‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 157 sur 161 · DE L'OR · texte numérisé non relu

DE L'OR

{lins riehetqii&MllRi da Mexique et du Pérou. Les mines les plus prochaines de Kio- Janeiro, où Ton apporle ce métal, sont à une asses grande distance de cette ville.

M. Gook dit qu'on ne sait pas au juste où elles sont sittiees, et tfim les étrangeis ue peuvent tes visiter, parce qu'il y a une garde continuelle sur les chemins qui conduisent à ces mines : on sait seulenent qu'on en tire ^ancoiip d'or, et que les travaux en sont difficiles et périlleux; car on iichète annuellement, pour le compte du roi, quarante mille Nègres qui ne sont employés qu'à les exploiter.

Selon l'amiral Anson, ce n'est qu'au commencement de ce siècle qu'on a trouvé de l'or au Brésil. On remarqua que les naturels du j)ays se servoient d'hameoons d'or pour la pèche, et ou apprit d'eux qu'ils recueilloient cet or dans les sables et graviers que les pluie et les torrens détachoient des montagnes. <t II y a^ dit ce voyageur, de Vov disséminé dans les terres basses, mais qui paie à |>eine les frais de la recherche, et les montagnes offrent des veines d'or engagées daus les rochers; mais le moyen le plus facile de se procurer de Tor, c'est de le prendre dans le limon des torrens qui en charrient. Les esclaves employés à cet ouvrage doivent fournir à leurs maîtres un huitièuie d'once par jour ; le surplus est pour eux , et cf! surplus les a souvent mis en état d'acheter leur liberté. Le roi a droit de quint sur tout l'or que l'on extrait des miues, ce qui va à trois cent mille livres sterling par an; et par conséquent la totalité de l'or extrait des mines chaque année est d'un million cinq cent mille livres sterling, sans compter l'or que l'on exporte en contrebande, et qui monte peut-être au tiers de celte somme. »

Nous n'avons aucun antre indice sur ces miues d'or si bien gardées par les ordres du roi de Portugal; quelques voyageurs nous disent seulement qu'au noM du fleuve Jitjambi il y a des montagnes qui s'étendlmt de trente à quarante lieues de Test à Touest sur dix à quinze lieues de largeur; qu'elles renferment plusieurs mines d'or ; qu'on y trouve aussi ce métal en grains et en poudre, et que son aloi est communément de vingt-deux karats : ils ajoutent qu'on y rencontre quelquefois des grains ou pépites qui pèsent deux ou trois onces.

Il résulte, de ces indications, qu'en Amérique comme eu Afrique , et partout ailleurs où la terre n'a pas encore été épuisée par les recherches de l'homme, l'or le jilus pur se trouve pour ainsi dire à la surface du terrain,

en poudre, en paillettes, ou en grains, et quelquefois en pépites, qui ne sont que des grains plus gros et souvent aussi purs que des lingots fondus; ces pépites et ces grains, ainsi que les paillettes et les poudres, ne sont que les débris plus ou moins brisés et atténués par le frottement de plus gros morceaux d'or arrachés par les torrens et détachés de veines métalliques de première formation : ils sont descendus en roulant du haut des montagnes dans les vallées. Le quartz et les autres gangues de Tor, entraînés en même temps par le mouvement des eaux, se sont brisés, et ont, par leur frottement, divisé, comminuéces morceaux de métal, qui dès lors se sont trouvés isolés, et se sont arrondis en grains ou atténués en paillettes par la continuité du frottement dans l'eau ; et enfin ces mêmes paillettes, en core pins divisées, ont formé les poudres plus ou moins fines de ce raétaL On voit aussi des agrégats assez grossiers de parcelles d'or qui paroissent s'être réunies par la slillaiion et l'inteimède de l'eau « et qui sont plus ou moins mélangées de sables ou de matières terreuses rassemblées et déposées dans quelque cavité , où ces parcelles métalliques n'ont que peu d'adhésion avec la terre et le sable dont elles sont mélangées; mais toutes ces petites masses d'or , ainsi que les grains , les pailleltes et les poudres de ce métal, tirent également leur origine des mines primordiales , et leur pureté dépend en partie de la grande division que ces grains métalliques ont subie en s'exfoliant et so comminuant par les frotiemens qu'ils n'ont cessé d'essuyer depuis leur séparation de la mine jusqu'aux lieux où ils ont été entraînés : car cet or arraché de ses mines et roulé dans le sable des torrens a été choqué et divisé par tous les corps durs qui se sont rencontrés sur sa route; et plus ces particules d'or auront été atténuées, plus elles auront acquis de pureté en se séprant de tout alliage par cette division mécanique, q li, dans l'or, va pour ainsi dire à l'infini : il est d'autant plus pur qu'il est plus divisé; et cette différence se remarque en comparant ce mêlai en paillettes ou en poudre avec l'or des mines ; car il n'est qu'à vingt-deux karats dans les meilleures mines en montagnes, souvent à dix*neuf ou vingt, et quelquefois à seize et même à quatorze , tandis que communément l'or en pailleltes est à vingt-trois karats, et rarement au-dessoiis de vingt. Comme ce métal est toujours plus ou moins allié d'argent dans ses mines primordiales , et quelquefois d'argent mêle d'autres matières mé-^

^jo minéeàux.

talliqiies, \é *rH^VÊà%àinikiÊk qvHl ifnnv% pir les ft^Uemens, lorsqu'il eit détaché é* M cime , le sépare de tes alliages oaturels , et le Mnd d'autant plus pur qu^l est léduit en atomes plus petits; eu sorte qu^ai^ lieu du bas aloi que l'or avait dans sa miue il prend un plus haut titre à metare qu'il s'en éloigne, et eeh par la séparation, et, pour ainsi dire , par le départ mécanique de tonte matière éti-angère.

Il y a donc double awitage à ne recueillir For qu'eau pied des montagnes et dan» les eaux courantes qui ont entraîné les parties détachées des rames primitives : ces parties détachées peuvent fernwr par leur aocnmulation des mines secondaires en quelques en-

droits. L'emvMiioai ém nMt, q«ît djnn» nea sortes de mines, nfi sera mêlé qu« di anble ou de teiTe , acM bien plua facile qiio dans les mines primordiales, oè l'or 9» trouve toujours estfagé dans le fuarU «A le me le plus dur. O autre eèté, l'or de ces «wnea de seconde formation sera toiymm pUia piur que lepiemier; et vu laquaaiiiéd«fle métnl dont nous sommes nctu el l e m ea l snvobwrgéft» on dseroil au moins se beener k un rtmmarr que cet e» déjà purilté par 1^ nntnre»«l ré< duit en poudM, en pHlfeltea, n» epi gpraÎDs, et seidement dnna laaiiew m Ift produit dt ce travail seroit évidemment au desaua de sa oepense»

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