La pesanteur spécifique de la topaze orientale
est de celle du saphir oriental, de 3gp4 1 j
et celle du girasol , de 4oooo. (Tables de Al. Rrisson.)
2. On prétend même qu’en choisissant dans les saphirs ceux qui n’ont qu’une teinte assez légère de bleu, et en les faisant chauffer assez pour faire évanouir cette couleur, ils prennent un éclat plus vif en devenant parfaitement blancs, et que dans cet état ce sont les pierres qui approchent le plus du diamant : cependant il est toujours aisé de les distinguo»; par leur force de réfraction, qui n’approche pas de celle du diamant.
3. La pesanteur spécifique du saphir blanc oriental est de 399 1 1 ; celle du rubis , de 42283. (Tables de Al. Brisson.)
4. Al. l’abbé Rocbon a reconnu que la réfraction du rubis d’Orienl est 208 ; celle de la topaze d’Orient, 199; celle du saphir, 198; et celle du girasol , 19 7.
quer ses observations, croit être fondé à penser que , dans ces pierres , la différence de durelé ne vient que de l’intensité plus ou moins grande de leur couleur 5 ; moins elles sont colorées , plus elles sont dures , en sorte que celles qui sont tout-à-fait blanches sont les plus dures de toutes : je dis tout-à-fait blanches; car indépendamment du diamant, dont il n’est point ici question, il se trouve en effet des rubis , topazes , et saphirs , entièrement blancs , et d’autres en partie blancs , tandis que le reste est coloré de rouge , de jaune ou de bleu.
Comme ces pierres, ainsi que le diamant , ne sont formées que des parties les plus pures et les plus fines de la terre limoneuse, il est à présumer que leurs couleurs ne proviennent que du fer que cette terre contient en dissolution , et sous autant de formes qu’elles offrent de couleurs différentes , dont la rouge est la plus fixe au feu; car la topaze et le saphir s’y décolorent , tandis que
5. Les rubis , le saphir, la topaze , etc. , ne sont que la même matière différemment colorée. L’on croit assez généralement que le rubis est plus dur que le saphir, et que ce dernier l’est plus que la topaze ; mais c’est une erreur : ces trois pierres ont à peu près la même durelé, qui n’est modifiée que par le plus ou moins d'intensité de la couleur, et ce sont toujours les pierres les moins imprégnées de matière colorante qui sont les plus dures , de manière qu’une topaze claire a plus de dureté qu’un rubis foncé ; cela a été constamment observé par les bons lapidaires, et ils ont trouvé très rarement des exceptions à cette règle.
11 arrive quelquefois que la pierre est absolument privée de couleur, riant entièrement blanche, et c’est alors qu’elle a le plus grand degré de dureté ; ce qui s’accorde parfaitement avec ce que je viens de dire. Cette pierre incolorée s’appelle saphir blanc : mais cette dénomination n’est pas exacte ; car elle n’est pas plus saphir blanc que rubis blanc ou topaze blanche. Je crois que cette fausse dénomination ne vient que de la propriété qu’a le saphir légèrement teint de perdre entièrement sa couleur au feu, et que l’on confond les pierres naturellement blanches avec celles qui 11e le deviennent qu’arlificielleinent.
C’est de la couleur bleue que la matière de ces pierres se charge le plus fortement ; il y a des satliirs si foncés, qu’ils en paroissent presque noirs. A' oie communiquée par M. Happé.')
TOPAZE, SAPHIR ET GIRASOL. io5
le rubis conserve sa couleur rouge , ou ne la perd qu’à un feu assez violent pour le
brûler.
Ces pierres précieuses rouges , jaunes , bleues , et même blanches , ou mêlées de ces couleurs, sont donc de la même essence, et ne diffèrent que par cette apparence extérieure : on en a vu qui , dans un assez petit morceau , présenloient distinctement le rouge du rubis, le jaune de la topaze, et le bleu du saphir. Mais au reste ces pierres n'offrent leur couleur dans toute sa beauté que par petits espaces ou dans une partie de leur étendue, et cette couleur est souvent très - inégale ou brouillée dans le reste de leur masse : c'est ce qui fait la rareté et le très-haut prix des rubis, topazes, et saphirs d'une certaine grosseur lorsqu’ils sont parfaits, c’est-à-dire d’une belle couleur veloutée , uniforme , d’une transparence nette, d'un éclat également vif partout , et sans aucun défaut, aucune imperfection dans leur texture; car ces pierres, ainsi que toutes les autres substances transparentes et cristallisées, sont sujettes aux glaces, aux points, aux vergettes ou filets, et à tous les défauts qui peuvent résulter du manque d’uniformité dans leur structure , et de la dissolution imparfaite ou du mélange mal assorti des parties métalliques qui les colorent *.
