‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 142 sur 161 · I. Voyn dans le Tolame préoMent l'article de la · texte numérisé non relu

I. Voyn dans le Tolame préoMent l'article de la

sière , la matière femigiiieiue a été atténuée .et comme dissoute par une action plus knie des élémens humides, les parties les plus fines de cette matière, ayant été saisies et entraînées par l'eau, ont fermé par stillation des concrétions ou stalactites ferrugineuses, dont la plupart sont plus riches en meial que les mines en grains et en rouille.

On peut réduire toutes les mines de fer de seconde formation à ces trois états, de mines en grains, de mines en ocre ou'en rouiUe, et de mines en cencrétioBs. Elles • ont également été produites par l'action et l'intermède de l'eau ; toutes tirent leur origine de la composition des . roches primitives de fer, de la même manière que les grès , les argiles , et les schistes proviennent de la décomposition des premières matières vitreuses.

J'ai démontré, dans l'article de la Terre . végétale i comment se sont formés les grains de la mine de fer; nous les voyons pour ainsi dire se produire sous nos yeax^ par la réunion des particules ferrugineuses disséminées dans cette terre végétale, et ces grains de mines contiennent quelquefois une plus grande quantité de fer que les roches de fer les plus riches; mais comme ces grains sont presque toujours très-petits , et qu'il n'est jamais possible de les tirer un à un, ni de les séparer en entier des terres avec lesquelles ils sont mêlés, surtout lorsqu'il s'agit de travail en grand, ces mines en grains ne rendent ordinairement par quintal que de trente-cinq à quarante-cinq livres de fonte , et souvent moins, tandis que. |)lusieurs. mines en roche donnent depuis cinquante jusqu'à soixante et au delà; mais je me suis assuré, par quelques essais en petit, qu'on aurait au moins un aussi grand produit en ne faisant fondre que le grain net de ces mines de seconde formation. Elles peuvent être plus ou moins riches en métal, selon que chaque grain aura reçu dans sa composition une plus ou moins forte quantité de substance métallique , sans mélange de matières hétérogènes; car de la même manière que nous voyons se former des stalactites plus ou moins pures dans toutes les matières terrestres , ces grains de mines de fer, oui sont de vraies stalactites de la terre végétale imprégnée de fer , peuvent être aussi plus ou moins purs, c'est4-dire plus ou moios chargés de parties métalliques; et par conséquent ces mines peuvent être plus riches en métal qne le minéral en roche, qui, ayantété formé parle feu primitif, contient toujours une quantité

cônsîdfrable cle matière vilretise. Je dois m âme ajouter que les mines en stalactites et en masses concrètes en fournissent un exemple sensible; elles sont, comme les mines eu grains , formées par l'intermède de l'eau; et ((uoiqu'elles soient toujours mêlées de matières hétérogènes, elles donnent assez ordinairement une plus grande quantité de fer que la plupart aes mines de première formation.

Ainsi toute mine de fer, soit qu^elle ait été produite par le feu primitif, o« traxaillée par lean, est toujours mélangée d'une plus ou moins grande quantité de substances hétérogènes; seulement on doit observer que, dans les mines produites par le feu, le fer est toujours mélangé avec une mMtièi*e vitreuse, tandis que dans celles qui ont été formées par Tintenuède de Feau , le mélange est plus souvent de matière calcaire*. Ces dernières mines, qu'on nomme spatfnquei * à cause de ce mélange de spath ou de parties calcaires, ne sont point attirables à raimaut, parce qu'elles n'ont pas été produites par le feu , et qn*elles ont été , comme les mines en grains on en rouille, toutes formées du détriment des premières roches ferrugineiues , qui ont perdu leur magnétisme \at cette décomposition; néanmoins, lorsque ces mines secondaires, formées par Tintenuède de l'eau , se trouvent mêlées de >ablons ferrugineux qui ont passé par le feu , elles sont alors attirables à l'aimant , parce que ces sablons qui ne sont pas susceptibles dérouille, ne perdent jamais cette propriété' d'être attirables à l'aimant.

La fameuse montagne d'Eisenhartz en Stvrie, haute de quatre cent quatre-vingts toises , est presque toute composée de minéraux ferrugineux de différentes qualités; on en tire, d^ temps immémorial, tout le fer et l'acier qui se fabriquent dans cette contrée; et l'on a observé que le nîiuéi'al propre à faire de lacier étoit difl'érent de

I. « Les mines 4b fer de Rongé «n Bretagne sont en masses de roclier de trois quarts de iiene d'étendue, sur quinze à dix- huit pivds d'épaisscttr, disposées en lianes liorizoutaux ; elles sont de aeooiide formation , et sont en même temps mêlées de matières, silicées. « Je ne citf cet exemple que pour faire voir que les mines de seconde forma* tion se trouvent quelquefois inéléet de matièMt Titrenses i mais , dans oe eas , oes matières vitreuses sont dles-méuacs de seconde formation. Ce fait m'a été fourni par M. de Gri(uon« qui a observé ces mines eu Bretagne.

a. II y a néanmoins quelles- unes de ces mines attirables à l'aimaut, dans le 0Buphiaé et dans Jes Pyrénées.

BuvFOV. II.

celui qui est propre à îaxrt 4u bon ' fer. Le minéral le plus riche en acier, .que Ton appelle ly/'/fn^, est blanc, fort dur, et difficile à wndre; mats il devient rouge ott noir , et moins dur , en s'effleurissant dans la mine même. Celui qui est le plus propre à donner du fer doux est le plus tendre ; il est aussi plus fusible, et quelquefois environné de rouille ou d'ocre. Le uoyau et la masse principale de cette montagne sont sans doute de fer primordial produit par le feu primitif, duquel les autres minéraux ferrugineux ne stfnt tfiie des exsudations, des concrétions, des stalactites plus on moins mélangées de matière calcaire, de pyrites, et ti'autres substances dissoutes oii délayées par l'eau, et qui sont entrées dans la composiiiott de ces iMSses secondaires lorsqu'elles se sont formées.

De quelque qualité que soient les mines de fer en roches solides, on est obligé de les concasser et de les réduire en morieaiUL gros comme dfs noisettes , avant de les jeter au fourneau: mais |K>ur briser plus aisément les blocs de ce minéral , ordinairement très-dur, on est dans Tusage de les faire giiller au feu ; on établit une couche de boi& sec, sur laquelle on met ces grof morceaux de minéral, que l'on couvre d'utie autre couche de bois sec, puis un second lit de minéral, ei ainsi aliernativement jusqu'à cinq ou six pieds de hauteur; et après avoir allnmê le feu , on le laisse consumer tout ce qui est combustible et s'éteindre de lui-même. Cette première action du feu rend le minéral plus tendre ; on le concasse plus aisément , et il se trouve pltis disposé à la fusion qu'il doit subir au fourneau. Toutes les roches de fer qui ne sont mélangées que de substances vitreuses exigent qu'on y joigne une cer^ taine quantité de matière calcaire pour en faciliter la foute; celles au contraire qui ne contieuuent que peu ou point de matière . vitreuse, et qui sont mélangées de siHbstances calcaires, demandent l'addition de quelque matière vitrescibie, telle que la terre limoneuse , qui , se fondant aisément, aide à la fusion de ces mines de fer, e^ s'empare des parties calcaires dont elles sottt mélangées.

Les mine<; qui ont été produites par le fen primitif sont , comme nous l*a« ons dit , toutes . attirables à Taimani, à moins que Teau M les ait décompsées et réduites en rouille, en ocre, eu gi'ains, ou en concrétions; ear elles perdent dès lors celte propriété gnélique ; cependant les mines prmiitives

MiNÉeiÀtnt

soht pis léft ««niet qui Mrient atlimblet I rdimAnt; toute» ^lles d« la sisrdiide formation diii auront subi Tactioii du feu, soit ditH les Tolcans, toit |iar Ira inccndiet dea fatéts. aont également ei ton^mit aussi suaceptiblea de ctette atttVGtton ; en sorte que si iVin s'mi tenoit à cette sente ikropriélé, eRè tie sufBroll pas pour distinguer les miné» fern]gtn«nises de preiriière formation de tdutes les autres qui, quoique de formation bien |K)stérieufe, sont éçAlement attirablaa if aimant ; mais il y a d*ftutres indicea aa* aet certain» paf lesquels «Tl p««t tes Teraanoitre. Les matières ferrugineuses primitives sont toutes en très-bandes masses, «t toujours intimement mêlées de matière Tt« treuse; celles qui ont été produites postérieurement par les volcans , ou par dW tres incendies . ne se trouvent qu'en petita morreùux , et lé plus sourént eh paillettes et en sablons , et ces sablons fSpmigIneut cl ti'ès-attirables ï ràitanant sont ordinairement bien plus réfVactaires au feu que la rocht de fer \k plus duré. Gss sablons ont appft* rem ment essuyé une si forte fetction du fea, qu'ils oui pour ainsi dire changé de nattirti et perdu toutes leurs propriétés métalliques^ car il ne leur est reste que là seule qualité d^élré attira btes à Taimant , qualité commitnîauée par le ^feù, cl qui, xomme V6tk Toit, nest pas essentielle à toute thàtîcre ferrugineuse, puisque les mines q«li ont été formées par VintenttèNle de rèati pi sont dépourvues ou dépouillf*eS , et qu'elles ne reprennent ou n*acquiërent cette propriété magnétique qu'après avoir passé par le feu.

