de la rivière, il est rempli et maçonné partout. Les pieux sont plantés verticalement du côté de la chute de l'eau : tout l'ouvrage est au contraire en talus du coté qui en soutient la charge, en sorte que la chaussée qui a dix ou douze pieds de largeur à la base, se réduit à deux ou trois pieds d'épaisseur au sommet; elle a donc non. seulement toute l'étendue, toute la solidité nécessaire, mais encore la forme la plus convenable pour retenir l'eau, l'empêcher de passer, en soutenir le poids, et en rompre les efforts. Au haut de la chaussée, c'est-à-dire dans la partie où elle a le moins d'épaisseur, ils pratiquent deux ou trois ouvertures en pente qui sont autant de décharges de superficie qu'ils élargissent ou rétrécissent selon que la rivière vient à hausser ou baisser, et lorsque par des inondations trop grandes ou trop subites il se fait quelques brèches à leur digue , ils savent les réparer et travailler de nouveau (lès que les eaux sont baissées.
n seroit soperfla , aprèt cette expositioa de leurs travaux pour un ouvrage public , de donna* encore le détail de leurs constmctions particulières, ^ dans une histoire Ton ne devoit pas compte de tous les faits , et sî ce premier grand ouvrage n'étoit pas fait dans la vue de rendre plus commodes leurs petites habitations : ce sont des cabanes ou plutôt des espèces de maisonnettes bâties dans l'eau sur un pilotis plein, tout près du bord de leur étang , avec deux issues , l'une pour aller à terre , l'autre pour se jeter à Peau. La forme de cet édifice est presque toujours ovale ou ronde. Il y en a de plus grands et de plus petits , depuis quatre ou cinq* jusqu'à huit ou dix pieds de diamètre : il s'en trouve aussi quelquefois qui sont à deux ou trois étages; les murailles ont jusqu'à deux pieds d'épaisseur; elles sont élevées à plomb sur le pilotis plein , qui sert en même temps de fondement et de plancher à la maison. Lorsqu'elle n*a qu'un étage , les murailles ne s'élèvent droites qu'à quelques pieds de hauteur, au dessus de laquelle elles prennent la courbure d'une voûte en anse de panier; cette voûte termine lédifice et lui sert de couvert : il est maçonné avec solidité et enduit avec propreté en dehors et en dedans ; il est impénétrable à l'eau des pluies , et résiste aux veuts les plus impétueux ; les parois en sont revêtues d'une espèce de stuc si bien gâché et si proprement appliqué, qu'il semble que la main de l'homme y ait passé : aussi la queue leur sertelle de truelle pour appliquer ce mortier qu'ils gâchent avec leurs pieds. Ils mettent en œuvre différentes espèces de matériaux, des bois , des pierres, et des terres sablonneuses qui ne sont point sujettes à se délayer par l'eau : les bois qu'ils emploient sont presque tous légers et tendres ; ce sont des aunes , des peupUers , des saules , qiû naturellement croissent au bord des eaux et qui sont plus faciles à écorcer, à couper, àvoiturer, que des arbres dont le bob seroit plus pesant et plus dur. Lorsqu'ils attaquent un arbre, ils ne l'abandonnent pas qu'il ne soit abattu, dépecé, transporté; ils le coupent toujours à un pied ou un pied et demi de hauteur de terre. Ils travaillent assis ; et outre l'avantage de cette situation commode, ils ont le plaisir de ronger continuellement de l'écorce et du bois dont le goût leiu* est fort agréable, car ils préfèrent lécorce fraîche et le bois tendre à la plupart des alimeus ordinaires ; ils en font ample provision pour se nourrir pendant l'hiver; ils n'aiment pas le bois sec. C'est dans l'eau <st près de
leurs habitations qu'ils établissent leur magasin ; chaque cabane a le sien proportionné au nombre de seshabitans, qui tous y ont un droit commun ) et ne vont jamais piller leurs Toisins. On a tu des bourgades composées de vingt ou de vingt-cinq cabanes : ces grands établissemens sont rares , et cette espèce de république est ordinairement moins nombreuse ; elle n*est Te plus souvent composée que de dix ou douze (ribus , dont chacune a son quartier ) son magasin , sou habitation séparée; ils ne souflrent pas que des étrangers^ viennent s'établir dans leurs enceintes. Les plus petites cabanes contiennent deux, quatre, six, et les plus grandes dix-huit, vingt » et même y dit-on, jusqu'à trente castors, presque toujours en numbre pair, autant de femelles que de mâles : aiusi , en comptant même au rabais , on peut dire que leur société est souvent composée de cent cinquante ou deux cents ouvriers associés , qui tous ont travaillé d'abord en corps pour élever le grand ouvrage public, el ensuite par compagnie pour édifier des habitatioùs particulières. Quelque nombreuse que soit cette société^ la paix s'y maintient sans altération ; le travail commun a resserré leur union; les commodités quHls se sont