‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 305 sur 361 · LE MERLE SOLITAIRE DE MANILLE · texte numérisé non relu

LE MERLE SOLITAIRE DE MANILLE

Cette espèce paroît faire la nuance entre notre merle solitaire et notre merle de roche : elle a les couleurs de celui-ci , et distribuées en partie dans le même ordre; mais elle n’a pas les ailes si longues , quoiqu’elles s’étendent dans leur repos jusqu aux deux tiers de la queue. Son plumage est d’un bleu d’ardoise , uniforme sur la tète , la face postérieure du cou, et le dos; presque entièrement bleu sur le croupion ; moucheté de jaune sur la gorge, la face antérieure du cou, et le haut de la poitrine; plus foncé sur les couvertures des ailes , avec des mouchetures semblables , mais beaucoup plus clairsemées, et quelques taches blanches encore moins nombreuses : le reste du dessous du corps est orangé, moucheté de bleu et de blanc ; les grandes pennes des ailes et de la queue sont noirâtres , et les dernières bordées de roux ; enfin le bec est brun , et les pieds presque noirs.

Ce solitaire, n8 636 , approche de la grosseur de notre merle de roche. Sa longueur totale est d’environ huit pouces, son vol de douze ou treize , sa queue de trois , et son bec d’un seul pouce.

La femelle, n° 564, %• 2, n’a point de bleu ni d’orangé dans son plumage, mais deux ou trois nuances de brun , qui forment entre elles des mouchetures assez régulières sur la tète , le dos , et tout le dessus du corps. Ces deux oiseaux faisoient partie de l’envoi de M. Sonnerat.

LE MERLE SOLITAIRE

DES PHILIPPINES

On retrouve dans cet oiseau la figure , le port, et le bec des solitaires, et quelque chose du plumage de celui de Manille ; mais il est un peu plus petit. Chaque plume du dessus du corps est d’un roux plus ou moins clair, bordé (le brun; celles du dessous du corps sont brunes et ont un double bord , le plus intérieur noirâtre, et le plus extérieur blanc sale : les petites couvertures des ailes ont une teinte de cendré , et celles du croupion et de la queue sont absolument cendrées; la tète est d’un olive tirant au jaune , le tour des yeux blanchâtre , les pennes de la queue et des ailes brunes bordées de gris, le bec et les pieds bruns.

La longueur totale de ce solitaire , n° 339, est d’environ sept pouces et demi : il a plus de douze pouces de vol , et ses ailes repliées vont jusqu’aux trois quarts de la queue, qui est composée de douze pennes , et n’a que deux pouces deux tiers de long.

Cet oiseau , qui a été envoyé par M. Poivre, a tant de rapports avec le solitaire de Manille, que je serois peu surpris qu’il fut reconnu dans la suite pour u être qu’une simple variété d’âge dans cette espèce, d’autant qu’il vient des mêmes contrées, qu’il est plus petit , et que ses couleurs sont, pour ainsi dire , moyennes entre celles du mâle et celles de la femelle.

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OISEAUX ÉTRANGERS

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