Toute la quantité, quoique Itnriienië, iu fer disséminé sur le globe provient dotic originairement des débris et détrimèns des gi'aiiJes masses iiriiiiilives, dafis lesquelles ijà substance ferrugineuse est mêlée avec la inalière vitreuse, et s'est consolidée a\*ec ffllt : mais ce fer disséminé sur là terre se jbroiive dans des étais trës-diffi'rénS, suivant lés impressions plus ou moins fortes qu'il a J^lbies (lar Tact Ion des autres élémens et par le mélai^e de difTércniés matières. Là dé- •fem|Misition la plus simple du fer nrimbhdial est sa conversion en rouille : les faces 4i!ti roches ferrugineuses exposées à t'action 4e Tacide aérien se sont couvertes de rouille; 4A cuite rouille de 1er , en perdant sa propriété magnétique, n néanmoins conservé autres quaiiiés, et peut méiné se con-

icrtir en métal plus aisément aue la roche éoBjt «Ue tire sou origine. Ce fer réduit en Couiile, et transporté dans cet état par tes

eaux sur toute la surfiiee du gjlobei t*ett plus ou moins mêlé avec la terre végétale ; if s'y est uni et atténué au point d'entrer avec la sève dans la composition de la substance des végétaux , et , par une suite nécessaire , dans celle des animaux : les uns et les autres rendent ensuite oe fer k la terre par la destruction de leur corns. Lorsque cette destruction s'opère par la pourriture, les particules de fer provenant des êtres organisés n'en sont pas plos magnétiques, et ne forment toujours qu'une espèce de rouille |)lus fine et iilus ténue que la rouille gros^ sière dont elles ont tiré leur origine : ma»

ti te destruction des corps se fait par le moyen du feu, alors toutes les molécules ferrugineuses qu'ils oontenoient reprennent.

par l'action de oet élément , te propriété d'être attirables a l'aimant , que Timpressioi des éiémena humides leur avoit otée; flt comme il y a eu , dans plusieurs Kéux de la terre, de grands incendies de forêts, et

Sresque partout des feux narticuliers, et es feux encore plus grands dans les terrains vulcanisés , on ne doit pas être surpris de trouvtf à la surface et dans l'intérieur des premières couches de te terre des pirticulea de fer attirables à l'aimant , d'autant me tes détrimèns de tout le fer fabriqué par la main de l'homme, toutes les poussières de fer produites par le frottement et par l'uflure, conservent cette propriété tant qu'elhts ne sont pas réduites en rouille. C'est par eette raison que dans une mine dont les particules en rouille, ou les grains, ne «ont point attirables à Faimant, il se trouve souvent des paillettes ou sablf^ns' magnétîqiies, qui , pour la plupart, sont noirs, et quelëuefois brillans comme du mica. Ces sablons, quoique ferrugineux, ne sont ni susceptibles de rouille, ni dissoinbles par fes acides , ni fusibles au feu : ce sont des particules d'un fer qui a été lirûié autant qu'il {N'Ut Tétrc , et qui a perdu , par une trop ongite ou trop violente action du feu, toutes ses qualités , à l'exception de la propriété d'être alfiip par l'aimant, qu'il a conservée ou plutôt acquise |Mir l'impression de cet élénient.

Il se trouve donc dan» le sein de la terre beaucoup de fer en rouille, cl uhe i*eHâine quauiité de fer en paillettes attirables à l'aimant. On doit rechêrdier te premier pour te fondre, et rejeter le second, qui est f>nBsqae infusible. Il y a, dans quelques ttedrofts, d'assez gramu amas de ces sablons ferrugineux que des artistes peu expérimeatés ont pris pour de l>onnes mines de fer, et qp^ils

QÇ^ Ilit porter k ^ur;t(UlrnealH sam.se douter que celle luaticré né pouvoit s*y foudre. d* sont ces niénies sabloiis ferrugineux qui sf troi^Teut toujours mêlés avec la platiue, et qui foQt même partie, de la substance de ce minéral.

Toltà donis de|à deux états àous lesquels SB, présente je,^ cii^iseminé sur la terre; qe}ui d*une rouille qui n'est point attirable à Taimaiit et qui se fond aisément à nos fourneaux , et celui de ces paillettes ou sablons magnétiques qu'on ne peut réduire que très-oiriicilement en jfonte. Mais, indépendamment de ces deux états, les mine« ae fer ée seconde formation se (ronvent eacofre sous plusieurs autres formes , dont lu plus remarquable r quoique la plu^ communal est en grains pjus ou moin» gros:

oes grains ne son^ point tittirables à Tai; naat, à moins qu'ils ne renferment quelques atomes de ces sablons dont nous venons de parler; ee qui arrive 9ssez souvent lorsque les grains iont gros. Les «lites ou géode^ iflarrtigi lieuses doivent é|r^ uiises au nomlir^ ëe eei mines de fer en grains ,, eî leur siib^ stance est quelquefois mêlée de ces paillettes attirables à Taimant. La nature emploie les mêmes procédés potir la foniiation &ê ces géodes ou gros grains que prour celle des plus petits : ces derniers sont ordinairement les plus purs; mais tous, sros et pe^ fits , 0!ït an centre uife cavité yriSe on remplie d'une matière qui n^est que peu on point métallique; et plus les gi'aius son{ gros, plus est grande proporlioiinelleiiieiit ^ quantité de cette mafière imiMtre qui M trouve dans le centre. Tous sont compo^ de ^usieurs eouehes superposées e| presque toncentriqueS; et ees couches sont d'autant plus riches en métal, qu'elles sont plus éloi'gnées du centre. Lorsqu'on veut mettre au fefimeau de grosses géodes, il faut en sef)arer cette matière- impure qtii est an c^f* tre , en les faisant concasser et laver. Mais OH doit employer de préférence les mines en petits grains, qui sont aussi plus com* inunes et pTus riches' que les mines en géo»

des ou en très-gros grains.

CoiMBe toutes nos mines de î& en grains ont été amenées et déposées par les eaux de la inef , et que , dans ee moovemenl de transport, cUa(|ue Qot n'a pu se chargiir que de matières d'un poids et d'un voluinùe i pen près égal, il en résulte un effet qui, Chioiqu^ naturel, a pâfrn singulier; c'est qoé, aans chacun dfe ces déppù , les grains sont tMs à très- peu près égaux en grosseur , et #b)M eu alêne tdrip» dit k nèM paMBtMir

spécifique. Chaque minière de (er a donc sôii grain partléuller : dans les «ms lêé grailla sont autel pietifS qtie la graine dé" moutai'de; dails d*autres Ils sont coititué jf« la graine de naTvehe , et dérts d'auifcs il»

sont gros comme des pdl^. Bt lès sÉUés m graviefà, soit éalcaîrés, ië\i Vitreux, qui ovê été litiûsportés par le« è^ui avec ^ès grain» de fer , sont aussi du Même tbltiiiié et dit itiême poids (pie tes graitfîs , I três-peti prèAj dans chaque minière. Sôuvèirf ces minés éH grains sont mèlées^dfe sablée calcaire^, (ffii; loin dé nuire à la fusion , terieftt de èa^iMt ou fondant : mais quefcpiefôts aussi elfc9 sont enduites d'une ^errci argileuse et ^rassfc^ si fort adhérente aùt ^àiifs, qii'bti a grande peiné à la séparer par lé làvagé ; M si eètft lérre èsf de l'argile pure, elle s'oppose à M fusion de la miné^ ^ui ne peut s'opérer qù^en ajoutant une as^léz grinde ^uanfi|j| de matière calcaire. Ces mines inéhitlgéâf de terres attachantes, qui demandent bèiiif coup plus de travail au, latoîr et be^ticott]^ lus de feu au fourneau, suTït celles qin onuent le moins de produit l'elaUvement i dépensé. Cependunt, en général, lés m|i nés eii grains coûtent moins à exploiter et, a fondre que la plupart dés mines eof rd^ ches, parce que celles-ci exigent de griindi travaux gotir être tirées de leur carrière, dl qu'elles ont besoin d^être grillées pendant plusieurs jours avant d'être concassées éf Jetées au iourueati de fusiun.

