LE CONDOR
rien qui ait vie ; mais je sais qu’il y en a qui ont tué des agneaux et que les serpens sont leur nourriture ordinaire. La coutume de ces oiseaux est de se jucher plusieurs ensemble sur de vieux pins et des cyprès, où ils restent le matin pendant plusieurs heures, les ailes déployées1. Ils ne craignent guère le danger et se laissent approcher de près , surtout lorsqu’ils mangent. »
Nous avons cru devoir rapporter au long tout ce que l’on sait d’historique au sujet de cet oiseau , parce (pie c’est souvent des pays étrangers et surtout des déserts qu'il faut tirer les mœurs de la nature. Nos animaux et même nos oiseaux, continuellement fugitifs devant nous, n’ont pu conserver leurs véritables habitudes naturelles; et c’est dans celles de ce vautour des déserts de l’Amérique que nous devons voir ce que seroient celles de nos vautours s’ils n’éloient pas sans cesse inquiétés dans nos contrées trop habitées pour les laisser se rassembler, se multiplier et se nourrir en si grand nombre ; ce sont leurs mœurs primitives; partout ils sont voraces, lâches, dégoûtans, odieux et , comme des loups , aussi nuisibles pendant leur vie qu’inutiles après leur mort.