DU PLATRE
tre tl*ait nnssi' réf n d*autres f>nari|)e8 salins dont l'eau de la mûr éioit impréjpiée; et c'est en quoi le plâtre diffère du gypse, dans lequel Tacide vitriolique est seul oombiaé avec la terre calcaire.
Mais , de quelque part que Tiennent les acides contenus dans le plâtre , il est certain que le fonds de sa substance n'est qu'une poussière calcaire qui ne diffère de la craie qu'en ce qu'elle est fortement imprégnée dé ces mêmes acides; çi ce mélange d'acides dans la oiatière calcaire suffit pour en changer la naliira, et pour donn«*r aux stalac* litps qui se forment dans le plâtre des pro* pi'iétcs et det formes toutes différi^ntes de celles des spaths et autres concrétioni cal* caires. Les parties intégrantes du gypse, vueA à la louiie, |>aroissent être tantôt des prismes engrenés les uns dans les autres , tantôt de longues lames avec des fibres unifoi'nies en filamens allongés, comme dans l'alun de plume, auquel l'acide donne aussi celte forme, mais dans une matière bien différente, puiscpie la l>ase de l'alun est argileuse , au lieu que celle de tout plâtre est calcaire.
La plupart des auteurs ont employé sank distinction le nom de gypse et celui de piètre pour signifier la même chose : mais, pour éviter une seconde confusion de noms, nous n*appellcrons p/dtre que celui qui est opaque , et que Ton trouve en grands band comme la pierre calcaire, d'autant que le nom de gjpse n'est connu ni dans le commerce ni par les ouvriers, qui nomment plâtre toute matière gypseuse et opaque; nous n^appliquerons donc le nom de grpte qu'à ce que l'on appeioit sélénite^ c'est-a-aire à ces morceaux transparens , et toujours de figure régulière , que l'on trouve daus toutes les carrières plâ tireuses.
Le plâtre ressemble, dans son état de nature, à la pierre calcaire tendre; il est de même opaque et si friable, qu'il ne peut recevoir le moindre poli. Le gypse , au contraire, est transparent daus toute son épaisseur ; sa surface est luisante et colorée de jaunâtre, de verdâtre, et quelquefois eUe est d'un blanc clair. Les dénominations de pierre spécula'ire ou de miroir d'âne ^ que le vulgaire, avec quelques autres nomenclateurs, out données à cette matière cristallisée , n'étant fondées que sur des rapports équivoques ou ridicules, nous préférons avec raison le nom de gypse g car le talc , ausn bien que le gypse , pourroit être appelé pierre spéculaire^ puisque tous deux sont transparens, et la dénomination de miroir
ET DU GYPSE. a^^^
« âne^ 011 miroir et âne ^ n^ftoittit JaMÏStt ÛÛ édrtir de la plume de nos docteursi .
Le gypse est transparent, et s'exiblit, comme lu talc, en laraes étendues et mlA- <«8 ; il perd de même sa transnamn e au feu : mais il en diffère knéme à rextériett)r , en ce que le talc est plus doux et comme onctueux au toucher : il en diflm aussi par aa cassure spath ique et chatoyante; il est calciudble, et le talc ne Test pas : le pluii petit degré de feu rend opaque le gypse le plus transfiarent , et il prend , par hi «'atci'naiion , plus de blancheur que l'autre plâtre.
