‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 49 sur 161 · SIXIÈME · texte numérisé non relu

SIXIÈME

fHkê armait lean mhx inpcrflues dans les vallées inférieures.

Lt'i Oiiirs Je glace sont des revétemens escariiés c|ui Ittriuinenl les vallées de glace qui oui iiiK- fui me aj>latie , el qui i^ruissent de luiii comiue des mers agitées, dont les (lois uni été saisis ei glacés dans le inu* meiil de leur agi lai ion. (>fs murs ne sont point hérissés de pointes deglacejs; souvent ils forment des colonnes, des pyramides, et des touj'S énormes par leur hauteur et leur grosseur, taillées à plusieurs facen, quelquefois beitagoues , et de couleur bleue ou vert céladon.

. Il se forme aussi sur les côtés et au pied des montagnes des aiuas de ueige qui sont ensuili: arrosés |>ar l'eau des neiges fondues ^l recouvertes de nouvelles neiges. L on voit aussi des glaçons qui s'accumulent eu las, qui ne lienueiil ui aux vallons ni aux monts de glace -, leur position est ou horizoïitide au inclinée : tous ces amas détachés se nom* menl /ih uu couches de glacea

La chaleur intérieure de la terre mine plusieurs de ces montagnes de glace par dessous , et y entretieni des courans d eau qui fondent leurs surfaces inlcrteures ; alors les mas>es s'affaissent iusensihleinent par leur propre poids , et l^ur hauteur est réparée j>ar les êanx , les neiges et les glaces qui viennent succe>sivemeni les recouvrir : ces ^ftaissemens occasiuneut souvent de^i craque*mens horribles ; les crevasses qui s'ouvrent dans répaissenr des glaces forment des précipices aussi fâcheux qu'Us sont multipliés.

Ces abîmes sont d'autant plus perfides et funeste^, qu'ils sont ordinaii-eiiieut recouverts de neige f les voyageurs, les curieul, el les chasseurs qui coureat les daims, les chamois, les bouquetins, ou qui fout la recherche des mines de cristal , sont souvent engloutis dans les gouffri^s, et rejetés sur la aurface (Ntr les flots qui *'éleveiit du fond de ees abîmes.

i^s pluies douces f&ndent promptcment les neiges : luais toute» les eaux qui en proviepnfcnt ne se précipitent pas dans les abîmes inférieurs par les crevasses ; une grande ^^tie se regèle , ei « tombant sur la surface des glat^ea , ea augmente le volume.

Les vents chauds du midi , qui régnent 4>rdinairenient dans le mois de mai, sont les «gens les plus puissans qui détruisent les neiges et les glaoe^ ; alors leur fonte annoncée par le bruissement des lacs glacés , et par le fracas épouvantable du choc des pierraé et des glaees qui se précipitent confosèroent du haut dasi miantagnes » poHe de tou-

tiPOQUE. s6^

tes parts dans les vallées inférieures les eaux des torrens , qui tombent du haut des rochers de plus de laoo pieds de hauteur.

Le soleil n'a que peu de prise sur les neiges el sur les glacer pour eu opérer la fonte. L'expérience a pr«>n\é <|ue ces glacrs formées fH'ndant un Lqis de temps très long, sons des faideaux énormes, daiis uu degré de froid si multiplié et d'eau si pure ; que ces glaces, dis-je, étoient d'une matière si dense et si purgée d'air , que de petits glaçons exposés au soleil le plus ardent dans la plaine pendaut un jour entier s'y fondoieut à peine.

Quoique la masse de ces glacières fonde en partie tons les ans dans les trois mois de l'été; que les pluies, les venis, et la chaleur, plus actifs dans certaines années, détruisent les progrès qne les glaces oiU tails pendant plusieurs antres années, cepT'udant il est prouvé qne ces ^laciè'es fireui*fiit un accroUjn nu'/it constant , et iju elles ^'étendent : les annales du pa\s le prouvent : des actes autheuli(|ues le déuiouirenl, la tradition est invariable sur ce sujet, linlt-peudamment de ces autorités et de.-s ol)ser»^aiioiis journalières, celte progression do gl.i(*ieres est prouvé par des Jorèts de mélèzes Jui oui été uhsoi liées par les glaces , et dont la cime de quelijUi's-uns de ces arbres surpasse fwcore la surface des glacières ; ce sont des témoins irréprochables (pii attestent !e progrès des glacières , ainsi que le haut des clttchers d'un village qui a été eugluuù soiis les neiges, et que l'on apei<^oit lorsqu'il se faii des fouies exls-aordinaires. Cette progression des glacières ne peut avoir d'autre cause que rauguieniation de l'intensité du froid , qui s'accruit dans les montagnes glacées en raison des niasses de glaces \ et il est prouvé que, dans les glacières de Suisse, le froid est aujourd'hui plus vif, mais moins long que dans l'Islande, dont les glacières, ainsi que celles de IMorwège, ont beaucoup de rapport avec celles de la Suisse.

