‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 111 sur 161 · DU CHARBON · texte numérisé non relu

DU CHARBON

' milles pins loin : ces couches «ont ipclipees ^ îr^ ÎAord^uest. II en est de même des mines 4e charbon qu'on exploite un peu phis loin; elles ont beaucoup de rapport avec celles de Newcastte. La qualité des rochers qui composent les couches est la même : mais le c^harbon est moins 1[>on qu*à Newcastle pour la forge , parce qu*il est moins bitumineux ; il est meilleur pour les appartemens. »

En Irlande , le charbon provenant de la inîne de Casile- Corner, village à soixante milles sud -ouest de Dublin, brâle, dès le premier instant qu*on le met au feu , sans raire la moindre fumée. Seulement on voit tîne flamme bleue , fortement empreinte de soufre , qui parolt constamment au dessns du feu.

Une autre mine est celle d*Tdof, province êe Leinster, et c*est la premiéi'e qu'on ait découverte en Irlande; elle est si abondante, qu'elle fournit toufes les provinces voisines. Son charbon est t}*ès-pesant, produit le même effet que le charbon de bois , et dure au feu Inen plusiong-temps.

« Dans le pays de Liège , dit M. Jars , la Meuse , qui traverse cette ville , met une grande différence dans la disposition des Wmes de charbon .... Elles commencent à imetiene au levant de la ville, et s^étendent Jusque deux lieues au delà du côté du coulïhant. On trouve à moitié chemin de cette distanod les plus fdrtes exploitations. ... La suite des veines va plus loin du cdté du couchuttt : la raison est que, par un dérangement total datis leur disposition , elles sont fnterrompues à une lieue et demie' de Liège; mais elles reprennent ensuite dans une disporîtibn presque perpendiculaire , pour continuer de la même manière pendant plusieurs lieues. Au nord de la ville, et au niidi de Faiitre côté de la MeUse , les veines se prolongent au plus aune demie -lieue, mais toujours dans la direction de l'est à Touest..., Il y a apparence que ce sont les mêmes couches , quoique lenr inclinaison change de distance eh distance, tantôt au midi, tantôt au nord. En général, tous les lits de charbon et le rocher sont très-irréguliers dans cette partie. »

Ce pays de Liège est peut-être de tonte l'Europe là centrée la mieux fournie de charbon de terre; c*est dn moins celle où fon a le plus anciennement exploité ces mines, et où on les a fouillées le plus profondément.

Nous avons dit que leur direction gènéralci et commune est du levant au couchant : les veine» du charbon n'y sont jamais exacte* nent en Hg&e droite ; cffles s'élèvent et s*a-

DE TEKRE. ^y

baissent alternativement suivant |^ pente (^ terrain qui leur sett d'assise ; ces vo^paèsent par-dessus les rivières', et vont eii s*fi- ))aîssaut vers la mer. Les veines que Ton fouille d'un côté d'une rivière ou d'une montagne répondent exactement à celles de l'autre côté; les mêmes couches dé terre, les mêmes bancs de pierre , accompagnent les unes et les autres; le charbon s'y trouve partout de la même espèce. Ce fait a été vérifié plusieurs fois par des sondes qui ont fait reconnaître les mêmes terres et les mêmes bancs jusqu'à quatre cents pieds de profondeur.

A une lieue et demie à Test d'Aix-lq- Chapelle, il y a plusieurs mines de diarbon; pour parvenir aux veines l'on traverse nne espèce de grès fort dur , que l'on ne peot

f)ercer qu'avec la poudre : ce gi-ès est par its dans la même direction et inclinaison que la veine de charbon ; mais il est tout rempli de fentes ou de joints , de façon qu'il se sépare en morceaux. Au dessous du grè), «m trouve une terre noire très-<fure de plusieurs pieds d'épaisseur; elle sert de toit au charbon : le mur est de la même espèce de terre dure ; l'une et Tautre paroissent con* tenir des empreintes de plantes : exposée à l'air , cette terre s'effleurit et s'attendrit.

Ce charbon contient très-peu de bitnmei il est très-pyriteux , et par conséquent nnC lement propre à l'usage des forges : mais il est bon pour les appartemens.

En Allemagne , il ^ a plusieurs endroits où Ton trouve des mines de charbon; celles de Zwickau consistent en deux couches dh quatre, dnq, six pieds d'épaisseur, qui np sont séparées Tune de l'autre que par une couche mince d'argile ; teurprofon^eurn'eçt qu'à environ trois toises au dessous de la' surface du terrain : la veine de dessous est meilleure que celle de dessus ; elles ont ving(cinq ou trente degrés d'inclinaison. Il s'ek trouve aux environs de Marienbérg, en Misnie; dans plusieurs endroits du duché djp Magdebourg; dans la principauté (l'Anhald à Bernbourg; dans le cerde'dulfaut-fVhtni à Al, près de Cassel; dans le duché de Meckelhoarg, à Plauen; en l^hême, àui environs de Tœplitz; dans le oomié de Glat2, à Haiisdorf; en Silésie, à Gablan, Rottefr* bndi , et Gottsberg ; dans le duché ne .

