CRISTAUX-TOPAZES
On a mal à propos donné le nom de to- vinces de l’Europe, et qui ne sont que des paze à ces pierres qui se trouvent en Bohême, cristaux de roche colorés d’un jaune plus ou en Auvergne et dans plusieurs autres pro- moins foncé et souvent enfumé. Comme leur
CRIST A. U X-TOP AZES.
forme de cristallisation, leur dureté, leur densité, sont les mêmes que celles du cristal, et qu’elles ont aussi une double réfraction, il n’est pas douteux que ces sortes de topazes ne soient, ainsi que les améthystes, des cristaux colorés. Ces cristaux-topazes n’ont de rapport que par le nom et la couleur avec la vraie topaze, qui est une pierre précieuse et rare qu’on ne trouve que dans les climats chauds des régions méridionales, au lieu que Ces cristaux-topazes ont peu de prix, et se trouvent aussi communément dans les contrées du nord que dans celles du midi; et quoiqu’on donne l’épithète à' occidentale à la topaze de Saxe et à celle du Brésil, comme elles sont d’une pesanteur spécifique bien plus grande que celle des cristaux colorés, et presque égale à la densité du diamant , leur cristallisation étant d’ailleurs toute différente de celle des cristaux de roche, on doit les regarder comme des pierres qui, quoique inférieures à la topaze orientale, sont néanmoins supérieures à nos cristaux-topazes par toutes leurs propriétés essentielles.
Ces cristaux-topazes se trouvent en Bohême, en Misnie, en Auvergne, et se rencontrent aussi dans presque tous les lieux du monde où le cristal de roche est voisin des mines de fer; l’on a souvent observé que la partie par laquelle ils sont attachés au rocher quartzeux qui les produit est environnée d’une
croûte ferrugineuse plus ou moins jaune. Ainsi cette teinture provient de la dissolution du fer, et non de celle du plomb, comme le dit M. Dutens, puisque le plomb ne peut donner la couleur jaune aux matières vitreuses que lorsqu’elles sont fondues par le feu ; et l’on objecteroit vainement que le spath fluor qui accompagne souvent les filons des galènes de plomb est teint en jaune, comme les cristaux-topazes; car cela prouve seulement que ce spath fluor a été coloré par le plomb lorsqu’il étoit en étal de chaux ou de calcination par le feu primitif.
La pesanteur spécifique des cristaux-topazes est précisément la même que celle du cristal de roche 1 * : ainsi la petite quantité de fer qui leur a donné de la couleur n’a point augmenté sensiblement leur densité; ils ont aussi à peu près le même degré de dureté, et ne prennent guère plus d’éclat que le cristal de roche : leur couleur n’est pas nette, elle est souvent mêlée de brun; et lorsqu’on les fait chauffer, i)s perdent leur couleur et deviennent blancs comme le cristal. On ne peut donc pas douter que ces prétendues topazes ne soient de vrais cristaux de roches, colorés de jaune par le fer en dissolution qui s’est mêlé à l’extrait du quartz lorsque ces cristaux se sont formés.
i. La pesanteur spécifique de la topaze dè Bohême est de ?654i , et celle du cristal de roche d’Europe de 26548. (Table de M. Brisson.)
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CHR YSOLITHE.
Les pierres auxquelles on donne aujourd’hui le nom de chrysolithe ne sont que des cristaux-topazes dont le jaune est mêlé d’un peu de vert ; leur pesanteur spécifique est à peu près la même '; elles résistent également à l’action du feu, et leur forme de cristallisation n’est pas fort différente. M. le docteur Demeste a raison de dire qu’il y a très-peu de différence entre cette pierre chrysolithe et la tôpaze de Bohême; elle n’en diffère en effet que par la nuance de vert qui teint foiblement le jaune sans l’effacer *. C’est par
1. La pesanteur spécifique de la chrysolithe du Brésil est de 26923 , et celle du cristal de roche de a6548. M. Brisson donne aussi 27821 pour pesanteur spécifique d’une autre chrysolithe, sans indi-
uer le lieu où elle se trouve; mais cette différence e densité n’est pas assez considérable pour faire l'cteier cette chrysolithe du nombre des cristaux colorés.
a. Robert de Berquen définit très-bien la chry-
le plus ou le moins de vert répandu dans le jaune qu’on peut distinguer au premier coup d’œil la chrysolithe du péridot, dans lequel au contraire la couleur verte domine au point d’effacer le jaune presque entièrement : mais nous verrons que le péridot différé encore de notre chrysolithe par des caractères bien plus essentiels que ceux de la couleur.
La chrysolithe des anciens étoit la pierre précieuse que nous nommons aujourd’hui topaze orientale, et à laquelle le nom de chrysolithe ou pierre d’or convenoit en effet beaucoup 3. « La chrysolithe dans sa beauté, dit Pline, fait pâlir l’or lui-même ; aussi a-t-on coutume de la monter en transparent , et sans la doubler d’une feuille bril-
solitlie en disant que sa couleur est un vert naissant tirant sur le jaune, ou un vert jaune brillant d’un lustre doré.