Nous devons ajouter à cet état du fer eft ç^ns celui du fer en stalactites ou concrétions continues, qui se sont formées son par l'agrégation des grains , soit par la dilaolulion et lé dui^ de la matière doni ili sont composes, soit par des dépôts de toîité autre matière feji'ugiueuse entraînée par là stillation des eaux. Ces concrétions ou stalactites (ernigineases sont quelquefois trèsriclies en ntéial , et souvent aussi elles sont fêlées de substances étrangères , et snrtouât de matières calcaires, qui facilitent leur fDk sion, et rendent ces minies précieuses pair le peu de dépense qu'elles ejûgent , et b h&sk produit qu'elles donnent.

, On trouve aussi des mines de fer mettes de bitume et de charbon de terre; mais 11 «st rfire qu'on puisse en faire usagé , para» quelles sout pi'esque aussi combusiibies que ee charlmn, et que souvent la matière i^ rugiueuse y est réduite en pyrite, e^ s'y trouve en trop petite quantité pour qu'oa |Niisïe l'extraire avee profit*

Enfin lé fer di&émhiér anr Iti tepc« ne trouve encore dans ua état! trèl': dif^^t

4iM>

MINl^&ÀtTX.

des troU états precédens; c«st état est celui de pjrite, minerai feirufçineux do&t le fonds n'est que du fer décomposé et inlimement lié avec la substance du feu fixe, qui a été fldsie jpar Tacide. La quantité de ces pyrites fcmiguietises est peut-être aussi grande que celle des mines de fer en grains et en rouille : ainsi, lorsque les détrimens du fer primordial u'ont été aitaqiiés que par rhumidité de l'air ou TimpreKsion de Feau , ils se sont convertis en rouille, en ocre, ou formés en stalactites et en grains; et quand ces.

mêmes détrimens ont subi une violente action du feu, soit daus les volcans, soit par d'autres incendies, ils ont été brûlés autant qu'ils pouvoieut Tétre , et se sont transformés en màcliefer, eu sablons et paillettes attirables à Taimant ; mais lorsque ces mêmes détrimens , au lieu d'être travaillés par les élémens humides ou par le feu , ont été saisis par Tacide chargé de la sulistance du feu fixe, ils ont pour ainsi dire perdu leur nature de fer, et ils ont pris la forme de pyrites, que Ton ne doit pas compter au nombre des vraies mines de fer, quoiqu'elles contiennent une grande quantité de matière ferrugineuse , parce que le fer y étant dans un état de destruction et intimement uni ou combiné avec Tacide et le feu fixe, c'està-dire avec le soufre, qui est le destructeur du fer y on ne peut ni séparer œ métal ni le rétablir par les procédés ordinaires; il se sublime et brûle au lieu de fondre, et même une assez petite quantité de pyrites jetées dans un fourneau avec la mine de fer suffit pour eu gâter la fonte. On doit donc éviter avec soin l'emploi des mines mêlées de parties pyriteuses , qui ne peuvent donner que de tort mauvaise fonte et du fer trèscassant.

Mais ces mêmes pyrites, dont on ne peut guère tirer les |)arties femigineiises |)ar te moyen du feu , reproduisent du fer en se décomposant par l'humidité; exfiosées à fair, elles commencent par s'effleurir à la surface, et bientôt elles se réduisent en poudre : leurs parties fernigineuses reprennent alors la forme débrouille , et dés lortf on doit compter ces pyrites décomposées «u nombre des autres mines de fer ou des rouilles disséminées dont se forment les mines en grains > et en concrétions. Ces concrétions se trouvent quelquefois méton-

I. Q«d<|D«i mîaénilof istea ont méni* prétenda mw Umim les minet de fer en grains et, en concréfinas^ doivent levr origine à bi décomposition des pyrite*. 'Je dois obcerrer qo^ eette opiaioo sertit

gées avec de la terre liraoneiiie , et même avec de petits cailloux ou du sable vitreux; et lorsqu'elles sont mêlées de matières calcaires, elles prennent des formes semblables à celle du spath , et on les a dénommées Fnines spathiques. Ces mines sont ordinairement très-fusibles, et souvent fort rk*hi*s en métal ; quelques-unes , comme oeOe de Confians en Lorraine, sont en assez grandes masses et en gros blocs, d'un grain serré et d'une couleur tannée. Ce minerai est rcfnpli de cristallisations de spath, de bélemnites, de cornes d'ammou , etc. : il est très-riche, et donne du fer de bonne qualité.

Il en est de même des mint» de fer cristallisées auxquelles on a donné le nom d'/i^ matîtes, |)arce qu'il s'en trouve souvent qui sont d'un rouge couleur de sang. Ces hématites cristallisées doivent être considérées comme des stalactites des mines de fer sous lesquelles elles se trouvent : elles sont quelquefois étendues en lits horizontaux d'une assez grande épaisseur, sous des couches beaucoitp plus épaisses de mine en rouille ou en ocre *; et l'on voit évidemment que

trop exclathre \ ta destmetion des mrrites martiales n'est pas la seule eaose de la production â.v% mines en concrétions ou en grains , puisque tous le^ détri* raeiis des matières ferrugineuses dmvent les produire également , et que d'atltenrs la décomposi» tion et la dissémination anÏTcrselles de la oiatiin ferrugineuse par l'eau ont précédé nccesMiiiement la formation des pyrites , qni ne sont en eiTet produites que dans les lieux où la matière ferrugineuse, l'acide , et le feu fixe des détrimens des végétaux et des animaux se sont trouvés réunis.

a Je crois qu'on doit rapporter à ces coudMS d'hématites en grandes m<isses la mine de frr qni se tire à Roue^ dans le Maine, et de laquelle M. de Bnrbure m'a envoyé la description saivanie : « Cette mine, située à cinq. quarts de lieue de Sillé-le- Guillaume, est très-riche; elle est dans une terre ocreuse qui a plus de trente pieds d'épaisseur ; il pan de la partie inférieure de cette mine plusieurs filons qui , en s'enfonça ni , vont aboutir à de groa blocs isolés de mine de fer ; ces blocs se rencontrcnl à vini(t ou vingt-six pieds de profondeur, et sont composés de particules ferrugineuses qni paroisaent être sans mélange \ ils ont aussi des ramifications qui, en se prolongeant, vont se joindre A d'autraa masses de mine de fer moins pures que ces premiers blocs , parce qu'elles renferment dans t'in» térieur de petites pierres qui y sont incorporées et intimement uuies : néanmoins les forgerons leur trouvent une sorte de mérite qni les fait préférer anx antres masses ferrugineuses plus homogènes ; car, si elles renferment moins^ de fer , elles ont l'avantage de se fondre plus aisément i cause des pierres qu'elles renferment, et qui en facilitent la loBioB. • C'est à cette même sorte de mine que Vom peni rapporter celles auxquelles on donne- le de mihea tapées , qni sont des mines de concrétioi en masses et couches , %t qui gisent souvent les minas en oers ou en rouille, et qui.

DU

ces liématites sont {ttodbiles fMn* la sriHatioa d*uoe eau chargée de molécules ferrugiueuies qu^elle a détachées en passant à travera cette graude épaisseur d*ocre ou de rouille.

Au rcsie , toutes les hématiles ne sont pas rouges ; il y en a de brunes et même de cou^ leur plus foncée : mais lorsqu'on les réduil en poudre , elles prennent toutes une cou< leur d*un rouge plus on moins vif, et Ton peut les considérer en général comme Tun des derniers produits de la décomposition du fer par llntermède de l'eau.

