‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 75 sur 161 · DES ROCHES VITREUSES ÇT DU PORPHYRE · texte numérisé non relu

DES ROCHES VITREUSES ÇT DU PORPHYRE

ai5

le sp^ib calcaire esl plus tendre aue la pâte du marbre clins laquelle il est mêlé , et que le feld-s[)ath et le schori sont aus.>i durs que le quartz et le jaspe, avec lesquels ils sont incorporés daus les porphyres et les granités.

Il n*y a ni quartz ni mira dans les porphyres, et il est aisé de les distinguer des granités, qui contiennent toujours du quartz, et sou%eni du niica ; il y a plus de cohérence entre les parties de la matière dans les porphyres que dans les granités , surtout dans ceux où le mélange dti mica diminue non seulement la cohésion des parties, mais aussi la densité de la niasse. Dans le porphyre, cVsi le fond , ou la pâle , qui esl profondément colore , et les grains de feld-spath et de schorl sont blancs , ou quchpiefois ils sont de la couleur du fond, et alors seulement d'une tinte plus foible : dans le granité, au contraire, c^est le feld-spalh et le schorl qui sont colorés, et le quartz, que l'on peut regarder comme sa pâte , est toujours blanc; et c'est ce qui prouve que le porphyre a la matière du jaspe pour base, ^mme le graniie «elle du quartz.

Quelques naturalistes , en convenant avec

phyre atteste de même son affinité avec le jaspe; ils né se ternissent loua deux qbe par une très-longue impression des éléméns humides ; et de toutes les matières du globe que Ton peut employer en grand volume, le quartz , le jaspe, et le porphyre, sont les plus inaltérables : le temps a effacé et détruit en partie les caractères hiéro]g!yphiques des colonnes et des pvraniides du granité égyptien , au lieu que les jasp<'à et les porphyres, dans les monumens les plus anciens, ne paroissént avoir reeu que de légères atteintes du temps, et il est à croire qu'il en seroit de inëme des ouvrages faits de quartz , si les anciens l'eussent em|>loyé ; mais comme il n'a ni couleurs brillante» ni variétés dans sa substance , et que sa grande dureié le rend irès-difDcilè à ti*avaitler et & polir, on Ta toujours rejeté; et, d'autre part, les porphyres et les jasjies ne se trouvant que rarement en grandes masses continues, on à de tout temps préféré les granités à ces premières matières pour les grands monumens.

Le quartz, qui forme la roche intérieure du globe , est en même trmpâ la base universelle des autres matière^ vitreuses; il

moi que le feld-spaih et le schorl eiitœnt soutient les masses des granités et celles des

comme parties constituantes dans les porphyres, se lefiiseiit à croire que la matière qui en fait la pâte soit rérllement du jaspe, et ils se fondent sur ce que lu cassure du porphyre n'est pas aussi nette que celle du jaspe; mais ils ne font pas attention que parmi les jaspes il y en a qui ont la cassure un peu terreuse, comme le porphyre, et qu'on ne doit le comparer qu'aux jaspes communs , qui se trouvent en grandes masses, et non aux jaspes fins qui sont de seconde formation, (les nouveaux jaspes ont la cassiue plus brillante que celle des anciens, desquels ils lirentleur origine; et ces anciens jaspes ne difterent pas par leur cassure de la matière qui fait la pâte des porphyres.

Quoique beaucoup moins commun que les gi'auiies, le porpnyre ne laisse pas de se trouver eu fortes masses et même par grands blocs en quelques endroits > ; il est ordinairement voisin des jaspes, et tous deux poitent, comme le granité, sur des roches qtiartzeuses ; et cette proximité indique entre eux une formation contemporaine. La solidité très-durable de la substance du por-

I. On en voit à Cnnstantinople de très-haalcs colonnes d'une sente pièce , dans l'église de Sainte- Sophie ; on croit que ces eolounes viennent de U ThâMide.

porphyres et des jaspes, et tous sont plus ou moins contigus à cette roche firimitive à laquelle ils tiennent comme à leur matrice ou mère commune, qui semMe les avoir' nourris des vapeurs qu elle a laissées Iraiis-' pirer, et qui leur a fait part des trésors de son sein en les teignant des plus riches couleurs.

M. Ferber, ayant curieusement examiné tous les porphyres en Italie , les distingue en cinq sortes ; i® le porphyre rouge, qui est le phis commun, et dont le fond est d'un rouge foncé avec de petites taches blanches et oblongucs, souvent irrégulières ou parailélipipèdes. Le fond de ce porphyre est d'un rouge plus ou moins foncé, et quelquefois si brun, qu'il tire sur le noir. « On ne pent nier, dit-il, que la matière de ces taches no soil du spath dur, opaque, com-* pacte , blanc de lait , et en même temps de la nature du schorl; ce que la forme et la simple vue indiquent assez. Il en est de^ même des autres sortes de porphyres , et il me paroît que les taches sont d'une espèce de pierre qui tient le milieu entre le feldspath et le schorl. En général, continue-t-il, il y a très-peu de différence essentielle entre le schorl , le spath dur ou feld-spath , le quartz, les autres cailloux, et les grenats. »

Je dois observer que tout ce que dit ici

MINÉRAUX

M. Ferber , loin de répandre de la lumière sor ce sujet, y porte de la confusion. Le !icliorl ne doit pas être confondu avec le feld-spatli ; il n y a point de pierre dont la sulMtanre tienne le milieu entre le feld- • spath et le schprl. La substance oui , dans t les porphyres, se trouve incorfxtree avec la matière du jaspe , n'est pas uniquement du sehori , mais aussi du feld-spatb. La différence du scbori au feld-spatu est bien connue , et certainement le schori , le spath dur ( feid-^h ) , le quartz , les cailtoujc , el les grenats, ont chacun entre eux des différences essentielles que ce minèralogbte n*auroit pas dû perdre de vue.