De quelque forme que soient les gypse» , ce sont toujours des stalactites du plâtre qu'on peut conq)arer aux spaihs des matières calcaires. Ces stalactites gypseuses sont i^mposées ou de graudes lames appliquées le»
unes contre les auties , Ou de simples (iletit posés verticalement les uns sur les autres^ ou enfin de grains à facettes irréguiiéret , réunis latéralement les uns auprès des autres; mais toutes ces stalactites gypseuses sont trans[>areutes , et par conséquent phii pures que les stalactites commutit^ de la pierre calcaire ■ : et quand je réduis a ce^ trois formes de lames , de filets , el de grains* les cristallisations gypseuses , c'est sëuletnenl parce qu'elles se trouvent le plus communément; car je ne prétends pa6 eXcîure les au< très formes qui ont été ou qui seront remarquées par les observateurs , pulsquMs trou- ▼eroni en ce genre, comme je l'ai moi-même observé dans les spaths calcaires, des varié* tés presque innombrables dans la figure de ces cristallisations, et qu'en général la forme
t. M. Sa^, MTant chimiste de l'Acfedërtiiè des Sciences , distin^e neuf espèces de malidres pli> treoses : i" la terre gypseuse , blanche et friaiiiè comme ta craie, et qui dVd difTère qu'en ce qu'elle ne fait point erervescence aT«c le» acides •■, a l'albàlre gyp8«'ux, qui est suscpptible de poli, et qui est ordinairement demi transparent ; 3** la pierre k plâtre, qui n'est point susceptible de poli; 4" 1« gypse ou sélénite cunéiforme, spiielë aussi pt'ern sjje'cu/aire , mîroir d'àite, et vulgairement laie d» Alo$ttmartre ; i" le gypse ou séténite rhomboidate , dont il a trouvé des morceaux dans une argile rouge et gris« de la montagne de SaiQi-Gemiain*en* Laye; 6° le gy|>se ou sëlénile prismatique décaèdre, dont il a vu des morceaux daiifc l'argile noire de Picardie; 7* la sélénite basaltine en prismes hexaèdres dans une argile grise de Montmartre t 8° leg>pse ou sélénite tenliculaire , dont les criS" taux sont opaques ou demi transparens , et for. ment des groupes composés de petites masses orbi- Culaires renflées daus le milieu , amincies vers les bords; 9^ enfin le gypse on sélénite striée, composée de fibres blauches, opaques» et parallèlos , ordinairement brillantes et satinée^ : on la tronve en Franche>Comté , à la Chine , en Sibérie , et on lai doniM communément le nom de gjrpst de là Chine.
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MKÏÉRAUX.
de cristallisation n*est pas un rarartère ronstant, mais plus équivoque et plus variable qn*aucun autre des caractères par lesquels on doit distinguer les minéraux.
Nous pensons qu'on peut réduire à trois classes principales les stalactites transparentes de tous les genres : i° les cristaux quartzeux ou cristaux de roche, qui sont les stalactites du genre vitreux , et sont en même temps les plus dures et les plus diaphanes; a» les spaths , qui sont les stalactites des matières calcaires, et qui ne sont pas, à beaucoup près , aussi dures que les cristaux vi> treux; 3° les gypses, qui sont les stalactites des matières plâtreuses , et qui sout les plus tendres de toutes. Le degré de feu qui est nécessaire pour faire perdre la transparence à toutes ce> stalactites paroit propoiiionnel à leur dureté : il ne faut qu'une chaleur très-méiliocre pour blanchir le gypse et le l'eudre opaque; il en faut une plus grande |K>ur blanchir le spath et le réduire en chaux ; et enfin le feu le plus violent de uos fourneaux ne fait que très-peu d'impression sur le cristal de roche , et ne le rend pas opaque. Or la transparence provient eu partie de rhomogénéité de toutes les parties coustiluautes du corps transparent ; et sa dureté dépend du rapprochement de ces mêmes parties , et de leur cohésion plus ou moins grande : selon que ces parties intégrantes seront elles-mêmes plus solides, et à mesure qu^elles seront plus rapprochées les unes des autres par la force de h'ur affinité , le corps transparent sera plus dur. Il n*est donc pas nécessaire d'imaginer, comme Pont fait les* chimistes , une eau de cristallisation , et de dire que cette eau produit la coliésion et la transparence , et que la chaleur la faisant évaporer, le corps transparent devient opaque , et perd sa rohirence par celle soustraction de son eau de cristallisation : il suffit de penser que, la chaleur dilataut tous les corps, un feu médiocre suffit pour briser les îbibles liens des corps tendres , et qu'avec un feu plus puissant on vient à bout de séparer les parties intégrantes des corps les plus durs ; qn enfin ces parties séparées et tirées hors de leur sjthci'e d'affiuîte ne pouvant plus se réunir, le corps transparent est pour ainsi dire désorganisé , et perd sa transparence, parce que toutes ses parties sout alors situées d'une manière dilfcrente de ce qu'elles étoient auparavant.
