SECONDE ÉPOQUE
Lorsque la nuxMère, s^étant eonsoUdéCy a/ormi la roche inUrîeure du gtobe, ainsi que les grandes masses vUresçîbles qm ^ont à sa surface.
ip-^fWiiM^-i^NO^
Ov vient de voir que , dans notre hjpo- Xhèse, il a dû #'écoQler deux. miUe oeuf cent ^eute-six ans avant qifc le globe terreslrt ail pu |>rendre toute sa coasistanoe , et ^ue sa niasse entière se soit consolidée jusqu'aa centre. Comparons les effets de ceUe codsd* Udation du globe de la terre en fusion à ce que nous voyons arriver à une masse de métal ou de verre Goudu, lorsqu'elle eo»- Bienoe à se refroidir : il ae forme à la surface as ces niasse^ des frous^ 4ei ondes, dea aspérités; et au dessous de la surfiioe il at Êiit d6$ vides, de§ eavitéf, des boursoH«> Auras, lesquellef peuvent nous représenter ici les priiniières loégaliiéi qui ae soa< troai* vées sur la surtao^ j^ la terre et les ca%iléB de son JQlérieur : p^^us aurons dè« lors une idée au arsa^ f^/^k^ de montagnes, d« vallées, déof^veraes, etd'anfraetuosiiés, q«n se 'Sont formées de» ce premier temps dans les coucLes eiiérieures de la terre. Notre cDuiparbiaiKi «st d*ant«Bt ^tlm exacte que les moutagnes les plus élevées « que je sup|ioie de trois «ille ou trois n^ille cinq cents loises de bauteur, ne sont, par rap{>ait au dianièii» de la ter^, que ce qu'un buitiènie de ligue est par rapport au diamètne d'iw gMe de deux pieds. Ainsi ces «luunes de mootaf^an qui noqs pfnomtsj^ si prpdigteiiaes lanl ^ ar le volume que par la hauteur, ces vallées «fe la mer qui senibleot élne dfls abiracK de profondeur, ne sont> dans la réalité, que de lé{;ères inégaUlés i^porlàouinées à la gnesseur 4u globe, «tqitf ne jW¥«*Kttt manquer de se forjMU* torsqiiriJ prenoit m eousk»tauoe^ ce ^ont des «^s naturels produiis par une cause Aoiit aussi ealurjotte «t fi)rt sîjuple , c'estià'dire ^lar Facfbbn du refraidisaeâeni sur ^ matièriis ^ fusion lanqu'elles se coxMolident à la aur&ioe,
C«»t alors que se sont formés les élémens par )e j^oidisseineat «t nnndani ses pvo* grès ; car à ceMe «époqae , et même longtepips apoès , tant <|ue ia dialear «acessi^ a dm» il #'est hk tu» sépanlioa et raéma une projection de toutes les parties volatiles, telles que Te^M* rair9<ât Jesantofisaubstanoes
qttala gpaa^eehalènr dusse att dehors, et qui ne peuvent exister nue dans une rè^n plus tempérée que ne Tetok alors la fifurfaee 4e la terre. Tm|Ii« ces matièves volalfles «'étendoicnt doue autmir d\n globe en forme d'atmeephère i une |;rande disJlance où ia chaleur était moins forte , tendis que les matièrrs fixes , fondues et «itrinées , s*élant consolidées, fipni|èr%n( la roèbe intérienre du globe et le noyau des grandes montagnes , dont les soafmets, les masses ii««érie«ii-eH, «i 1rs Inuks , «oitt en effet <«mp<isé8 de matières viiresribles. AimU le {in^mier érafolîsaement local des grandes diaines de montagnf»a anpurtieat à cette seecMe f jtoque, qtri a préoedé de plusieiirs sièrfes cdie dt fa formation des montagnes calcaires, leflqut^les n'ont existé qu'après rétaMissemetft des euix, puisqi«e letir com position stippose la praduottoH des coquillages et des autres substances que la mer f<»men(e et nourri!. Tant que la suif ace du glof>e n*a pas éié refroidie ail point de permettre k l>eau d'y séjourner sans «'exhaler en vapeurs , toutes nos mers étoient dans f atmo^fphène ; elles n'ont pu tomlmr et s'étaMir si«r la terre qu'an moment où sa surface s'est trauvée a^sez attiédie pour ne pbis rejeter l'ea%i par une trop Ibite ebulliiioo. £t ce temps de rétabliss<niieiit des eaux sur la sHrfiM^e du <;lol>e ir*a précédé que de pea de siedes le uKimenT oit Tou aiiroit pu toiichtr cette surface sans se b»TW.er ; de SMte qu'en comptant soixante-quinze mille ans depuis la Ibimation de la teire , et la moitié dç «e temps pour son n»fi*oidisscmenf au pcSnt de poiivoir la toucher, il s'est |)eutêti'« passé vùngt-finy mille des premières années 4want qine l'eaii, tmijonrs rejetée dans Tatniofsphère, ait pu .s^êtalmr à demeure sur la surlîice dn glol»e; ear, quoiqu'il y ait une assez grande differei»ce entre le degré auq^ feaa diaude cesse de nous offenser et oehn e^ elle entre en ébullition, et qntl j[ ait encoK «me distance considérable entre ce premier d^ré d'ébulliti<m et cehii où efle se disperse subitement en vapeurs , on peut néanmoins assurer que eette différence de
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temps ne ^ut pas être plus grande que je l'admets ici.
