‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 11 sur 361 · LE PYGARGUE · texte numérisé non relu

LE PYGARGUE

L’espèce du pygargue me paroit être composée de trois variétés ; savoir : le grand pygargue , le petit pygargue et le pygargue à tête blanche. Les deux premiers ne diffèrent guère que par la grandeur, et le dernier ne diffère presque en rien du premier, la grandeur étant la même, et n’y ayant d’auire différence qu’un peu plus de blanc sur la tète et le cou. Aristote ne fait mention que de l’espèce, et ne dit rien des variétés; ce n’est même que du grand pygargue qu’il a entendu parler, puisqu’il lui donne pour surnom le mot hinnularia , qui indique que cet oiseau fait sa proie des faons (Jùnnulos) , c’est-à-dire des jeunes cerfs, des daims et chevreuils; attribut qui ne peut convenir au petit pygargue, trop foible pour attaquer d’aussi grands animaux.

Les différences entre les pygargues et les aigles sont, i° la nudité des jambes; les aigles les ont couvertes jusqu’au talon , les pygargues les ont nues dans toute la partie inférieure; u° la couleur du bec; les aigles font d’un noir bleuâtre, et les pygargues l’ont jaune ou blanc; 3° la blancheur de la queue , qui a fait donner aux pygargues le nom d'aigles à queue blanche , parce qu’ils ont en effet la queue blanche en dessus et en dessous dans toute son étendue. Ils diffèrent encore des aigles par quelques habitudes naturelles; ils n’habitent pas les déserts ni les hautes montagnes : les pygargues se tiennent plutôt à portée des plaines et des bois qui ne sont pas éloignés des lieux habités. Il paroît que le pygargue , comme l’aigle commun , affecte les climats froids de préférence : on le trouve dans toutes les provinces du nord de l’Europe T. Le grand pygargue est à peu près de la même grosseur et de la même force , si même il n’est pas plus fort que l’aigle commun : il est au moins plus carnassier, plus féroce , et moins attaché ià ses petits, car il ne les nourrit pas longt temps; il les chasse même du nid avant î qu’ils soient en état de se pourvoir; et l’on f prétend que, sans le secours de l’orfraie, [qui les prend alors sous sa protection, la

'[ i. M. Linnæus dit que cet oiseau se trouve dans îtoutes tes forêts de la Suède qu’il est de la gran-

deur d’une oie, et que la femelle est plus blanchâtre que le mâle.

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plupart périroient. Il produit ordinairement deux ou trois petits , et fait son nid sur de gros arbres. On trouve la description d’un de ces nids dans Willughby, et dans plusieurs attires auteurs qui l’ont traduit ou copié : c’est une aire ou un plancher tout plat, comme celui du grand aigle, qui n’est abrité dans le dessus que par le feuillage der arbres, et qui est composé de petites perches et de branches qui soutiennent plusieurs lits alternatifs de bruyère et d’autres herbes. Ce sentiment contre nature qui porte ces oiseaux à chasser leurs petits avant qu’ils puissent se procurer aisément leur subsistance , et qui est commun à l’espèce du pygargue et à celle du grand aigle et du petit aigle tacheté, indique que ces trois espèces sont plus voraces et plus paresseuses à la chasse que celle de l’aigle commun , qui soigne et nourrit largement ses petits, les conduit ensuite, les instruit à chasser, et ne les oblige à s’éloigner que quand ils sont assez forts pour se passer de tout secours. D’ailleurs , lé naturel des petits tient de celui de leurs parens : les aiglons de l’espèce commune sont doux et assez tranquilles, au lieu que ceux du grand aigle et du pygargue, dès qu’ils sont un peu grands , ne cessent de se battre et de se disputer la nourriture et la place dans le nid, en sorte que souvent le père et la mère en tuent quelqu’un pour terminer le débat. On peut encore ajouter que , comme le grand aigle et le pygargue ne chassent ordinairement que de gros animaux, ils se rassasient souvent sur le lieu, sans pouvoir les emporter; que par conséquent las proies qu’ils enlèvent sont moins fréquentes, et que, ne gardant point de chair corrompue dans leurs nids, ils sont souvent au dépourvu; au lieu que l’aigle commun, qui tous les jours prend des lièvres et des oiseaux, fournit plus aisément et plus abondamment la subsistance nécessaire à ses petits. On a aussi remarqué , surtout dans l’espèce des pygargues qui fréquentent de près les lieux habités , qu’ils ne chassent que pendant quelques heures dans le milieu du jour, et qu’ils reposent le matin, le soir et la nuit ; au lieu que l’aigle commun ( aquila ' valeria ) est en effet plus valeureux; plus diligent et plus infatigable.