Schweidnitz, à Keichènstein;'dan8 lé ^ùt|; Palatinat, près de Sutt2bach; dansie bas Palatinat, a Bascbarage, etc. Il y a, (fit' M. Ferber , des mines de charbon fosëile fk Votschberc, à cinq ou six lieues déEeistntf, et de meilleores encore à Luim,k dix miitai

MINÉRAUX

àt Toctdiberif dim la Stjrie nmérieure. A quatre Umms de k ville de Mhèneg à une oemi-Ueue du village ^Ypenbure , sur la route d'Otoabnick , on trouve des mines de ekarbonqu*on emplme à Tusage des salines.

Xn sortant d*Tpenbure on passe une montagne au nord de laquelle est un vallon , et ensuite une autre montagne, ou Ton exploite . les minei de charbon. A deux lieues plus loin 9 il T a d'autres mines qui sont envirannéas oes mêmes rochers; on prétend que c'est la même coudie de charnon qui s'y prolonge. Comme jusqu'à présent on n'a ex-, ploité qu'une seule couche de charbon, on conjecture que c'est la même qui règne dans tout le pays. On l'exploiie dans cette mine à deux cents pieds dé profondeur perpendiculaire; elle a une pente inclinée du couchant au levant , qm est à peu près celle de la montagne. La veme a communément deux pieds et demi d'épaisseur eu charbon qui paroit être de très-oonne qualité , quoiqu'il y ait quelques morceaux dans lesquels on «perçoive des lames de pyrites. Cette veine est précédée d'une couche de terre noire; et celle couche, entremêlée de quelques petits morceaux de charbon, a un pied et demi » deux , et trois pieds d'épaisseur. Le toit qui recouvre la veme est un lit de six , Ittiit , dix pouces d'épaisseur de graviers léunb en pierre assez dure, au dessus duquel est le grès disposé par bancs.

On trouve aux environs de Vétine, petite ville des états du roi de Prusse , plusieurs mines de charbon ; elles sont situées sur le plateau d'une colline fort étendue : elles sont «u nombre de plus de vingt actuellement en ^ploitation. Une de ces mines qui a été visitée par M. Jars , et qui est à trois quarts de lieue de Yétlne, a trente-neuf toises de

r fondeur ; savoir , vingt-six toises depuis surface de la terre jusc|u'à la première veine de charbon, onze toises depuis cette première veine jusqu'à la seconde , et deux toises depuis ki seconde jusqu>'à la troisième ; ce qui varie néanmoins très-souvent par les dérangemens que les veines éprouvent dans leur inclinaison, et qui les rapprochent plus ou moins, surtout lies inférieures^ qui sont que lquefois immédiatement l'une sur l'autre. .

La première couche a jusqu'à huit pieds d'épaisseur; la seconde, deux pieds et demi ; . Ja troisième, un pied et demi ou deux pieds. \ On traverse plusieurs bancs de rochers pour parvenir au charbon, surtout on rocher rouge ^ qui parait être une terre sablonneuse durcie, , — '-*'^ de mica blanc : on rocher blanchâtre, ^ aussi de mica blanc, se trouve plus ;

près des veines, et les sépare entre elles; ce rocher y forme des creins qui quelquefois les coupent presque entièrement Le rocher qui sert de toil au charbon est bleuâtre ; c est une espèce d'argile durcie, qui contient des empreintes de plantes, surtout de fougères. Celui du mur est sablonneux, d'un blanc noirâtre. Cà rodiers s'attendrissent à l'air et s'y effleurissent. I>es veines ont leur direction sud-est , nord-ouest , et leur pente du côté du midi. Le charbon est un peu pyriteux , mais paroit être d'assez bonne qualité. Dans la première veine on remarque un lit, de quelques pouces d'épaisseur, qui suit toujours le diarbon et qui divise la veine en deux parties; c'est un charbon très-pierreux.

A Dielan , la plus grande profondeur île la mine que l'on exploite est à quarante toises. Le charbon se trouve dans un filon tantôt incliné , tantôt presque perpendiculaire, el qui est coupe et détourné quelquefois par des crei/is. Le rocher dans lequel ce filon se trouve est semblable à celui de Vétiue.

