DE L'ARGENT
Nous avons dit oue , dans la nature primitive , l'argent et Vor n'ont fait généralement qu'une niasse commune , toujours composée de Tun et l'autre de ces métaux , qui j^énie 9e sont jamais complètemenl sépares , Qi^is sçulemeut atténués ^divisés par lesa^ens eji^térieurs, et réduits en atomes si petits,
3ye For s'est trouvé d'un côté , et a laissé e l'autre la plus grande partie de l'argent ; mais,, mç^lgré cette sép.'iratiou d'autant plus naturelle qu'elle est plus mécanique, nulle part on n'a trouvé de l'or exempt d'argent, ^ (T^raent (|in. ne contînt un peu d'or. Pour Ia nature, ces deux métaux sont du même ordre» et elle les a doués de plusieurs atlri- Buts comn,)uns ; car, quoique leur densité soit |rès-4>fférç.nte S lews autres propriétés es-
s« « Vb piad Mfai d'MpMt pèa» 7»« Utms ; iui 1^ çvkfi àfiift 1,348 livret. Le premier ne perd djtps \'ts9n. ^u'ua onzième de son poids , et l'autre entre un dix-neurièine et un Titigtîpme. » {^Dietionruùre es Chimie, artidet d» l'or et d* VmrgtmtJ) J*obceitfeiai <|ae cm proportions ne MMrt ma fudiaa i. eut en supposant <|ue L'or perde un dix* neuvième et de^li de son noicLs » et que fargent ne perde qu'un onzième, si le pied cube d'ur pèse i348 livres , le pied cube d'argent doit peser 760 B«ves seis» tMntiènea. M. do Bomaro, dons son Mini^pnnirê d-'^/ttoint matfirali^ , dit que .le pouce cube d'argent pèse six onces 5 gros ab grains , ce qui ne feroit qu'un peu plus de 718 livres le pied cube , tandis que dons sa Minéralo^*» tome II , page a 10» il dit q«e le fMod oubo d'argent pèao xi5>3 opces » oe qui £sit 7*0 livres 3 onces pour le I^i0d çj^be. Les e^imations dounées par M. firisson Sjgnt plus justes : le pied cul>e d*or à 34 karats , fondu et non battu, p^, selon loi*, i348 livres I once 4« gmina, at lo pied oH/be d'or à a4 karats, fiaadn et bnWn, pàtie l36S Uiuces 3 ouces 69 grains; le pied cubo d'argent à la deniers, fondu et non
sentielles sont te» mêmes : ils sont égatemeDr inaltéraMes , et presque indestructihies ; Yun et l'autre peuvent subir l'action de tous les élémens sans en être ahérés ; tons denx se fondent et se subliment à peu près an même degré de feu » ; i!s n'y perdent guère pins l'un que l'autre * ; ih résistent h toute sa violence sans se convertir en chaux 4 5 tous dettx ont aussi plus de ductilité que tous Ibs atiti^s métaux ; seulement l'argent, phisfoifoKe en densité et moins compacte que for, ne peut prendre autant d'extension ^; cil dte même,
bnttu , pès9 733 liwret 3 oosoi. > fro« 5« 9X le pied cube djn o^ème. argent è xa. «leiMerst e'est-à-c(ire aussi pur qu'il eyt possible, pàse, tors- ^'i1 est forgé on battu, 735 Ihrros xv ontes 7 gros 43 grains.
s. On. fit MSOM 4i 9f^m joblinwfion de Vor et de Tarifent oou sealeouint par mes exp érîencoa au miroir ardent^ mais aussi par la quantité que l'on en recneiTte dans les suies des fourneaux d'affinage des monnoies»
3. Kvnefcel ayafit tepa de l'on «t <|o Vwveaa pcn* 4ant «nielqyues semaines en fusion , assuce que Toc n'avoit rien perdu de son poids; mais il avoue que l'argent a voit perdu quelques grains. B a mal à propos oiriMié de dire sur cfoaMo qnanCMb
4. L'argent lonu au 6i|ier d'nn oùaafP 'r*iint 9m oouvse , comme l'ur, d'une pellicule vitreuse ; mais M. Macquer, qui a fait cette expérience, avoue qu'on n'est pas encore assuré si cette vitrification provient «les métaux on de la ponasMiw é» l'aire {Btmimh' WKr^df Chimie , arlicie «fen<k)
5. ce Un fil d'argent d'un dixième de poucfi de diamètre ne soutient, avant de rompre, qu*un poids de 770. livres , au Heu qu'un pareil fil' d'or soutient bon livres. . . On peut nMuiro un graki d^arg«at ea vne lame da trois aunaa, «'cat-4-dire dt* *»6 fsouoaa de longueur sur a pouces de largteur , ce qui fait un» étendue de 2G2 pouci's carrés; et dès lors avec uns once d'argent, cest-à-dire 576 grains , on potnroit
dsi;abo»t.
