LA PETITE
Il faut qu’elle ne soit pas non plus bien commune en Allemagne, puisque Frisch, qui s’attache à décrire et représenter les oiseaux de cette région , et qui parle assez au long de la grande, outarde, ne dit pas un mot de celle-ci , et que Schwenckl’eld ne la nomme seulement pas.
Gesner se contente de donner son nom dans la liste des oiseaux qu’il n’avoit jamais vus; et il est bien prouvé qu’en effet il n’avoit jamais vu celui-ci , puisqu’il lui suppose des pieds velus comme à i ’attagas; ce qui donne lieu de croire qu’il est au moins fort rare en Suisse.
Les auteurs de la Zoologie britannique, qui se sont voués à ne décrire aucun animal qui ne lui breton ou d’origine bretonne, auroient cru manquer à leur vo'ti s’ils eussent décrit une 'petite outarde qui avuiî été cependant tuée dans la province de Cornouailles, mais qu’ils ont regardée comme un oiseau égaré, et toul-à-fâit étranger à la Grande-Bretagne : elle l’est en elfe! à un tel point, qu’un individu de cette espèce ayant été présenté à la Société royale, aucun des membres qui étoient présens ce jour-là ne le reconnut , et qu’on fut obligé de députer à M. Edwards pour savoir ce que e’étoit.
D’un autre côté , Belon nous assure que, de son temps, les ambassadeurs de Venise, de Ferrure, et du pape, à qui i! en montra une, ne la reconnurent pas mieux, ni personne de leur suite, et <pie quelques-uns la prirent pour une faisane ; d’où il conclut avec raison qu'elle doit être fort rare en Italie; et cela est vraisemblable, quoique M. Ray, passant par Modem", en ait vu une au marché. Voilà donc la Pologne, la Suède, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, et l'Italie, à excepter du nombre des pays de l’Europe où se trouve la petite outarde; et ce qui pourvoit faire croire que ces exceptions sont encore tres-bmitées , et que la France est le seul climat propre, le seul pays naturel de cet oiseau, c’est que les naturalistes françois sont ceux qui parois-
OUTAKDE.
sent le connoître mieux , et presque les seuls qui en parlent d’après leurs propres observations , et que tous les autres , excepté M. Klein, qui n’en avoit vu qu’un, n’en parlent (pie d’après Belon.
Mais il ne faut pas même croire que la petite outarde soit également commune dans tous les cantons delà France; je commis de très-grandes provinces de ce royaume où elle ne se voit point.
M. Salerne dit qu’on la trouve assez communément dans la Beauce ( où cependant elle n’est que passagère), qu’on la voit arriver vers le milieu d’avril , et s’en aller aux approches de ! hiver : il ajoute qu’elle se plaît dans les terres maigres et pierreuses; raison pourquoi on l'appelle canepétrace , et ses petits pt traceaux. On la voit aussi dans le Berri, où elle est connue sous le nom de canepétratte. Enfin, elle doit être commune dans le Maine et la Normandie, puisque Belon , jugeant de tout <4 les autres provinces de Fiance par. celle-ci qu’il commissent mieux, avance qu7/ n’y a paysan clans ce royaume qui rtc la sache nommer.
La petite outarde est naturelleinent rusée et soupçonneuse, au point que cela a passé en proverbe, et que l’on dit des personnes, qui montrent ce caractère, qu’ils font cia la canepetièrc.
Lorsque ces oiseaux soupçonnent quelque danger , ils partent et font un vol de deux ou trois cents pas trés-roide et fort près do terre : puis, lorsqu’ils sont posés, iis courent si vite, qu’à peine un homme les pourvoit atteindre.
La chair de la petite outarde est noire et d’un goût exquis ; M. Klein nous assure que les œufs de la femelle qu’il a eue étoient très-bons à manger, et il ajoute que la chair de cette femelle ctoi.t meilleure que celle de la femelle du petit coq de bruyère; ce dont il pote, où juger par comparaison.
Quant à l’organisation intérieure, elle est à peu près la même, suivant Belon, qtm dans le commun des granivores.
LE LOHONG.
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OISEAUX ETRANGERS