DU FER
tre matière y car nous ne connoissons dans la nature aucun métal, aucune autre substance pure qui ait cette qualité magnétique, et qui puisse même racquérir par notre art :
rien au contraire ne peut la faire perdre au fer, tant qu'il existe oans son état de métal ; et non seulement il est toujours attirable par l'aimant , mais il peut lui-même devenir aimant ; et lorsqu'il est une fois aimanté , il attire l'autre fer avec autant de force que Taimant même '.
De tous les métaux, après l'or, le fer est celui dont la ténacité est la plus grande; selon Muschenbroeck 1 un fil de fer d'ud dixième de pouce de diamètre peut soutenir un poids de quatre cent cinquante livres sans se rompre : mais j'ai reconnu par ma propre expérience qu'il y a une énorme ditférence entre la ténacité du bon et du mauvais fer *; et quoiqu'on choisisse le meilleur pour l6 passer à la filière, on trouvera encore des di^érences dans la ténacité des difTérens fils de fer de même grosseur; et l'on observera généralement que plus le fit de fer sera fin; plus la ténacité sera erande à proportion.
Nous avons vu qu il faut un feu très-violent pour fondre le fer forgé, et qu'en même temps qu'il se fond il se brûle , et se calcine en partie , et d'autant plus que la chaleur est plus forte ; en le fondant au foyer d'un miroir ardent, on le voit bouillonner, brûler, jeter une flamme assez sensible , et se changer en mâchefer ; cette scorie conserve la qualité magnétique du fer après avoir perda toutes les propriétés de ce métal.
Tous les acides minéraux et végétaux agissent plus ou moins sur le fer et l'acier : l'air, qui, dans son état ordinaire, est toujours chargé d'humidité, les réduit en rouille; l'air sec ne les attendrit pas de même et ne fait qu'en ternir la surface : l'eau la ternit davantage et la noircit à la longue ; elle en divise et sépare les parties consiituantes ; et l'on peut avec de l'eau pure réduire ce métal eu poudre très-fine ^, laquelle néanmoins est encore du fer dans son état de métal , car elle est attirable à l'aimant et se dissout comme le fer dans tous les acides. Ainsi ni l'eau ni l'air seuls n'ôtent au fer sa qualité magnétique; il fkut le concours de ces deux