OISEAUX. DE PROIE

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LE BALBUZARD.

Le balbuzard est l’oiseau que nos nomenclateurs appellent aigle de mer, et que nous appelons en Bourgogne craupêcherot , mot qui signifie corbeau pécheur. Crau ou craw est le cri du corbeau : c’est aussi son nom dans quelques langues, et particulièrement en anglois; et ce mot est resté en Bourgogne i parmi les paysans, comme quantité d’autres termes anglois que j'ai remarqués dans leur patois, (pii ne peuvent venir que du séjour des Anglois dans cette province sous les règnes de Charles V, Charles VI, etc. Gesner, qui , le premier, a dit que cet oiseau étoit appelé crospescherot par les Bourguignons , a mal écrit ce nom, faute d’entendre le jargon de Bourgogne : le vrai mot est crau, et non pas cros ; et la prononciation n’est ni cros ni crau , mais craw, ou simplement crû avec un ci fort ouvert.

A tout considérer, on doit dire que cet oiseau n’est pas un aigle, quoiqu’il ressemble plus aux aigles qu’aux autres oiseaux de proie. D’abord il est bien plus petit l; il n’a ni le port, ni la figure, ni le vol de l’aigle: ses habitudes naturelles sont aussi très-différentes, ainsi que ses appétits, ne vivant guère que de poisson qu’il prend dans l’eau, même à quelques pieds de profondeur; et ce qui prouve que le poisson est en effet sa nourriture la plus ordinaire, c’est que sa chair en a une très-forte odeur. J’ai vu quelquefois cet oiseau demeurer plus d’une heure perché sur un arbre à portée d’un étang , jusqu’à ce qu’il aperçût un gros poisson sur lequel il pût fondre, et l’emporter ensuite

i. Il y a une différence plus grande encore que dans les aigles entre la femelle et le male balbuzard : celui que M. hrisson a décrit, et qui sans doute étoit mâle, n’avoit qu’un pied sept pouces de longueur jusqu’aux ongles, et cinq pieds trois pouces, de vol ; et un autre, que l’on m’a apporté, n’avoit qu’un pied neuf pouces de longueur de corps , et cinq pieds sept pouces de vol : au lieu que la femelle décrite par MM. de l’Académie des Sciences, sous le nom A’haliœtus , à l’article de V aigle, que nous avons cité, avoit deux pieds neuf pouces de longueur de corps, y compris la queue; ce qui fait au moins deux pieds de longueur pour le corps seul, et sept pieds et demi de vol. Cette différence est si grande , qu’on pourroit douter que cet oiseau, décrit par MM. de l’Académie, fût le balbuzard ou craupecherot, si l’on n’en étoit assuré par les autres indications.