Il y a (les plâtres de plusieurs couleure.
Le plâtre le phis blanc est aussi le plus pur, et celui qu'on emploie le plus communément dans les endtnts pour couvrir le plétrc
gris, qui feroit un manvau effet k font, et qui est ordinairen^çnt plus grbssier que le blanc. On ronnott aussi des plâtrés rnugeàtres, jaunâtres, on variés de ces couleurs; elles sont toutes produites par les matières ferrugineuses et minérales dont leau se chaire en passant à travers les couches de la terre végétale; mais ces. couleurs ne sont pas dans les plâtres aussi fixes que dans les marbres ; au lieu de devenir plus foncées et plus intenses par 1 action du feu, comme il arrive dans les marbi'cs chauffés, elles s'effacent au contraire dans les plâtres au même degré de chaleur, en sorte que tous les plâtres après la calcinât ion sont dénués de couleurs , et paroissent seulen>cut phis ou moins blancs. Si l'on expose à Paciion du feu le gypse composé de grandes lames minces, on voit ces lames se désunir et se séparer les unes des autres; on les voit en même temps blanchir et peindre toute leur transparence, n en est de même du gypsf en filets ou en grains; la déférente figure de ces stalactites gypseuses n'eu change ni la nature ni les propriétés.
Les bancs de plâtre ont été, comme ceux des ])lerres calcaires , dépusés par les eaux en couches para Hèles, 'sé|)arées par lits horizontaux; mais, en se desséchant, il s'est fcirmé dans tout l'intérieur de leur masse un nombre infini de fentes perpendiculaires qui la divisent en colonnes à plusieurs pans. M. Desmarest a observé celte figuration dans les bancs de plâtre à Montmartre ; ils son! entièrement ccimposés de prismes posés verticalement les uns contre les autres , et ce savant académicien les compare aux prismes de hasidte , et croit que cVst par la retraite de la matière que celte figuration a été produite; mais je pense au contraire, comme je l'ai déjà dit, que tonte matière ramollie par le feu ou par l'eau ne peul prendre cette figuration , en se desséchant , que par son renllement et non par sa retraite , et que ce n'est que par h» compression récipro<]ue que ces prismes peuvent s'être formés et appliqués verticalement les uns conlre les autres. Les basaltes se renflent par l'action du feu quMIs contiennent, et l'on sait que le plâtre en se séchant, au lieu de faire retraite, prend de lexteusion; et c'est par celle extension de volume et par ce renflement réciproque et forcé que les différentes parties de sa masse prennent cette figure prismatique à plus ou moins de faces, suivant la résistance plus ou moins grande de la matière environnante.
Le plâtre semble différer de toutes les au-
très matières par la propriété qu'il a de piendre très-promplemeul de la solidité, après avoir été calciné , réduit en poudre, et détrempé avec de Peau ; il acquiert même tout aussi promptement, et sans addition d'aucun sable ni riment , un defçré de dureté égal à celui du meilleur mortier fait de sable et de chaux : il prend corps de lui-même, et devient aussi solide que la craie la plus dure ou la pierre tendre; il se moule parfaitement, parce qu'il se renfle en se desséchant : enfin il peut recevoir ime sorte de poli qui, sans être brillant, ne laisse pas d'avoir un certain lustre.
