‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 349 sur 361 · LE MERLE NOIR ET BLANC · texte numérisé non relu

LE MERLE NOIR ET BLANC

d’abyssinie.

Le noir règne sur toute la partie supérieure, depuis et compris le bec jusqu’au bout de la queue, à l’exception néanmoins des ailes , sur lesquelles on aperçoit une bande transversale blanche qui tranche sur ce fond noir ; le blanc règne sur la partie inférieure, et les pieds sont noirâtres. Cet oiseau est à peu près de la grosseur du mau-

vus , mais d’une forme un peu plus arrondie ; il a la queue ronde et carrée par le bout, et les ailes si courtes, qu’elles ne s’étendent guère au delà de l’origine de la queue ; il chante à peu près comme le coucou, ou plutôt comme ces horloges de bois qui imitent le chant du coucwu.

Il se tient dans les bois les plus épais , où il seroit souvent difficile de le découvrir s’il n’étoit décelé par son chant : ce qui peut faire douter qu’en se cachant si soigneusement dans les feuillages, il ait intention de se dérober au chasseur; car, avec une pareille intention , il se garderoit bien d’élever la voix : l’instinct, qui est toujours conséquent, lui eût appris que souvent ce 11’est point assez de se cacher dans l’obscurité pour vivre heureux, mais qu’il faut encore savoir garder le silence.

Cet oiseau vit de fruits et de baies, comme nos merles et nos grives.

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