dans ses serres. Il a les jambes nues , et ordinairement de couleur bleuâtre : cependant il y en a quelques-uns qui ont les jambes et les pieds jaunâtres ; les ongles noirs, trèsgrands et très-aigus; les pieds et les doigts si roides, qu’on ne peut les fléchir; le ventre tout blanc, la queue large et la tête grosse et épaisse. Il diffère donc des aigles en ce qu’il a les pieds et le bas des jambes de derrière dégarnis déplumés, et que l’ongle de derrière est le plus court, tandis que dans les aigles cet ongle de derrière est le plus long de tous. Il diffère encore en ce qu'il a le bec plus noir que les aigles, et que les pieds , les doigts et la peau qui recouvre la base du bec sont ordinairement bleus; au lieu que dans les aigles toutes ces parties sont jaunes. Au reste, il n’a pas de demi-membranes entre les doigts du pied gauche, comme le dit M. Linnæus; car les doigts des deux pieds sont également séparés et dénués de membranes. C’est une erreur populaire, que cet oiseau nage avec un pied , tandis qu’il prend le poisson avec l’autre; et c’est cette erreur populaire qui a produit la méprise de M. Linnæus. Auparavant, M. Klein a dit la même chose de l’orfraie, ou grand aigle de mer; et xl s’est également trompé, car ni l’un ni l’auti'e de ces oiseaux n’a de membranes entre aucun doigt du pied gauche. La source commune de ces erreurs est dans Albert-le-Grand , qui a écrit que cet oiseau avoit l’un des pieds pareil à celui d’un épervier, et l’autre semblable à celui d’une oie ; ce qui est non seulement faux , mais absurde et contre loute analogie : en sorte qu’on ne peut qu’être étonné de voir que Gesner, Aldrovande, Klein et Linnæus, au lieu de s’élever conti'e cette fausseté, l’aient accréditée; et qu’Aldrovande nous dise froidement que cela n’est pas contre toute vraisemblance , puisque je sais, ajoutet-il très-positivement, qu’il y a des poules d’eau moitié palmipèdes et moitié fîssipèdes; ce qui est encore un auti'e fait tout aussi faux que le premier.

Au reste, je ne suis pas surpris qu’Aristote ail appelé cet oiseau haliœtos , aigle de mer; mais je suis encore étonné que tous les naturalistes anciens et modernes aient copié celte dénomination sans scrupule, et j’ose

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dire sans réflexion, car X haliœtus ou balbuzard ne fréquente pas de préférence les côtes de la nier; on le trouve plus souvent dans les terres méditerranées voisines des rivières, des étangs et des autres eaux douces; il est peut-être plus commun en Bourgogne, qui est au centre de la France, que sur aucune de nos côtes maritimes. Comme la Grece est un pays où il n’y a pas beaucoup d’eaux douces , et que les terres en sont traversées et environnées par la mer à d’assez petites distances, Aristote a observé, dans son pays, que ces oiseaux pêcheurs chercb oient leur proie sur les rivages de la mer,' et par cette raison il les a nommés aigles de mer; mais s’il eût habité le milieu de la France ou de l’Allemagne, la Suisse et les autres pays éloignés de la mer, où ils sont très-communs, il les eût plutôt appelés aigles des eaux douces. Je fais cette remarque, afin de faire sentir que j’ai eu d’autant plus de raison de ne pas adopter cette dénomination aigle de mer, et d’y substituer le nom spécifique balbuzard , qui empêchera qu’on ne le confonde avec les aigles1. Aristote assure que cet oiseau a la vue très-perçante : il force, dit-il , ses petits à regarder le soleil, et il lue ceux dont les yeux ne peuvent en supporter 1 éclat. Ce fait, que je n’ai pu vérifier, me paroît difficile à croire, quoiqu’il ait été rapporté ou plutôt répété par plusieurs autres auteurs, et qu’on l’ait même généralisé en l’attribuant à tous les aigles , qui contraignent, dil-on, leurs petits à regarder fixement le soleil. Cette observation me paroît bien difficile à faire; et d’ailleurs il me semble qu’ Aristote, sur le témoignage duquel seul le lait est fondé, n’étoit pas trop bien informé au sujet des petits de cet oiseau ; il dit qu’il n’en éleve que deux , et qu’il tue celui qui ne peut regarder le soleil. Or nous sommes assurés qu’il pond souvent quatre œufs, et rarement moins de trois; que de plus il élève tous ses petits. Au lieu d habiter les rochers escarpés et les hautes montagnes, comme les aigles, il se tient pins volontiers dans les terres basses et marécageuses, à portée des étangs et des lacs poissonneux ; et il me paroît encore que c’est à X orfraie, ou ossifrague , et non pas au balbuzard ou haliœtus , qu’il faut attri-

