DE L'ARGENT
mcorporer ; «t eette résistance de Vor et de l*argent à toute action de Tair donne le moyen de purifier ces deux métaux par la seule force du feu ; car il ne faut , pour les dépouiller de toute autre matière, qu'en agiter la fonte, afin de présenter à sa surface toutes les parties des autres matières qui y sont contenues', et qui bientôt, par leur calciiiation ou leur combustion , laisseront Tor ou l'argent seuls en fusion et sous leur forme méiallique. Cette manière de purifier Tor et l'argent étoit anciennement en usage : mais on a trouvé une façon plus expéditive en employant le plomb , qui , dans la fonte de ces deux métaux, détruit, ou plutôt sépare, et réduit en scories toutes les autres matières métalliques ' dont ils peuvent être mêlés; et le plomb lui-même , se scorifiant avec les autres métaui dont il s'est saisi , il les sépare de l'or et de l'argent , les entraine , ou plutôt les emporte, et s'élève avec eux à la surface de la fonte , où ils se calcinent et se scorifient tous ensemble par le contact de l'air, à mesure qu'on remue la matière en fusion , et qu'on en découvre successivement la surface qui ne se scorifieroit ni ne se calcineroit si elle n'étoit incessamment exposée à l'action de l'air libre : il faut donc enlever ou faire écouler ces scories à mesure qu'elles se forment ; oe qui se fait aisément , parce qu*elles surnagent el surmontent toujours Tor et l'argent en fusion. Cependant on a encore trouvé une manière plus facile de se débarrasser de ces scories , en se servant de vaisseaux plats et évasés qu'on appelle eoupellesy et qui, étant faits d'une matière sècbe, poreuse et résistante au feu , absorbent dans leurs pores les scories , tant du plomb que des autres minéraux métalliques , à mesinre qu'elles se forment ; en sorte que les coupoles ne retiennent el ne conservent dans leur capacité extérieure que le métal d'or ou d'argent , qui , par la forte attraction de leurs prties constituantes , se forme et se présente toujours en une masse globuleuse appelée bouton de fin. Il faut une plus forte chaleur pour tenir ce métal fin en fusion que lorsqu'il était encore mêlé de plomb ; car le bouton de fin se consolide presque subitement au moment que l'or et l'argent qu'il contient sont entièrement purifiés : on le voit doiic tout à coup briller de l'éclat métallique ; et ce coup de lumière s'appelle conucoHon daus
I. Il n'y a que le fer qni, comme nous Tayons dit à l'article de l'or, ne se sépare pas en entier par le inoyea du plomb ; il faut , saivant M. Pœrner, y ajouter <iti bismuth poar achever de scorifier le fer.
l'art de l'affineur, dont nous abré|ceons ici les procédés , comme ne tenant pas directement à notre objet.
On a regardé comme argent natif tout celui qu'on trouve dans le sein de la terre sous sa forme de métal; mais dans ce sens il faut en distinguer de deux sortes, comme nous l'avons fait pour l'or : la première sorte d'argent natif est celle qui provient de la fusion par le feu primitif, et qui se trouve quelquefois ea grands morceaux, mais bien plus souvent en filets ou en petites masses feuilletées et ramifiées dans le quartz et autres matières vitreuses; la seconde sorte d'argent natif est en grains, en paillettes ou en poudre, c'est-à-dire en débris qui proviennent de ces mines primordiales, et qui ont été détachés par ^es ageus extérieurs, et entraînés au loin par le mouvement des eaux. Ce sont ces mêmes débris rassemblés qui, dans certains lieux, ont formé des mine» secondaires d'argent , où souvent il a changé de forme en se mineralisant.
L'argent de première formation est ordinairement incrusté dans le quartz ; souvent il est accompagné d'autres métaux et de matières étrangères en quantité si considérable, que les [M%mières fontes, même avec le secoure du plomb , ne suffisent pas pwu* le purifier.
Après les mines d'argent natif, les plus fiches sont celles d'argent corné et d'argent vitré : ces mines sont brunes , noirâtres ou grises; elle» sont flexibles, et même celle d'argent corné est extensible sous le marteau , à peu près comme le plomb : les mines d'argent rouge, au contraire, ne sont pas extensibles, mais cassantes ; ces dernières mines sont, comme les premières, fort riches en métal.
