‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 33 sur 161 · LES EAUX · texte numérisé non relu

LES EAUX

" La terre éloil, les ténèbres couvroient, l'esprit de Dieu étoit, Ces expressions par rimparfait du verbe n'indiquent-elles pas que c'est pendant un long espace de temps que la terre a été informe et que les ténèbres ont couvert la face de l'abîme? Si cet état informe ^ si cette face ténébreuse de Fabîme, n'eussent existé qu'un jour, si même cet état n'eût pas duré long-temps, l'écrivain sacré ou se seroit autrement exprimé, ou n^auroît fait aucune mention de ce moment des ténèbres ; il eût passé de la création de la matière en général à la production de ses formes particulières , et n'auroit pas fait un repos appuyé, une pause marquée , entre le premier et le serond instant des ouvrages de Dieu. Je vois donc clairement que non seulement on peut, mais que m^e l'on doit, pour se conformer au sens du texte de l'Écriture-Sainte, regarder la création de la matière en général comme plus ancienne que les productions particulières et successives de ses différentes formes; et cela se confirme encore par la transition qui suit :

sont, puisqu'il est dit , immédiatement après,

Î\ue la terre étoit informe, eX que le soleil, a lune, et les étoiles, ne furent placés dans le ciel qu'au quatrième jour de la création.

On reudroit donc le texte contradictoire à lui-même, si l'on vouloit soutenir (\u*au commencement Dieu créa le ciel et la terre tels quils sont. Ce fut dans un temps subséquent qu'il les rendit en effet tels qu'ils

« Or , Dieu dit : »

Ce mot or suppose des choses faites et des choses à faire : c'est le projet d'un nouveau dessein , c'est l'indication d'un décret pour changer l'état ancien ou actud des choses en un houvel état

« Que la lumière soit faits, bt ka lumière fut faite. »

Voilà la première parole de Dieu ; elle est si sublime et si prompte , qu'eile nous indique assez que la production de la lumière

Î)ES ÉI»OQtmS DE LA NATUIŒ.

98 iSit «4 un ioitaot : eependanl la lumière né parut pas d'abord ni tout à coup conauie un éclah* universel; elle demeura pendant ûu temp ooafondu6 avec lea ténèbres « et pieu prit lui-même du temps pour la. considérer ; car^ est-il dit »

Sa

▼nr QUI LA I.UMzàRK.BTOIT BOlTirE,

KT iii aàtARA JàJL hvnaiRm d'avsq lis TiirÈ-

Page 1