i. M. Salerne a fait une méprise en disant que l’oiseau appelé en Bourgogne craupèchenot est l’ossifrague, ou le grand, aigle de mer ; c’est au contraire celui qu’il appelle le faucon de marais , qui est le craupècherot. (Voyez V Ornithologie de M. Salerne , in-4°. Paris, 1767, pages 6 et 7, et corrigez cette erreur. )

buer ce que dit Aristote de sa chasse aux oiseaux de mer ; car le balbuzard pêche bien plus qu’il ne chasse, et je n’ai pas ouï dire qu’il s’éloignât du rivage à la poursuite des mouettes ou des autres oiseaux de mer; il paroît au contraire qu’il ne vit que de poisson. Ceux qui ont ouvert le corps de cet oiseau n’ont trouvé que du poisson dans son estomac; et sa chair, qui, comme je l’ai dit, a une très-forte odeur de poisson, est un indice certain qu’il en fait au moins sa nourriture habituelle ; il est ordinairement très-gras, et il peut, comme les aigles, se passer d’alimens pendant plusieurs jours sans en être incommodé ni paroître affoibli. U est aussi moins fier et moins féroce cjue l’aigle et le pygargue; et l’on prétend qu’on peut aisément le dresser pour la pèche , comme l’on dresse les autres oiseaux pour la chasse.

Après avoir comparé les témoignages des auteurs, il m’a paru que l’espèce du balbuzard est l’une des plus nombreuses des grands oiseaux de proie, et qu’elle est répandue assez généralement en Europe , du nord au midi, depuis la Suède jusqu’en Grece, et que même on la retrouve dans des pajs plus chauds, comme en Égypte et jttôqu’en Nigrilie.

J’ai dit , dans une des notes de cet article, que MAI. de l’Académie des Sciences avoient décrit un balbuzard ou haliœtus femelle, et qu’ils lui avoient trouvé deux pieds neuf pouces depuis l’extrémité du bec jusqu’à celle de la queue, et sept pieds et demi de vol ou d’envergure, tandis que les autres naturalisies 11e donnent au balbuzard que deux pieds de longueur de corps jusqu’au bout de la queue , et cinq pieds et demi de vol. Cette grande différence pourroit faire croire que ce n’est pas le balbuzard, mais un oiseau plus grand, que MM. de l’Académie ont décrit: néanmoins, après avoir comparé leur description avec la noire, on ne peut guère en douter; car, de tous les oiseaux de ce genre, le balbuzard est le seul qui puisse être mis avec les aigles , le seul qui ait le bas des jambes et les pieds bleus , le bec tout noir, les jambes longues et les pieds petits à proportion du corps. Je pense donc, avec MM. de l’Académie, que leur oiseau est le vrai haliœtus d’Arislole, c’està-dire notre balbuzard, et que c’étoit une des plus grandes femelles de cette espèce qu’ils ont décrite et disséquée.

Les parties intérieures du balbuzard différent peu de celles des aigles. MM. de TAcadémie n’ont remarqué de différences consi-

OISEAUX DE PROIE

dérables que dans le foie, qui est bien plus petit dans le balbuzard; dans les deux cæcum de la femelle, qui sont aussi moins grands; dans la position de la rate, qui est immédiatement adhérente au côté droit de l’estomac dans l’aigle, au lieu que dans le balbu-

zard elle étoit située sous le lobe droit du foie; dans la grandeur des reins, le balbuzard les ayant à peu près comme les autres oiseaux, qui les ont ordinairement fort grands à proportion des autres animaux, et l’aigle les ayant au contraire plus petits.