Nous allons suivre le même ordre que dans l'article de l'or, pour l'indication des lieux où se trouvent les principales mines d'où l'on tire l'argent. £n France, on connoissoit assez anciennement celles des montagnes des Vosges , ouvertes dès le dixième siècle, et d'autres dans plusieurs pcovinees, comme en Languedoc, en Gévauidan ^ en Rouergue , daus le Maine et dans l'Augoumois ; et nouvellement on en a trouvé en Dauphiné qui ont présenté d abord d'assez grandes richesses; M. de Gensanne en a reconnu quelques autres daus le Languedoc; mais le produit, de la plupart de ces mines ne paieroit pas la dépense de leur travail ; et dans un pays comme la France , où Ton peut employer les hoianes à des travaux
db8iA»|>lbitallod6 ta^i»^ pv Iob Phénkieiw , les Carthagia,oi&t ^ l<^ Hoinaîns. Les premiers, ara rap-
Sort de Dîodore de^Sicîlîf, trourèrenf taiTt- d*or et *argenr dans le» Vyrènéeèi f|«fill» «ttiMMUr aux âHéMis af l«urs> «toMMMi»;* on titait ««r tfVtiriaMrs Wi tiiicfni «nlioi^e en «rgi^ht .ce <ioi montoit à hait fl^nts ducatâ. Ënflainmés par ce récit, des particuliers ont tente d*e« recherches dans' là pottie seplteh-
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4éftl«^fit ceux éè \ê fottîlld de* nvtie» d*or et d'argent, qui ne peuTCKit f/rùàoi^ qd'ime firhesse fictif «t ttfwjour s «nttôlssMift.
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H ft i » f< I M i éc r ^M * ^ ^M ' *' - ^-«g •■( pfais Rclse à la sii))erricie qu'au fond; elle.pBaa.aratt' tmttf pied» d?é ya i n p MH^ eft elfe ekt, saairoe fes^. pi<éeM«aM», womfoèèt éncpMta^de ^Nfffr. Jk deuft limes: a» leiotnA à» la même iqlle r il f a ani^ «Éfem mia» doM la- «iae est-éki^étr de étum j^ed» lio#s de Ibr|>»,> et qiii «^ que! dMBi pieds, dlépaisafcur^ Mi reM#, ea» mkb^ qni sa ptéieataaV awaci de sk belles appea nnicâ y aon% ordimrenwttt i i 'mw ;> ams ; elha dmiDeai d'aboed d» l'argent ; mais en descendanft pku bat,* oik ûe W^vflm phi»qaa dt» plomjik.. » €a naAuradiste parte aussi diune aiiiie d>arg9nt «ana plionil*, iitiiéeatti «adret à qoeiquas; limoa djerdu- ■Mce de MtdoÉÊea^ Il ]f » mie mina d'ai^j^t dans lai nniltogne qnâ est au. aord. de^ X«gf^êoif et piusMua» autnes. dâûs-le». Pj^sênée», qpii oalifllâtoaiHilléefl par les a«wie&s •t ^itf ttanteHant soal aliaodaniiées''.. li- y
da a aussi dawkte ÀipiB i* m plasieaia tâdrMta de k Suisee. MM* StlMttcbzcs'^ Rappeler, et Gaettai'dt ca «ssl faut isitttieB; ei ce sont sans doMe «9 haulias moAtagnes des Pyréaêd» et dse Alpes qai reafciroient k» mues prinnqrdiaiead'or et it'acgeiit^ doet oatfoave ka. délivia ea pail l et t e * daw hs «aaa <fèi ea déBoaleni. Taaiê» leajKÎBeB de wétxmAm ieematiosi wttàk dana ^ UeaK iafélieaaB aa piad de cea manta§oea# ei daus les eelfaMa iarMar on^aaÎBeiiiaal par le BMaveeMBt eft la dépéft de» eaaa du vieil
liea jaàam d'aagaat .fut aéas aaal le mok ûÊÈm» en Eofèpe aoBi eeftas de FAlttsatgaa;. il y.eaa i dw ri ew i s que V^ eaploit« depàa tsàa4ea94e«fli^ eft. k'oa en d écaawri asas» fréqaeoHaeiitr de ttaatelM.