Le massif des montagnes glacées de la Suisse est composé conuue celui de toutes les hautes montagnes : le noyau est une roche vitreuse qdi s'étend jusqu'à leur sommet; la partie au dessons, à conimencer du point où elles ont été couvertes des eaux de la mer, est composée en revèienient de pierre <»lcaire , ainsi que tout le massif de.s montagnes d'un ordre inférieur qui sont groupées sur la base des montagnes primitives de ces glacières ; enfin ces masses calcaires out pour base des schistes produits par le dépôt du l}flH>n d<0 ^ux.

les masses yitrcases sont des rocs Tifs , des granités, des quartz; leurs fentes sont remplies de métaux , de dcmi-mctaux, de substances minérales , et de cristaux.

Les masses raicinables sont des pierres à chaux , des marl)res de toutes les espèces en couleurs et variétés, des craies, desgvpses, des spaths, et des alhàlres, etc.

Les masses schisteuses sont drs ardoises de différentes fpialiféseï couleurs, qui contiennent des plumes et des poissons, et qui sont souvent posées à des hauteurs assez eoîisiJérahles ; leur lit n*est pas toujours ]ir)rizunial ; il est souvent incliné, même si* mieux, et perpendiculaire en quelques eudroits.

L'on ne peut révoquer en doute l'ancien séjour des eaux de la mer sur les montagnes qui forment aujourd'hui ces glacières; l'immense quantité de coquilles qu'on y trouve Talteste, ainsi que les artioises et les autres j)itTrcs de ce genre. Les coquilles y sont dis- IrJhnéns par famille>, ou bien elles sont mêlées les unes avec les autres, et Ton y en trouve à de trcs-gi'andes hauteurs.

Il y a lieu de penser que ces montagnes irotit pas formé des glacières continues dans la haute antiquité, pas même depuis que Ik^s eaux de la mer les ont ahaîidonnées, (HJoi(ju*il paroisse par leur très-grand éloif,niement des mers , qui est de près de cent lieues, et par leur excessive hauteur, (pi'elles ont été les premières qui sont sorties des eaux sur le continent de l'Europe. Elles ont eu anciennement leurs volcans; il :'aroit que le dernier cpii s'est éteint éloit celui de la montagne de M)ssenl)érg, dans le canton deSchwilz; ces deux principaux sommets, qui sont très-hauts et isolés, sont terminés coniquemeni, comme toutes les bouches de volcan ; et l'on voit encore le cratère de Pun de CCS cônes (pii est crettsé à une grande profondeur.

AT. Rourrit, qui eut le courage de faire \m grand nombre de courses dans les glacières de Savoie , dit «• qu'on ne peut douter de l'arcroissement de toutes les glacières des Alpes; que la quatitilé de neige qui y est tombée pendant les hivers l'a emporté sur la quantité fondue pendant les étés; que non seulement la même cause subsiste, mais que ces amas de glace déjà formés doivent l'augmenter toujours plus, puisqu'il en résulte et plus de neige et une moindre

fonte Ainsi il n'y a pas de doute que

les glacières n'aillent en augmentant, et même dans une progression croissante. »

Cetobservatem* infatigable a fait un grand

DE LA ÎSTATURE.