iwsoilavlaiMptiUed'viièTéri- tîcidièMflMpt d# plopKb.«t.d« 4;iiin« : on les 1
iaM« foaitté ptr tes knpreaioQS et Vmt et êé retfHf II «ppoM noifis de léôrtuioe À rftétiwi dfl» âmes, ci n^cwijft pas, eemitte Fer, Ift réBiiio& de ému puissances Mtiires
rM> enn«r en «tissointicm; le foie de soufîto n^t^ et }e Mnd aigre et eassant : Taiv- ^eat peut d«M ètore aiMqiié dans le sein de kl t^fHB plÉB foiteRwam et wen pius fré- ^mntieM qm for, «e e*est par cette raisofi qtitYùti trowé Aaset eommnnéawnt de ïaK>ffiftli nn^èfiàîsé , tandis «pi^il est extrêmement râfe éettfsmeF i'dr éaai eet état d'akénrtâon twt de fliMt&llsatioli.
l'argent , qnoiqifnn pe« pins fosible €|ae for, est cependant nn pen plus dur et plus 9<6ntore : te hlanc édaftant de w surfieice se ternit , et même se noirdt , dès ({n'eue est etptosée aux vapeurs ées matières inflam^ mables, telles que ceUés du soufre, du Carbon , et à la fumée des substance» ani«- MAlés ; si même il subit kmg^temps t'impre»smndé ces vapeurs Sulfureuses, il se minértftise , et devient semblable à la mine que Vùtt cônnoît sous le nom à^tirgent vUré,
lies trois propriétés communes à Tor et à l'argent , qu'on a toujours regardés commie fe^setktir méCanx par&its, sont la ducfilité, \A fixité an féu , ei PinaltérabUité I l'air et dans Teau. Par toutes les antres qualités l'argent diffère de Tor, et nent souffrir des changemens et dei altéhmoils auxquels ee
Erémier métal tt'est pbs sujet. On trouve à I vérité de l'argent qui , comme Tor , n'est point mmérafisé , mus 6'est proportiomiei> lement en^ bien- moindï« quantité; car , dans ses mines primordiale^, fargent, toujours allié d'an peu d'or, est très-souvent mé^ langé d'autres^ madère^ métalliques , et par-
co«Trir.im etpaM de So4 pieds earrés. » {fixpùim.ces de Museheabroeh, )
II y a certainement ici une faute d'impression qid tombe sur les mots deur pottees de largeur t ee fil d'ai^ént M'vrolt eti-«ffltt'<|«e » ligne», et noo pas a poooe», et par conaéquent a6 pooces carrés d éteadue, au lieu de 126 i d'après quoi Ton voit que 5^6 grains ou x once d'argent ne peuvent en effet s'étendre que sur ro4 et non pas sur 5t>4 piedrearrés', M d'est eilcot* bean«iap phia qae la deottité de oa iViHal «• paroife l'Miqttar, puisqu'une oaoe d'or ne s'étend que sur 106 pieds carrés t dès lors, en pre> nant ces deux faits pour rrais , la dnctilîté de Parglrtit est presque aussi grande' qne celle de l'or, ^hoiqee sa denaiié et' an' tteadfté soient b^oMuip ■NMQdfea»- Il 7 a anairf tente appaMnoe qn'Alphonae Barba- se trompe beaucoup en disant que l'or est cinq fois pins ductile que rargent : il assure qu'une once d'argent s'étend en un fit de »4oo aunes «le longueur ; que cette longueur pent être couverte par 6 ç^ainset demi d*or; et qu'on pent dilater l'or an poml' qu'une once de ci' métal ocMTrira plus de dix ■rpens de terre.
