‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 113 sur 161 · I. LettM de M. Faïqu de Seiai^FeQd à M. le · texte numérisé non relu

I. LettM de M. Faïqu de Seiai^FeQd à M. le

DU CHABftÛli M tOJÊJU

nfttmruhtc chstmsM côniM Dons w disr> boa sec du charboa collant; mtu il a remarqué de plus dans les différentes minet qn*il a examinées en France , en Ancleterre, et en Ecosse , aue ces deux sortes de charbon de terre etoient attachées chacune à un sol d*nne nature particulière, et que les charbons secs ne se trouToient que dans les terrains calcaires, tandis qu'au contraire on ne rencontroit le charbon collant que dans les terrains granitiques et schisteux :

et voici, d'après M. Faujas, quelle est la qualité de ces deux charbons , et de quelle manière chacune d'elles se présente.

Le charbon sec étant en masse continue peut se tirer en gros morceaux : il est, comme les autres charbons, disposé par lits alternatilii. Si Ton examine avec attention les lils supérieurs, on y reconnoil les caractères do bois, et on y trouve quelquefois des coquilles bien conservées, et dont U nacre n'a été que peu altérée. Lorsqu'on est pu^enu aux couches inféiieures, la (]|uahté du charbon devient meilleure; son tissu est plus serré , sa substance plus homogène: il offre dans sa cassure des surfinoes lisses et souvent brillantes comme celle du jayet; et s*il n'en a pas le luisant, son grain est uni , serré , et n'est jamais lamel-

KUX.

Ce diarbon sec , lorsqu'il est de bonne «lalité, répand en brûlant une flamme vive, fegère , bleuâtre à son sommet , assez semblable à celle du bois ordinaire; et l'on observe qu'à mesure que ce charbon s'embrase, il se gerce et se fend en plusieurs sens : il perd au moins un tien de son volume et de son poids en se convertissant en braise, et ses cendres sont bUnches comme celles du bois.

M. Faujas m'a fait voir des diarbons secs oui, iq»rès avoir été épurés, présentent éviaemment les fibres ligneuses et mteie les couches concentriques du bois , qu'il étoit difficile d'y reoonnoître avant que leur organisation eût été mise à découvert par l'épurement.

Lorsqu'on fait brûler ce charbon, son odeur est en général plus ou moins désagréable et forte , suivant les diverses qualités de ce minéral ; quelquefois elle est trèsfoible; mais souvent elks est empyreumatique, ou fétide et nauséabonde, ou la même que celle du foie de soufire vokiil. Au reste, M. Faujas observe que ces charbons secs , quoique moins biiumineux en apparence

te é» BoIKoa, datée de Montéliaurt, to iu«

que je» charbons caMt» le itM ffétHemmi davaaiage, et qu'ils prodaisent par leor diatillation un ânquième de plus de bitume , et im tien de pws d'ean alcalisée.

Le charbon eoUmm, qu'on appelle aussâ ehmréom gras, diffère du charbon see en ce qu'il se boursoufle en brûlant , tandis que le charbon see fait retraite. Ce «*Kflrfym ooIlBiit augmente de volume au moins d'un tiers; il présente des pores ou cavités seabhd>les à ceux d'une lave spongieuae, et que Ton reeonnoit très -aisément lorsqu'il est éteint. C'est après avoir été ainsi dépouillé de son eau , de l'acali volatil , at du bitume , qu'il porte le nom de charbon épuré en France , et de coak en Angleterre : il se réduit en une cendre grise; et soit qu'on l'emploie, dans les fourneaux, en gros morceaux ou en poussière , il s'agglutine et se coUe fortement , de manière à ne former qu'une masse qu'on est obligé de soulever et de rompre , afin que Tair ne soit pas in- , terccpté par cette masse embrasée, et que le feu ne perde pas son activité.