nombre de courses dflns les glaeîèras ; et en parlant de celle du Glatchers ou glacières des Bossons^ il dit * qu'il paroit s'augmenter tous les jours ; que le sol ((u'il occupe présentement étoit, il y a quelques années, un chanq) cultivé , irt (pie les glaces augmentent -encore tous les jours. Il nipporie que raccroissenient des glaces pai-oit démontré non seulement dans cet endroit , mais dans plusieurs autres; (pie l'on a encore le souvenir d'une eommunicalion qu'il y a voit autrefois dte Chamounis à la Val-d'.4asl , et que les glaces l'ont absohiment fermée; que les glaces en général doivent s'être accrues en s'étendant d'abord de sommité en sommité, et ensuite de vallée en vallée, et que c'est ainsi que s'est faite la communication des glaces du Mont-Klane avec celles des antres montagnes et glacières du Yallais el de la Suisse. Il paroit, dit-il ailleurs, que tous ces pays de montagnes n'éioient pas anciennement aussi remplis de neiges et de glaces qu'ils le sont au|ourd1}iii. . . L'on ne date que depuis quelques siècles les désastres arrivés par raccroissemcnt des neiges et des glaces , par leur accunuilation dans plusieurs vallées, par la chute des montagnes elles-mêmes et des rochers : ce sont ces accidens presque contmuels, el cette augmentation annuelle des glaces , qui peuvent seuls i*endre raison de ce que l'on sait de l'histoire de ce pays touchant le peuple qui l'habitoit anciennement. >•

(Sur la page 180.)

M. Engel, qui regarde comme impossible le passage au nord-oiieH par les baies d'Hiidsoii et de Balfin, paroit an coutniire persuadé qu'on trouvera un (tassage plus court et plus silr par le noid-est ; et il ajoute aux raisons assez foibles qu'il en donne , un passage de M. Gnielin, (|iii , parlant des tentatives faites par les Russes pour trouver ce passage au nord-est, dit que f la manière « dont on a procédé à ces découvertes fera « en son temps le sujet du plus grand éton- « nement de tout le monde, lorsqu'on en « aura la relation auilientique; ce qui défi pend uniquement , ajonte-t-il , de la haute volonté de l'impératrice. » « Quel sera dune, dit M. Engel, ce sujet d'étonnement , si ce n'est d'apprendre que le passage regardé jusqu'il présent comme impossible est trc&praticabie ? Voilà le seul (ait , ajoute-t-il , qui puisse surprendre ceux (pi'on a tâché d'effrayer par des relations publiées à de$r sein de rebqter le$ navigateurs, etc. »

' Té remar({iië d'abord qu'il faudroii être -bien assuré des choses avant de &ire à la nation rasse retle imputation. En second Ueu, elle me fMiroit mal fondée, et les [tarotes de M. Omelin pourroient bien signifier tout te contraire de l'interprétation que leur donne M. Rngel , c'est-à-dire qu'on sera fort étonné lorsque l'on saura qu'il n'exisie point de pastiage praticable au nord-est; et ce qui me confirme dans cette opinion , indépendamment des raisons générales que j'en ai données , c'est que les Russes eux-mêmes n'ont nouvellement tenté des découvertes qu'en remontant de Kamtschatka , et point du totit en descendant de la pointe de l'Asie.

Les capitaines Behring et l'sehirikow ont, en 174 I , reconnu des parties de côtes de l'Amérique jusqu'au 59" degré; et ni l'un ni l'autre ne sont venus par la mer du Nord le long des côtes de l'Asie : cela prouve assez que le passage n'est pas aussi praticable que le suppose M. Engel; ou, pour mieux dire, cela prouve que les Russes savent qu'il n'est pas praticable , sans quoi ils eussent préfère d'envoyer leurs navigateurs par cette route, plutôt qtie de les faire partir de Kamtschatka pour faii*e la découverte de l'Amérique occidentale.

M. Muller, envoyé avec M. Omelin par l'impératrice en Sibérie, est d'un avis bien différent de M. Engel : après avoir comparé toutes les relations, M. Muller conclut par dire qu'il n'y a qu'une très-petite sépratioii entre l'Asie et TAmérique , et que ce déiroit offre une ou plusieurs îles qui servent de route ou de stations communes aux liabitans des deux continens. Je crois cette opinion bien fondée, et M. Muller rassemble un grand nombre de faits pour l'appuyer. Dans les demeuies souterraines des fiabitans de Tile Karaga, on voit des poutres fuites de grands arbres de sapin, que cette île ne produit point, non plus que les terres de Kamtschatka dont elle est très-voisine :

l(fs habitans disent que ce bois leur vient par on vent d'est qui l'amène sur leurs côtes. Celles de Kamtschatka reçoivent , du même côté , des glaces que la mer orientale y pousse en hiver deux à trois jours de suite : on y voit en certains temps des vols d'oiseaux, qui , après un séjour de quelques moi&, retournent à l'est , d'où ils étoient arrivés. Le continent opposé à celui de l'Asie vers le nord descend doBC jusqu'à la latitude' de Kamtschatka : ce continent doit être celui de l'Amérique occidentale. M. Mullo', après avoir donné le précis de cinq ou six voyages tentés par la mer dn Nord pour doubler

