DE LA CHINE
La figure de nos planches enluminées 1 n’a été dessinée que d’après l’oiseau empaillé, et je ne doute pas que celle de M. Edwards, qui a été faite et retouchée à loisir d’après le vivant, et qui a été recherchée pour les plus petits détails d’après foiseau mort , ne représente plus exactement ce faisan, et ne donne une idée plus juste de son port , de son air, etc.
Il est aisé de juger, par la seule inspection de la figure, que c’est une variété du faisan , modelé , pour la forme totale, sur les proportions du tricolor huppé de la Chine, mais beaucoup plus gros, puisqu’il surpasse même le faisan d Europe : il a a\ec ee dernier un trait de ressemblance bien remarquable, c’est la bordure rouge des yeux, qu’il a même plus large et plus étendue; car elle lui tombe de chaque côté au dessous du bec inférieur, en forme de barbillons , et d’autre part elle s’élève comme une double crête au dessus du bec supérieur. La femelle est un peu plus petite que le mâle, dont elle différé beaucoup par la couleur; elle n’a ni le dessus du corps blanc comme lui, ni le dessous d’un beau noir, avec des reflets de pourpre : on n’aperçoit dans tout son plumage qu’une échappée de blanc au dessous des yeux; le reste est d'un rouge brun plus ou moins foncé , excepté sous le ventre et dans les plumes latérales de la queue, où l’on voit des bandes noires transversales sur un fond gris. A tous autres égards, la femelle diffère moins du mâle dans cette race que dans toutes les autres races de faisan; elle a comme lui une huppe sur la tête, les yeux entourés d’une bordure rouge, et les pieds de même couleur.
Comme aucun naturaliste , ni même aucun voyageur, ne nous a donné le plus léger indice sur f origine du faisan noir et blanc, nous sommes réduits sur cela aux seules conjectures : la mienne seroit que de même
i. N° 123, le mâle -, et n° 124, la femelle.