Ainsi, dans ces premières vingt-cinq mille années > le globe terrestre, d'abord lumineux et chaud comme le soleil, n'a perdu que peu à peu sa lumière et son feu : son état d'incandescence a duré pendant deux mille neuf cent trente-six ans, puisqu*il a fallu ce temps pour qu'il ait été consolidé jusqu'au centre. Ensuite les matières fixes dont il est composé sont devenues encore plus fixes en se resserrant de plus en plus par le refroidissement ; elles ont pris peu à peu leur nature et leur consistance telle que nous la reconnoissons aujourd'hui dans la rocbe du globe et dans les hautes montagnes qui ne sont en effet composées, dans leur intérieur et jusqu'à leur sommet , que de matières de la même nature. Ainsi leur origine date de cette même époque.
C'est aussi dans les premiers trejite-scnpt mille ans que se sont formés, 'par la sublimation , toutes les grandes veines et les gros filons de mines où se trouvent les métaux.
Les substances métalliques ont été séparées des autres matières vitrescibles par la chaleur longue et constante qui les a sublimées et poussées de l'intérieur de la masse du globe dans toutes les éminences de sa surface, où le resserrement des matières causé par un plus prompt refroidissement laissoit des fentes et des cavités qui ont été incrustées et quelquefois remplies par ces substances métalliques que nous y trouvons aujour-. d'hui I ; car il faut, à Téçard de l'origine des mines, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l'origine des matières vitrescibles et des matières calcaires, dont les premières ont été produites par l'action du feu, et les autres par l'intermède de l'eau. Dans les mines métalliques, les principaux filons , ou , si l'on veut , les masses primordiales ont été produites par la fusion et par la sublimation, c'est-à-dire par l'action du feu ; et les autres mines, qu'on doit regarder comme des filons secondaires et parasites , n'ont été produites que postérieurement par le moyen de l'eau. Ces filons principaux, qui semblent présenter les troncs des arbres métalliques , ayant tous été formés soit par la fusion, dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation , dans les temps subséquens, ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd'hui dans les fentes perpendiculaires des hautes montagnes; tandis que c'est au pied de ces mêmes montagnes que
», Vojrea leB ^dditims de JBuf/on, piige 109.
DE LA If ATUHE.
gisent les petits filons, que l'on prendroit d'abord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais dont l'origine est néanmoins bien différente; car ces mines secondaires n'ont pas été formées par le feu, elles ont été produites par l'action successive de l'eau, qui , dans des temps postérieurs aux premiers, a détaché de ces anciens filons des particules minérales, qu'elle a charriées e* déposées sous différentes formes, et toujours au dessous des filons primitifs >.
Ainsi la production de ces mines secondaires étant bien plus récente que celle des mines primordiales, et supposant le concours et l'intermède de l'eau , leur formation doit, comme celle des matières calcaires , se rapporter à des époques subséquentes , c'est-àdire au temps où la chaleur brûlante s'étant attiédie , la température de la surface de la terre a permis aux eaux de s'établir , et ensuite au temps où ces mêmes eaux ayant laissé nos contineiis à découvert , les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes , pour y produire des sources d'eau courante. Mais , avant ce second et ce troisième temps , il y a eu d'autres grands effets que nous devons indiquer.
Représentons-nous , s'il est possible , l'aspect qu'oflroit la terre à cette seconde époque , c'est-à-dire immédiatement après que sa surface eut pris de la consistance, et avant que la grande chaleur permît à l'eau d'y séjourner , ni même de tomber de l'atmosphère : les plaines, les montagnes, ainsi que l'intérieur du globe, étoient également et uniquement composés de matières fondues par le feu, toutes vitrifiées, toutes de la même nature. Qu'on se figure pour un instant la surface actuelle du globe , dépouillée de toutes ses mers , de toutes ses collines calcaires, ainsi que de toutes ses couches horizontales de pierre , de craie , de tuf, de terre végétale , d'argile , en un mot de ton^ tes les matières liquides ou solides qui ont été formées ou déposées par les eaux : quelle seroit cette surface après l'enlèvement de ces immenses déblais ? Il ne resteroit que le squelette de la terre , c'est-à-dire la roche vitrescible qui en constitue la masse intérieure; il resteroit les fentes perpendiculair res produites dans le temps de la consolidation, augmentées, élareies par le refroidissement ; il resteroit les métaux et les minéraux fixes, qui, séparés de la roche vitrescible par l'action du feu, ont rempli, par fusion ou par sublimation, les fentes perpendicu:.
ft. Voyea l«s JtdJitioM de Buffon , ptg6 xtot