I. Voy« les Addîtiom de Btiffon, page
BUFFOW. II.
. mens du premier âge de la nature vivante avec ses productions actuelles , on voit évidemment que la forme constitutive de chaque animal s'est conservée la même et sans altération dans ses principales parties : le type de chaque espèce n a point changé; le moule intérieur a conservé sa forme t n'a point varié. Quelque longue qu'on voulût imaginer la succession des temps, quelque nombre de générations qu on admette ou qu'on suppose, les individus de chaqw:
genre représentent aujourd'hui les formes de ceux des deux premiers siècles , surlbiidans les espèces majeures , dont l'empreinte est plus ferme et la nature plus fixe; car les espèces inférieures ont , comme nous Vavonsdit, éprouvé d'une manière sensible tous les effets des différentes causes de dégénération : seulement il est à* remarquer au sujet de ces espèces majeures, telles que l'éléphant et l'hippopotame, qu'en comparant leurs dépouilles antiques avec celles de notre temps , en voit qu'en général ces animaux étoient alors plus grands qu'ils ne le sont aujourd'hui ; la nature étoit dans sa
1)remière vigueur; la chaleur intérieure de a terre donnoit à ses productions toute la force et toute 1 étendue dont elles étoient susceptibles. Il y a eu, dans ce premier âge, des géans en tous genres; les nains et les pygmées sont arrivés depuis, c'est-à-dire après le refroidissement ; et si ( comme d'autres monumens semblent le démontrer) il y a eu des espèces perdues, c'est-à-dire des animaux qui aient autrefois existé et qui n'Ixistent plus, ce ne peuvent être que ceux dont la nature exigeoii une chaleur plus grande que la chaleur actuelle de la zone torride. (^s énormes dents molaires presque carrées et à grosses pointes mousses, ces grandes volutes pétrifiées dont quelquesunes ont plusieurs pieds de diamètre >, plusieurs autres poissons et coquillages fossiles dont on ne retrouve nulle part les analogues vivans, n'ont existé que dans les premiers temps où la terre et la mer encore chaudes dévoient nourrir des animaux auxquels ce degré de chaleur étoit nécessaire, et qui ne subsistent plus aujourd'hui parce
a ne probablement ils ont péri parlerefroi-' issement.
Yoilà donc l'ordre des temps indiqués par les faits et par les monumens; voilà six époques dans la succession des premiers âges de la nature, six espaces de durée dont les limites, quoique indéterminées, n'en