Ce charbon collant produit une flamme qui s'élève moins , mais qui est beaucoup plus vive et plus âpre que celle du charbon sec; il donne une chaleur plus forte et beaucoup plus durable ; il en sort une fumée plus resineuse qu'alcalesoente, qui n'a point l'odeur fétide de la plupart des charbons secs, et même, lorsquelle est trèsalténuée , elle répand une sorte d'odeur de succin. Ce charbon est composé de petites lames fort minces, très-luisantes, et pbicées sans ordre; et si ces lames sont peu a<Uiéxentes, le charbon est très -friable : il est connu alors dans hi Flandre sous le nom de ItoiùUe, et sons celui de menu poussier dans les mines du Forez et du Lyonnoîs : mais d'autres fois ces lames ; plus solides et plus adhérentes entre elles , oonnent à ce cnarbon une continuité ferme, et qui permet de le détacher en çros morceaux. Ce charbon solide est celui qui est le plus redierché ; ses lames sont assez souvent disposées en stries longitudinales , et d'un noir trèsbrillant : mais le luisant de ce charbon diffère de celui du charbon sec en ce que ce dernier , quoique très - luisant , a un grain serré et uni , dont le poli naturel est comme onctueux , tandis que les lames du charbon collant ont une apparence vitreuse et brillanle. M. Faujas a aussi observé qu'il se trouve quelquefois du charboa collant dans lequel la matière bitumineuse paroît affecter la forme cubique , et il .dit que l'on rencontre, particulièrement dans les diarbons

déê «Hrm d^Éditebouif el 4^ Glase^w, dei morceaux qui M parolssent être easi-

rosés que d'une muliitude de petits cubes itumineux engaeés les uns dans les autres, nuis qui se détacnent facilement.

L*oB trouve aussi , dans ces charbons col- Imii , tantôt des {>arceUes Ugoeuses bien caractérisées, tantôt des bois nyritisés, et surtout diverses empreintes de véffètaux semblables à des roseaux et à d'autres plantes dont il aérait asstt difficile de déterminer exactement les espèces. Tontes ces empreintes sont en relief d'un côté , et en creux de Fautre ; la substance de la plante a disparu, soit qu'elle ait été détruite par U pourriture, ou qu'elle se soit convertie en charbon. M. Faujas remarque avec raison qu'il seroit très important de comparer ces sortes d'empreintes, et de voir s'il n'existeroit pas quel* que différence entre les empreintes des charbons des terrains calcaires et celles des charbons des suis granitiques.

A regard de la situation des mines de charbon sec au milieu des terrains calcaires. les seuls où on les troure, suivant M. Faujas, cet habile minéralogiste remarque que quand une mine de charbon se trouve, par exemple , dans les parties calcaires des Alpes , au pied de quelque escarpement entièrement dépouillé de terre végétale , et où la terre est à nu , Von aperçoit tout d'un coup l'interruption de la roche calcaire dans l'en'droit où se rencontre le charbon , dent lespremières couches gisent sous une espèce de monticule d'argile pure ou marneuse , ou métée dé sable quart2eux ; la sonde en tire de l'argile plus ou moins pure, du charbon, de la pierrfe calcaire ordinairement feuilletée, quelquefois des bois charboniiiés qui conservent leurs caractères ligneux, et qui sont mêlés avec des coquilles : ces premières couches sont suivies d'autres lits d'argile , de pierres calcaires ou de charbons , dont l'é^ paisseur varie. L'inclinaison de ces couches est la même que celle de la base sur laquelle elles s'appuient , et il est important de remarquer que l'on trouve souvent à de grandes profondeurs la matière même du charbon adhérente à la pierre calcaire , et que , dans les points de contact, les molécules du charbon sont mêlées el confondues avec celles de la pierre, de manière qu'on doit rapporter à la même époque la formation de ces pierres calcaires el celle du charbon.

JMais au contraire les mines de charbon collant, qui sont situées dans les montaj^nes granitiques ou schisteuses , ont été déposées dans des espèces de bassins où les

comrans de la mer ont tranmorlè les argile^ les sables , les micas , avec tes matières xé gétales; quelquefois les flots ont eotralai des pierres de divei-ses espèces , et en CKi: formé ces amas de cailloux roulés qu'o:j trouve au dessus ou au dessous des charboi^ coUans ; d'antres fois les bois et autres végétaux ont été accumulés sur les sables ou sur les argiles , ou ils ont formé des coucbes parallèles lorsqu'ils ont été déposés sur m sol uni et horizontal , et n'ont formé que des pelotons ou des masses irrégulières, el des lits tortueux, interrompus, et iuclinéi, lorsqu'ils ont été déposés sur une base inégale ou inclinée; et l'on doit observer que jamais le charbon collant ne porte immédiatement sur le granité. M. Faujas a obsené qu'il existe constamment une couehe de grè^ de sable quartzeux, ou de pierres vitreuses, roulées et arrondies par le Irottement, entre les granités et les eouches de diarboo; et si ces mêmes couches renferment des Utsiutcr' raédiaires d'argile en masse ou d'aj^^ile feuilletée , ces argiles sont égakment séparées du granité par les sables, les grès, ks pierres roulées , ou par d'autres matières provenaot de la décomi)osition des roches vitreuses ; telles sont les différences que; l'on peut remarquer, suivant M. Faujas, entre les charbous secs et les charbons coUans , tant poui leur nature que pour leur gisenae&t dans les terrains calcaires et dans les terraias grauittques et schisteux. Ce naturaliste présume avec nnson que la nature des charbons secs, toujours situés dans les temias calcaires, tient en grande partie à leur formation contemporaine de celle des subsiances coquilfouses : la matière de ces efaarfaoas s'est mêlée a^^cla substance animale des coquiilages dont les dépouilles ont formé les bancs de pierres calcaires ; et les bois qui ont été convertis en charbon sec, placés au milieu de ces amas de matières akalescentes , se sont imprégnés de l'alcaUvolattt qui s'en est dégagé; ce qui nous explique pourquoi ce «hlirbonrend par la distilltiioti nue quantité d'alcali qUi excède du double et du tripk celle qu'on obtient des charàons coI/ons,