ÉPOQUE. , z«9

la pointe septentrionale de l'Asie, finit par dire que tout annonce l'impossibililé de cette navigation et il le prouve par les raisons suivantes : Cette navigation devroit se Caire dans un été; or l'intervalle depuis Arcbangel à TOby, et de ce fleuve au Jéniséik , demande une belle saison tout entière. Le passage du Waigats a cut^té des peines infinies aux Anglois et aux Hollanduis . au sortir de ce détroit glacial, ou rencontre -des lies qui ferment le chemin; ensuite le continent qui forme un rap entre les fleuves Piasidael Chatanga j s^fk\Ani^nt au delà du 76^ degré de latitude, est de même bordé d'une chaîne d'iles qui laissent difficilement un passage à la navigation. Si l'on veut s'éloigner des côtes et gagner la haute mer vers le pôle, les montagnes de glaces presque immobiles qu'on trouve au Groenland -et au Spitzberg naunonceut-elles pas une continuité de glaces jusqu'au pôle? Si Ton veut longer les côtes , cette navigation est moins aisée au elle ne l'étoit II y a cent ans ; l'eau de rOcean y a diminué insensiblement :

ou voit encore loin des bords que baigue la mer Glaciule les bois qu'elle a jetés sur des terres qui jadis lui servoient de rivage ; ces bords y sont si peu profonds, qu'on ne pourroity employer que des bateaux très-plats, qui , trop foibles pour résistei* aux glaces , w?: sauroient fournir une longue navigation, ni se, charger des provisions qu'elle exige.

Quoique les Russes aient à^i^ ressources et des moyens que n'ont pas la plupart des autres nations européennes pour fréquenter ces mers froides , on voit que les voyages tentés sur la mer Glaciale n'ont pas encore ouvert une route de l'Europe et de l'Asie à l'Amérique; et ce n'est qu'en partant de . Kamtschatka, ou d'un autre point de l'Asie la plus orientale, qu'on a décou\ert quelques côtes de l'Amérique occidentale.

Le capitaine Behring 1 artit du port d'Awatscha en Kamtschatka le 4 juin 174I' Après avofr couru au sud-est el remoutô au nord est, il aperçut, le 18 du mois suivant, le continent de l'Amérique à 58 degrés 28' de latitude; deux jours après, il mouilla près d'une île enfoncée dans une baie; de là, voyant deux caps, il appela l'un à l'orient Saint^ÉUe , et l'autre au couchant Saint-Hermogène ; ensuite il dépêcha Chitrou , l'un de si'S officiers , pour reconnoitre et visiter le golfe où il venoit d'entrer. On le trouva coupé ou narsenié d'iles : une entre autres offrit des cabanes désertes ; elles étoient de planches bien unies et même échaucrées. On conjectura que cette île pou*

iio DES ÉPOQUES

toit àToîr êlé bftfritéè par qaelqaes pi*iipleB du continent de l'Amérique. M. Steller. ef>- ▼oyé pour faire des oUiervatioiu sur ret ti*rrt*» noiivelienient découvertes « trouva une cave ou Ton avoit mis une |irovisioti de saumon fumé, et laissé des cordes, des nif ubies , et des ustensiles : |rfus loin , d vit fuir des Américains à son aspect. Rientdt on aperçut du feu sur utie colline assez éloignée : les sdnvages sans doute s'y étoient retirés ; un rocher escarpé y couvroit leur retraite.

D*après Texposé de oes faits, il est aiié de juger qtie ce ne sera jamais qu'en partant de Kamtsclialka que les Russes pourront faire le commerce de la Chine et du Japon, et qu'il leur est aussi dilBrile, poin: ne pas dire impossible, qu'aux autres nations de l'Europe de passer par les mers du nordest , dont la plus grande partie est entièrement glicée : je ne crains donc pas de répéter que le' seul pass;ige poiiSible est par le nord-ouest, an fond de la baie d'Hudson, et que c est l'endroit auquel les navigateurs doivent s'attacher pour trouver ce passage si désiré et si évidemment utile.

