LA GRIVE
Cette espèce 2 , que je place ici la première, parce qu’elle a donné son nom au genre , n’est que la troisième dans l’ordre de la grandeur. Elle est fort commune en certains cantons de la bourgogne, où les gens de la campagne la commissent sous les noms de grivelte et de mauviette. Elle arrive ordinairement chaque année à peu près au temps des vendanges, et semble être attirée par la maturité des raisins, et c’est pour cela sans doute qu’on lui a donné le nom de grive de vigne : elle disparoît aux gelées , et se remontre aux mois de mars et d’avril, pour disparoitre encore au mois de mai. Chennn faisant , la troupe perd toujours quelques traineurs qui 11e peuvent suivre, ou qui , plus pressés que les autres par les douces influences du printemps, s’arrêtent dans les forêts qui se trouvent sur leur passage pour y faire leur ponte 3. C’est par cette raison qu’il reste toujours quelques grives dans nos bois , où elles font leur nid sur les pommiers et les poiriers sauvages, et même sur les genévriers et dans les buissons, comme on l’a observé en Silésie et en Angleterre. Quelquefois elles l’attachent contre
1. En latin, turdus , turdus minor, liirdus musicus ; en italien, lardo mezzano ; en espagnol , zorzal ; en allemand, drosse/ ou drostel (mot qui s’altère de sept on huit façons différentes , selon les différens dialectes, et auquel on ajoute quelquefois des épithètes qui ont rapport ou au plumage ou au chant de cet oiseau), sing-drostel , weiss-drostel , etc.; en anglois , t/irostle , t/irossel , thrush , song - l/trush , maris.