VARIÉTÉS DU MERLE A PLASTRON
merle à plastron blanc; d’ailleurs il est oiseau de passage comme lui et passe dans le même temps. Enfin n’est-d pas évident que la nature du merle à plastron blanc a plus de tendance au blanc, et n’est il pas naturel de croire que la cou'eur blanche qui existe dans son plumage, peut s'étendre avec plus de facilité sur les plumes voisines que le plumage du merle ordinaire ne peut changer en entier du noir au blanc? Ces raisons m’ont paru suffisantes pour m’autoriser à regarder la plupart des merles blancs , ou tachetés de blanc, comme des variétés dans l’espece du merle à plastron blanc. Le merle blanc (pie j’ai observé avoit les pennes des ailes et de la queue plus blanches (pie tout le reste, et le dessus du corps, excepté le sommet de la tète, d’un gris plus clair que le dessous du corps ; le bec étoil brun , avec uii peu de jaune sur les bords : il y avoit aussi dn jaune sous la gorge et sur la poitrine, et les pieds étoient d’un gris brun foncé. On l’avoit pris aux environs de Montbard, dans les premiers jours de novembre, avant qu’il eût encore gelé, c’est-à-dire, au temps juste du passage des merles à plastron blanc, puisque peu de jours auparavant on m’en avoit apporté deux de cette dernière espèce.
Parmi les merles tachetés de blanc, cette dernière couleur se combine diversement avec le noir ; quelquefois elle se répand exclusivement sur les pennes de la queue et les ailes, que cependant l’on dit être moins sujettes aux variations de couleur, tandis que toutes les autres plumes , que l’on regarde comme étant d’une couleur moins fixe, conservent leur noir dans toute sa pureté; d’autres fois elle forme un véritable collier qui tourne tout autour du cou de l’oiseau, et qui est moins large que le plastron blanc du merle précédent. Cette variété n’a point
échappé à Reion , qui dit avoir vu en Grèce, en Savoie, et dans la vallée de Maurienne, une grande quantité de merles au collier, ainsi nommés parce qu’ils ont une ligne blanche qui leur tourne tout le cou. M. Lottinger, qui a eu occasion d’étudier ces oiseaux dans les montagnes de la Lorraine, où ils font quelquefois leur ponte, m’assure qu’ils y nichent de très-bonne heure ; qu’ils construisent et posent leur nid à peu près comme la grive; (pie l’éducation de leurs petits se trouve achevée des la fin de juin ; qu’ils font un voyage tous les ans, mais que leur départ n’est rien moins qu’à jour nommé : il commence sur la fin dé juillet, et dure tout le mois d’août , pendant lequel temps on ne voit pas un seul de ces oiseaux dans la plaine, quel qu’en soit le nombre; ce qui prouve bien qu’ils suivent la montagne. On ignore le lieu où ils se retirent. M. Lottinger ajoute (pie cet oiseau, qui éloit autrefois fort commun dans les 'Vosges, y est devenu assez raie.
Le grand merle de montagne. Il est tacheté de blanc, mais n’a point de plastron, et il est plus gros que la draine. U passe en Lorraine tout à la fin de l’automne, et il est alors singulièrement chargé de graisse. Les oiseleurs n’en prennent que très-rarement. Il fait la guerre aux limaçons , et sait casser adroitement leur coquille sur un rocher pour se nourrir de leur chair. A défaut de limaçons , il se rabat sur la graine de lierre. Cet oiseau est un fort bon gibier, mais il dégénère des merles quant à la voix, qu’il a fort aigre et fort triste *.
i. Je tiens ces faits de M. le docteur Lottinger.