Je les nomme ainsi parce qu’elles naissent sub ata
5. Aussi dit-on qu’il a la grosseur apparente du pigeon, quoiqu’il soit en effet moins gros que le merle.
6. Les îles d’Arou sont divisées en cinq îles : il n’y a que celle du milieu où l’on trouve ces oiseaux ; ils ne paroissent jamais dans les autres, parce que, étant d’une nature très-foible , ils ne peuvent pas supporter les grands vents.
L’OISEAU DE PARADIS
dans leur partie intermédiaire : encore celte partie elle-même est-elle garnie de petites barbes très-courtes, ou plutôt de naissances de barbes ; au lieu que ces mêmes filets sont revêtus, vers leur origine et vers leur extrémité , de barbes d’une longueur ordinaire. Celles de l’extrémité sont plus courtes dans la femelle; et c’est, suivant M. Brisson , la seule différence qui la distingue du mâle ».
La tête et la gorge sont couvertes d’une espèce de velours formé par de petites plumes droites, courtes, fermes et serrées; celles de la poitrine et du dos sont plus longues , mais toujours soyeuses et douces au toucher. Toutes ces plumes sont de diverses couleurs, comme on le voit dans la figure, et ces couleurs sont changeantes et donnent différens reflets , selon les différentes incidences de la lumière; ce que la figure ne peut exprimer.
La tète est fort petite à proportion du corps; les yeux sont encore plus petits et placés très-près de l’ouverture du bec, lequel devroit être plus long et plus arqué dans la planche enluminée. Enfin Clusius assure qu’il n’y a que dix pennes à la queue; mais sans doute il ne les avoit pas comptées sur un sujet vivant; et il est douteux que ceux qui nous viennent de si loin aient le nombre de leurs plumes bien complet, d’autant que cette espèce est sujette à une mue considérable, et qui dure plusieurs mois chaque année. Ils se cachent pendant ce temps-là , qui est la saison des pluies pour le pays qu’ils habitent : mais au commencement du mois d’aout, c’est-à-dire après la ponte , leurs plumes reviennent ; et pendant les mois de septembre et d’octobre, qui sont un temps de calme, ils vont par troupes, comme font les étourneaux en Europe.
Ce bel oiseau n’est pas fort répandu : on ne le trouve guère que dans les parties de l’Asie où croissent les épiceries , et particulièrement dans les îles d’Arou : il n’est point inconnu dans la partie de la Nouvelle-Guinée qui est voisine de ces îles, puisqu’il y a un nom ; mais ce nom même , qui est burongarou, semble porter l’empreinte du pays originaire.
L’attachement exclusif de l’oiseau de paradis pour les contrées où croissent les épiceries donne lieu de croire qu’il rencontre sur ces arbres aromatiques la nourriture qui lui convient le mieux ; du moins est-il certain qu’il ne vit pas uniquement de la rosée. J. Otton-Helbigius, qui a voyagé aux
i, Les babitans du pays disent que les femelles sont plus petites que les mâles.
Indes, nous apprend qu’il se nourrit de baies rouges que produit un arbre fort élevé : Linnæus dit qu’il fait sa proie des grands papillons; et Eontius , qu’il donne quelquefois la chasse aux petits oiseaux et les mange. Les bois sont sa demeure ordinaire; il se perche sur les arbres , où les Indiens l’attendent cachés dans les huttes légères qu’ils savent attacher aux branches, et d’où ils les tirent avec leurs flèches de roseau. Son vol ressemble à celui de l’hirondelle, ce qui lui a fait donner le nom à' hirondelle de. Ternale ; d’autres disent qu’il a en effet la forme de l’hirondelle, mais qu’il a le vol plus élevé , et qu’on le voit toujours au haut de l’air.
Quoique Maregrave place la description de cet oiseau parmi les descriptions des oiseaux du Brésil, on ne doit point croire qu’il existe en Amérique , à moins que les vaisseaux européens ne l’y aient transporté ; et je fonde mon assertion non seulement sur ce que Maregrave n’indique point son nom brasilien , comme il a coutume de faire à l’égard de tous les oiseaux du Brésil , et sur le silence de tous les voyageurs qui ont parcouru le nouveau continent et les îles adjacentes, mais encore sur la loi du climat : cette loi ayant été établie d’abord pour les quadrupèdes, s’est ensuite appliquée d’ellemême à plusieurs espèces d’oiseaux , et s’applique particulièrement à celle-ci, comme habitant les contrées voisines de l’équateur, d’où la traversée est beaucoup plus difficile , et comme n’ayant pas l’aile assez forte , relativement au volume de ses plumes : car la légèreté seule ne suffit point pour faire une telle traversée , elle est même un obstacle dans les cas des vents contraires , ainsi que je l’ai dit. D’ailleurs comment ces oiseaux se seroient-ils exposés à franchir des mers immenses pour gagner le nouveau continent, tandis que même dans l’ancien ils se sont resserrés volontairement dans un espace assez étroit , et qu’ils n’ont point cherché à se répandre dans les contrées contiguës qui sembloient leur offrir la même température, les mêmes commodités, et les mêmes ressources ?
U ne paroît pas que les anciens aient connu l’oiseau de paradis. Les caractères si frappans et si singuliers qui le distinguent de tous les oiseaux, ces longues plumes sualaires, ces longs filets de la queue, ce velours naturel dont la tète est revêtue, etc., ne sont nulle part indiqués dans leurs ouvrages ; et c’est sans fondement que Belon a prétendu y retrouver le phénix des anciens,