procurées , l'abondance des vivres qu'ils amassent et consomment ensemble , servent à l'entretenir; des appétits modérés , des goûts simples , de l'aversion pour la chair et le sang , leur ôtent jusqu'à l'idée de rapine et de guerre : ils jouissent de tous les biens que l'homme ne sait que désirer. Amis entre eux , s'ib ont quelques ennemis au dehors , ils savent les éviter; ils s'averlisseut en frappant avec leur queue sur l'eaii un coup qui retentit au loin dans toutes les voûtes des habitations ; chacun prend son parti , ou de plonger dans le lac, ou de se receler dans leurs murs qui ne craignent que le feu du ciel ou le fer de l'homme , et qu'aucun animal n'ose entreprendre d'ouvrir ou renverser. Ces asiles sont non seulement très-sûrs, mais encore très-propres et très-commodes ; le plancher est jonché de verdure ; des rameaux de buis et de sapin leur servent de lapis sur lequel ils ne font ni ne souffrent jamais aucune ordure. La feuètre qui regarde sur l'eau leur sert de balcon pour se tenir au frais et prendre le bain pendant la plus grande partie du jour : ils s'y tiennent debout, la tète et les paities antérieures du corps élevées, et toutes les parties postérieures plongées dans l'eau. Cette fenêtre est percée avec précaution ; l'ouverture en est assez élevée pour ne pouvoir jamais être
BUFFOV. V. «
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fermée par les glaces, qui, dans le climat
de nos castors, ont quelquefois deux ou trois pieds d'épaisseur; ils eu abaissent alors la tablette, coupent en pente les pieux siur lesquels elle éloil appuyée, et se font une issue jusqu'à l'eau sous la glace. Cet élément liquide leur cjl si nécessahe, ou plutôt leur fait tant déplaisir, qu'ils semblent ne pouvoir s'en passer; ils vont quelquefois assez loin sous la glace : c'est alors qu'on les prend aisémeut en attaquant d'un côté la cabane, et les attendant en même temps à uu trou qu'on pratique dans la glace à quelque distance , et où ils sout obligés d'arriver pour respirer. L'habitude qu'ils ont de tenir continuellement la queue et toutes les ()arties postérieures du corps dans l'eau, paroit avoir changé la nature de leur chair : celle des
f)arties antérieures jusqu'aux reins a la quaité , le goût , la consistance de la chair des animaux de la terre et de l'air ; celle des cuisses et de la queue a l'odeur , la saveur , et toutes les qualités de celle du poisson. Cette queue, longue d'un pied, épaisse d'un pouce, et large de cinq ou six, est même une extrémité , une vraie portion de poisson attachée au corjis d'un quadrupède ; elle est entièrement recouverte décailles et d'une peau toute semblable à celle des gros poissons : on peut enlever ces écailles en les raclant au couteau; et lorsqu'elles sont tombées, l'on voit encore leur empreinte sur là peau , comme dans tous nos poissous.
C'est au commencement de l'été que les castors se rassemblent ; ils emploient les mois de juillet el d'août à construire leur digue et lem* cabane ; ils font leur provision d'ècorce et de bois dans le sùùis de septembre ; ensuite ils jouissent de lei],rs travaux , ils goûtent les douceurs domestiques : c'est le temps du repos ; c'est mieux , c'est la saison des amours. Se connoissant, prévenus Fun pour l'autre par l'habitude, par les plaisirs et les peines d'un U'avail commun , chaque couple ne se forme point au hasard, ne se joint pas par pure nécessité de nature , mais s'unit par choix et s'assortit par goût; ils passent ensemble l'automne et l'hiver ; contens l'un de Tautre , ils ne se quittent guère ; à l'aise dans leur domicile , ils n'eu sortent que pour faire des promenades agréables et utiles; ils en rapportent des écurces fraîches , qu ils préfèrent à celles qui sont sèches ou trop imbibées d'èau. Les femelles portent , dil-on , quatre mois ; elles mettent bas sur la fin de l'hiver, et produisent ordinairement deux ou trois petits. Les màUiS les quittent à peu près dans ce temps; iU
ANIMAUX CAKIf ASSIERS.
Faïutre plus lODg, plus ferme, plus lustré, mais plus rare, recouvre ce premier Tètement . lui sert, pour ainsi dire, de surtout, le défend des oniures, de la poussière, de la Caoge : ce second poil o'a que peu de Ttleur, ce n'est que te premier que Toii em-
Eloie dans nos manufaciures. Les fourrures s plus noires sont ordinairement les plus fournies, et |>ar conséquent les plus estimées ; celles des castors terriers sont fort inférieures à celles des castors cabanes. Les castors sont sujets à la mue pendant Tété , comme tous les autres quadrupèdes; aussi la fourrure de ceux qui sont pris dans cette saison n*a que peu de valeur. La fourrure des castors blancs est estimée à cause de sa* rareté , et les parfaitement noirs sont presque ausid rares que les blancs.