Les nématites, les mines apathiques et autres concrétions ferrugineuses , de quelques substances quVlles soient mêlées, ne doivent pas être confondues avec les mines du fer primordial ; elles ne sont que de seconde ou de troisième formation. Les premières roches de fer ont été pitKluitt>s par le feu primitif, et sont toutes iniimemeul mélangées de matières vitreuses. Les détrimens de ces premières roches ont formé les rouilles et les ocres que le mouvement des eaux a transportées sur toutes les parties du globe; h» particules plus ténues de ces rouilles ferrugineuses ont été pompées par les végétaux, et sont rentrées dans leur composition et dans celle des •nimaui, qui les ont ensuite rendues à la terre par la pourriture et la destruction de leur corps. Ces mêmes molécules ferrugineuses, ayant passé par le corps des êtres organisés, ont conservé nue partie des éléroens du feu dont elles étoient animées pendant qu'ils étoient vivans; et c'est deja réunion de ces moléculea de fer animéesde feu ({ue se sent formées les pyrites, qui ne contiennent en effet que du fer, du feu fixe, et de 1 acide, et qui d'ailleurs, se présentant toujoura aous une forme régulière, n'ont pu la recevoir que par Timpression des molécules organiques encore actives dans les derniers résidus des corps organisés ; et comme les végétaux produits et détruits dians les premiers Ages de la nature éluieni en nombre immense, la quantité des p\ rites ^produites par leurs résidus est de nu^me si considérable , qu'elle surpasse en quelques endroits celle des mines de fer en rouilh^ et en grains , et les pyrites se irouveut souvent enfouies k de plus grandes profondeurs que les unes et les autres.

Cest de la décomposition successive de ces pyrites et de tous les autres détrimens

fnads moremoz , êoat ordinatferoent plus riches •D mêlai ; la plu|Mirt sonl iipaihi(|un ou mélangées de mat lins calcaires. {Hf^f communiquée pta- M. dw

du fer primordial ou secondaire que se sont ensuite formées les concrétions spathiques et les mines en masses ou en grains, qui toutes sont de seconde et de troisième formation, car indépendamment des mines en rouiÛe ou en grains qui ont autrefois été transportées, lavées et déposées par les eaux de la mer; indépendamment de celles qui ont été produites par la destruction des pyrites et par celle de tout le fer dont nous faisons usage , on ne peut douter qu'il ihse forme encore tous les jours de la mine de fer en grains dans la terre végétale et des pyrites dans toutes les terres imprégnées d'aride , et que par conséquent les mines secondaires de fer ne puissent se reproduire plusieurs fois de la nîême manière qu'elles ont d'abord été produites , c'est-à-dire avec les mêmes molécules ferrugineuses provenant originairement des détrimens des roches primordiales de fer, qui se sont mêlées daus toutes les matières brutes , et dant tous les corns organisés, et qui ont successivemeut pris toutes les formes sous lesquelles nous venons de les présenter.

Ainsi ces difTérenies transformations dn fer n'empêchent pas que ce mêlai ne soit ijn dans la nature , comme tous les autresr métaux : ses miues, à la vérité, sont pintf sujettes à varier que toutes les autres mines mélaiJiaues; et comme elles sont en même lemiM les plus difliciles à traiter , et que les expériences, surtout en grand, sont longues et très-coûteuses , et que Itt procédés^ ainsi que les résultats des routines ou méthodes ordinaiivs sont très-différens les uns des autres , bieu des gens se sont persuedéi que la nature, t|ui produit partout le même or, le même argent, le même cuivre, le même plomb, le même étain, s'éloit prêtée a une exception pour le fer , et qu'elle en avoit forme de qualités très-dilTérentes, non seulement dans les divers pays, mais dans les mêmes lieux. Cependant cette idée n'est poiut du tout fondée; l'expérience m'a démontré que l'essence du fer est toujours et partout la même, en sorte que l'on peut, avec les |»lus mauvaises mines, venir à bout de foire des fers d'aussi bonne qualité qu'nvec les meilleures : il ne faut pour cela que purifier ces mines en les purgeant de la trop grande quantité de maiières étrangères qui s'y trouvent; le fer qu'on en tirera sera dès lors aussi bon qu'aucun autre. .

Biais , pour arriver à ce point de perfection, il faut un traitement diffénnit, auivaut la nature de la mine; il faut l'essayer en petit , et la bien CQnupltre avant d'çn

fyre UM^ eA f^nà. et nmis oe j>ôiivom doQoér sur cela que aes conseik g^iéraux, qui trouveront néaDmoiiis leur application ]^liculière dans un très-grand nombre de Cffs. Toute roche primoraiale de fer, on nune en roche mélangée de matière vitreuse, 4oit être grillée pendant plusieurs jours, c| ensuite concassée en tres-peiii» morceaux ayant d'être mise au fourneau; sans cette première préparation qui rend le minéral nioins dur, on ne vîendroit que très-difficilement à bout de |e briser , et il refuseroit i|^éme d'entrer en fusion au feu du fourneau, qu Q*y entreroit qu'avec beaucoup plus de temps : il faut toujours y mêler une bonne quantité de castine ou matière calcaire. Le alternent de ces mines exigu donc une plus grande dé|>ense que celui des mines en grains, par la consommation plus grande des combn$tibles employés à leur réduction ; et à lyioius quelles ne soîeut , comme celles de Suède, très-riches en métal, ou que les combustibles ne soient a très-bas prix, le produit ne suffît pas pour payer les irais du ^vaiL

Il n'en est pas de même des mines en concrétions et en masses spathiques ou mélangées de matières calraires ; il est raremetk ^^essaire de les griller > : on les casse aisé- W^m au soriir de leur minière, et elles se lundent avec* une graude facilité et sans addition, liiion d'un peu de terre limoneuse |WI d'autre matière vitrillable lorsqu'elles se trouvent trop chargées de substance calcaire. C» mines sont donc celles qui donnent le ])liu de produit relativement à la dépense.

Four qu'on puisse se former une idée du gisemeni; et de la qualité des mines primor- «ialea oii de roches de fer, nous croyous devoir rapporter ici les observations que if. Jars, de 1* Académie des Sciences, a frites dans ses vo)ages. « £n Suède, dit-il, la mine de ISordmarck ^ § trois lieues au iMird de MUpstadty est en filons perpen- 4ieulaire8, dans une mpntagoe peu élevée Jio milieu d'un très-large vallon ; les filons cuivent la direction de la. montagne, qui est éa uord au sud, et iU sont presque tous à lrps-p«u prèf parallèles : ils ont en quelques «ndroits sept ou huit toises de krgeuc. Les montagnes de ce district , et même de toute

MINÉHÀUX.

oetter pr«ffîiieo« iOKk di p«Bito« i|tfi» Itf fikms de mine de fer se troiivent aux ôivirona, dans une espèce de terre bleuâtre et bnmétre : cette pierre e|t unie aux filons de fer obnune le quartx l*est au plomb, au enivre, etc. Lorsque le granité 6*apnrochè da filon , il le dérange et Tphliière ; ainsi Ic^ filons de fer ne se trouvent point dans le granit* : ie meilleur indice eat le mica blanc et noir à grandes fiioettet ; on est presque toujours sâr de trouver aU dessoua 4u minéral riche. Ht* aumî de la pierre calcaire aux enviroaa dea granités : mais le £er ne a'y trouve qu'en rognons, et non pas en filons, ce qui prouve qu'il est de aecoode formation dans ces-piejres caicairea. Le minéral tsX attirable à l'aimant; il est trèa-dur, très^onpacte et fort peaant : il donne plus de cinquante pour cent de bonne fonte. Ces mines sout eu masses, et on lea travaille comme nous exploitons nos carrières les plus dures, avec de la poudre.

«r Les mines de Presbei^, à deux jieues à l'orient de Philipstadt, sont de même en ù,lons et dans des rochers assez semblables à ceux de Nohimarek; ces filous sont qae\(\uelois aocoilipagnéi de grenats, de schoii, fX ^\mt pierre micacée asaef semblable à fa craie de Britfnçon : ils sont sitfiés dans une |iresqa*ile environnée d*ui^ très-grand lac; ils sout parallèles et vont, comme la prestju'ile, du nord au sud.

» On dédaigne d'exploiter les filons qai tt'ont pas au moins une toise d'épaisseur:

le minéral rend en général cinquante poor eeot de fonte. Les filons sont presque perpendj(nitaires , et les différentes mines ont aepiiis douze jusqu'à quarante toises de profondeur.

w On fait griller 1* minéral avant de le jeter dans les hauts fourneaux , qui ont environ vingt-ciuq pieds de hauteur; on Je fond à Faide d'une castine calcaire.

