DE X'ANCIEN CONTINENT
, iont Agakmmit petits, Unis, et presque
j muets.
I L'hyène, qui est à peu près de la grandeur du loup, est un animal connu des anciens, et que nous avons tu vivant; il est singulier par Touverlure et les glandes qu'il a situées comme celles du blaireau, des-
Î[nelles il sort une humeur d'une odeur trèsbrte; il est aussi très-remarquable par sa longue crinière, qui s'éiend le long du cou et du garrot; pur sa voracité, qui lui &it déterrer les cadavres et dévorer les chairs les plus infectes, etc. Cette vilaine béte ne se trouve qu'en Arabie on dans les autres provinces méridionales de l'Asie ; elle n'existe point en Europe , et ne s'est pas trouvée dans le Nouveau-Monde.
Le chacal, qui, de tous les animaux « sans même en excepter le loup , est celui dont l'espèce nous paroît approcher le plus de l'espèce de chien, mais qui cependant en diffère par des caractères essentiels, est un animal très-commun en Arménie, en Turquie, et qui se trouve aussi dans plusieurs autres provinces de l'Asie et de l'Afrique ; mais il est absolument étranger au nouveau continent. Il est remarquable par la couleur de son poil , qui est d'un jauue brillaut : il est à peu près de là grandeur d'uu renard. Quoique l'espèce en soit très-nombreuse, elle ne s'est pas étendue jusqu'en Europe , ni même jusqu'au nord de l'Asie.
La geiiette , qui est un animal bien connu des Espagnols, puisqu'elle habite en Espagne, adroit sans doute été remarquée si elle se fût trouvée en Am^ique; mais comme aucun de leurs historiens ou de leurs voyageurs n'en fait mention, il est clair que c'est encore un animal particulier à l'ancien continent, dans lequel il habite les parties méridionale^ de TEurope , et celles de l'Asierqui sont à peu près sous cette même latitude.
Quoiqu'on ait prétendu que la civette se trouvoit à la Nouvelle-Espagne* nous pensons que ce n'est point la civette de l'Afrique et des Indes y dont on tire le musc que l'on mêle et prépare avec celui que l'on tire aussi de l'animal appelé /liam à la Chine ; et nous regardons la vraie civette comme un animal des parties méridionales de l'ancien continent, qui ne s'est pas répandu vers le nord , et qui n'a pu passer dans le nouveau.
Les chats étoient, comme les chiens, tout-à-fait étrangers au Nouveau-Monde; et je suis maintenant persuadé que l'espèce n'y cxistoit point, quoique j'aie cité un passag^ par lequel il-paroit qu'un hdlmie de Téqui-
Burroy. V.
page de Chrbtophe Colomb avoit trouvé et tué sur la côte de ces nouveUes terres un chat sauvage : je a'éiois pas alors aussi instruit que je le suis aujourd'hut de tous les abus que l'on a laits des noms; el |'avtme que je ne oonnoissois pas encore asser les anîosaux pour distinguer nettement, dans les témoignages des voyageurs, iea noms usurpés, l«8 dénominations mal appliquées, em>^ pnmtées ou foctioes: et l'on n'en sera peutêtre pas étonné, puisque les nomenclateurs , dont les f«<^«rdies se bornent' à ce seul point de vue,^ loin d'avdir éclairci la matière, l'ont encore lïrouillée par d'autres dénominations et des phrases relatives à des méthodes arbitraires, toujours plus fautives que le coup d'œil et l'inspection. La pente naturelle que nous avons à compaier les choses que nous voyons pour la première fois à celles qui noos sont déjà connues, jointe à la difficulté presque invincible qu'il y avoit à prononcer les noms donnés aux choses par les Américains, sont les deux causes de cette mauvaise application de& dénominations , qîii depuis a -{iroduit tant d'erreurs. Il est , par exemple , bien plus coniuiode de donn^ à un animal nouveau le nom de sanglier ou de coc/wn noir, que de prononcer son nom mexicain auauhcoyameU : de même il étoit plus aisé aen appeler un autre renard américain , que de lui conserver sou nom brasilien tamandtta-guacui de nommer de même mouton ou dtameau du Pé'ou de^imimaux qui, dans cette langue, se noromoîenl/^e/a/ticiûatloquitli : «n a de même appelé coehom d*eau ie ca/nai ou cabionarh , ou capihara, quoique ce soit un animal Irès-différent d'un cochon; le earigueibeju s'est appelé loutre» Il en est de même de presque tous les autres animaux, du Nouveau-Monde, dont les noms étoient ^i barbares et si étrangers pour les Européens, qu'ils cherchèrent à leur en donner d'autres par des ressemblances quelquefois heureuses a^^ec les animaux de l'ancien continfittl , mais souvent aussi par de simples rapports trop éloi{pié& pour fonder l'application de ces dénominations. On a regardé eomme des lièvres et des lapins, cinq ou six espèces de petits ammaux qui n'ont guère d*auire rapport avec les lièvres et les lapins, que d'avoir, comme eux, la chair bonne à manger. On a appelé vackt ou élan, un animal sans cornes ni boiS, que les Américains nomnoient tapiierete au Bi'ésil , et malûpouris à la Guiane, que les Portugais ont ensuite appelé anta, et qui n'a d*autre rapport avec la vache ou l'eUn oue celui de leur ressembler un peu par la torme du