‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 11 sur 218 · DU NICKEL · texte numérisé non relu

DU NICKEL

In se trouve assez souvent dans les mines de cobalt un minéral qui ne ressemble à aucun autre, et qui n’a été reconnu que dans ce dernier temps : c’est le nickel. M. Demeste dit « que quand le cuivre et l’arsenic se trouvent joints au fer dans la mine de côbalt , il en résulte un miuéral singulier, qui, dans sa fracture, est d’un gris rougeâtre, et qui a pour ainsi dire son régule propre, parce que dans ce régule le cobalt adhère tellement aux substances métalliques étrangères dont il est mêlé, qu’on n’a pas hésité d’en faire, sous le nom de nickel., un demi-métal particulier. » Mais cette définition du nickel n’est point exacte; car le cuivre n’entre pas comme partie essentielle dans sa composition, et même il ne s’y trouve que très-rarement. M. Bergman est de tous les chimistes celui qui a répandu le plus de lumières sur la nature de ce minéral, qu’il a soumis à des épreuves aussi variées que multipliées. Voici les principaux résultats de ses recherches et de ses expériences.

Hierne , dit-il , est le premier qui ait parlé du kupfer- nickel , dans un ouvrage sur les minéraux, publié en suédois en 1694.

Henckel l’a regardé comme une espèce de cobalt ou d’arsenic mêlé de cuivre. ( PyritoL > chapitres vit et vm.)

Cramer a aussi placé le kupfer-nickcl dans les mines de cuivre ( Doçimast. , paragr. 37 r et 418), et néanmoins on n’en a jamais tire un atome de cuivre. Je dois cependant observer que M. Bergman dit ensuite que le nickel est quelquefois uni au cuivre.

Cronstedt est le premier qui en ait tiré un régule nouveau en r 75 1 .{Actes de Stockholm.)

M. Sage le regarde comme du cobalt mêlé de fer, d’arsenic et de cuivre. {Mémoires de Chimie , 1772.)

M. Monnet pense aussi que c’est du cobalt impur. ( Traité de la Dissolution des métaux.)

Le kupfer-nickel perd à la calpination près d’un tiers et quelquefois moitié de son poids, par la dissipation de l’arsenic et du soufre : ce minéral devient d’autant plus vert qu’il est plus riche. Si on le pulvérise, et qu’on le pousse à la fusion dans un creuset avec trois parties de flux noir, on trouve sous les scories noirâtres et quelquefois bleues un culot métallique du poids du dixième, du cinquième, ou même près de moitié de la mine crue. Ce régule n’est pas pur; il tient encore un peu de soufre et une plus grande quantité d’arsenic, de cobalt, et encore plus de fer magnétique.

L’arsenic adhère tellement à ce régule, que M. Bergman l'ayant successivement calciné et réduit cinq fois, il donuoit encore l’odeur d ail à nue sixième calcination, quand on y ajoutoit de la poussière de charbon pour favoriser l’évaporation de l’arsenic.

A chaque réduction, il passa un peu de fer dans les scories; à la sixième, le régule avoit une demi-ductilité, et étoit toujours sensible à l’aimant.

Dans les différentes opérations faites par M. Bergman, pour parvenir à purifier le nickel, soit par les calcinations, soit en le traitant avec le soufre, il a obtenu des régules dont la densité varioit depuis 70828 jusqu’à 88751 *. Ces régules étoient quelquefois très-cassans , quelquefois assez ductiles pour qu’un grain d’une ligne de diamètre formât une plaque de trois lignes sur l’eftclume : ils étoient plus ou moins fusibles,

1. La pesanteur spécifique du régule de nickel , suivant M. Brisson , est de 78070 ; ce qui est un terme moyen entre les pesanteurs spéciGques 70828 et 887S1 , données par M. Bergman.

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