LA PIE I)ES ANTILLES
a, à la vérité , le bec, les pieds, et le plumage des mêmes couleurs : mais il paroit avoir le corps plus gros, et le bec du double plus long; outre cela il se plaît dans les contrées les plus froides du Mexique, et il a le naturel, les mœurs, et le cri de l’ctourneau. Il est difficile , ce me semble , de reconnoître à ces traits la pie de la Jamaïque de Catesby ; et , si l’on veut le rapporter au même genre, on ne peut au moins se dispenser d’en faire une espèce séparée , d’autant plus que Fernandès, le seul naturaliste qui l’ait vu , lui trouve plus d’analogie avec l’étourneau qu’avec la pie ; et ce témoignage doit être de quelque poids auprès de ceux qui ont éprouvé combien le premier coup d’œil d’un observateur exercé , qui saisit rapidement le caractère naturel de la physionomie d’un animal, est plus décisif et plus sur pour le rapporter à sa véritable espece, que l’examen détaillé des caractères de pure convention , que chaque méthodiste établit à son gré.
Au reste, il est très-facile et très-excusable de se tromper en parlant de ces espèces étrangères , qui ne sont connues que par des descriptions incomplètes et par de mauvaises figures.
Je dois ajouter que l’isana a cette sorte de ris moqueur ordinaire à la plupart des oiseaux qu’on appelle des pies en Amérique.