La grande tpiantité d'acides dont la matière calcaire est imprégnée dans tous les plâtres, el même sahirée, ne fait en somme qu'une très-petite addition de substance; car elle n augmente sensiblement ni le volume ni la masse de cette même matièi*e calcaire : le poids dn plâtr^ est à peu près égal à celui de la pierre blanche dont on fait de la chaux; mais ces dernières pierres perdent plus du tiers et quelquefois moitié de leur pesanteur en se convertissant en chaux , au lieu que le plâtre ne perd qu'environ un quart par la calcination'. De même
z. J'ai mis dans le foyer d'une forge un inor* ceau de plâtre du poids de deux livres, et, apiL-s lui avoir fait éprouver une chaleur de la plus grande ▼iolenee pendant l'espace de près de huit heures , lorsque je l'en ai tiré il ne pesoit plus que viiigt-quatrê onces trois gros : il m'a paru qu'il avoit beaucoup diminué de volume; sa couleur étoit devenue jaunAtre ; il étoit beaucoup plus dur qn'anparavant, surtout à sa surface; il n'avoit ni odeur ni gnùt, et l'eau'forte n'y a fait aucune impression. Après l'avoir broyé avec peine, je l'ai détrempé dans une suffisante quantité d'eau ; mais il ne s'eti est pas plus imbibé que si c'eût été du verre en poudre, et il n'a acquis ensuite ni dureté ni cohésion. J'ai répété encore cette expérience de la manière suivante : J'ai fuit calciner un morceau de plâtre dans un fourneau à chdux , et an degré de chaleur nécessaire pour la colcinalion de la pierre; après l'avoir retiré du fourneau , j'ai observé que sa su|>e fiuie s'étoit durcie, et étoit devcune jaunâtre; mais ce qui m'a surpris, c'est que ce plâtre exbaloit une odeur de soufre extrêmement pénétrante; l'ayant ca^sé^je l'ai trouvé plus tendre à l'intérieur que lorsqu'il a été cuit à la manière ordinaire , et , an lien d'être blanc, il étoit d'un bleu clair. J'ai remis encore une partie de ce morceau de plâtre dans un fourneau de la même es|)ècë' : s.! superficie y a acquis beaucoup plus de dureté : l'intérieur étoit aussi beaucoup plus dur qu'auparavant ; le feu avoit enlevé sa couleur bleue, et l'odeur du soufre se faisoit sentir beaucoup moins : celui qui n'avoit éprouvé que la première calcination s'est réduit faciieuieni en poudre; l'an« tre, au contraire, étoit parsemé de grains trèsdurs^ qu'il falloit casser à coups de marteau. Ayant détrempé ces deux morceaux de plâtre pulvérisés dans de l'eau pour essayer d'en former une pâte, le premier a exhalé une odeur de soufre si forte et
DU PLATRE ET DU GYPSE. igt
il faut une quantité pins que douKIe d'eau pour fondre une quantité donnée de chanx.
tandis qu'il ne faut qu'une quantité égale
si pénétrante que j'avois peine à la supporter.;
dureté ni cohésiun.
J'ai fait calciner un autre morceau de plâtre du poids d'environ trois livres , au degré de chaleur qu'on fuit ordinairement éprouver h cette pierfe lorsqu'on veut l'employer : après avoir broyé ce plâtre, je l'ai détrempé dans douze pintes d'eau de fontaine, que j'ai fait bouillir pendant l'espace de deux heures dans des vaisseaux de terre vernisses : j'ai versé ensuite l'eau par 'inctina:tOD dans d'antrès vaisseaux; et, après l'avoir filtrée, j'ai continué de la faire évaporer par cbullition : pendant l'évaporaiion, sa Sfiperficîe s'est couverte d'une pellicule formée de petites concrétions gypseuses , qui se précipitoient au fond du vaisseau lorsqu'elles avoient acquis un certain volume. La liqueur étant réduite à la quantité d'une bouteille , j'en ai séparé ces concrétions gypseuses qui pesoieut envipon une once, et qui étoieni blanches et demi transparentes; en ayant mis sur des charbons allumés , loin d'y acquérir une plus grande blancheur, comme il serbît arrivé au plâtre cru, elles y sont devenues presqne aussitôt brunes. J'ai filtré la liqueur, qui étoit alors d'un jaune clair el d'un godt un peu lixiviel ; et, l'ayant faît évaporer au feu de sable dans un grand bocal, il s'y est encore formé des concrétions gypseuses : lorsque la liqueur a été réduite à la quantité d'un verre , sa couleur m'a paru plus foncée ; et , l'ayant goûtée , j'y ai démêlé une saveur acide et néanmoins salée;
{'e l'ai filtrée avant qu'elle ait été refroidie , et 'ayant mi5e dans un lieu frais, j'ai trouvé, le lendemain , au fond du vaisseau , trente-six grains de nitre bien cristallisé, formé en aiguilles ou petites colonnes à six faces, qui s'est enflammé sur les charbons en fulminant comme le nitre le plus pur: j'ai fait ensuite évaporer, pendant quelques instan*^, le peu de liqueur qui me restoit, et j'en ai encore retiré la même quantité de matière saline , d'une espèce différente, à la vérité, de la première; car c'étoit du sel marin , sans aucun mélange d'antres sels , qui étoient cristallisés en cnbes.mais dont la face attachée au vaisseau avoit la forme dn sommet d'une pyramide dont l'extrémité auroit été coupée : 'e reste de la liqueur s'est ensuite épaissi, et il ne s'y est formé aucuns cristaux satins.