La topaze d’Orient est d’un jaune vif couleur d’or, ou d’un jauue plus pâle et citrin : dans quelques- unes , .et ce sont les plus belles, cette couleur vive et nette est en même temps moelleuse et comme satinée, ce qui donne encore plus de lustre à la pierre. Celles qui manquent de couleur et qui sont entièrement blanches ne laissent pas de briller d’un éclat assez vif ; cependant on ne peut guère les confondre avec les diamans, car elles n’en ont ni la dureté, ni la force de réfractiou, ni le beau feu. Il en est de même des saphirs blancs; et lors-
i. Les pierres d’Orient sont singulièrement sujettes à être calcédoineuses , glaceuses , et inégales de couleur. Ce sont particulièrement ces trois grands defauts qui rendent les pierres orientales d’une rareté si désespérante pour les amateurs.
Le rouge, le bleu, et le jaune, sont les trois couleurs les plus dominantes et les plus universellement connues dans ces pierres : ce sont justement les trois couleurs mères , c’est-à-dire celles dont les différentes combinaisons entre elles produisent toutes les autres. Excepté le bleu et le jaune, toutes les autres couleurs et nuances n’offrent la pierre d’Orienl que sous un très-petit volume. En général, toute pierre d’Orient quelconque, rigoureusement parfaite , du poids de 36 à 4o grains est une chose très-extraordinaire. ( Note communiquée par M. Iloppé .)
qu’à cet égard on veut imiter la nature, on fait aisément, au moyen du feu, évanouir le jaune des topazes , et encore plus aisément le bleu des saphirs, parce que des trois couleurs rouge, jaune, et bleue, cette dernière est la plus volatile ; aussi la plupart des saphirs blancs répandus dans le commerce ne sont originairement que des saphirs d’un bleu très-pâle , que l’on a fait chauffer pour leur enlever cette foible couleur.
Les contrées de l’Inde où les topazes et les saphirs se trouvent en plus grande quantité sont l’île de Ceylan et les royaumes de Pégu , de Siam, et de Golconde; les voyageurs en ont aussi rencontré à Madagascar ; et je ne doute pas, comme je l’ai dit, qu’on n’en trouvât de même dans les terres du continent de l’Afrique , qui sont celles de l’univers où la chaleur est la plus grande et la plus constante. On en a aussi rencontré dans les sables de quelques rivières de l'Amérique méridionale.
Les topazes d’Orient ne sont jamais d’un jaune foncé ; mais il y a des saphirs de toutes les teintes de bleu , depuis l’indigo jusqu’au bleu pâle : les saphirs d’un bleu céleste sont plus estimés que ceux dont le bleu est plus foncé ou plus clair ; et lorsque ce bleu se trouve mêlé de violet ou de pourpre, ce qui est assez rare, les lapidaires donnent à ce saphir le nom d 'améthyste orientale. Toutes ces pierres bleues ont une couleur suave , et sont plus ou moins resplendissantes au grand jour; mais elles perdent cette splendeur et paroissent assez obscures aux lumières.
J’ai déjà dit et je crois devoir répéter que les rubis , topazes, et saphirs -, ne sont pas, comme les cristaux, attachés aux parois des fentes des rochers vitreux ; c’est dans les sables des rivières et dans les terrains adjacens qu’on les rencontre sous la forme de petits cailloux ; et ce n’est que dans les régions les plus chaudes de l’Asie, de l’Afrique, et de l’Amérique, qu’ils peuvent se former et se forment en effet. Il n’y a que les saphirs trouvés dans le Vélqy qui fassent exception à ce fait général , en supposant qu’ils n’aient, comme les vrais saphirs, qu’une simple réfraction ; ce qu’il faudroit vérifier; car du reste il paroit, par leur densité et leur dureté , qu’ils sont de la même nature que le saphir d’Orient.