Mais indéjieudamment de la fourrure qui est ce que le castor fournit de plus précieux, ii donne encore une matière dont on a fait un grand usage en médecine. Cette matière, que l'on a apjielce castoreum, est contenue dans deux, grosses vésicules, que les anciens avoient prises pour les testicules de Tanimal. Nous n'en donnerons pas la description ni les usages, parce qu'on tes trouve dans toutes les phaimacopées '. Les sauvages tirent , dit-on , de la queue du castor une huile dont ils. se servent comme de topique pour différens maux. La chair du castor, quoique grasse et délicate , a toujours un goût amer assez désagréable : on assure qu'il a les os excessivement durs; mais nous n'avons pas été à portée de vérifier ce fait, n'en ayant disséqué qu un jeune. Ses dents sont trèsdures, et si tranchantes, qu'elles servent de couteau aux sauvages pour couper, creuser et polir le bois. lU s'habillent de peaux de castor, et les portent en hiver le poil contre la chair. Ce sont ces fouirures imbibées de la sueur des sauvages que Ton appelle castor gras, dont on ne se sert que pour les ouvrages les plus grossiers.
Le castor se sert de ses pieds de devant comme des mains, avec une adresse au moins égale à celle de l'écureuil : les doigts en sont bien séparés, bien divisés, au Heu que ceux des pieds de derrière sont réunis ejitre eux par une forte membrane : ils lui servent de nageoires et s'élargissent comme
I. On prétend qne les castors font sortir la li- . qucnr de leurs Tésicules en les pressant avec io
Sied, qu'ello leur donne de l'appétit lorsqu'ils sont égoùtés , et que les sauvages en frottent les pièges qu'ils leur tendent ponr les y attirer. Ce qui paroit .plus certain, c'est qu'il se sert de cette liqueur pour se graisser le poil.
oeux de Foie, dfflit le cartor aaussi en parti« la démarche sur la terre. Il nage beaucoup mieux qu'il ne court : cmnme il a les jamb^ de devant bien plus courtes que ceUes de derrière, il marche toujours la tête baissée et le dos arqué. Il a les sens très-bons, Todorai tiès-fin, et même susceptible : il paroit qu il ne peut supporter ni la malpropreté ni les mauvaises odeurs ; lorsqu'on le retieut trop long-temp en prison, et qu'il se trouve forcé d'j faire ses ordures, il les met près du seuil de la porte, et, des qu'elle est ouverte, il les pousse dehors. Cette habitude de propreté lem* est naturelle, et notre jeune castor ne manquoit jamais de nettoyer ainsi sa chambre. A l'âge d'un an, U a donné des signes de chaleur, <% qui paroit indiquer qu'il avoit pris dans cet espace de temps la plus grande partie de son accroissement : ainsi la durée de sa vie ne peut être bien longue, et c'est peut-être trop que de l'étendre à quinze ou vingt ans. Ce castor éloit très-petit poiu* son âge, et l'on ne doit pas s'en étonner : ayant presque dès sa naissance toujours été contraint, élevé, pour ainsi dire, à sec, ne connoissant pas l'eau jusqu'à l'âge de neuf mois , il n'a pu ni croître ni se développer comme les autres qui jouissent de leiu' liberté et de cet élément qui paroit leur être presque aussi nécessaire que l'usage de la terre.
* Nous avons dit que le castor et oit un animal commun aux deux continens; il se trouve en effet tout aussi fréquemment en Sibérie qu'au Canada. On peut les apprivoiser aisément , et même lem* apprendre à pêcher du poisson et le rapporter à la maison. M. Kalni assure ce fait.
« J'ai vu , dii-il, en Amérique des castors tellement apprivoisés , qu'on les envo) oit à la pêche , et qu'ils rapportoient leurs prises à leur maître. J'y ai vu aussi quelques loutres qui étoient si fort accoutumées avec les chiens et avec leurs martres, qu'elles les suivoient, les accompagnoient dans le bateau, satitoient dans l'eau , et , le moment d'après , revenoieut avec un poisson. »
Nous vîmes, dit M. Gmelin, dans ime petite ville de Sibérie, un castor qu'on élevoit dans la chambre, et qu'on manioit comme on vouloit. On m'assura que cet animal faisoit quelquefois des voyages à une distance très-considérable, et qu'il enlevoit aux autres castors leurs femelles qu'il ramenoit à la maison , et qu'après le temps de la chaleur elles s'en retoumoient seules, et sans qu'il les conduisit.
. Or^ù^ Jnr CamassUrs. J'amtffe ^es danàvace a- Tribu dof Plantigrades. Genre Eaton. /Oarirrj