J'ai fait calciner dans un fourneau à chaux un autre morceau de plâtre : il pesoit , après l'avoir calciné , dix onces ; sa superficie étoit devenue trèsdure , et il exbaloit uiie forte odeur de soufre ; l'ayant cassé, l'iutérieur s'est trouvé très- blanc , mats cependant parsemé de taches et de veines bleues , et l'odeur sulfureuse étoit encore plus pénétrante au dedans qu'au dehors. Après l'avoir broyé, j'ai versé quelques gouttes d'eau-forte sur une pincée de ce. plâtre, et il a été sur-le-champ dissous avec beaucoup d'effervescence , quoique les esprits acides soient sans action sur le plâtre cru , et sur celui qui n'a éprouvé qu'une chaleur modérée ; j'en ai ensuite détrempé une once avec de l'eau : mais ce mélange ne s'est point échauffé d'une manière sensible, comme il seroit arrivé à la chaux ; cependant il s'en est élevé des Vitpeurs sulfureuses extrêmement pénétrantes : ce plâtre a été long->
MINÉRAUX
d^ean ponr détremper le plâtre calciné^ c'esl-à'dire plus de deux livres d*eau pour une livre de chaux vive, et une livTe d'eau seulement pour une livre de plâtre calciné.
Ç' Une propriété commune à ces deux ma- ' tièrès. c*esl<à-dîre & la chaux et au plâtré calcine) c'est qiie toutes deux exposées a Tair » après la calcination , tombent en poussière et perdent la plus utile de leurs propriétés : 6h ne peut plus les employer dans cet état. La chaux , lorsqu'elle est ainsi décomposée par rhumidité de Tàir» ne fait plus d'ébullilion dans l'esin , el tte s'y détrempe ou délaie que comme là craie ; elle n'acnuiert ensuite aucune consistance par le dessèchement , et ne peut pas même reprendre par
temps à se sécher, et il n"^ acquis oi diurel^ ni adhésion.
On sait, en gênerai, que les corps qui sont împrégoés d'ane grande quantité de sels et dé soufre sont ordinairement très-durs i tetles sont les pyrites vitrioliques , et plusieurs autres concrétions min^raies. On observe, de plus, que certains sels ont la propriété de s'imbiber d'une quantité d'eau très, considérable , et de faire paroitre les liquides sous UDe forme sèche et solide. Si on fait dissoudre dans une quantité d'eau suffisante une livre de sel de Glauber, qu'on aura fait séchet auparavant à la chaleur du feu ou aux rayons du soleil, jusqu'à ce qu'il soit réduit en une poudre blanche, on reiî* rera de cette dissolution environ trois livres de sel bien cristallisé; ce qui prouve que l'eau qu'il peu^ absorber est en proportion double de son poids : il se peut donc faire que la petite quantité de sel que le plâtre contient contribue en quelque chose à sa cohésion ; mais je suis persuadé que c'est princi* paiement au soufre auquel il est uni qu'on doit attribuer la cause du prompt dessèchement et de îa dureté qu'il acquiert , après avoir éprouvé l'efferyescence-, en comparaison de celle qu'acquiert la chaux vive jetée dans l'ean. Cette effervescence est cependant assez semblable et très réelle, puisqu'il y a un mouvement intestin, chaleur sensible, et augmentation de volume : or toute effervescence occasionne une raréfaction et même une génération d'air ; et c'est par cette raison que le plâtre se renfle et qu'il pousse en tous sens , même après qu'il a été mis en œuvre : mais cet air produit par l'effervescence est bientôt absorbé et fixé de nouveau dans les substances qui abondent en soufre. En effet, selon M Haies {Staiisiique des végétaux t