Tel est l’individu représenté par M. Edwards, planche
2. Cela ne paroît point du tout dans la figure de M, Sloane, et il n’en est point question dans la description.
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LE MERLE
Lk male adulte, n° a, dans cette espèce, est encore plus noir cpie le corbeau; il est d’un noir plus décidé, plus pur, mais altéré par des reflets : excepté le bec, le tour des yeux , le talon, et la plante du pied, qu’il a plus ou moins jaune, il est noir partout et dans tous les aspects; aussi les Anglois rappellent-ils Y oiseau noir par excellence. La femelle, au contraire, n’a point de noir décidé dans tout son plumage , mais différentes nuances de brun mêlées de roux et de gris; son bec ne jaunit que rarement; elle ne chante pas non plus comme le mâle , et tout cela a donné lieu de la prendre pour un oiseau d’une autre espèce.
lies merles ne s’éloignent pas seulement du genre des grives par la couleur du plumage et par la différente li\rée du mâle et de la femelle, mais encore par leur cri que tout le monde connoit , et par quelques-unes de leurs habitudes. Ils ne voyagent ni ne vont en troupes comme les grives, et néanmoins, quoique plus sauvages entre eux, ils le sont moins à l’égard de l’homme; car nous les apprivoisons plus aisément que les grives, et ils ne se tiennent pas si loin des lieux habités. Au reste, ils passent communément pour être très-fins, parce qu’ayant la vue perçante, ils découvrent les chasseurs de fort loin et se laissent approcher difficilement; mais, en les étudiant de plus près, on reconnoît qu’ils sont plus inquiets que rusés, plus peureux que défiants, puisqu’ils se laissent prendre aux gluaux , aux lacets , cl à toutes sortes de pièges, pourvu que la main qui les a tendus sache se rendre invisible.
Lorsqu’ils sont renfermés avec d’autres oiseaux plus foibles, leur inquiétude naturelle se change en pétulance; ils poursuivent, ils tourmentent continuellement leurs compagnons d’esclavage, et, par cette raison , on ne doit pas les admettre dans les volières où l’on veut rassembler et conserver plusieurs espèces de petits oiseaux.
On peut , si l’on veut , en élever à part à cause de leur chant, non pas de leur chant naturel, qui n’est guère supportable qu’en pleine campagne, mais à cause de la facilité qu’ils ont de le perfectionner, de retenir les airs qu’on leur apprend , d’imiter différens bruits , différens sons d’instrumens, et même de contrefaire la voix humaine.
Comme les merles entrent de bonne heure en amour, et presque aussitôt que les grives, ils commencent aussi à chanter de bonne heure ; et comme ils ne le font pas pour une seule ponte, ils continuent de chanter bien avant dans la belle saison : ils chantent donc lorsque la plupart des autres chantres des bois se taisent et éprouvent la maladie périodique de la mue; ce qui a pu faire croire à plusieurs que le merle n’étoit point sujet à cette maladie; mais cela n’est ni vrai, ni même vraisemblable ; pour peu qu’on fréquente les bois, on voit ces oiseaux en mue sur la fin de l’été; on en trouve même quelquefois qui ont la tête entièrement chauve : aussi Olina et les auteurs de la Zoolosie
britannique disent-ils que le merle se tait, comme les antres oiseaux, dans le temps de la mue, et les zoologues ajoutent qu’il recommence quelquefois à chanter au commencement de l’hiver ; mais le plus souvent, dans cette saison, il n’a qu’un cri enroué et désagréable.
Les anciens prétendoient que , pendant celte même saison , son plumage changeoit de couleur et prenoil du roux, et Olina, l’un des modernes qui a le mieux connu les oiseaux dont il a parlé , dit que cela arrive en automne, soit que ce changement de couleur soit un effet de la mue , soit que les femelles et les jeunes merles , qui sont en effet plus roux que noirs, soient en plus grand nombre et se montrent alors plus fréquemment que les mâles adultes.
Ces oiseaux font leur première ponte sur la fin de l’hiver; elle est de cinq ou six œufs d’un vert bleuâtre , avec des taches couleur de rouille , fréquentes et peu distinctes. Il est rare que celte première ponte réussisse, à cause de l’intempérie de la saison ; mais la seconde va mieux, et n’est que de quatre ou cinq œufs. Le nid des merles est construit à peu près comme celui des grives , excepté qu’il est matelassé en dedans : ils le font ordinairement dans les buissons , ou sur des arbres de hauteur médiocre; il semble même qu’ils soient portés naturellement à le placer près de terre , et que ce n’est que par l’expérience des inconvéniens qu’ils apprennent à le mettre plus haut. On m’en a rapporté un , une seule fois , qui avoit été pris dans le tronc d’un pommier creux.
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