‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 221 sur 361 · Les habitans des îles d’Arou croient que ces · texte numérisé non relu

Les habitans des îles d’Arou croient que ces

oiseaux naissent à la vérité avec des pieds, mais

qu’ils sont sujets à les perdre, soit par maladie, soit

par vieillesse. Si le fait étoit vrai, il seroit la cause de l’erreur et son excuse: et s’il étoit vrai , comme le dit Olaiis Wormius, que chacun des doigts de cet oiseau eut trois articulations , ce seroit une singularité de plus; car l’on sait que, dans presque tous les oiseaux , le nombre des articulations est différent dans chaque doigt, le doigt postérieur n’en ayant que deux, compris celle de l’ongle , et parmi les antérieurs l’interne en ayant trois, celui du milieu quatre, et l’externe cinq.

queue véritable, et se confondant, pour ainsi dire, avec elle, lui foui une espèce de fausse queue à laquelle plusieurs observateurs se sont mépris. Ces plumes subalaires 4 sont de celles que les naturalistes nomment décomposées : elles sont très-légères en ellesmêmes, et forment, par leur réunion, un tout encore plus léger, un volume presque sans masse et comme aérien, très-capable d’augmenter la grosseur apparente de 1 oiseau 5, de diminuer sa pesanteur spécifique, et de l’aider à se soutenir dans l’air, mais qui doit aussi quelquefois mettre obstacle à la vitesse du vol el nuire à sa direction , pour peu que le vent soit contraire : aussi a-t-on remarqué que les oiseaux de paradis cherchent à se mettre à l’abri des grands vents6, et choisissent pour leur séjour ordinaire les contrées qui y sont le moins exposées.

Ces plumes sont au nombre de quarante ou cinquante de chaque côté, et de longueurs inégales; la plus grande partie passe sous la véritable queue, et d autres passent par dessus sans la cacher, parce que leurs barbes effilées et séparées composent, par leurs entrelacemens divers, un tissu à larges mailles, et, pour ainsi dire, transparent; effet très-difficile à bien rendre dans une enluminure.

On fait grand cas de ces plumes dans les Indes, et elles y sont fort recherchées. Il n’y a guère qu’un siècle qu’on les employoit aussi en Europe aux mêmes usages que celles d’autruche ; et il faut convenir qu’elles sont Irès-propres, soit par leur légèreté , soit par leur éclat, à l’ornement et à la parure; mais les prêtres du pays leur attribuent je ne sais quelles vertus miraculeuses qui leur donnent un nouveau prix aux yeux du vulgaire, et qui out valu à l’oiseau auquel elles appartiennent le nom d 'oiseau de Dieu,

Ce qu’il y a de plus remarquable après cela dans l’oiseau de paradis, n° 254, ce sont les deux longs filets qui naissent au dessus de la queue véritable, et qui s’étendent plus d'un pied au delà de la fausse queue formée par les plumes subalaires . Ces filets ne sont effectivement des filets que

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