expér. CIII) , le soufre absorbe l'air, non seulement lorsqu'il brûle, mais même lorsque les matières on il se trouve incorporé fermentent : il donne pour exemple des mèches faites de charpie de vieux linges trempés dans du soufre fondu et ensuite enflammé, qui absorbèrent cent quatre-vingt-dix-huit pouces cubiques d'air. On sait d'ailleurs que cet air ainsi fixé, et qui a perdu son ressort, attire avec autant de force qu'il repousse dans son état d'élasticité : on peut donc croire que le ressort de l'air contenu dans le plâtre ayant été détruit, durant refTervesceiice , par le soufre auquel il est uiîi, les parties constituantes de ce mixte s'attirent alor» mut^ellemertt , et se rapprochent assez poiir lui donner la dureté el la densité quf; nous lui voyons prendre çn aussi peu de temps. {Note communiquée pmr M. Ifadauit,)
une seconde ealcinafiofi les qualités de l'a chaux vive : et de même le plâti'e en poudre ne se durcit plus lorsqu'il à été éventé, c'esti-dire abandonné trop long-temps aux injures de l'air.
La chaux fondue n^accfuiert pas â la Ion»
eue, ni jamais par le simple dessèchement»
le même degré de consistance que le u!âtre prend en très-peu de temps après avoir été comme la pierre calcaire, calciné par leJPeu et détrempe dans l'eau. Cette diiTéi*ence vîeiit en grande partie de la manière dont on opère sur ces deux matières. Pour fondre la chaux, on la noie d'une grande quantité d'eau qu'elle saisit avidement ; dès lors elle fermente, s'échauffe, et lx)ut en exhalant une odeur forte et lixivielle. On détrempe le plâtre calciné avec une bien moindre quantité d'eau ; il s'échauffe aussi, mais beaucoup moins , et il répand une odeur désagréable qui approche de celle du Toie de soufre. Il se dégage donc de la pierre à chaux, comme de la pierre à plâtre , beaucoup d'air fixe , et quelques substances volatiles, pyritenses, bitumitieuses , et salines, qui servent de liens à leurs parties constituantes, puisqu'étant enlevées par l'action du feu leur cohérence est en grande partie détruite : et ne doit-on pas attribuer â ces mêmes substances volatiles fixées par Peau la cause dé la cousistande que reprennent le plâtre et les mortiers de <'hanx P Eu ieiant de leau sur la chaux , on fixe les molécules volatiles auxquelles ses mHiés solides sont unies : VaM que dure Tefférvescence , ces molécules volatiles font ef^ fort pour s^échapper ; mais lorsque toute effervescence a cessé , et que la chaux est entièrement saturée d'eau, on petit ta conserver pendant plusieurs années , et même |)eudant des siècles, sans qu'elle se dénature, sans même qu'elle subisse aucune altération sensible. Or c'est dans cet état que Ton emploie le plus communément la chaux pour en faire du mortier ; elle est donc imbibée d'une si grande quantité d*eau, qu'elle ne peut acquérir de la consistance qu'en perdant une Eariie de cette eau par la sécheresse des sales avec leM]uels on la mêle ; il faut même tin très-tong temps pour que ce mortier se sèche et se durcisse en perdant par une lente évaporatioo toute son eau superflue; mais comme il ne faut au contraire qu'utie petite quantité d'eau pour détremper lé plâ- ^ ti?è , et que s'il en et oit hoyê comme là ' pierre à cliaux il ne se sècheroit ni ne dur- ^ ciroit pas plus tôt que le mortier , on saisit^ pour l*femproyer , te inomenl où l'effervescence est encore Sensible ; et (|U6lque cette