vegarde même eoume de^ mines d'iurgent toute» eeUes de plpmb ou de cuivre qui contieiMieat ime certaine quantité de ce métal ; et dans les min^ .secondaires produites par la stiliation et le dépôt des eaux , l'argent se trouve souvent attaqué par les sels de la terre, et se présente dans l'état. de minéralisation sons différentes formes; on peut voir par les listes des nomenclateurs en minéralogie , el parlietiUèrement par celle que donae Wallénus, combien ces formes sont variées « puisqu'il en comjpte dïix sortes princibles y et quvante-Beuf variétés dans ces dix sortes : je dois cependant observer qn'ici » oommo dont tout autre travail des BomenclateurSy il t it toujours beaucoup plus de nome que oe cboses*
Daas 1» pk^iart des mines secondaires Tarçent se préseiHe eft forme de minerai p^riteux , e'eal»iHlire mêlé et pénétré des principes de soufre; ou bien altéré par le foie de soufre , et quelquefois par rarsenic. x
L'acide nitreux dissout l'argent jplus ^issamraent qn'aucun autre ; l'acide vitriolique le préci))ite de eette dissolution, et forme avec loi de très*pelils cristaux qu'on poiuroit appeler du ^vitriol d'argent; l'acide marin, qui te dissout aussi , en fait. des cristaux pkn gros, dont la masse réunie par la fusion se nomme argent corné, parce qu'il esta demi transparent comme de la corner
La nature a produit, en quelques endroits , de l'argent sous cette forme ; on en trouve en H<mgrie , en Bohème, et en Saxe, ' où il y a des mines qui offrent à la fois rangent natif, l'argent rouge, l'argent vitré, et l'argent corné. Lorsque cette dernière mine B^est point altérée , elle est deaû-transpa- Mnteerd'un gris jaunâtre-; mais si eUea été attaquée psir des vopeurs sulftireuse^y ou par le foie de soufre , elle devient opaque et d'une couleur bnine; L'argent mmeralisé par l'adde marin se coupe presque auoi
X. « La miné'd'ai'geitt roo^e est minéralisée p«r Pueenic et lesonfire; elle est d'un ronge pins on moins rif » tantôt transparente comme un rubis , tantôt opaque et plus ou moins obscure : elle est cristallisée de plusieurs manières ; la plus ordinaire est en prismes beicaèdres, terminés par des pyramides obtuses. » {JLeHredmM* Demm te, tome II,
J'obsenrerai que c'est à cette mide qu'il faut rapporter la seconde yarfété que M. Demeste a rapportée i la raine d'argent vilMux', pnisqn'il dit lui-même qne ce n'est qu'une modification de la dkine d'argent rouge» et que cette mine ritreuse contient encore un pen d'arsenic ; qu'elle s'égrène sous le couteau , loin de s'y conper. Voyes idem , pege436'
ij^
MINÉRAUX
fiicilctDettt que la dre : dMis'«et état il «st très-fusible , une partie se Tolaiilise à mi certain degré de feu, ainsi que Targeot oomé fait artîBciellement , et Tautiv fMUtie qui ne s*est point Tobtilisée se refivifie très-promptcraent.
Le soufre dissout Pargent par la fasion , et le réduit en une masse de couleur grise ; et cetle masse ressemble beaucoup à la mine d'argent vitré , qui , comme celle de Targeot corné , est moins dure qne ce métal , et peut se couper au couteau. L*or ne subit aucun de ces changemens : on ne doit donc pas être étonné qu'on le trouve si rarement sous une forme minéralisée , et qu'au contraire dans toutes les mines de seconde formation, où les eatix et les sels de la terre ont exercé leur action , l'argent se présente dans dilfé» rens états de minéralisation ou sous des formes plus on moins altérées ; il doit même être souvent mêlé de plusieurs matières étrangères métalliques on terreuses , tandis que dans son état primordial il n'est allié qu'avec Tor , ou mêlé de cuivre et de plomb. Ces trois métaux sont ceux avec lesquels l'argent paroit avoir le plus d'affinité ; ce sont do moins ct*QX avec lesquels il se trouve plus souvent uni dans son état de minerai. Il est bien plus rare de trouver l'argent uni avec le mercure, quoiqu'il ait aussi avec ce fluide métallique une afûnité très-marquée.