Comme j'arois déjà livré è l'impression foutes les feuilles précédentes de ce volume, j'ai reçu de la part de M. le comte de ScbouvaiolT, ce grand homme d'état que toute l'Europe estime et res|>ecle; j'ai reçu, dis-je, en date du 29 octobre 1777 , un excellent Mémoire composé par M. de Domascheneff, président de la sociéié inipér.ale de Péters- Dourg, et auquel Timpératrice a cotitié, à juste titre, le département de tout ce cpii a rapport aux sciences et aux arts. Cet illus* tre savant m'a en même temps envoyé une copie faite à la main de la carte du pilote Otcheredin , dans laquelle sont représentées les routes et fes découvertes qu'il a faites , en X770 et 177), entre Kamtschatka ei le continent de l'Amérique. M. de Domascheneff observe dans son Mémoire que cette carte du pilote Otcheredin est la plus exacte de toutes, et que celle qui a été donnée en 1775 par l'Académie de Pétersbourg doit être réformée en plusieurs points , et notamment sur la position des iles et le prétendu archipel qu'on y a représenté entre les îles Aleutes ou Aléoutes et celles d'Anadir, autrement appelées îles d'Atidrifen. La carte du pilote Otcheredin semble démontrer en effet que ces deux groupes des iles Aleutes et des îles Andi-ten iont séparés ^ar une mer libre de plus de cent HetleS d'étendue. M. de Domascheneff assure qtie la grande carte gènéhile de Tettipird de RuMie,

DE LA NATURE

qu'on vient de piAlier eettt «iwée 1777»

représente exarlement leScàtcs de toute Testreniilé seplentrionide de l'Asie habitée par Ira 'rarbul.sr|iis. Il dit ()ue cHIe carie a été dressée d'après les connoissaiM-e» les plus récentes anpiises par la deriiieit* expéiiilioa du major Pawluiki ooiilre ce |M>up|e. •• <«lte eôte, dit M de Doniasrlieiieff , termine la grande chaîne de moniagnés, laquelle séfiare -toute la Sibérie de l'Asie méridionale, et •unit en se partageant entre la chaîne qui parcourt Kanilschatka et celles qui remplissent loules les terres entre les fleuves qui coulent à l'est du Lena. Les iles reconnues entre les cdtes de Kamtschatka et celles de r Amérique sont monlagneuses, ainsi que les côtes de Kanitsclialka et celles du coulinent de l'Aniériciue : il y a donc une continuation bien marquée entre les chaîues de montagnes et ces deux coiiltnens, dont les interruptions, jadis peut-être «loins considérables, peuvent a^oir été élai-gies par le dép«*ris8enieut de la roche , par les courans continuels qui entrent de la mer Glaciale vers la grande mer du Sud, el par le» cata^troplies du globe. »

Mais cette chaîne sous-marine qui joint les terres de Kaiiitscbatka avec celles de l'Amérique est plus méridionale de 7 ou 8 degrés que celle des iles Auadir ou Aiidrien, qui de temps inmicmurial ont servi de passage aux Tsciiutschis pour aller en Auiériipie. M. de DomaschenetI dit qu'il est certain que cette traversée de la |K)iute de l'Asie au continent de TAmériquesefait à la rame, et que ces peuples y vont tralicpier des ferrailles russes avec U» Américains; que les - iles qui sont sur ce passage sont si frétpieu- |es , qu'on peut coucher toutes les nuits à terre, et que le continent de rAmérique ou les Tschutschis coounerceiit est montagneux at couvert de forêts peuplées de renards, de martres , et de xibeiines , dont ils rapportent det fe«rrures de qualités et de couleurs tout» dificreiites de celles de Sibérie. Ces iles septeotriuiiales situées outre les deux. coQtinens ne sont niére eoiitouès que des Tsciiutschis : elles forment une chaîne entre la pointe la phis diientale de l'Aùe et le continent de 1 Amérique, sous le 64' degré; et £ette ciuiine est séparée par une mer outeiie de la seconde diaijiu plus méridionale dont nous venons de parler, située sôus le 5Ô® degré entre lUnitschalka et l'Amérique : ce mut les iics de cette seconde chaîne que tes Russes et ies habitans de KamtscbaïkB fréquentem pour lâchasse des lovtMs mirines 0I dca reMunU aJoira , dont

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