LIQUEUR DES CAILLOUX
mette , par exemple , quatre parties d'alcali pour une partie de terre quartzeuse , la masse fondue participera d'autant plus des propriétés salines ; elle sera soluble par l'eau, ou liiêtne se résoudra spontanément en liqueur par l'hutnidité de l'ait- : c'est ce que l'on nortime tiqueur des cailloux. Le quartz y e6t tehti eti dissolution par l'alcali, au point ae passer par le filtre.
« Tous les acides , et même l'eau chargée d'air fixe, précipitent cette liqueur des cailloux , parce ^u'ên s'unissant a l'alcali ils lë forceht d'abandonner la terre. Quand les deux liqueurs sont toncetitrées , il se fait une espèce de miracle chimique, c'ést-à-dire
que le mélange devient solide On peut
conclure de toutes les expériences faites à ce sujet, z^ que la terl*e qUarizeute éprotive, pendant ^a combinaison arec l'alcali, par la fusion , une altération qui la rapproche ae l'état de l'argile , et là rend susceptible de former de l'alun avec l'acide vitrioliqnè; :»** que la terre argileuse et la tferre quartjseuse , altérées par la vitrification , ont Une affinité marquée , même par la voie humide, avec Pal(;ali privé d'air , eic Aussi l'argile et l'alun sont bien réellement des selâ vitrioliques à base de terre vitrifiable. . .
« L'argile est un sel avec excès dé tferrè... et il est certain qu'elle contient de l'acide vitriolique, puisqu'elle décompose le nitre et le sel marm à la distillation. On démontre que sa base est àlu mineuse en saturant d'acide vitriolique l'argile dissoute dans l'eau, et formant ainsi un véritable alun; on fait passer enfin l'alun à Tétat d'argile , en lui faisant prendre une nouvelle portion de teH-e âlumineuse précipitée et édulcorée. Il faul remployer tandis qu'elle est encore en bouillie, car elle devient beaucoup moins soluble en séchaut; et cette circonstance établit une nouvelle analogie entre elle et la terre précipitée de la liqueur des cailloux. »
Cette terre qui sert de base à Taiun eàt argileuse : elle prend au feu, comme Targile, toutes sortes de couleurs ; elle y devient rougeâtre , jaune , brune , grise , verdâtre , bleufltre , et même noire ; et si l'on précipite la terre vitrifiable delà liqueur des cailloux, cette terre précipitée a toutes les propriétés de la terre de l'alun ; car en l'unissant à l'acide , vitriolique, on entait de l'alun : ce qui prouve que l'argile est de la même essence que la terre vitrifiable ou quartzeuse.
Ainsi lés recherches chimiques, bien loin de s'opposer au fait réel de la conversion des verres primitifs en argile , le démontrent
encore par leurs résultats, et il est certain que l'argile ne diffère du quartz ou du grès réduits en poudre que par l'atténuation des molécules de cette poudre quartzeuse sur laquelle Paeide aérien, combiné avec l'eau, agit assez long-temps pour les pénétrer , et enfin les réduire en terre. L'acide vitriolique ne produit pas cet effet, car il n'a point d*àetion sUr le quartz ni sur les autres matières vitreuses ; c'est dotic à l'acide aérien qu'on doit l'attribuer : son union d'une part avec i'ead, et d'autre part le mélange des poussières alcalines avec les poudres vitreuses, lui donnent prise sur cette même ma< tière quartzeuse. Ceci me paroit assez clair, même en rigoureuse chimie, pour espérer
3u'on ne doutera plus de cette conversion es vetres primitifs en argile , puisque toutes les argiles sont mélangées des débris de coquilles et d'autres productions du même genre , £|Ui toutes peuvent fournir à l'acide aérien l'intermède alcalin nécessaire à sa prompte action sur là matière vitrifiable.
D'ailleurs l'acide aérien, seul et sans mélange d'alcali , attaque avec le temps toutes les matières vitreuses; car l6 quartz, le cristal de i-ochè , et tous les autres verres produits pat lanatufe, se ternissent, s'irisent, et se décomposent à la surface par la seule impression de l'air humide , et par conséquent la conversion da quant en argile a pu s'opérer par la seule combinaison de l'acide aéirieii et de l'eau. Ainsi les expériences chimiques prouvent ce ^ue les observations en histoire naturelle m'avoient indiqué ; savoir, que l'tirgile est de la même essence que le quartz, et qu'elle n'en diffère que par l'atténuation de ses molécules réduites en terre par l'impression de l'acide primitif et de l'eaU.
Et ce même acide aérien, en agissant dès les premiers temps sur la matière quartzeuse, y a pris une base qui l'H fixé et en a fait l'acide le plus puissant de tons , l'acide vitriolique, qui, dans le fond, ne diffère de Paeide primitif que par sa fixité , et par la masse et la force que lui donne la substitnce titrifiable qui lui sert de base ; mais l'acide aérien étant répandu dans toute l'étendue de l'air, de la terre , et des eaux , et le globe entier n'étant dans le premier temps qn'tme masse vitrifiée, cet acide primitif a pénétré toutes les poudres vitreuses , et les ayant atténuées, ramollies, et humectées par son union avec l'eau , les d peu A peu décom-
{loséesj et enfin converties en terres argieuses.
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