» Les ihines de Oanemora, dans la pr»« vince d'Upland , à une lieue d'Upsal , sont les meilleures de toute la Suéde. Le minéral est communément uni À une matière fufible ', en sorte qu'il se fond seul et sans addition de matière calcaire. Ces mines de Banemora sont au bord d'un erand lac ; les filons en sotit .presque perpendiculaiies et

I- Il y a cependant» dans les Fyrén^ «t daas le Daupliiné , des minei spathiqves oà la matière esteaire est si 9Bttiiiemeiit vma «t en si irande î|lipnt}té ayec la subsUnce ferrugineuse , qu*il est nécessaire de les erlller, afin de réduire en chaux cette matière calcaire que l'on en sépare ensuite par te levage ^, mais ces sortes de miaes ne font qu'itpe légère excejption jk ce qui Tient d'être dit

X. J'obe«r?erw q«f n cette mine est de preniAre formation , la matière dont le minera) e$t inélangé» et qui lui est intimement bnie, ne doit pa» 4lrs calcaire, mais que ce pourroit être du feld-spatia ou du schori, qui non seàletaenf a4)nt<tfl(èa<liMiWes par eux-mèinps, mais qui coin mu niq vent de'ln fiim bilité aux substances dans lesqfHAlMt iteta Im» incorporés. • --'

Âord-ert an sod-Mest : quoique tons ka m- ^èn soient de graaite, les filoni de fer ÎÊéni toujours , comme ceux des mines précédentes, dans une pierre bleuâtre (. il y a actuellement dix mines en exploitation sur frois filons bien distincts : la plus profonde de ces mines e»t etploitée )tisqa*à qiuitr*vingts toises de profondeur} elle est, comme toutes les autres^ fort incommodée par les eaux : on les exploite comme des canrièna de piètres dores, ed ftiisant au jour de frés' grandes ouTCrtures. Le minéral est trè»attjrable à l'aimant ; on loi donne tmr ton les autres la préférence pour être converti en licier : on y trouve quelquefois de l'a*l^ste. On exploite ces mines tant avec la tMudre à canon qu *avec de grands feux de Dois allumés, et l'on jette ce bois depuis le dessus de la grande ouverture. Après Textraction de ces pierres de fer en quartiers

?' lus ou moins ^us, on en impose de deux feds (|e hnuréiir sur une coucne de bois de sapin (|e d»*ux ' pieds d épaisseur, et Tqn ÎQOuvre le minéral d'un pied et demi de poudre de charbon, et en^tnite on met le feu |iu bois : le minéral, attendri itar ce grillage, est bro)é sous un marteau ou iirocard, après

3'uoi on le jette au fourneau seul et sans aditfon de casttne. »

2)ans plusieurs endroibi, les mines de fer ren roche sont assez magnétiques pour qu'on jfpuîsse tes trouver à la boussole; cet indice est l'un des plus certains pour distinguer les inines de première formation par le feu , de

inéme, et Ton peut, en y mettant tous les abins nécessaires, faire du bon fer avec les tolus mauvaises mities; tout dépend du traitement de la mine et du régime du feu, tant au fourneau de fusion qu'à raffinerie.

z. M. lan ne dit pas si cette pierre btene ett vitreuse ou caicaire; sa coaleur biene provient «•rtainement du fer ^ui fait partie de sa substaiHe, •t je présaoM) que ta fusibilité peat proYetiir da feld- spath et du schôrl qui s'y trouvent mêlés , et qu'elle ne contient point de substance calcaire 11 laquelle on ponrroit attribuer sa fusibilité ; ma préioraption cet fondée sur oe que cette mine descead jvaqu'è ^uatre-Tingts toises dans «n terrain qui n'est environné que de granité, et oit M. Jars ne dit pas avoir observé des bancs de pierre calcaire t il me paroit donc que cette mine de Danemora est de première fomuitioo , eoaune odies de Fresbetg àt de H<wdmardt, et que, quoiqu'elle soit plM fnsibte , rite ne contient que de la matière vitreuse, comme toatse les aatree mines de fer primitives.

CqmiDf raa «ait minHimnt ^briquer je Jn* dans presque toutes les partieç du monde» JMMU pouvons donner 1 énumératibn des mines de fer qui se travaillent actuellement chez tous les peuples |iolicés. On connoit en France celles d'Aile vard en Dauphiné, qui ■aont en masses concrètes # et qui donnent .de irès-bon fer et d'assez bon acier par k lonte, que Ton appelle acier de rive, «,J*ai •mi» dit M. deGngnon, environ vingt âoQs de mines spathiques dans les montagni}»

i4'Allevard;.U y en « oui ont six pieds et plus de Urgeur sur une nauteur incommeii- •urable ; ifi marchent régulièrement et soqt presque tous perpen({iculaire|. On donne le nom de maitiat à ceux des filons dont le m|aerai fond aisément et donoe du fer doux, et l'on appelle rive les .filons dont le minerai est bien moius fusible et produit du fer dur. C'eat avec le mélange d'un tiers de maUlai sur deux tiers de rive qu'on fait fondre la mine de fer dont on fait ensuiie de bon acier connu aous le nom d'acier tle rive. »

Les mintsi du Berri, de la ChampagQ% ile la Bourgogne, de la Frauche-Comte, dit Sivemots, du Languedoc, et de quelques autres provinces de France, sont, imur la plufiart, en rouille et en {^ains, et tournisaisaeiit la plus grande parue des ffrs qui |e consomment dans le ro)auuie, £n générât»

en peut dire qu'il y a en France des minet de ter de presque toutes les sortes : celles qui sont eu masses solides se trouvent noa nulement en Dauphiné, mais aussi dans le Roussillon, le comté de Foix, la Bretagne et b Lorraine; et celles qui sont en grains on en rouille se présentent en grand nombie dans presque toutes les autres provinces dis ce royaume^

l'Espagne a aussi ses mines de fer, dont quelques unes sent en masses concrètes qui se sont formées de la dissolution et du détriment des masses primitives; d'autres qui fournissent beaucoup de vitriol ferrugineux, et qui peroiss«nt être produites par T'interméde qe l'eau chargée d'adde : il y en a , d'autres en ocre et en grains dans plusieurs «ndroits de la Catalogne, de l'Aragoa, etc.

En Italie, les mines de fer les plus cél^ bres sont celles de l'ile d'Elbe; pn ca a fidt récemment de longues deseriptions, ^pd néanmoins sont assez peu exactes. Ces mines sont ouvertes depuis plusieurs siècles, «t fom^nissenl du fer à toutes les proviaces méridionales de l'Italie.

. Dans la Grande-Bretagne, il se trouve beaucoup de mines de fer ; la disette debois fait que depuis long-temps on se sert de

iàA IfTfftRAirx.

chartxiA de terre fMar les Icrtidi^ : il Ihiit L'on

qiie ce charlion soit cnuré lorsqu'on veut s en servir, surtout à raffinerie; sans oetVe préparation, il rendroitle ftd* très-cassant Les principales mines de fer de TÉcosse sont près de la i>ourgade de Carron ; celles de TAnsleterre se irouMnt dans le duché de Cuninerlatid et dans quelques antres provinces.

Dans le pays de Liège , les mines de fer sont presque toutes mêlées d'argile, et dans le comté de Namur , elles sont au contraire mélangées de mati^ calcaire. La plupart des mines d^Alsaoe et de Suisse gisent aussi sur des pierres calcaires : toute la partie dn mont Jura, qui commence aux confins du territoire de S<-hafniouse , et qui s*éteiid ju»- «l^u'au comté de Neufchàtel , offre en plusieurs endroits des indices certains de mines de fiT.

Toutes les provinces d'Allemagne ont de 'même leurs mines de fer, soit en roche, en grains, en ocre, en rouille ou en concrétions : celles de Sljrie et de Carinthie, dont nous avons parlé, sont les plus fameuses; mais il y en a aussi de très-riches dans le Tyrol, la Bohème, la Saxe, le comté de 'Nassau-Siegen . le pays d'Hanovre • etc.

H. ûiîeltard fait mention des mines de ter de la Pologne, et il eu a observé quelques-unes: ellei sont pour la plupart en rouille , et se tirent presque toutes oans les marais ou dans les lieux bas ; d'autres sont>, dit-il, en petits morceaux ferrugineux, et celles qui se trouvent dans les collines sont aussi à peu près de la même nature.

Les pays du nord sont les plus abondais en mines de fer : les voyageurs assurent que la plus grande partie des terres de la Laponie sont ferrugineuses. On a trouvé des mines de fer en Islande et en Groenland.

En Moscovie , dans les Russies , et en Sibérie , les mines de fer sont très-communes et font aujourd'hui l'objet d*un commerce important; car on en transporte le (er en grande quantité dans plusieiuv provinces de l'Asie et de l'Kiirope, et même jusque dans nos ports- de France.