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L’ORFRAIE

L’orfraie ( ossfraga ) a été appelée par nos nomenclateurs le grand aigle de mer. Elle est en effet à peu près aussi grande que le grand aigle; il paroît même qu’elle a le corps plus long à proportion, mais elle a les ailes plus courtes : car l’orfraie a jusqu’à trois pieds et demi de longueur depuis le bout du bec à l’extrémité des ongles, et en même temps elle n’a guère que sept pieds de vol ou d’envergure ; tandis que le grand aigle, qui n’a communément que trois pieds deux ou trois pouces de longueur de corps, a huit et jusqu’à neuf pieds de vol. Cet oiseau est d’abord très-remarquable par sa grandeur, et il est reconnoissable, i° par la couleur et la figure de ses ongles, qui sont d’un noir brillant , et forment un demicercle entier; 20 par les jambes, qui sont nues à la partie inférieure, et dont la peau est couverte de petites écailles d’un jaune vif; 3° par une barbe de plumes qui pend sous le menton, ce qui lui a fait donner le nom d 'aigle barbu. L’orfraie se tient volontiers près des bords de la mer, et assez souvent dans le milieu des terres à portée des lacs, des étangs et des rivières poissonneuses : elle n’enlève que le plus gros poisson , mais cela n’empêche pas qu’elle 11e prenne aussi du gibier; et, comme elle est très-grande et très-forte, elle ravit et emporte aisément les oies et les lièvres, et même les agneaux et les chevreaux. Aristote assure que non seulement l’orfraie femelle soigne ses petits avec la plus grande affection , mais que même elle en prend pour les petits aiglons qui ont été chassés par leurs père et mère, et qu’elle les nourrit comme s’ils lui appartenoient. Je ne trouve pas que ce fait , qui est assez singulier, et qui a été répété par tous les naturalistes, ait été vérifié par aucun; et ce qui m’en feroit douter, c’est que cet oiseau ne pond que deux œufs, et n’élève ordinairement qu’un petit, et que par conséquent on doit présumer qu’il se trouveroit

très-embarrassé s’il avoit à soigner et nourrir une nombreuse' famille. Cependant il n’y a guère de faits dans Y Histoire des Animaux d’Aristote qui ne soient vrais, ou du moins qui 11’aient un fondement de vérité : j’en ai vérifié moi-même plusieurs qui me paroissoient aussi suspects que celui-ci ; et c’est ce qui me porte à recommander à ceux qui se trouveront à portée d’observer cet oiseau de tâcher de s’assurer du vrai ou du faux de ce fait. La preuve, sans aller chercher plus loin, qu’ Aristote voyoit bien et disoit vrai presque en tout, c’est un autre fait, qui d’abord paroît encore plus extraordinaire, et qui demandoit également à être constaté. L’orfraie, dit-il, a la vue foible, les yeux lésés et obscurcis par une espèce de nuage : en conséquence , il paroît que c’est la principale raison qui a déterminé Aristote à séparer l’orfraie des aigles, et la mettre avec la chouette et les autres oiseaux qui ne voient pas pendant le jour. A juger de ce fait par les résultats, 011 le croiroit non seulement suspect, mais faux: car tous ceux qui ont observé les allures de l’orfraie ont bien remarqué qu’elle voyoit assez pendant la nuit pour prendre du gibier, et même du poisson , mais ils 11e se sont pas aperçus qu’elle eût la vue foible, ni qu’elle vit mal pendant le jour: au contraire, elle vise d’assez loin le poisson sur lequel elle veut fondre; elle poursuit vivement les oiseaux dont elle veut faire sa proie; et quoiqu’elle vole moins vite que les aigles, c’est plutôt parce qu’elle a les ailes plus courtes que les yeux plus foibles. Cependant le respect qu’on doit à l’autorité du grand philosophe que je viens de citer a engagé le célèbre Aldi ovande à examiner scrupuleusement les yeux de l’orfraie ; et il a reconnu que l’ouverture de la pupille, qui d’ordinaire n’est recouverte que par la cornée, l’étoil encore dans cet oiseau par une membrane extrêmement mince, et qui forme en effet l’apparence d’une petite

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Oiseaux de proie . Famille des Diurnes.

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