*« a*^ t^ porphyre taché de blanc , continue M. Fen>er, dont il v a deux variétés : la première est le porpnyre noir, proprement dit , dont le fond est entièremeut noir avec de petites taches oblongues, et qui ne diffère du porphyre ronge que par cette couleiu* du fond; la seconde variété est la serpentine noire antique , dont le fond est noir avec de grandes taches blanches oblongues ou parallélipipèdes.

•« 30 Le porphyre à fond brun avec de grandes tadies verdâtres oblongues ; il s!en trouve aussi dont le fond est d'un brun roueeâtre avec des taches d'un vert clair, et a autres dont le fond est d'un brun noir&tre avec des taches moitié noirâtres et moitié verdâtres.

« 4** Le porphyre vert , dont il y a plusieurs variétés : i** la serpentine verte antique , dont le fond est y^vi , et les taches oblongues et parallélipipèdes sont d*un vert plus ou moins clair , el de la nature àw feldspath ou du schori. On trouve quelquefois (laiis ces pierres des bulles telles que celles qui se forment dans les matières fondues par la sortie de l'air qui y est renfermé:

on y voit aussi assez souvent des taches blauclies et transparentes arrondies irrégulièrement, et qui paroissent être de la nature de l'agate, a» Le porphyre à fond vert taché de blanc. 3*^ Le porptiyre à fond vert foncé avec des taches noires. 4** Le porphyre à fond vert clair , ou plutôt jaune veraàtre taché de noir.

« 5* Le porphyre vierl, proprement dit, qui a plusieurs variétés : la première à fond vert foncé presque noir. Je la nature du jaspe, avec des taches blanches distinctes, oblon^ties , en forme de schori , plus grandes que les taches du porphyre noir, et plus petites que celles de la serpeuliue noire antique. La seconde variété est à fond de la nature du jaspe , d'un vert foncé avec de

petites taches blanches , rondes , et longues, et ressemble, à la couleur près, au porphyre rouge. La troisième à fond vert foncé, qui est de la nature du trapp; les taches sont blanches, quartzeuses, irrégulières, et quelquefois si grandes et si nombreuses, qu'on diroit, avec raison, que Je fond est blanc : de temps en temps le fond s'est cristalUsé en rayons de scliorl ; alors cette espèce de porphyre vert se rappi-oche beaucoup de iVspèce du granité qui estniélé de schori au lieu de mica. La quatrième à fond vert foncé de la nature du trapp, comme celle du précédent , avec de petites taches blanches serrées, oblongues comme du schori, rarement d'une figure régulière ou déterminée, mais entrelacées les unes dans les autres, et repliées comme de petits vers : les ouvriers appellent cette variété porphyre vert fleuri. La cinquième d'un tona vert clair de la nature du trapp avec de petites taches oblongues , de figure déterminée , et détachées les unes des autres , el de petits rayons de schori noir. »

Je ne puis m'empécher d'observer encore que cet habile minéralogiste confond ici l« schori avec le feld-s{)ath dans sa descri)>tionde la première variété du porphyre vefrt, et qu'en même temps qu'il semble attribuer au feu la formation de cette pierre , il dit qu'on y trouve des agates; or, l'agate étaut formée par l'eau, il n'est pas probable q.ue cette pierre de porphyre ait été pour le reste produite par le feu , à moins d'imaginer que l'agate s'est produite par infiltration dans les bulles dont M. Ferber remarque que cette pierre est soufflée.

Je remarquerai aussi que sur ces dnq variétés il n'y a que les deux premières qui soient de vrais porphyres, et qu'à l'égard des trois dernières variétés dont le fond n est pas de jaspe, mais de la matière tendre appelée tràpp, on ne doit pas les mettre au nombre des porphyres , puisqu'elles en diffèrent non seulement par leur moindre dureté , mais même par leur composition , et autant que le jaspe diffère du trapp. Ceci nous démontre que M. Ferber a confondu sous le nom de porphyre, plusieurs substances qui sont d'une autre essence , et que celles qu'il nomme serpentines noires antiques et serpentines vertes antiques sont peutêtre, comme le trapp, des matières différentes du porphyre; nous pouvons même dire (]ue ceux qui , comme M. Ferber dans le Yicentin , et M. Soulavie dans le Yivarais , n'ont observé la nature qu'en .désor dre , n'ont pu prendre que de fausses idées

Page 1