‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 137 sur 361 · LA PETITE PERDRIX GRISE · texte numérisé non relu

LA PETITE PERDRIX GRISE

J’appelle ainsi la perdrix de Damas d’Aldrovande, qui est probablement la même que la petite perdrix de passage qui se montre de temps en temps en différentes provinces de France.

Elle ne diffère pas seulement de la perdrix grise par sa taille , qui est constamment plus petite, mais encore par son bec, qui est plus allongé, par la couleur jaune de ses pieds, et surtout par l’habitude qu’elle a de changer de lieu et de voyager. On en voit quelquefois dans la Brie et ailleurs passer par bandes très-nombreuses, et poursuivre leur chemin sans s’arrêter. Un chasseur des environs de Montbard , qui chassoit à la chanterelle au mois de mars dernier (1770), en vit une volée de cent cinquante ou deux cents , qui parut se détour-

ner, attirée par le cri de la chanterelle , mais qui, dès le lendemain, avoit entièrement disparu. Ce seul fait, qui est très-certain, annonce et les rapports et les différences qu’il y a entre ces deux perdrix : les rapports, puisque ces perdrix étrangères furent attirées par le chant d'une perdrix grise; les différences , puisque ces étrangères traversèrent si rapidement un pays qui convient aux perdrix grises et même aux rouges, les unes et les autres y demeurant toute l’année; et ces différences supposent un autre instinct, et par conséquent une autre organisation , et au moins une autre race. Il 11e faut pas confondre cette perdrix de Damas ou de Syrie avec la syroperdix d’Élieu, que l’on trou voit aux environs d’Antioche, qui avoit le plumage noir , le bec de couleur

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