LE BALTIMORE
Cet oiseau d’Amérique a pris son nom de quelque rapport aperçu entre les couleurs de son plumage ou leur distribution, et les armoiries de milord Baltimore. C’est un petit oiseau de la grosseur d’un moineau franc, pesant un peu plus d’une once, qui a six à sept pouces de longueur, onze à douze de vol , la queue composée de douze pennes, longue de deux à trois pouces, et dépassant les ailes en repos presque de la moitié de sa longueur. Une sorte de capuchon d’un beau noir lui couvre la tète , et descend par devant sur la gorge , et par derrière jusque sur les épaules. Les grandes couvertures et les pennes des ailes sont pareillement noires, ainsi que les pennes de la queue; mais les premières sont bordées de blanc, et les dernières ont de l’orangé à leur extrémité , et d’autant plus qu’elles s’éloignent davantage des deux pennes du milieu , qui n’en ont point du tout : le reste du plumage est d’un très bel orangé; enfin le bec et les pieds sont de couleur de plomb.
La femelle que j’ai observée dans le Cabinet du Roi a\oit toute la partie antérieure d’un beau noir, comme le mâle, la queue de la même couleur , les grandes couvertures et les pennes des ailes noirâtres, le tout sans
aucun mélange d’autre couleur 1 ; et tout ce qui est d’un si bel orangé dans le mâle, elle •l’avoit d’un rouge terne.
J’ai dit plus haut que le bec des ballimores étoit non seulement plus court à proportion et plus droit que celui des carouges, des troupiales, et des cassiqties, mais d’une forme particulière : c’est celle d’une pyramide à cinq pans, dont deux pour le bec supérieur, et trois pour le bec inférieur. J’ajoute qu’ils ont le pied ou plutôt le tarse plus grêle que les carouges et les troupiales.
Les ballimores disparoissent l’hiver, du moins en Virginie et dans ie Mary land , où Catesby les a observés. Ils se trouvent aussi dans le Canada; mais Catesby n’en a point vu dans la Caroline.
Ils font leur nid sur les plus grands arbres, tels que peupliers, tulipiers, etc. : ils l’attachent à l’extrémité d’une grosse branche, et il est ordinairement soutenu par deux petits rejetons qui entrent dans ses bords; en (pioi les nids des baltimores me paroissent avoir du rapport avec celui de nos loriots.
x. M. Brisson remarque que l’oiseau donné par Catesby pour la femelle du baltimore bâtard paroit être plutôt celle du baltimore véritable.
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