En Asie , le fer n'est pas aussi commun dans les parties méridionBles que dans les odntiiées septentrionales. Les voyageurs disent qu'il y a très-peu de mines de fer au Japon , et que ce métal y est presque aussi cher que le enivre: cependant a la Chine, le fer est à hien plus bas prix; ce qui prouve que les mines de ce dernier métal y sont en pli^ gmnde abondance.

On en trouve dans les contrées de l'Inde , à Siam, à Qoloo|Hk, «t 4»m l'île de Ceylan.

4k même les Uan de Fene, ^Arabie , et surtout \eh aciera fameux connos soi» le nom de damas, que ces peuples savoieut travailler avant même que nous eussions, en Eiu)^, trouvé l'art de faire de faon acier.

En Afrique, les fers de Barbarie et ceux de Madagascar sont cités par les voyageurs; il se trouve aussi des mines de fer dans plusieurt autres contrées de celte parts<s du mondis^ à Bambouc, à Congo, et jusque dbec les Hottentota. Mab tous ces peuples, k l'exception des Barbaresques, ne saveot travailler le for 'que très-groitsièrement ; et il n'y a ni forges ni fourneaux considérables dans toute l'étendue de l'Afrique : du moins les relateui-s ne font mention que des fourneaux nouvellement établis par le roi de Maroc, pour foudre des cauons de cuivre et de fonte de fer.

U y a peut-être autant de mines de fer dans le vaste continent de l'Amérique que dans les autres parties du monde; et il paroit qu'elles sont aussi plus abondantes dans les contrées du nord que dans celles du midi :

nous avons même formé , dès le siècle précédent , des établissements considérables de fourneaux et de forges dans le Cinada , où l'on fabriquoit de très-bon fer. Il se trouve de même des mines de fer en Virginie , où les Anglois ont établi depuis peu des forges; et comme ces mines sont très-abondantes et se tirent aisément, et presque à la surface de la terre , dans toutes ces provinces qui sont actuellement sous leur domination, et que d'ailleurs le bois y est très-commun, ils peuvent fabriquer le fer à peu de frais; et ils ne déhcspèrent pas, dit-on, de fournir ce fer de l'Amérique au Portugal, à ta Turquie, à l'Afrique, aux Indes orientales, et à tous les pays où s'étend leur commerce. Suivant les voyageurs, on a aussi trouvé des mines de fer dans les climats plus méridionaux de ce nouveau conlineut, comme à Saiut - Domingue, au Mexique, au Pérau, au Chili, à la Guiane, et au Brésil ; et cependant les Mexicains et les Péruviens, qui étoient les peuples les plus (loiicés de ce coutiuent, lie taisoient auenn usage du fer, quoiqu'ils eussent trouvé l'art de fondre les autres métaux; ce qui ne doit pas étonner, puisque, dans l'ancien continent . il exisioit des peuples bien plus aneienn«nent civilisés que ne pou voient l'être les Américains , et que néanmoins il n'y a pas trois mille cinq cents ans que les Grecs ont, les premiers, trouvé les moyens de fondre la mine de fer, et de fabriquer ce métal dans l'He de Crète.

ikxj vm.

La matièn d« fer ne manque donc en aucun lien du monde: mais Tari de la travailler est si difûcjle. qu'il n'est pas encore universellement répandu , parce qu'il ne peui être uvaniageuscment pratiqué que chez les nations les plus policées, et où le gouvernement concourt à favoriser l'industrie; car quoiqu'il soit physiquement très-possible de taire partout du fer de la meilleure qualité , comme je m'en suis assuré par ma propre expérience , il y a tant d'obstacles physiques et moraux qui s'opposent à cette perfection de l'art, que dans l'élai présent des choses on ne peut guère l'espérer.

Pour en donner un exemple, supposons un homme qui, dans sa propre teire, ait des mines de fer et des charbons de terre, ou des bois en plus grande quantité que les habitants de son pays ne peuvent en consommer: il lui viendra tout naturellement dans l'esprit ridée d'étahlir des forges pour consumer ces combustibles, et tirer avantage de ses miues. Cet établissement , qui exige toujours une grosse mise de fonds, et qui demande autant d'économie dans la dépense que d'intelligence dans les constructions,

Sourroil rapporter à ce propriétaire environ ix pour cent , si la manutention en étoit administrée par lui-même. La peine et les soins qu'exige la conduite d'une telle entreprise, à laquelle il faut se livrer tout entier et pour long-temps, le forceront bientôt à donnera ferme ses mines, ses bois, et ses forges; ce qu*il ne pourra faire qu'en cédant moitié du

J>roduit : l'intérêt de sa mise se réduira dès ors à cinq au lieu de dix pour cent. Mais le très-nesant impôt dont la fonte de fer est gre\ee au sortir du fourneau diminue si considérablement le Ijénéfice, que souvent le propriétaire de la forge ne tire pas trois pour cent de sa mise; à moins que des circonstances particulières et très-rares ne lui permettent de faliriquer ses fers à l)on marché et de les vendre cher '. Un autre obstacle

I. J'ai établi dans ma terre de BufTon an liaut IbameaM avec deux forges t l'une a deux feux et deux marteaux , et l'autre a un feu et un marteau : j'y ai joint une fonderie, une double batterie, deux martinets, denx brocards, etc. Toutes ces con ■tructioiis faîtes sur mon propre terrain , et à mes frais , m'ont coulé plus de trois cent mille livres ; j'ai ensuite conduit pendant douze ans toute la nianatrution de ces usinas ■■ je n'ai jamais pu tirer les intérêts de ma mise au dénier vingt ; et. après douze ans d'ex|)érieuces, j'ai donné à ferme toutes ers usines pour six mille cinq cents livres : ainsi je n'si pas deux et demi pour cent de mes fonds , tandis que l'impdt en produit k très-peu près autant et sans mise de fonds à la caisse da domaine. Je ne cite ces faits que pour mettre en garde contre des spéculations illasoires les geas qui pensent k

moral tout aussi opposé , quoique indirectement, à la bonne fabrication de nos fers, c'est le peu de préférence qu'on donne aux bonnes manufactures, et le peu d'attention pour cette branche de commerce qui pourroit devenir Tune des plus importantes du royatime, et qui languit par la liberté de l'entrée des fers étrangers. Le mauvais fer se fait à bien meilleur compte que le bon , et cette différence est au moins du cinquième de son prix : nous ne ferons donc jamais qne du fer d'une qualité médiocre, tant que le bon et le mauvais fer seront également grevés d'impôts et que les étrangers nous app(M>> teront , sans tm impôt proportionnel, la quantité de bons fers dont on ne peut se passer pour certains ouvrages.

D'ailleurs les architectes et autres gens chargés de régler les mémoires des ouvTÎers qui emploient le fer dans les bâtimenset dans la coiistniclion des vaisseaux ne font pas assez d'attention à la différente qualité des fers; ils ont un tarif général et commun sur lequel ils règlent indistinctement le prix da fer, en sorte que les ouvriers qui l'emploient pour leur compte dédaignent le bon , et ne prennent que le pitis mauvais el le moins cher : à Paris , surtout , cette inattention fait que dans les bàtimens on n*eni ploie qne de mauvais fers; ce qui en cause ou précipite la ruine. On sentira toute l'étendue de ce préjtidice, si l'on veut se rappeler ce qne j'ai protivé par des expériences * ; c'est qu'une barre de lK>n fer a non seulement plus de durée pour un long avenir; mais encore quatre ou cinq fois plus de force et de résistance actuelle qu'une pareille barre de mauvais fer.

Je poiirrois m'étendre bien davantage snr les obstacles qui , par des réglemens mal entendus, s'opposent à la |)erifection de l'art des forges en France : mais , dans l'histoire naturelle dti fer, nous devons nous borner à le considérer dans ses rapports physiques , eu exposant non seuK^ment les dilTérentes formes sotis lesquelles il tiotis est présente par la nature, mais encore toutes les différentes manières de traiter les mines et les fontes de fer pour en obtenir du bon roétl|l. Ce point de vue physique, aujourd'hui contrarié par les obstacles moraux dont nous venons de parler, est néaimioins la base réelle sur laquelle on doit se fonder pour la coq-

faire de semblables étabtissemens , et potir faire Tuir en même temps que le gouvernement , qui en tire le profit le plus nel , leur doit protection.