L'on d<»t ajouter aux caittes de oes dilTérences entre les charbons collana et les char bons secs t'influence de la terne végétale, qui se trouve en très<^petite quantité dans le âiarbon sec, et entre an contraire pov beaucoup dans la formation dn ckarboa collant; et comme cette terre limoneuse est mêlée en plus grande quantité de matièn»

vitreuses que da, sobsianc^s calcaires , 3 pourroit se faire , ainsi que l'a. observé

DU CKABtotl DE TEKltÈ. |3M|

M. Fétijés i ^ kè «iiaHMiii wttans tt« td aédkire eoln «n «li«A«di «i b 1^ oi»

trouvaisènt JamaÎB iftttf dan» Ntt temiini grio

niii<)ucs etMhistetix : et c'est pirr oatte rai*

son qttè céH« tèitfitimoii«iise, qiii ie bavrioii-

fle et migmëute de tolome lot^ti*oii l'exfiff»

k raciiou (lu feu ; deniie aux eharlHHis eoi«

lans là même propriété de se gonfler , àm

s*aggtuti&ef , et de se eoller les uns eontr*

les auti-es lorsqu'on les expoM k l'action da

feu.

Plus on ittYiltiptiere les observetfons ftur les charbons de terre, el plus on reconnoîtra entre leurs couches , et surtout dans les Uts supérieurs , des empreintes de diverses sortes de plantes. «J'ai vu, ni*écrit M. de Mor« veau , dans toutes les mines de charbon d« Kive - de - Gier , de Saint - Ghamond , et d« Saint* Berain, des einpreinies de plantes^ des prèles , des caille-laits , des joncs , dont Vécorre est très - reconnoisssble , et (|ni ont jusqu'à un pouce de diamètre , un fruit qui joue la pomme de pin , des fougères surtout en qiKintité. J*ai observé dans les contre^ parties de ces fougères que, d'un côté, les tiges et les côtes entières étoient en r^ief et les feuilles en creux , et , de l'autre côte, les côtes et les tiges eu creux et les feuilles eli relief : quand les schistes où sont ces empreintes sont très-micacés, comme dans ua morceau que j ai trouvé à Saint- Beraiu, on y dislingue parfaitement la substance même de la plante et des feuilles, qui y forme une pellicule noire que l'on peut détacher,

3iioique très-mince. J'ai vu dans le cabinet e M. Le (]amus , à Lyon , dans un de ces schistes de Saint-Chamond, un fruit rond da près d'un pouce d'épaisseur, dont la coupé présente trois couches concentriques; il croit que c'est une espèce de noix, voeiiqiie >« • Toutes ées empreintes végétales achève«l df démontrer la véritable oi'igine des charboaf de terre , qui ne sont que des dépôts des bois et autres véj^étaua dont l'huile s'est f avec le temps , eottvertie en bititiae paréos Rkélange flivee les aeides de la terre. Méè lortque ees végétaux eonservent plos «|«i moins les oaractères extérieurs de leur pi»> nièi^ datutiB, lonqu'ils offrent eucore presque en entier leur eoatexture et leur eonfig»fatioa , et qtie les huilés et aukes pHnci|Ka Ibâammabtes qu'ils r^xteriBeiit n'ont pas été entièreiAeflt ehaofés en biliioie^ oa m» soot alors que des tMis ou végétaux lassiles qdi a'oot pas encore toutes les qualités des «m^ boas de tert«, et qui, par leur«tat iplMi-

Page 1