‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 175 sur 361 · LE FREUX, OU LA FRAYGYNE · texte numérisé non relu

LE FREUX, OU LA FRAYGYNE

Le freux, n° 484, est d’une grosseur moyenne entre le corbeau et la corbine, et il a la voix plus grave que les autres corneilles. Son caractère le plus frappant et le plus distinctif c’est une peau nue , blanche, farineuse, et quelquefois galeuse, qui environne la base de son bec, à la place des plumes noires et dirigées en avant, qui, dans les autres espèces de corneilles , s’étendent jusque sur l’ouverture des narines : il a aussi le bec moins gros , moins fort , et comme râpé. Ces disparités , si superficielles en apparence , en supposent de plus réelles et de plus considérables.

Le freux n’a le bec ainsi râpé , et sa base dégarnie de plumes, que parce que, vivant principalement de grains , de petites racines,

et de vers , il a coutume d’enfoncer son bec fort avant dans la terre pour chercher la nourriture qui lui convient; ce qui 11e peut manquer, à la longue, de rendre le bec raboteux, et de détruire les germes des plumes de sa base , lesquelles sont exposées à un frottement continuel x. Cependant il 11e

1. M. Daubenton le jeune, garde-démonstrateur du Cabinet d’Histoire naturelle au Jardin du Roi , fit dernièrement, en se promenant à la campagne, une observation qui a rapport à ceci. Ce naturaliste, à qui l’ornithologie a déjà tant d’obligations, vit de loin , dans un terrain tout-à-fait inculte, six corneilles dont il ne put distinguer l’espèce , lesquelles paroissoient fort occupées à soulever et retourner les pierres éparses çà et là , pour faire leur profit des vers et des insectes qui étoient cachés dessous. Elles y aboient avec tant d’ardeur, qu’elles

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