2. Voyez, Partie expérimentale. Mémoire tw la ténacité «lu fer, tome I , page 4o5.

4»6 mifÉ&AinL

' fiyitf dn trATwa de cet art , ou pour changer §ii modifier le^ réglemcp» qui l'oppps^at à fl(fs f ucoès en CB genre.

,. Non» n*fTOiis en France que peu de ces rodiei priiDQr(jîales de fer, «i communes dans las proYincesdu nord, et dans lesquelles l'élément dy fer est toujours m^lé et intimeloeai uni arec une n^atière vitreuse. I^ plu- |Mr| 4f\ i^fW mines sont en péliû grains ou «H rouilla , ai a'ies se irouTcint ordinairement ^ Ja profondeur de quelque^ pjeds: elles sqnt fPMTfçt dilatées siu* (in j^s&c^ grand espace ifi {arrain , où «lies ont été déposées par les llll€}0)inea alliivioos des eaux avant qu'elles fNiff nt al)andouq^ 1*^ surface de pos continens. Si ces mines ne sont mêlées que de laMea calcaires, un seul lavage oif deuf suf- Ar^Al pour laa an féparêr et les fendre pro- |irc| à ^a Btises an îonrneau : 1« portion de laMa calcaire <|ue 1 eau n'aura pas em|H)riée Servira de custine; il nVn faudra point aiou- Ifr, Pi la fusion de la mine sera facile et Ar^n^pie : on oUservera seulement que quand la mine resie trop çliargée de ce sable calfaire, at qi|*on u a pu Ten séparer assez en Il lavant ou la criblaiit , il Uu\ alors y ajouter l|i fournoaii une petite quantité de terre limQpc'iise, qui, ae rouvert issant en verre, pit (ui|Jne **n niénie ti^mp* ^^ite matière calcaire Mipaifliie, at ne laisse à la mine que la I|lia»|li4a nâcessaire à m fusiog; ce qui fait ii fa|^Hn« (qualité de la fonia.

Si 0«i mines en grains s^ trouvant au contraire mêlées d'argile foriement attachée à leurs grains, et qu'on a peine d'en séparer Mr la lavage « il faut le réitérer plusieurs fois , et donner à cette mine au fournepu Mm asaaa grande quantité de casiine : cette matière aakaire fariiitera la fusion de la ■klneen s*eiii|iarant de largile qui enveloppe il grain , et qui sie fondra i^ar ce mélajige. il ao sera de même ai la mine sa trouve asèiée de petits cailloux ; la matière calcaire accélérera leur fusion : seulement on doit hver, cribler, ei vanner ees minea, afin d'en âiparôr, autant qu'il est possible, le» petits èailloiix qui souvent y sont ea trop grande ^oaniiié.

J'ai suivi Textraclion et le traitement de en trois sortes de mines : les deux premières étoient «m Mappês, c'est-à-dire dilatées dans Moe assea graude étendue de terrain; la darnière, mêlée des petits cailloux, étoit au contraire en nids on en sacs « dans las fentes

netitâ caflloitt qoartieux, jle aa i té éét aca, et

ae sables vitreux, maïs peint'do tout de graviers ou de sables calcaires, quoique ces mines ftissent environnées de tons cétês de bancs solides de pierres calcaires dont ellrs

rem-

deux cents pieos : cet fentes , toiilours plus larges vers la superficie du terrain, ront toutes en se rétrécissant à mesure qu'on des-

perpendiculaires des bancs de pierre calcaire. Sur une vingtaine de ces mines eruac/iées dans les rochers calcaires , j'ai constaromcfit observé qu elles n'étoient mêlées que de

cehd , et sç terminent par la réunion des rochers calcaires dont les' bancs derienneot continus au dessous. Ainsi, quand ce sac de mine étoit' vidé, on pouvoit examiner du tiaut en bas et de tqus côtés les parois de la lente qui la contenoit ; elles étoient de pierre purement calcaire, sans aucun mélan^ de miiiç de fer ni de petits cailloux ; tes bancs étoient horizontaux , ^l Vot^ yoyoii évidemmcnl que la fente ne|'|)e)idicnlaire iréioit qu'une disrupiion qe ces bancs, produite

Sar la retraitre et le dessèchement de la maère molle dont ils éloicnl cf abord coinjMises; car la suite de cloaque banc se rronvoit à la même hauteur de l^autre cj^té de la {ente, et tuus éioient de même parfailenient correspondansdu haut|usc|u'en bas de la ffule. J'ai de plus ubàcrve que toutes tes' parou de ces femes étoient li:»st>^ et comnie usées par \p frottement des eaux, en sorte qu'on ne peut guère douter qu'après rétaullssemeat ^e la matière d^ç bancs calcaires par \\\% horizontaux, 1^ fentes perpeuçiicufaîre^ft ne se soient d'abord formées par la retraite de cette inatière sur elle-même en se dur^^issan t ; après quoi cesniém^ feqtes sont demeuré<^ vides, at leur intérieur, d*abord battu pttr les eaux, <i.'a reçu qfia dans des temps po^tériei^^s les I9ine# de fer qui les remplissent.

Ce| transiMNis parolsseut ïtie les derniers ouvrages de la mer sur nos cpniinen;| ; i^ljç a aonimencé par étendra lc§ argile» ^\ ]^ sables vitreux sur la roche du globe' et sur toutes les matières solides et vitritiéês par le feu primitif; le$ schistes se sont f9t*t^)Ç& par le dessèchement des aiigilos, at 1«^ grès par la réunion des sablons quartseux; ens«iite Içs poudres calcaires , produites par les débris des premiera coquillages, oiU formé les bancs de pierre, qui sont presque toujours posés au dessus des schistes et des argiles , et en même temps les détrimens des véçélaiix d<Mcendus des parles les nli|f élevées du elobe ont formé les veines de chai-bons et de bitumes; enfin les derniers mouvemens de la mer, peu de temps avant d'abandonner la surface de nos collines, ont emené

mi fnu

9tf

dutis les fènMft |i«r(>éB<li<!i]hires des btiftt' calcaires ces mines de fer en grainf. qu'elle a Idvés et sépares de la terre végétale, où ils 8*étoient formés, comme nous l'avons expliqué *,

Nôits observerons encore qite ees mines-, qili se trouvent ensachéei dans les rocben calcaires sont communément en grains plus ^ôs que celleç qui sont dilatées par couéhet sur une grande étendue* de terrain * : eHes i^pnt pi Us âucuni^ suite, aucune autre correspondance eiitrie^ttes ^ue la direction de ces mênies fentes, qùî, 'dans les niasses calcaires^ né s'il i vent ,îids la direction générale de là cQTtiné , du 1^ oins aussi régulièrement que dans les inoiitâgnes vlireiises; eh soile que qtiàud oiî a épuisé un de çeis sacs de mine, rôii |i*a spuyeiit ni|l indice pour en trouve^ un autre. La boussole ne peut servir icii c^p ce^ ipi'ies en grains tie Tont aucun efiet sur ra[gunie aipfiantée, et la direction de là

ÈQte n'est qu'un ^ui^e incertain : car, dans nié^ie pojline^ bo trouve des fentes doni la pl^Sjgrandé dimension horizontale s'étend ffs^nst à^ directions très-difTéreiites et quel-

Î* uefois opposées ; ce qui rend la recherche e pes mines tf:è$-équivpqiié et leur produit |l Pfeii è^urç, sj'coiitiiigiMit, qu'il seroit fort injpfudent çl'étaliiir \\n fourneau dans un Ijeu oî| l'on o.aiirojt que ^v. ces mines en Mfs , parce que çrs sacs étant une fois épuisa, ofi n/e seruit tiullcmetir assuré d'en trouy^r cl'^utres : les plus considérables de ceux ^OJit j^ai fait rexlr<tct ion ne cui^tenoient que jî^u^ 01^ tfois mjllp n^uids de mine, mianlité gi^j sufËt à p^ipè a 1^ coM<^ominatioii un fournefili p^jfdant W( ou dix mois. Plusieurs ^f <çes ^^ i)e cpnleooieul^que quatre pu ]g|(|q cents muids, et )on est toujours dans

!^ çfai.Qte de n'en |ias trppvcr dViiires après |ts j^vpir épuisés : \\ faut dpnc ^^assiirer s'il ^'y j^ pas a pfoxlmité, c'est-à-dire à deux 9U trois ligues de distance du lieu où l'on Jlfivd établir un fourneau , d'autres mines en fiÇfUches assez étendues pour pouvoir être j||9oralep)ent sûr qu'un^ ef (ractiuu continuée Ipendant un siècle ne les épuisera pas : sans luette prévoyaiicç, I9 matière métallique venaut à man(|uer, tout le travail cesseroil au bout d*uH temps , la forge périroil faute d'àl^tnent, et l'on seroit obligé de détruire tout #« que l'on auroit édifié.

t. Voye<, dans le présent Tolitine,l'artid«q|di

a poar titre Je ta Terrt végétale.