Un défaut très -commun dans les saphirs est le nuage ou l’apparence laiteuse qui ternit leur couleur et diminue leur transparence ; ce sont ces saphirs laiteux auxquels
10 6 MINERAUX
on a donné le nom de girasols , lorsque le bleu est teint d’un peu de rouge : mais quoique les couleurs ne soient pas franches dans le girasol, et que sa transparence ne soit pas nette, il a néanmoins de très-beaux reflets, surtout à la lumière du soleil, et il n’a , comme le saphir , qu’une simple réfraction. Le girasol n’est pas une pierre vitreuse , mais une pierre supérieure à tous les extraits du quartz et du schorl : il est en effet spécifiquement aussi pesant que le saphir et la topaze. Ainsi l’on se tromperoit si l’on prenoit le girasol pour une sorte de calcédoine , à cause de la ressemblance de ces deux pierres par leur transparence laiteuse et leur couleur bleuâtre ; ce sont certainement deux substances très-différentes : la calcédoine n’est qu’une sorte d’agate , et le girasol est un saphir, ou plutôt une pierre qui fait la nuance entre le saphir et le rubis; son origine et son essence sont absolument différentes de celles de la calcédoine. Je crois devoir insister sur ce point , parce que la plupart des naturalistes ont réuni le girasol et la calcédoine sur la seule ressemblance de leur couleur bleuâtre et de leur transparence nuageuse. Au reste, les Italiens ont donné à cette pierre le nom d q girasol1, parce qu’à mesure qu’on la tourne, surtout à l’aspect du soleil , elle en réfléchit fortement la lumière ; et comme elle présente à l’œil des reflets rougeâtres et bleus , nous sommes fondés à croire que sa substance participe de celle du saphir et du rubis , d’autant qu’elle est de la même dureté et à peu près de la même densité que ces deux pierres précieuses.
x. Girasole, tournesol, ou soleil qui tourne.
Si le bleu qui colore le saphir se trouvoit mêlé en juste proportion avec le jaune de la topaze, il pourroit en résulter un vert d’émeraude : mais il faut que cette combinaison soit très-rare dans la nature, car on ne connoît point d’émeraudes qui soient de la même dureté et de la même essence que les rubis , topazes , saphirs , et girasols d’Orient ; et , s’il en existe , on ne peut les confondre avec aucune des émeraudes dont nous avons parlé, qui toutes sont beaucoup moins denses et moins dures que ces pierres d’Orient, et qui de plus donnent toutes une double refraction.
On n’avoit jusqu’ici regardé les diamans, rubis , topazes , et saphirs , que comme des cristaux plus parfaits que le cristal âe roche; ©n leur donnoit la même origine ; mais leur combustibilité, leur grande dureté, leur forte densité, et leur réfraction simple, démontrent que leur essence est absolument différente de celle de tous les cristaux vitreux ou calcaires ; et toutes les analogies nous indiquent que ces pierres précieuses , ainsi que les pyrites et les spaths pesans , ont été produites par la terre limoneuse : c’cst par la grande quantité du feu contenu dans les détrimens des corps organisés dont cette terre est composée que se forment toutes ces pierres, qu’on doit regarder comme des corps ignés qui n’ont pu tirer leur feu ou les principes de leur combustibilité que du magasin général des substances combustibles, c’est-à-dire de la terre produite par les détrimens de tous les animaux et de tous les végétaux , dont le feu qui les animoit réside encore en partie dans leurs débris.
CONCRETIONS METALLIQUES.
Les métaux, tels que nous les connoissons et que nous en usons, sont autant l’ouvrage de notre art que le produit de la nature; tout ce que nous voyons sous la forme de plomb, d’étain, de fer, et même de cuivre, ne ressemble point du tout aux mine*s dont nous avons tiré ces métaux : leurs minerais sont des espèces de pyrites ; ils sont tous composés de parties métalliques minéralisées, c’est-à-dire altérées par le mélange intime de la substance du feu fixée par les acides. La pyrite jaune n’est qu’un minerai de cuivre; la pyrite mar-
tiale, un minerai de fer; la galène du plomb et les cristaux de l’étain ne sont aussi que des minerais pyriteux. Si l’on recherche quelles peuvent être les puissances actives capables d’altérer la substance des métaux et de changer leur forme au point de les rendre méconnoissables en les minéralisant, on se persuadera qu’il n’y a que les sels qui puissent opérer cet effet, parce qu’il n’y a que les sels qui soient solubles dans l’eau , et qui puissent pénétrer avec elle les substances métalliques; car on ne doit pas confondre ici le métal calciné par le