Suivant M. Geliert , qui a fait un grand travail siv l'alliage des minéraux et des demi^ métaux , celui de l'or avec lai'gent n'augmente que très-peu en pesanteur spécifique :
il n'y a donc que peu ou |)oint de pénétra- ' tion entre ces deux métaux fondus ensemble:
mais dans l'alliage de l'argent avec le cuivre, qu'on peut foire de même en toute proportion , le composé de ces deux métaux devient spécifiquement plus pesant , taudis que l'alliage du cuivre avec l'or l'est sensiblement moins. Ainsi , dans l'alliage de Targent et du cuivre, le vokune diminue et la masse se resserre , au lien que le volume augmente par l'extension de la masse dans celui de l'or et du cuivre. Au reste , le mélange du cuivre rend également l'aient et l'or plus sonores et plus durs, sans diminuer de beaucoup l€*ur ductilité ; on prétend même qu'il peut la leur conserver , lorsqu'on ne le mêle qu'en pelile quantité , et qu'il défend ces métaux contre les vapeurs du charbun , qui, selon nos chimistes , en attaquent et diminuent la qualité ductile : cependant, comme nous l'avons déjà remarqué à l'article de l'or , on ne s'aperçoit guère do cetle diminution de ductilité causée par la vjipeiu du
diarbon ; car' il est d'otage, dans les moondes, lorsque les eroosels de fer, qui contiennent jusqu'à deux raitte cinq cents marcs d'argent , sont prfïs<|0e pleius de la matièn; en fusion ; il est , dis-je , d'usage d'enlever les couvercles de ces creusets pour achever de les remplir de cliarbou , et - d'entretenir la chaleur yiar de nouveau charbon dont le métal est toujoint recouvert , sans que l'on remarque aucune diminution de ductilité dans ks lames qui résuttenl de œite fonte.
L'aient allié avec le plomb ainsi qu'avec i'étain devient spécifiquement plus pesant ; mais I'étain enlève à î'ai'gent comme à l'or sa ductilité : le plomb entraine l'argent dans la fusion , et le sépare du cuivre ; il a donc plus d'affinité avec l'argent qu'avec le cuivre. M. Gelkart, et la plu()art des chimistes aprèa lui , ont dit qne le fer s'allioit aussi très-bien à l'argent. Ce fait m'ayaut jiaru douteux, j'ai prié M. de Morveau de le vérifier : il s'est assuié, p2tr l'expérience, qu'il ne se fait aucune union intime , aucun ailiage entre le fer et l'argent ; et j'ai vu moimême , en voulant faire de l'acier damassé , que ces deux métaux ne peuvent contracter aucune union.
On sait que tous ces métaux imparfaits peuvent se calciner et se convertir en une sorte de chaux, eu les tenant long-temps en fusion, et les agitant de manière que toutes leurs parties fondues se préseutcnt sucoessivemi-nt à l'air ; on sait de plus que toiu augweuteut de volume et de poids eu prenant cet état de chaux. Nous avons dit et répété * que cette augmentation de quantité proveuoit uniquement des particnh^ d'air fixées |)ar le feu , et réunies à la substance du métal qu'elles ne font que masquer, puisqu'on |)eut toujours lui rendre son premier état eti présentant à cet air fixé nite)qucs matières inflammables avec lesquclU's il ait plus d'affinité qu'avec le métal : duiu la combustion, cette matière inflammable dégage l'ajr fixé , l'enlève , et laisse par conséquent le métal sons sa première forme. Tous les métaux im))arfaits et les demi-mctaui peuvent ainsi se convertir en chaux : mais l'or et l'ai-gent se sont totijours refusés à cette espèce de conversion , parce que apj)aremment ils ont moins d'affinité que les autres avec l'air, et crue, malgi-é la fusion qui tient leurs parties divisées , ces mêmes parties ont néanmoins entre elles encore trop d'adhérence pour que l'air puisse les sépai'er et s'y
T. Voyez le discours qui s^ d*intro<|uctioii V Hiyloîre Hcs minéraux.