I i. Ce tt'est qa'en qnélqtiet endroHa q«» F«n . ,trouve de oei{ mines dÂaiées en gras grain* sur l Ma» grande étendue de terrain. M. «le 6rignon en

a reconna qûet^tns'mieS di «allas «1 FcjmmI»-

Comté.

An vB8t«, ^Mfm l^iir m vtfMMltnit g»

graius sous bm yeux dans la terre végétale « e'esl en trop petite quantité pour que aonI puissions en faire usage; car toutes ka ma»

AÎères dont nous faisnns l'extraction ont élf anenies, lavées, et dépotées par les eaux de la mer lorsqu'elle couvrait encore nos coé»

tiaens. Quelque grande que soit la oensom* BMtîon qu'on a raite et qu'on fait tout les jours de ces mines, il parott néanmoins que tes andens défiôu ne soat pas, à beaucoup près, épuisés, et que bous en avons tft Vhmce pomr un grand nombre de siècles, quand même la consommation doublerait

rr les encouragemens qu'on devrait donn^ nos fabrications de fer : ce sera plutôt là matière combustible qui manquera, si l'on ne donne pas un peu |>lus d'attention à l'épargne des bois, en favorisant l'exploitatioii des ni i nés de charbon de terre.

Presque toutes nos forges et fourneaux ae sont entretenus que par du cbarl)on de bois * ; et comme il faut dix-huit à vingt ans d'âge au bois pour être converti en bon charlion , on doit compter qu'avec àen\ cent cinquante ârpens de l)ois bien économisés l'on |>eut faire annuellement six cents ou six cent ciuôuante milliers de fer : il faut dune, pour I entretien d'un iiareil établissement qu'il y ait au moins dix-lîuit fuis deux cent cinqualité ou quatre mille cinq cents arpens à portée, c'est-à-dire à deux on trois lieuts de distance, indépendamment d'une quaiktité égale ou plus grande pour la consommatlop du pays. Dans toute autre position, Ton ne pourra faire que trois ou quatre cenU milliers de fer par la rareté des bois; fX toute forée qui ne produirait pas trois cents tnilliers de fer par au ne vaudroit pas la peine d'être établie ni maintenue : or c'est le cas d'un grand nombre de ces établissemeiîs faits dans le temps où le bois étoit lus connnun , où on ne le tiroit pas par 6 flottage des provinces éloignées de Paris ,

|4 Les charbons de cbén*» charUM , l^^tre , et antres bois dur», sont meilleurs pour le fourneau de fusion ; et ceux de tremble , bouleau , et adtres bois mous, sont préférables pour l'afRnerie t miia il faut • laisser reposer pendant qiiei<|ues mois les fbarboas dr bois dufs. I^e (diarbimi de cbrne wnployé à rafRiirrie rend te fer cassant ; mais m fourneau de fusion , c'est de tons les charbons céfoi aoi porte le plus de mine : ensuite c'est lé diarbbn éb hêtre , «eiid de aapin , et eehii de cfaiuignier, qai de tous en porK le moins , et doit être réwrvé, «▼ec les bots blancs , pour l'arOnerie. On doit tenir sèchement et à couTcrt tous les charbons ; cens d« bois blancs Surtout s'altèrent à l'àir et i la phiie dans lr^-|)eu de temns; le durbêtt ds« ieuwa Chênes, depuis dix-lwil jusqu'à trentif ai)S i'^gf • •H celui qui' bnUe avte le plus d'anbqr*

4«9 mNÉRAUX.

«à enfin la populalion étant moiim grande, h onosAïuination du bois , comme de toutes les autres denrées, étoit moindre; mais maintenant que toutes ces causes et notre plus grand luxe ont concouru à la disette du Iwis , on sera fcMrré de s'attacher a la recherdie de ces anciennes forêts enfouies dans le sein de la terre , et qui , sous une forme de matière minérale, ont retenu tous les prii^ cipes de la combustibilité des végétaux, et

Kuirent les suppléer non seulement poqr ntrelien des ftîiix et des fourneaux iieoeS' saires aux arts, mais enc(H% pour Tusage des cheminées et des poêles de mis maisons., pourvu qu'on donne à ce charbon minéral les pré|jaratious convenables.

Les mines en rouille ou en ocre , celles en grains , et les mines s|)athiques ou en eoncréliuns, sont les seules qu'on pul^ise en* core traiter avantageusement dans la plupart de nos provinces de France, où le l>ois n'est -pas fort abondant; car quand même on y découvriroit des mines de fer primitif, c'està-dire de ces roches primordiales, telles que celles des contrées du nord, dans lesquelles la substance ferrugineuse est intimement mêlée avec la matière vitreuse , celte découverte nous seroit peu mile, attendu

3 lie le traitement de ces mines exige près u double de consommation de matière combustible, puisqu'on est obligé de les faire griller au feu pendant quinze jours ou trois semaines , avant de pouvoir les concasser et les jeter au fourneau ; d'ailleurs ces mines en roche , qui sont en masses très-dtu*e^ , et qu'il faut souvent tirer d une grande profondeur, ne peuvent élre exploitées qu'avec de la pondre et de grands feux, qui les ramollissent ou les font éclater : nous aurions donc un grand avantage sur nos coucuirens étrangers , si nous avions autant de matières

possible, les moyens d*y ptrvenir, et psr lesquels j y snis parvenu moi-même, quoi-

3 ne je n'f4]sse sous ma main que des mines 'une très-médiocre qualité.

Il faut s'attacher, dans l'extraction des mines en grains, aux endroit où elles sont les plus pures; si elles ne sont mêlées que d'un quart ou d'un tiers de matière étrangère, on doit encore les reearder comme bonnes : mais si ce mélange hétérogène est de deux tiers ou de trois quarts , U ne sera guère possible de les traiter avantageuse* meut, et Ton fera mieux de les négliger et de chercher ailleurs ;Tar il arrive toujoun

2[ue, dans la même minière, dilatée sur une tendue de quelques lieues de terrain , il se trouve des endroits où la mine est beaucoup

Elus pure que dans d'autres, et, de plus, i portion inférieure de la minière est commuuément la meilleure : au contraire, daas les minières qui sont en sacs perpendiculaires, la partie su|)érieure est touji)urs la plus pure , et on trouve la mine plus mélangée à mesure que Ton descend. Il faut donc choisir, et dans les unes et dans les autres, ce qu'elles auront de mieux, et abandonner le reste si l'on peut s'en passer.

Celte mine, extraite avec choix, sera conduite au lavoir pour en séparer toutai les matières terreuses que l'eau peut délayer, et qui entraînera aussi la pins grande partie des sables plus menus ou plus légers que les grains de la mine; seulement il faut être attentif à ne pas continuer le lavage dès qu'on s'aperçoit qu'il passe lieaucoup de mine avec le sable > , ou bien il faut recevoir ce sable mêlé de mine dans un dépôt, d'où l'on puisse ensuite le tirer pour le cribler ou le vanner , afin de rendre la mine assez nette pour pouvoir la mêler avec l'autre. On doit de même cribler toute mine lavée qui reste

comliustibles ; car avec la même quantité * encore chargée d'une trop grande quantité

nous ferions le double de ce qu'ils peuvent ^ ' ' ^ — '* •"—— »- -i-^— i

faire , puisque l'opération du grillage consomme presque autant de combustible que celte de la fusion; et, comme je l'ai souvent dit , il ne tient qu'à nous d'avoir d'aussi bon fer ciue celui de Suède , dès qu'on ne sera pas forcé, comme on l'est aujourd'hui, de trop épargner le bois, ou que nous pourrons y suppléer par l'usage du charbon de terre épuré.

1a bonne qualité du fer provient principalement du traitement de la mine avant et après sa mise au fourneau. Si l'on obtient une très-bonne fonte, on sera déjà bien avancé pour faire d'excellent fer. Je vais indiquer , le plus sommairement qu'il me sera

de sable ou de petits cailloux. En général, plus on épurera la mine par les lotions on par le cible, et moins on consommera de combustible pour la fondre, et l'on sera plus que dédonmiagé de la dépense qu'on aura

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