A Gibienstein, situé à une demi-Ueue de la ville de Halle en Saxe, on a trouvé une veine de charbon qui paroissoit au jour et qui .a plusieurs pieds d'épaisseur; on n'a pomt encore reconnu son inclinaison ni sa direction. Le charbon qu'on- en tire est peu bitumineux, et mêlé avec beaucoup de pyrites; il ressemble fort à celui de Lay en Bourbounois. M. Hoffmann dit que cette mine s'étend bien loin sous une grande partie de la ville et du fauboui^, ensuite dans les campagnes vers le midi jusqu'au bourg de Lieben, où on la rencontre souvent en disant des puits , de même qu'à Dielau , à une lieue et demie de Halle. Sa texture est semblable à celle d'un amas de morceaux de ^bois ou copeaux.

' En Espagne, il y a des mines de charbon de terre dans plusieurs provinces , et particulièrement en Galice , aux Asturies, dans le royaume de Léon , et aussi dans la basse Andalousie près de Siéville, dans la Nouvelle- Castille, et même auprès de Madrid. M. Le Camus de Limare, l'un de nos plus habiles minéralogistes, a fait ouvrir le premier cette mine de charbon près de Madrid, et il a eu la bonté de me commimiquer la notice que je joins ici '.

I. (I La mine de charbon qu'on exploite dans la basse Andalousie est située h six lieues au nord de Séville, dans le territoire du bourg de Villanuer»' del'RM, eor le liord de la rivière de Gnona» qui •e jette dans 1« GnadalqaiTir : la reine a •« dire»*

Sa SaToie on trouve une espèce de charbon de terre d*assez mauTaise qualité, et le |irincipal usage qu'on en fiiit est pour évaporer les eaux des sources salées. 'De toute la Suisse, le canton de Berne est le plus riche en mines de charbon. Il s*en trouve aussi dans le canton de Zurich, dans le pays de Taud, aux environs de Lausanne :

mais la plupart de ces charbons sont d*assez médiocre qualité.

En Italie, dont la plus grande partie a été ravagée par le feu des Tolcans, on trouve moins de charbon de terre qu'en Angleterre et en France. M. Tozzetti a donné de trèsbonnes observations < sur les bois fossiles

tioa 4o IcTABt «a oooclunt, et teo indinaitoQ «te M>ix«iit»«iiMi à soixante- dix àtgré» «a nord; son épaiMeor Tarie depuis trois pieds josqn'à quatre pieds et demi. Elle foamit de très-bon charbon quand on sait le séparer des nerfs et des parties terreuses dont les reines sont toajoors entrenàéléesi nais comme les concessionnaires actuels les font exploiter par des paysans . et qu'on met en Tente ÛMUstinctement le bon et le nauTais diarbon, la qualité en est décriée, le débit médiocre, et V— méfière à Sérille et à Cadix le charbon qu'on tire de Jfarseille et d'Angleterre , quoique le double j^ua cher.

« Quant à celle qu'on a décoorerte près de Madrid , à six lieues an nord , au pied de la chaîne des montaçnes de rEseuriat, sur le bord de la rivière de Mançanam , qui passe à Madrid , c'est moi 3ui ai fait la première lentatiTe en 176}, au moyen 'un puits de soixaote-dix pieds de profondeur, et d'nne traTcrse; j'sTob reconnu plnsteors Teines dont la plus forte aToit six pouces d'épaisseur» tontes d'un bitume desséché, asses dur. mais terne, et bràlant foiblement i leur direction est aussi du IcTant au couchant aTCc une pente d'un pied par toise an nord-ouest; on a depuis eontinoé ee travail , mais on n'y a pas enoore trouvé de vrai char> bon. »

I. n dit que ces bois fossiles sont semblables à de i^ros troncs d'arbres , qni ne forment point «ne eottcbe continue comme les antres matières des collines oà ils se trouTent , mais qu'ils sont ordinairement séparés les ans des autres , souTent deux ensemble , et toujonrs'd'une nature différente de celle du terrain oii ils sont ensevelis. Ils sont d'une couleur extrêmement noire stcc autant de lustre que le diarbon artificiel ; mais ils sont plus dftnses et plus lourds , et surtout lorsqu'on ne fait qne les tirer de la terre ; car à la longue ils perdent leur humidité et deviennent moins pesans , quoiqu'ils aillent toujours an fond de l'eau. 11 est constant que, ,dn» leur origine, ces charbons étaient des troncs d'arbres; on ne peut manquer de s'en couTaincre en les voyant dans la terre même t la plupart conservent leurs racines, et sont revêtus d'une écoree épaisse et mde ; ils ont des nvnds , des branches , etc. ; on y voit les cercles concentriques et les fibres longitudinales du bois. Les mêmes choses se remarqisent dans les charbons dn val d'^isno di sopra et du Tal de Cecina : ceux-ci sont seulement plus onctueux que les antres ; et même le bitume dont ils sont imbibés s'est trouvé quelquefois en si grande abondance, qu'ib en ont regorgé; cette matière s'est fait jour à travers les troncs , a passé

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