M. de Justin a^aâd miaéaalogHftè^ idkl «s mtm taaavé.aaL ea fo^r » da«| deéa aaat fort riehea , eft aalèt skaécaeat let irdaftièrtt d0 la.%nBL Saftoft lai» «sa iaîiaes soat m^ Um de aafastaaafs salasMinsea gyaadaqaaotité» eft eepandaaft ii aasmie qa'aHef ae pierdent.riea da kaa pdida lai^'elles aont gritldea paa fe falt^. et qa'il ne tl^ cdève
r» la aaaiadraJikiHiée.aa vap#ur peada^ ealeiiMftliSv lùm mmnm «ml diffidles à etoeilMai «ar U esft eeirli4a> qaa' toatajsabsianeé, oakuiafti pssiMl bi^aMapt^ de^s^a- poids l0racp>*«tta eaft^c»ileii«é9;,i' ei^ qjia taç.«0B6%qat a ft eelte. ariaa (i'iiiwiib!l<i^t fAot. park il., da Ju«fti f. dait p^^jca.^ 1^4^ F^po»liaa db aa qaKeUa eautiai^ c^ snl»sUnee calodii>ft4 Oft MFim^ flpivié];8^B§M*> aast^^ qu'il aai^tè'.nÉit taèft:|p«ad éùm^^ da> nânes. d'acfânt aainéyajifte pa^ l'alcali ; m^ ^ttâ opîaioa( dai^ être jo|erpeé;éai aar L's^U seul aa<p«iua*Qi^ api^^ ee^efifettf taiidis que le laieide.sdiïbrQ, a'^-^ifCHkii priacipes du aaa&ei4éiittiaài'aloali« pauvaat le produire; al coaftiaa Mt 4e Jast* n^ pap]a< pas du foie de4ou(T»»« B^4o-l^ai<^I| simple, si^ expél io a ooa i^e* ma pasoisscia^paai cooduanles : aftr Vaïcali BiWifipal ^ul.n'.a> auçui^ action aar l'argenC ani .ma^Q ; oi npu& ppuvoii& trèsbien ^litaipds^ ^ li^BiA^icMi ffe là miap Uain«^ de, ScU^ani^f .pa^. yiotenDè^ ^u fiitt da seufna* X«jii oalM^. Jie. jMi^oît donc pas avpif fai&.€ei44 op^^ion de la manière dont lappéteod 1VI:« dîa Jusli^r car «jpioiquii
que' Ir cAt^ méiWfdrial^ a ttftféUrS' -^W rrgvt^è éMAiMe 1^ pt«M( itftini on- iwftwnr. DitatbftMr |MkrIe de l'or et de l'argent que les mines de Humsca foarnisa^en^ aux Eomaius. Les monts q^i s'allongent rers 1« nord jpsqp'à Pampelune sont fameux , suivant JÛphonse BarBa » par la quantité d*axg«at qu'on 91 a tirée ; ils s'étendent aussi vers VBbre« dont la richesse est yantée par Jkristote et p«r Claadiea»
DE VAUGÊm:.
n'ait |ioiot re^nim de Mtifrft àtoê eelfe mine , le foie de soufre qui est » pour tâné dire, répandu pfartoot, doit y exister, comme il existe non seulement dans les ma tières terreuses, mais dans les snbstaneea calcaires, et autres matières qui aecompaguent les mines de seconde formatioB.
En Bohème , les principales raines d'Vtfgent sont celles de Saint-Joacliin x les (ilona en sont assez ininees, et la matière en est (rès-dure, mais elle est abondante en métal : les mines de Kuttemberg sont mêlées d'argent et de cuivre; elles ne sent pM si riches que celles de Sahnt-Joacfaim. On peut voir dans les ouvrages des minérriegistes allemands la description des mines de pinsieurs autres provinces, et notamment de celles de Transylvanie , de la Hesse , et de Hongrie. Celles de ScbemmCz contiennent depuis deux jusqu'à cinq gros d*ai^nt et depuis cinq jusqu'à sept aenirei d*or par marc, non compris une onee et un gros de cuivre qu'on peut en tirer aussi.
