PREMIÈRE ÉPOQUE
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au heu de leurs formes distinctes , qu'une masse brâlante environnée de \apeurs enflammées. Ce n'est donc qu'après trente-sept mille ans que les gens de la terre doivent dater les actes de leur monde, et compter les faits de la nature organisée.
Il faut rapporter à celte première époque ce que j'ai écrit de l'état du ciel , dans mes mémoires sur la température des planètes. Toutes, au commencement, étoient brillantes et lumineuses; chacune formoit un petit soleil ', dont la chaleur et la lumière out diminué peu à peu et se sont dissipées successivement dans le rapport des temps , qu<? j'ai ci-devant indique, d'après mes expériences sur le refroidissement des corps en général, dont la durée est toujours à trèspeu près proportionnelle à leurs diamètres el à leur densité >.
Les planètes, ainsi que leurs satellites, se sont donc refroidies les unes plus tôt et les autres plus tard , et , en perciant partie de leur chaleur, elles ont perdu toute leur lumière propre. Le soleil seul s'est maintenu dans sa splendeur, parce qu'il est le seul autour duquel circulent un assez grand nombre de corps pour en entretenir la lumière, la chaleur et le feu.
Mais sans insister plus long-temps sur ces objels, qui paroissent si loin de notre vue, rabaissons-la sur le seul globe de la terre.
Passons à la seconde époque, c'esl-à-dire au temps où la matière qui le compose, s'étant consolidée, a formé les grandes masses de matières vitrescibles.
Je dois seulement répondre à une espèce d'objection aue Ton m'a déjà faite sur la u*àslongue durée des temps. Pourquoi nous jeter, m'a-t-ou dit, dans un espace aussi vague qu'une durée de cent soixanle-huit mille ans ? car, à la vue de votre tableau , la terre est âgée de soixante-quinze mille ans, et la nature vivante doit subsister encore pendant quatre-vingt-treize mille ans :
est-il aisé, est-il même possible de se former uue idée du tout ou des parties d'une aussi longue suite de siècles? Je n'ai d'autre réponse que l'exposition des monumens et la considération des ouvrages de la nature :
j'en donnerai le détail et les dates dans les époques qui vont suivre celle-ci, et l'on verra
I. Japiter, lorsqu'il est le plus près de la terre, nous paroît sous un angle de 5<) ou 60 secondes ; il formoit donc un soleil dont le diamètre n'étoit qu« trente-une fois plus petit que celui de notre soleil.
a. Voyez le premier et le second mémoire sur les progris Je la chaleuTt et les recherches sur h tempefmture dts f/ltutitest
que bien loin d'avoir augmenté sans. nécessité la durée du temps, je l'ai peut-être beaucoup trop raccourcie.
Eh ! pourquoi l'esprit humain semble-t-il se perdre dans l'espace de la durée plutôt que dans celui de l'étendue, ou dans la considération des mesures, des poids, et des nombres? pourquoi cent mille ans sont-ils plus difficiles à concevoir et à compter que cent mille livres de monnoie? Séi*oit-ce parce que la somme du temps ne peut se palper ni se réaliser en espèces visibles? ou plutôt n'est-ce pas qu'étant accoutumés par notre trop courte existence à regarder cent ans comme une grosse somme de temps , nous avons peine à nous former une idée de mille ans , et ne pouvons plus nous représenter dix mille ans , ni même en concevoir cent mille? Le seul moyen est de diviser en plusieurs parties ces longues périodes de temps, de comparer par la vue de l'esprit la durée de chacune de ces parties avec les grands effets et surtout avec les constructions de la nature, se faire des aperçus sur le nombre des siècles qu'il a fallu poty produire tous les animaux à coquilles dont la terre est remplie, ensuite sur le nombre encore plus grand des siècles qui se sont écoulés pour le transport et le dépôt de ces coquilles et de leurs détrimens , enfin sur le nombre des autres siècles subséquens , nécessaires à la pétrification et au dessèchement de ces matières; et dès lors on sentira que cetle énorme durée de soixante-quinze mille ans, que j'ai comptés depuis la formation de la terre jusqu'à son état actuel , n'est pas encore assez étendue pour tous les grands ouvrages de la nature, dont la construction nous démontre qu'ils n'ont pu se faire que par une succession lente de mouvemens réglés et constans.
Pour rendre cet aperçu plus sensible, donnons un exemple; cherchons combien il a fallu de temps pour la construction d'une colline d'argile de mille toises de hauteur.
Les sédimens successifs des eaux ont formé toutes les couches dont la colline est com posée depuis la base jusqu'à son sommet. Or nous pouvons juger du dépôt successif et journalier des eaux par les feuillets des ardoises; ils sont si minces qu'on peut en compter une douzaine dans une ligne d'épaisseur. Supposons donc que chaque marée dépose un sédiment d'un douzième de ligne d'épaisseur, c'est-à-dire d'un sixième de ligue cliaque jour : le dépôt augmentera d'une lipie en six jours* de six lignes en treute-six jours, et par conséquent d'environ
iM DES ÉPOQim
«wf fMiins en «M m; ite ^ dMne iikis 4e iftmiùne iMe tn^ pcNir 4e «enifM aécessairte à la composition d'uae coUine 4e fUiise de «liUe loises de auteur : ce kewfs paroi ira même trop court si oo k cooi^re avec oe •qui se pane sous «os yeux sur certains ri> vaget de la Mer, où «lie dépose des liinoBs •et des argiles, oenMae sur l»i «êtes de Normandie * ; car le dépôt n^augmeiite quUiiaeie tibleoieift et de beauooup moins de cinq 'poaoes par an. £t ai oette oeiUnr d'argile
>k -CluMiue Marée montante aipporte et xipàud sur tout 4e rÎTage un limon iinfialpabie , qui ajoute une nouvelle Feuille aux anciennes , d'où résulte , par la succession Aes temps , un existe tendre A
est txmronaée-de rochers calcairesi la dtir^ du temps , que je réduis à qiiator» miUa ^os, ne doit-elle pas être augmentée de celai qui a été nécessaire pour le tran^^rt des coquillages dont la coHioe est surmontée?
et celte durée si longue B*a-t-eUe j)as«ncore «té suivie du temps nécessaire à la pétrification et au desséckeraeiit de ces sédimeos, et «ncMre d'un temps tout aussi long pour ia figuration de ia colline par angles saillans et rentrons P J'ai cru devoir entrer d avance dans ce détail, afin de démontrer qu'au lieu de reculer trop loin les limites de la durées je les ai rapprochées autant qu'il m'a été A0ssil>le ., sans oonll«4ire évidemment les îûts consignés 4aas les «nuhives de la nature^