Mais il n*y a peut-être pas one mine en Rurope où Ton ait foîT d'aussi grands travaux que dans celle de Salberg en Suéde , si k»
oescriplion cpi*en donne Regnard n^est point exagérée ; il la décrit comme nue ville sow> terraîne , danÀ laquelle il y a des maisons , des écuries, et de vastes emplacemens.
fEn Pologne, dît M. Gnettard, les forêts de Leibiiz sont riches en veines de mé^ taux , indiquées par les travaux qu*en y a faits anciennement. Il y a au pied de ces montagnes une mine d'argent deeotrverfe an.
temps de Charles Xn. »
Le Danemarck , ta Norwège , et presque toutes les contrées âa nord , ont aussi des mines d'ai^ent dont quelques unes sont fort riches ; et nous avons au Cabinet de Sa Btajesté de très-beaux morceaux de- mine d'argent , que le roi de Danemarck actueltemeiM régnant a eu la bonté de nous envoyer. Il s'en trouve aussi aux iles de Féroé et en blande.
Dans les parties septentrionales de l'Asie Tes mines d'argent ne sont peat-étre pas plus rares ni moins riches que dans celles du nord de l'Europe. On a nouvellement publié à Pétersbourg un tableau des mines de Sibérie, par lequel il paroit qu'en dnqwante^huit années on a tiré d'une seule mine d'argent douze cent Seize mille livres de ce métal,qiri tenoit environ one quatre-vingtième pariied'or. Il y a aussi une autre mine dont l'exploitation n'a commencé qu'en 1748, et qui, depuis cette époque jusqu'en 1771, a donné quatre cent mille Kvrcs d'argent, dont on a tiré
dMMe milt» sept eeiil ttviM d'or* MM jGaaIin et Mollar font meotien , daas lem Voyagea, des mines d'argent qu'ils ont vues à ArguMk, à i|iietqiie distanee de to rvrière Argnm. Ils disent qu'elles sont dana nne terre oraUe et à «M petite prefandear; que la fdupart s* tronvent sitiiAesdaBades pteinaaeBvirowiéea de aMMatagnea, et «t'en nueoolK «rdinai- K iw eu t au deisaa de ndneni d'argent une eipèee de ekaux de pbaab eempoaée de plus de plomb ^pie d'ar^fant.
li y ar aussi pliMeun mimt d'tBgeat à In Gbiiie, sérient dans les provinces de Jonnan et de Sccboen : oB.en tiouve de nème à la GtodIinchiBB, et eeUca du Japon jMVoiaseat eue les pin abondâmes de loiiics. On co»iMlt aussi qMiques ninas d'argsnt dans Tin»
«ériear du eoa rtam t de l'Asie. ClMrdia dit qu'il B^ a pas lieancottp de vraies mues d'argent en ^erae, omis beaucoup de uiiBei de plenb qui eontiennent de raigent : il ajoute que eeUe de Reaau, è quatre lieues d'Ispahan , et œllefr de Kiman et do Meai^ dsran, n'ont été négligées qu'à eausede lu disette de bois, ^ui, dans teule la Fane»
rend trop dispendieini le travaii des aaines^
NjDus ne conuoisaons gMèfe le» mines d'ar* Ml de l'Afrique r les voyageurs, ^i ae aenr fort étendue sur les mines d*or de^ceâtu partie du monde, paretsseut «voir négligé de fiMre mention de ceUes d'argent^ ils nous disent seulement qu W en tremw au cup Vert » atk Congo, au Bafloboue, el juaquodîuis le pi^ des Hottentots.
Maise'est eu Amérimie oi noustrouvetens un Irèfrgrand nouibre os mines d'argent plu»
étendues, plunaboudantef^ ut treraillées plus engraod qu'en «ueuneautse partietbi monde.
La plus finnenaB de toutes est eeUe de Potosi au Pérou» « Le minera», dit JVL Bowles» en est noir, et forosé dans la méaM sorte do pieme que celle de Rreyberg en Saie. » Ce aaturaliaie ajoute que « la mine appelée ito- Jfdif 9 dans le Pérou , est de la mémo nature que calles'de Rotbgulden«era et d'Andréa»* berg dans le Harts, et de Sainle-Marîe-aux- Mnaes dans les Vosgesi »
Les mines de Potasi forent découvertes en i545, et l'on u*a peseeaséd'y travailler depuis 00 temps , queâqu'il y ait quantité d'autves mines dans eette même contrée du Pérou. Fréisier assuva qui de son temps les âmes d'aigent les pkû riehss étoieni celles d'Oriero., à quatre-vingts ligues d'Aric»; et ii dit qu'en 171:9 on^ déeouvrit une aMurès de Cuseo, qui d'abord a donné près de vingt pour cent de métal , mais qui adepuis beau* coup diminué, ainsi que cette di» Poiosi. JDu